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mixité

  • Les francs-maçons argentins et l'église catholique romaine

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    orlando.jpgLe frère Nicolás Orlando Breglia, Grand Maître de la Grande Loge d'Argentine, a accordé un long entretien au quotidien El Tribuno. Breglia est revenu sur les rapports compliqués entre la franc-maçonnerie et l'Eglise catholique romaine. Il a également fait part de son opinion sur le Pape François, son compatriote.

    « Il y a deux grands courants maçonnique. Le premier est saxon, monarchiste, conservateur et théiste, le second est latin, républicain, laïque, démocratique et profondément social. Ce second courant a eu une grande influence dans le processus émancipateur. Quels drapeaux a brandi la franc-maçonnerie ? Ceux de la république démocratique, laïque, sociale et inclusive.
    Les francs-maçons ont été anticléricaux, non pas opposés à l'Eglise catholique mais contre l'instrumentalisation de la foi dans la sphère publique et politique (...) Lorsque le pape expose ses positions et dit: « Je suis un républicain, laïque, démocrate et anticlérical », anticlérical dans le sens où il est contre l'utilisation de la foi dans l'exercice d'une fonction publique
    s, (...) nous ne pouvons pas être contre (...) Nous sommes les fidèles défenseurs de la république. Nous sommes contre tout autoritarisme. Le pape, en ce moment, partage des valeurs communes avec nous. »

    Le Pape François s'est en effet exprimé à plusieurs reprises sur la laïcité, dans le courant de l'année 2016, notamment à propos de la France. Il a ainsi estimé par exemple qu'« une laïcité saine comprend une ouverture à toutes les formes de transcendance, selon les différentes traditions religieuses et philosophiques. La recherche de la transcendance n’est pas seulement un fait, mais un droit. » Quoi que l'on pense de l'appréciation du Pape sur ce sujet, il n'en demeure pas moins qu'elle tranche totalement par rapport à celle de ses prédécesseurs. François n'a-t-il pas dit : « de nos jours, un Etat se doit d’être laïque » ? On imagine aisément que cette position ne doit pas être du goût des prélats les plus conservateurs.

    Interrogé sur les jésuites (ordre auquel le Pape appartient), très présents en Argentine, le Grand Maître Breglia a précisé :

    « Les jésuites ont de nombreux points de contact avec la franc-maçonnerie, même si nous nous nous sommes opposés de nombreuses fois (...) Cependant nous divergeons d'eux parce que nous ne sommes pas dogmatiques. Nous ne croyons pas en des vérités absolues ou à la prédestination d'une société. Nous croyons que l' homme est l'architecte de son propre destin. Et que la société est construite sur la base de vérités relatives. »

    Cette réaction est intéressante parce qu'elle met en évidence la complexité de la réalité maçonnique. En effet, bien que reconnue par la Grande Loge Unie d'Angleterre, et donc régulière au sens des landmarks de 1929, la Grande Loge d'Argentine ne s'inscrit absolument pas dans le courant saxon que le Grand Maître Breglia qualifie de monarchiste, conservateur et théiste. Les convictions maçonniques exposées par le Grand Maître de la Grande Loge d'Argentine sont à bien des égards plus proches de celle du Grand Orient de France que de celles de la Grande Loge Unie d'Angleterre. Il existe bien sûr des obédiences libérales argentines, donc non reconnues par Londres. Ces obédiences libérales sont mixtes et, pour l'une d'entre elles, féminine. En Amérique latine, la présence des femmes en loge est effectivement la réelle ligne de partage entre « réguliers » et « irréguliers ». Ceci n'exclut nullement, sur le terrain, des relations fraternelles.

    En fait, on voit que chaque obédience agit en fonction de sa propre histoire et de celle du pays dans lequel elle déploie ses activités. Ainsi la Grande Loge d'Argentine est une obédience profondément laïque et anticléricale bien que régulière aux yeux de la Grande Loge Unie d'Angleterre (cette dernière, de façon pragmatique, reconnaît l'obédience qui regroupe la majorité des francs-maçon argentins). L'Argentine est en effet sous un régime concordataire après une histoire institutionnelle mouvementée. Le clergé local est globalement hostile aux francs-maçons qui ont souffert sous la dictature militaire. 

  • La Clandestine

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    femmes, clandestine, tradition, mixité, jean-louis laurensRespecter les femmes, c'est bien entendu pouvoir envisager une amitié fraternelle sereine avec elles; mais les côtoyer en loge, c'est prendre le risque de s'exposer au jeu de la séduction, et même, dans certains cas, d'éprouver pour elles du désir et de l'amour. C'est la raison pour laquelle, d'un point de vue traditionnel, la franc-maçonnerie s'est ouverte tardivement aux femmes.

    Attention ! Je ne dis pas que la tradition maçonnique s'appuie sur des considérations anatomiques particulières en postulant, par exemple, que le franc-maçon a une bite à la place du cerveau, mais elle lui rappelle cependant qu'il demeure un homme malgré ses grades et qualités. En d'autres termes, il importe que le franc-maçon reste pleinement lui-même et disponible pour ses frères quand il est en loge.

    Cet impératif, énoncé ainsi, n'est pas très politiquement correct. Pourtant, il faut savoir que les femmes ont été écartées des travaux de loge moins pour des raisons sociales ou politiques, contrairement à ce qui est souvent avancé, que pour des raisons sexuelles. En effet, la promiscuité fraternelle ne doit pas aboutir à une promiscuité amoureuse qui pourrait avoir des incidences sur la vie interne des ateliers. Ce que je viens d'écrire n'est ni un jugement de valeur ni une invention de ma part mais procède de l'histoire de l'Ordre et des rituels.

