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  • Chroniques d'Histoire Maçonnique n°79. Franc-Maçonnerie et Littérature

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    chm79-couv-perspect.jpgJe pensais vous faire une présentation de la dernière livraison des Chroniques d'histoire maçonnique que Conform Edition a eu la grande gentillesse de m'adresser. Mais La Maçonne m'a devancé. Je vous renvoie donc à son excellent compte-rendu. Je me permettrai d'émettre simplement ici quelques rapides observations de lecture.

    1°) Je n'ai pas vraiment compris le lien entre le titre du dossier - franc-maçonnerie et littérature - et les deux articles qui le composent. Il me semble que le titre du dossier est un peu trop « fourre-tout » et qu'il contraste avec les articles hyper spécialisés mais fort intéressants de François Labbé sur Joseph Uriot et de Patrick Lepetit sur surréalisme et légende templière.

    2°) J'ai beaucoup apprécié l'article consacré à Max Théret, le fondateur de la FNAC, qui résulte, en partie, d'une lecture de son autobiographie restée inédite. Le manuscrit de Théret n'a pas trouvé d'éditeur : d'après Philippe Rochefort, il est rempli de commentaires désobligeants, voire injurieux et son ton général rend sa publication délicate. C'est certainement vrai mais néanmoins très frustrant pour le lecteur qui est ainsi privé d'un témoignage précieux. Quoi qu'il en soit, le parcours de Max Théret, socialiste, millionnaire et franc-maçon, est des plus étonnant.

    3°) J'ai également apprécié l'article de Mirko Vondrak sur l'histoire de la loge Science et Travail André Crémieux à l'orient de Paris et celui écrit par Alain Gibon sur l'allumage des feux de la loge écossaise L'Espérance à l'orient d'Arras (Pas-de-Calais) le 29 juin 1835. Il est toujours émouvant d'entrer en contact avec l'histoire des ateliers même si, à titre personnel, je suis un peu las de ces articles finalement très descriptifs et très chronologiques. La veine est en effet inépuisable. En effet, il y aura toujours l'histoire d'une loge à écrire ou à remettre en perspective. 

    4°) Yves Colleu a extirpé de l'oubli Emile Carrey, un homme politique qui fut monarchiste dans sa jeunesse, puis bonapartiste avant de devenir sincèrement républicain à partir de 1867. C'est toujours un plaisir de découvrir un personnage du temps jadis, surtout quand son parcours témoigne de toute la complexité de l'histoire politique française du dix-neuvième siècle (j'ai d'ailleurs eu la même impression de complexité en lisant le portrait de Max Théret). Carrey fut à Rambouillet un homme politique, catholique, anticlérical et franc-maçon. Carrey était attaché aux idées d'ordre et de modération. C'était un républicain conservateur qui faisait partie des « hommes de bien » pour reprendre le qualificatif ironique utilisé par Henri Guillemin.

    Une fois de plus, les Chroniques d'histoire maçonnique proposent un excellent numéro que je vous recommande vivement.

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    Pour plus d'informations sur ce numéro des Chroniques d'histoire maçonnique, cliquez ici.

  • Humanisme n°311. Réinstituer la République

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    humanisme2016.jpgLe numéro 311 d'Humanisme publie un dossier intitulé : « Réinstituer la République ». Sans point d'interrogation. Rien que ça. En toute modestie. Une affirmation donc. Comme les mots ont un sens, j'en ai logiquement déduit que la République avait disparu en France. N'allez pas cependant en déduire que tout est bon à jeter dans ce dossier. Je n'ai pas dit ça. Une chose est sûre en tout cas, c'est que vous y trouverez les mêmes litanies sur la jeunesse, sur le déclin de l'école, des institutions républicaines, de la laïcité, de l'orthographe, etc., que cette revue nous ressert obsessionnellement sur tous les tons depuis des décennies. C'est donc du réchauffé à peine réactualisé. Bref, il s'agit une nouvelle fois d'un numéro très « franco-français », mais du genre « petit pays, petit esprit » recroquevillé sur ses certitudes, nostalgique de sa grandeur passée et désireux de retrouver la République perdue, celle des grands hommes et des grands projets.

