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vote

  • Voter c'est choisir

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    vote, démocratie, république, débat

    La Maçonne a réagi à une note que j’avais publiée sur le vote en franc-maçonnerie. Je vous invite à lire son article. J'ai pourtant le sentiment qu’elle et moi nous ne parlons pas de la même chose.

    Je m’explique.

    Les mots ont un sens. Voter, c’est choisir entre plusieurs alternatives. Choisir de ne pas choisir n’est pas voter mais s’abstenir.

    Par conséquent, l’idée qui consiste à voir dans le vote blanc l’expression d’une « abstention civique » (on ne choisit pas mais on se déplace quand même pour accomplir son devoir de citoyen) est en réalité un détournement du sens du vote. Bref, on complique ce qui est simple. Certains disent même que le vote blanc est à mi-chemin entre l'abstention et la participation électorale. Foutaise !

    En effet, rester chez soi ou aller dans un bureau de vote pour mettre un bulletin blanc, revient fondamentalement à la même chose. Dans les deux cas on n’exprime rien. On ne choisit pas. Ce qui permet aux commentateurs en tous genres de se perdre en conjectures sur le sens à donner à l'abstention.

    Prenons le cas du dernier scrutin où l’abstention a été très forte.

    Les adversaires de la nouvelle majorité présidentielle exploitent évidemment l’abstention pour discuter la légitimité de la nouvelle majorité à l’Assemblée Nationale. Ils voient dans l'abstention une marque de défiance.

    Les partisans de la nouvelle majorité estiment au contraire que l'abstention ne remet pas en cause la légitimité de la majorité nouvelle car les formations politiques opposées au président de la République ou méfiantes à son égard, ont connu un revers électoral majeur. Ils voient donc dans l'abstention une marque de confiance.

    Bref, on le voit, l'abstention peut donner lieu à des interprétations et à des extrapolations radicalement différentes. C’est pour cela qu'elle n’a aucune espèce de valeur d’un point de vue électoral.

    En outre, il est évident qu’on peut s’abstenir pour tout un ensemble de raisons qui n’ont rien à voir avec l’envie de faire passer un message politique (impossibilité matérielle, raisons de santé, manque d’envie, désintérêt total, etc.).

    Autrement dit, on peut faire dire à l’abstention – qui peut éventuellement s’exprimer par le vote blanc – ce que l’on veut et plus particulièrement ce qui arrange. Elle est donc sujette à toutes les manipulations. C’est tellement vrai qu’il existe même un « parti du vote blanc ».  

    Comptabiliser les votes blancs comme suffrages exprimés n’a donc aucun sens puisque ces votes n’expriment rien. Tout juste accepte-t-on aujourd'hui de les décompter séparément des votes nuls (bulletins sans enveloppe, non réglementaires, annotés ou déchirés) et de les annexer en tant que tels aux procès verbaux dressés par les responsables des bureaux de vote (loi du 21 février 2014). Mais cette mesure récente est parfaitement artificielle et inutile car la démocratie est fondée sur le choix des électeurs et non sur leur indécision. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les abstentionnistes ont toujours tort parce qu'ils se mettent volontairement ou involontairement en dehors du temps démocratique du vote. Y compris celles et ceux qui font l'effort d'aller voter mais pour mettre un bulletin blanc illusoire dans l'urne.

    Le citoyen n'est pas obligé d'avoir un avis sur tout bien sûr mais il est néanmoins censé s'informer. C'est exactement la même chose quand on dit : « Nul n'est censé ignorer la loi ». Ça ne signifie pas que tout le monde doit connaître la cinquantaine de codes en vigueur. Ça signifie que tout le monde doit avoir à l'esprit que la vie en société et la coexistence harmonieuse entre les individus impliquent le respect de la loi impersonnelle et générale.

