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  • L'affaire des fiches (2) : le rôle du Grand Orient

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    ob_4b730e_10423716-670989179602796-8386132840519.jpgPourquoi le général Louis André a-t-il fait appel au Grand Orient pour cette opération de fichage alors qu'il n'était pas franc-maçon ? Parce que la principale obédience maçonnique française soutenait ouvertement le régime et possédait un réseau de loges étoffé couvrant la quasi-totalité du territoire national. Le général André pensait que les francs-maçons demeurant dans les villes de garnison étaient en capacité de faire remonter des informations utiles au gouvernement. Ce vieil officier à la brillante carrière connaissait parfaitement le milieu militaire. Il connaissait les jugements de valeur expéditifs des autres officiers sur le désordre, la République, les pauvres (graines de socialiste), les juifs, les francs-maçons, les protestants, les athées, les positivistes, les libres-penseurs, etc.

    Le général André n'était pas un idéologue (son épouse était catholique pratiquante et ses enfants avaient été élevés religieusement). C'était un homme libre qui n'hésitait pas à accepter des promotions d'officiers malgré les préventions du Grand Orient de France s'il estimait que cela allait dans l'intérêt du pays et d'une meilleure organisation de l'armée. C'était aussi un homme pragmatique et lucide. Il craignait un coup d'Etat de l'armée et le renversement de la République. Cette crainte n'était pas une vue de l'esprit. Elle reposait sur le précédent de février 1899. Les partisans du général Boulanger, réunis dans une coalition hétéroclite (Paul Déroulède, Jules Guérin et d'autres), n'avaient-ils pas tenté de marcher sur l'Elysée en espérant que l'armée sorte de ses casernes ? Le fichage des cadres de l'armée lui était donc apparu comme un mal nécessaire. Il faut noter d'ailleurs que le fichage était couramment pratiqué par les ennemis de la République.

    On peut cependant s'étonner que le Grand Orient ait accepté de prêter son concours actif à cette opération. Mais ce serait oublier que les francs-maçons faisaient eux-mêmes l'objet d'un fichage intensif de la part d'ecclésiastiques et de journalistes sensibles aux thèses conspirationnistes. Ainsi l'abbé Henry-Joseph Tourmentin, l'abbé Ernest Jouin, l'abbé Gabriel de Bessonies dit Gabriel Soulacroix et Monseigneur Armand-Joseph Fava, Paul Copin-Albancelli, Abel Clarin de La Rive, etc., publiaient régulièrement des listes de francs-maçons et animaient des mouvements antimaçonniques très actifs. Il existait à l'époque une presse spécifiquement antimaçonnique et conspirationniste (cf. l'encart ci-dessous).

    - A suivre. L'affaire des fiches (3) : les dessous du scandale -

     

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    Les principaux journaux antimaçonniques de La Belle Epoque

    • LA FRANCE CHRÉTIENNE ANTIMAÇONNIQUE. Cette revue hebdomadaire est devenue un tout petit peu plus tard LA FRANCE ANTIMAÇONNIQUE. Elle était dirigée par Clarin de la Rive.
    • A BAS LES TYRANS, hebdomadaire créé en avril 1900 et dirigé par Paul Copin-Albancelli (un ancien maçon) et Louis Dasté. Cet organe change son nom en 1901. Il devient LA BASTILLE.
    • LA FRANC-MAÇONNERIE DÉMASQUÉE, mensuel dirigé par Gabriel Soulacroix, pseudonyme de l'abbé de Bessonies.
    • LE BULLETIN DU COMITE ANTIMAÇONNIQUE DE PARIS, bi-mensuel édité à partir de 1902 par l'abbé Tourmentin.

    Les principales organisations antimaçonniques de La Belle Epoque

    • LE COMITÉ ANTIMAÇONNIQUE DE PARIS, créé en 1897 avec pour animateur l'abbé Tourmentin.
    • LE CONSEIL ANTIMAÇONNIQUE DE FRANCE, dirigé par Abel Clarin de La Rive.
    • LE GROUPE DES AMIS DE « A BAS LES TYRANS », dirigé évidemment par Paul Copin-Albancelli. Ce groupe s'est transformé à partir de 1901 en UNION FRANÇAISE ANTIMAÇONNIQUE.