    Je voudrais citer cette perle du rédacteur en chef que je trouve très révélatrice de ce « déclinisme » ambiant :

    « Que la République était belle sous l'Empire, disaient les déçus de la Troisième du nom qui l'avaient imaginée si harmonieuse. Or les citoyens pourront-ils seulement dire que la République était belle sous la Cinquième agonisante ? »

    DSC_0250.JPGSi je comprends bien, ça revient à dire que les déçus de la Troisième République (on ne sait pas lesquels) étaient nostalgiques du temps où ils étaient pourchassés sous Napoléon III. Et le rédacteur en chef d'établir un parallèle osée et incongrue avec la Cinquième République « agonisante » (sic). Donc, la conclusion manquante à ce syllogisme, c'est que l'Empire ou la Cinquième République, c'est au fond pareil (même si quelques lignes plus haut le rédacteur en chef nous assure du contraire dans son éditorial ! « Certes nous n'étouffons pas sous l'Empire » Ouf ! Nous l'avons échappé belle...). La conclusion implicite, c'est que les républicains auront toujours le sentiment d'être des cocus de l'histoire (exilés dans leur tête à défaut d'être réellement proscrits), un peu à l'image de ces citoyens qui se sentent systématiquement trahis par les hommes politiques en général et le gouvernement actuel en particulier. En d'autres termes, on retrouve la posture de l'opposant stérile qui voit toujours le verre à moitié vide, qui ne se satisfait jamais de rien et se noie dans les « y a qu'à, faut que ». Vous pensez que j'exagère ? Je ne le crois pas. J'en veux pour preuve ces deux dessins, publiés à la page 21, dont on peut se demander s'ils ont bien leur place dans une revue maçonnique d'une obédience qui prétend respecter la liberté de conscience de ses membres !

    DSC_0251.JPG

    Mais à ce compte là, pourquoi ne pas aller plus loin dans la provocation en poussant ce raisonnement jusqu'à l'absurde ? En effet, si la République n'est belle que lorsqu'elle n'est pas, pourquoi ne pas alors préconiser une bonne petite dictature en France afin d'inciter les déçus de la République à revoir leurs fondamentaux ? Pourquoi ne pas s'arrêter non plus de respirer afin de mieux percevoir l'importance de l'oxygène ?

    Bref, je trouve que la revue Humanisme distille un état d'esprit pessimiste et inquiétant. D'abord parce qu'elle invite le lecteur à regarder toujours en arrière comme si tout avait été mieux avant. Ce qui, bien évidemment, est stupide. Ensuite parce qu'elle semble totalement déconnectée du monde qu'elle a la prétention d'analyser. En effet, à lire la prose aigrie de la plupart des contributeurs, on finirait par oublier que notre pays est une démocratie, dont les institutions ne fonctionnent pas aussi mal qu'on le prétend, et qui respecte les libertés publiques. Sur les 193 Etats membres de l'ONU, notre pays fait partie de la soixante-dizaine d'Etats démocratiques de la planète. Ce n'est quand même pas mal, non ? En tout cas, il y a pire ailleurs...

    Quand on voit la situation politique et économique des trois quarts de la planète, quand on constate l'extraordinaire souffrance quotidienne d'une majorité d'êtres humains, je me dis que la France, bien arrimée à l'Union européenne, a beaucoup de chance. Les Français cèdent un peu trop souvent à cette facilité de riches qui consiste à se plaindre de tout tout le temps. Quand on est pauvre, réduit à l'extrême nudité du besoin, on ne pense pas. On n'a pas le temps de se plaindre. On survit.

    Si donc on faisait l'effort de temps en temps de regarder autre chose que son nombril, on pourrait alors relativiser sa situation ou, du moins, la remettre en perspective de façon intelligente et mesurée. Il ne s'agit pas d'occulter les problèmes bien sûr (ils existent et sont nombreux), mais d'éviter qu'ils nous aveuglent et nous empêchent égoïstement de regarder ce qui se passe autour de nous à une plus grande échelle.

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    Humanisme, n°311, mai 2016, prix public : 9 €. Pour connaître les conditions d’abonnement, cliquez sur le site de Conform Edition.