    Les campagnes électorales, les réunions publiques, les débats médiatiques, les discussions entre amis, les professions de foi, les tracts, etc., sont là pour éclairer les choix du citoyen ou l'aider à les mûrir. Nous avons d'ailleurs la chance de vivre dans une démocratie pluraliste qui permet cette participation citoyenne. Si la démocratie repose sur la souveraineté du peuple, elle doit alors pouvoir attendre en retour du peuple souverain qu'il concoure à l'élaboration de nouvelles perspectives pour le pays.

    Et pour les loges, c'est un peu pareil. Le franc-maçon ne doit pas se contenter de poser son cul une à deux fois par mois sur les colonnes pour faire joli. Sa présence active est certes importante mais le minimum minimorum est qu'il sache aussi ce qu'il veut pour son atelier dans l'avenir.

  • Un franc-maçon ne s'abstient pas

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    urne.jpgLa vie maçonnique est rythmée par les scrutins : élection du vénérable maître et du collège des officiers, initiation et augmentation de salaire, approbation des tracés des tenues, etc. Qu'ils soient secrets (boules blanches ou noires) ou non (à mains levées), à la majorité simple ou à la majorité qualifiée, les votes auxquels le franc-maçon est amené à participer dans le cadre de la vie maçonnique, le placent devant la nécessité de faire des choix. Soit il vote pour les conclusions du frère orateur, soit il s'y oppose mais en aucun cas il ne peut s'abstenir par confort, prudence, stratégie ou désintérêt.

    En effet, l'abstention n'existe pas en franc-maçonnerie car le franc-maçon, conscient de ses responsabilités, doit toujours être prêt à faire des choix et à les assumer.

    Il ne faut pas en déduire qu'il n'y a pas de place pour l'intime conviction en franc-maçonnerie ou que le franc-maçon est contraint à se justifier systématiquement quand il est appelé à voter. Cependant, il a l'obligation de participer aux différents scrutins pourvu, bien entendu, qu'il satisfasse à certaines conditions réglementaires. Ces conditions peuvent varier plus ou moins selon les obédiences (grades, ancienneté, assiduité satisfaisante, absence de retard dans le paiement des capitations, etc.). Sa participation active permet à la loge ou à l'obédience de vivre tout simplement.

    Si je m'en réfère au Grand Orient de France, mon obédience, le vote est au coeur même de son identité. En effet, celui-ci a été fondé en 1773 sur l'idée que les frères devaient avoir le droit d'élire librement leurs officiers et plus particulièrement les vénérables qui président les loges. 

    Le franc-maçon est également un citoyen. Sa vie ne se cantonne pas à la loge. Il s'agit d'une évidence que je me dois de rappeler en cette période électorale car je constate malheureusement que des frères sont tentés de s'abstenir le 7 mai prochain alors que l'enjeu politique est pourtant majeur : il s'agit de défendre une France tolérante et fraternelle, ouverte sur le monde et soucieuse de garantir à chacun les libertés publiques et les droits fondamentaux de la personne humaine.

    Je souhaite que tous les francs-maçons se remémorent les devoirs auxquels ils ont librement consenti le jour de leur initiation. Parmi ces devoirs figure la promesse de travailler avec zèle, constance et dévouement à l'oeuvre de la franc-maçonnerie. Cette oeuvre consiste pour les francs-maçons, d'une part, à répandre les vérités qu'ils ont acquises par le travail en loge ; d'autre part, à faire aimer notre Ordre par l'exemple de leurs qualités ; et enfin à préparer, par une action incessante et féconde, l'avènement d'une humanité meilleure et plus éclairée. Ce travail, toujours en perpétuel recommencement, est celui des individus conscients, courageux et capables de faire des choix clairs et dépourvus d'ambiguïtés.

    A toute heure, rappelons-nous la grandeur des devoirs que nous nous imposés. A toute heure soyons prêts à les remplir. Notamment lorsque des choix importants, qui engagent le pays tout entier, doivent être faits.

    Un franc-maçon ne s'abstient pas.