Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

recrutement

  • La Grande Loge Unie d'Angleterre et les pommes pourries

    Imprimer

    pomme.jpgDans le dernier numéro de Freemasonry Today, revue de la Grande Loge Unie d’Angleterre, il y a un petit article consacré aux travaux d’un groupe dénommé « Membership Focus Group » ou « MPF ». Ce groupe est chargé de réfléchir sur les raisons qui amènent de plus en plus de frères à démissionner de la franc-maçonnerie. On y apprend qu'une enquête a été menée auprès des loges de la Grande Loge Unie d'Angleterre pour mieux cerner les causes du phénomène.

    Il ressort de cette enquête que les problèmes de comportement individuel sont une des raisons de la désaffection de nombreux maçons. Il semble que le maçon démissionne moins parce qu’il est en désaccord avec son obédience que parce qu’il est d’abord confronté à des difficultés relationnelles avec un ou plusieurs frères de sa loge.

    Le MPF observe notamment :

    • Que les jeunes frères craignent les vieux francs-maçons généralement bien intentionnés mais dont les comportements sont parfois jugés autoritaires.
    • Les problèmes d’intimidation au sein des loges sont souvent le fait de frères dominateurs qui assument des offices et un grand nombre de responsabilités disproportionnées au sein et en dehors des ateliers.
    • Les démissions sont le résultat de tensions internes, de comportements hypocrites et dominateurs de vieux frères qui n’agissent pas toujours de manière maçonnique.

    Et de préciser sévèrement : « it only takes bad apple to turn the entire barrel sour » (Il suffit d'une pomme pourrie pour gâter tout le tas).

    Voici également d’autres points clés de cette enquête :

    • Environ 3/4 des maçons de la GLUA interrogés considèrent que le fait de fréquenter des frères qui respectent les autres et qui sont respectés en retour, est la condition sine qua non pour être heureux en franc-maçonnerie.
    • Plus de 31% des frères nouvellement initiés estiment que leurs attentes ne sont pas pleinement satisfaites.
    • Plus de 10% des maçons démissionnent dans les deux ans de leur initiation.

    La Grande Loge Unie d’Angleterre semble désireuse de tirer des enseignements de cette enquête. Elle souhaite :

    • que les comportements inadaptés soient repérés plus tôt ;
    • que les frères qui rencontrent des difficultés relationnelles, n’hésitent pas à en parler au lieu de s’isoler et, finalement, de démissionner silencieusement ;
    • que les frères soient encouragés à davantage se respecter les uns les autres, ce qui peut passer par des sensibilisations au moyen de programmes de développement personnel.

    Ce faisant l’obédience tempère les résultats de l'enquête en insistant sur les deux points suivants :

    • Les faits dénoncés ne sont pas aussi étendus et systématiques. Ils demeurent relativement rares.
    • La franc-maçonnerie est une association d’individus et il est malheureusement inévitable que des conflits surgissent en son sein comme dans n’importe quelle autre association humaine.

    4125329699.jpgIl est dommage que Freemasonry Today n'ait pas publié l'ensemble de l'enquête car je suppose que les démissions ne sauraient s'expliquer uniquement par des difficultés relationnelles entre jeunes et vieux francs-maçons (vieux au sens, bien sûr, des années d'appartenance). J'imagine qu'il y a d'autres raisons qui peuvent expliquer les démissions.

    Quand plus de 10% des frères nouvellement initiés démissionnent dans les deux ans de leur admission, c'est bien qu'il y a un sérieux problème. En effet, il faut savoir qu'une loge en Grande Bretagne se réunit ordinairement bien moins souvent qu'une loge française (7 à 8 tenues annuelles, généralement de septembre à mars-avril, en Angleterre, contre 20 tenues, de septembre à juin, en France). Ça signifie donc que de nombreux maçons anglais quittent la franc-maçonnerie au bout d'une petite dizaine de tenues à peine (je n'ai pas compté les tenues de loges d'instruction où on ne fait que répéter les cérémonies).

    Peut-on réduire ces pertes d'effectifs uniquement aux problèmes relationnels ? Ça paraît un peu court. Ne peut-on pas y voir aussi la conséquence d'une insatisfaction grandissante des frères à l'égard du travail maçonnique tel qu'il est conçu et pratiqué outre-Manche ? C'est possible surtout quand on songe aux quelque 31% de frères nouvellement initiés qui estiment que leurs besoins demeurent insatisfaits.