  • Chroniques d'histoire maçonnique 77 : ce que nous disent les sceaux du GODF

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    Je signale la parution du numéro 77 des Chroniques d'Histoire Maçonnique, revue publiée sous l'égide de l'institut d'études et de recherches maçonniques (I.D.E.R.M.). J'y suis abonné. Comme je n'ai pas encore reçu ce numéro (ce qui ne saurait tarder), je reproduis ici littéralement la présentation qu'en a faite le comité de rédaction de la revue. Je reviendrai éventuellement sur ce numéro dès que je l'aurai lu (j'ai hâte notamment de lire le portrait de Jean Palou, un frère qui a eu un bref mais très intense et sinueux parcours maçonnique...).

    « Ce numéro 77 des Chroniques d'Histoire Maçonnique s'ouvre sur une passionnante étude de Philippe Besson sur la franc-maçonnerie pendant une période tragique et fondatrice des Etats-Unis modernes, la guerre de Sécession. Plusieurs épisodes montrent comment les loges - qui, depuis l'affaire Morgan, en 1826, se sont cantonnées à la sociabilité et à l'action philanthropique - vont réagir face à un contexte si tendu que le maintien de la neutralité politique est devenu impossible.

    Notre dossier est consacré à une importante recherche de Jean-Luc Lebras sur les sceaux successivement utilisés par le Grand Orient de France, de 1773 à aujourd'hui. Comme on va le découvrir, dans une petite image, le sceau concentre beaucoup d'enjeux d'identité. Ceux-ci renseignent l'historien sur les rapports du Grand Orient de France avec son contexte politique et maçonnique. Ne se limitant pas à une approche sigillographique, l'auteur montre aussi comment le sceau a été lu et analysé, y compris par les ennemis de la franc-maçonnerie.

    2520392524.jpgLes deux portraits de ce numéro éclairent les relations, trop souvent oubliées - notamment pour la fin du XIXe et le XXe siècle -, de la franc-maçonnerie avec le monde de l'art et de la création. François Cavaignac nous propose d'abord un complément à la biographie du peintre Edouard Béliard, un artiste qui participa aux débuts de l'impressionnisme aux côtés de son ami Camille Pissarro. Il nous montre que ses convictions républicaines s'enracinaient dans un engagement maçonnique.  Quelques décennies plus tard, il y a aussi eu des ponts entre le Surréalisme et les Loges. On se souvient de l'article pionnier de Jean-Pierre Lassalle (Histoire Littéraire 1, 2000) ou de l'étude de Pascal Bajou sur Philippe Soupault franc-maçon (CHM n°56). David Nadeau inaugure ici une série sur les surréalistes d'après guerre qui ont été membres de la Loge Thebah : premier portrait, Jean Palou.

    Pour conclure, Marc Labouret a mis au jour deux étonnants « documents métalliques ». »

    Pour commander ce numéro ou vous abonner aux Chroniques d'Histoire Maçonnique, il vous suffit de vous rendre sur le site de Conform Edition. Offre découverte au numéro à partir de 9 € et abonnement annuel (2 numéros) à 18 €.

     

  • Humanisme n°310 - Voir, est-ce comprendre ?

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    HUM-310-couv.jpgJe viens de recevoir le numéro 310 de la revue Humanisme.

    J'ai commencé à le lire et j'ai déjà repéré quelques articles qui, peut-être, me donneront des idées de notes pour ce blog.

    Le dossier central de ce numéro 310 pose la question suivante : Voir, est-ce comprendre ? 

    Pour répondre à cette question complexe, la revue a fait appel à divers spécialistes et professionnels qui travaillent avec le regard.

    Il y a un docteur spécialiste de l'imagerie médicale, un policier, un spécialiste des médias, un metteur en scène, un psycho-pédagogue, etc.

    Un rapide parcours du sommaire de ce numéro me laisse présager une lecture heureuse et fructueuse.

    J'aurai certainement l'occasion de vous en reparler.

    Humanisme, Revue, GODF, Conform édition

    Humanisme, Revue, GODF, Conform édition

    Je vous rappelle que vous pouvez vous procurer Humanisme au numéro ou vous y abonner en vous connectant sur le site de Conform édition (28 € par an pour la France métropolitaine, 42 € pour le DOM-TOM et l'étranger).