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sauvage

  • A propos des loges "sauvages"

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    La Gazette du Val d'Oise a consacré tout récemment un petit article sur une loge "indépendante" de Pontoise. On lit notamment ceci (je souligne en gras) :

    "Apolitique, areligieuse, la loge Lux Æterna travaille au rite écossais ancien et accepté et est affiliée à la Fédération des loges libres et souveraines. 
    "Nous voulions affirmer notre indépendance vis-à-vis des grandes obédiences existantes, afin d’échapper à tout dogme", précisent les membres de la loge pontoisienne."

    Je ne conteste pas le choix de cette loge de demeurer "libre et souveraine" (ou "sauvage") et de le faire savoir auprès du grand public. En revanche, je suis lassé de ces poncifs qui visent à caricaturer les obédiences maçonniques comme si celles-ci exerçaient une tutelle dogmatique intolérable sur les loges. Il ne faut quand même pas exagérer et raconter n'importe quoi !

    Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, le premier acte connu des loges spéculatives a été de se fédérer en une obédience : la Grande Loge de Londres. Ce besoin de se fédérer n’est pas innocent : il résulte d’une volonté de pérennisation de l’Ordre maçonnique.  Si la maçonnerie n’y a pas gagné en souplesse, du moins y a-t-elle trouvé les moyens de survivre aux affres du temps en s’organisant et en instaurant une certaine discipline de travail. Les Obédiences ont également permis de fédérer des hommes qui, sans elles, ne se seraient jamais rencontrés.

    Loin de moi l’idée de mettre en doute a priori la qualité et le sérieux d’une loge sans attache obédientielle, mais en plus de vingt ans de présence sur les colonnes, je dois reconnaître que n’en ai jamais visité de bien sérieuses. Très souvent, je suis tombé – au pire – sur des sectes dirigées par des gourous en tablier – au mieux – sur des groupes recyclant des maçons en mal de reconnaissance, des blackboulés ou des frères perdus et embarqués dans d'impossibles trips ésotérico-mystiques. 

    Je pense aussi à tous ces profanes sincères, mais peu au fait de la franc-maçonnerie, qui se font initier dans ces loges "sauvages". Devenus francs-maçons, ils s’y retrouvent coincés parce qu'ils ne peuvent généralement pas voyager dans d'autres ateliers "reconnus". Je sais bien que certains y parviennent quand même en bénéficiant de la complaisance de vénérables maîtres sympathiques et de loges pas trop regardantes, mais j'en ai vu aussi qui se sont faits refouler sans ménagement pour cette seule raison. Il est donc clair pour ma part que je ne conseillerai jamais un profane en recherche de s'adresser à une loge sans attache obédientielle.

    Ce faisant, je suis bien conscient que toutes les loges dûment référencées sur des registres obédientiels ne sont pas irréprochables. Toutes les obédiences ne sont pas non plus parfaites, loin de là. Ce que je veux dire, c'est qu'une loge relevant d'une obédience est malgré tout soumise à une discipline d'ensemble, c'est-à-dire à une constitution et à un règlement général. Le contrôle obédientiel (au demeurant rare en pratique) peut s'y exercer en cas de besoin. Ce qui n'est pas négligeable, notamment lorsqu'une loge est confrontée à un problème interne qu'elle ne parvient pas à résoudre seule (par exemple une mésentente grave et persistante entre plusieurs de ses membres). Les contraintes administratives ont aussi leur raison d’être. Elles permettent d’assurer une certaine qualité de recrutement et de sérieux. Et puis il faut enfin rappeler que quand une loge n'est plus d'accord avec son obédience, elle peut fort bien en changer !