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nicolas sarkozy

  • Selon que vous serez puissant ou misérable...

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    Le 7 mai dernier, j'ai regardé par hasard deux émissions d'actualité. C dans l'air, émission quotidienne de décryptage de l'actualité diffusée sur France 5, et Envoyé spécial, le célèbre magasine hebdomadaire d'information de France 2. Dans les deux émissions, il était question de justice. Ce fut une étonnant contraste.

    En effet, C dans l'air a consacré son numéro à la décision de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris qui a finalement validé la quasi-totalité de la procédure et des écoutes judiciaires visant Nicolas Sarkozy dans une affaire de corruption et de trafic d'influence actifs pour laquelle il a été mis en examen.

    Envoyé spécial a consacré un reportage à Daniel Legrand, le plus jeune des accusés de l'affaire d'Outreau. Bien qu'il ait été acquitté il y a dix ans, Daniel Legrand, âgé de moins de dix-huit ans au moment d'une partie des faits, doit à nouveau comparaître pour la même affaire devant la cour d'assises des mineurs. 

    Les deux affaires ne sont absolument pas de même nature, c'est entendu. Pourtant il y a matière à comparaison.

    En ce qui concerne l'affaire des écoutes, on sait rappeler avec vigueur les grands principes, notamment la présomption d'innocence et le caractère absolu du secret professionnel. C'est comme si le renvoi éventuel de M. Sarkozy devant le Tribunal correctionnel apparaissait inconcevable et insupportable. En tous les cas, le moindre acte de procédure donne lieu à recours parce que M. Sarkozy peut se payer les meilleurs avocats. C'est donc une bataille juridique de tous les instants pour éviter à l'ancien président de la République de comparaître devant la justice.

    Daniel Legrand, lui, n'est pas ancien président de la République. C'est un fils d'ouvrier du nord de la France, issu d'un milieu extrêmement modeste qui doit comparaître pour être jugé à nouveau alors que son innocence a été reconnue. Et là, tout le monde s'en fout. Il faut dire que Daniel Legrand ne passionne pas les ténors du barreau ou les éditocrates de la presse parisienne, lesquels ont pourtant souvent un avis péremptoire sur tout. Ce scandale concerne un citoyen ordinaire qui a été broyé dans un fiasco judiciaire et qui y a laissé sa santé et sa joie de vivre. Pour lui, on ne sait pas rappeler pas les grands principes du droit, notamment celui qui consiste à ne pas être jugé deux fois pour les mêmes faits.