    Qu'il me soit permis de citer à cet égard un charmant petit ouvrage publié en 1805 par un certain Jean-Louis Laurens que tout le monde a oublié depuis longtemps. Il s'intitule Vocabulaire des Francs-Maçons. L'auteur, dont on ne sait quasiment rien, si ce n'est qu'il est mort en 1807 et qu'il a probablement connu les usages maçonniques du dix-huitième siècle, rappelle que la femme, dans la terminologie maçonnique, est désignée sous le nom de « clandestine ».

    Cette appellation est aujourd'hui tombée en désuétude. Je la trouve néanmoins très intéressante car une « clandestine » est étymologiquement celle que l'on tient secrète ou dont l'identité n'est pas forcément connue des frères (ce qui paraît normal car la clandestine n'a pas non plus forcément à connaître l'identité des frères). Elle n'est pas nécessairement l'épouse. Elle peut être la mère, la sœur, l'amante ou tout simplement l'amie. Elle est en tout cas la femme que le nouvel initié estime le plus et à qui celui-ci doit remettre les gants, symbole de pureté, que le Vénérable lui a donnés lors de l'initiation (de nos jours, il est courant d'y substituer une rose rouge, ce qui est regrettable).

    Voici ce que Laurens écrit (Vocabulaire des Francs-Maçons, pp. 9 et 10) :

    « Mon très cher frère, on a quelques fois blâmé notre ordre, de ne pas admettre les femmes parmi nous. Ceux à qui ce reproche est échappé, ont mal interprété le sens d'une pareille exclusion. Pour donner une idée du cas particulier que nous faisons de la chère moitié du genre humain quoiqu'elle soit exclue de nos mystères, nous sommes dans l'usage de louer ce sentiment naturel qui porte tout homme à aimer ce sexe aimable. La loge vous prie d'accepter cette paire de gants blancs et d'en revêtir la Clandestine que vous avez jugée ou que vous jugerez digne de vos affections. Leur blancheur est le symbole de la candeur et de l'innocence que vous devez rechercher en elle. »

    La clandestine est donc, dans la vie quotidienne, le témoin de l'engagement du nouveau maçon. Ce dernier doit lui expliquer la valeur symbolique des gants qu'il lui remet. Si le maçon doit rechercher dans la clandestine la candeur et l'innocence, la clandestine doit également percevoir de son côté la candeur et l'innocence chez le franc-maçon dont la sincérité du geste est garantie par l'exclusion de toute autre femme des travaux de la loge.

    Cet exclusivisme rappelle un peu l'amour courtois ou le fin'amor du chevalier pour sa dame : le franc-maçon doit faire preuve pour la clandestine d'élégance morale, de politesse, de générosité, d'humilité et d'honnêteté. Le franc-maçon doit donc bien réfléchir à la portée de son geste car il ne peut remettre cette paire de gants qu'une seule fois.

    Je conçois que cette approche puisse apparaître surannée. Cependant, j'ai la faiblesse de la croire bien plus belle et surtout bien plus honnête que les considérations savantes sur la séparation des sexes dans les sociétés initiatiques ou que les plaidoiries grandiloquentes sur la mixité dans les loges.

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    Lire aussi :

  • Les francs-maçonnes mexicaines au XIXe siècle

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    On a toujours l'habitude de présenter l'origine de la franc-maçonnerie mixte et féminine dans le monde en faisant référence à l'initiation de la journaliste féministe Maria Deraismes au sein de la L Les Libres Penseurs au Pecq, près de Versailles (GL Symbolique écossaise) le 14 janvier 1882. Pourtant, c'est une erreur, non que cette initiation n'ait jamais existé, mais plutôt parce qu'elle n'a certainement pas eu le retentissement qu'on lui prête aujourd'hui.

    En effet, il faut rappeler que cinq mois à peine après l'initiation de Maria Deraismes, la L Les Libres Penseurs préféra se dédire et se débarrasser de l'encombrante pétroleuse afin de réintégrer rapidement la GL Symbolique écossaise. La SMaria Deraismes fut donc priée d'aller maçonner ailleurs. Elle n'a donc réintégré la maçonnerie qu'en 1893 au sein du Droit Humain qu'elle fonda avec le FGeorges Martin. Elle mourut l'année suivante. Autant dire que la vie maçonnique de Maria Deraismes, en réalité, s'est réduite à pas grand-chose.

    Mais surtout, il faut bien insister sur le fait que la France n'a pas été le premier pays à voir éclore sur son territoire des loges maçonniques mixtes et féminines. De telles loges existaient déjà au Mexique avant la création du Droit Humain et de la Grande Loge Féminine en France. Je précise : des loges maçonniques et non des loges d'adoption.

    Le 22 avril 1897, le F Theodore Sutton Parvin (1817-1901), ancien Grand Maître de la GL de l'Iowa, a rédigé un rapport sur la situation de la maçonnerie mexicaine. Cet érudit y a abordé, sans détour, la question de la présence des maçonnes au sein de la Grande Diète Symbolique de la République du Mexique, l'obédience fédérale qui a regroupé de 1890 à 1901 presque toutes les GGLL du pays.

    Voici un extrait de ce rapport traduit en 1912 par le F Louis Goaziou, fondateur avec le F Antoine Muzzarelli de la fédération américaine du Droit Humain en 1903 (cf. La Lumière maçonnique, avril 1912, n°28). Je souligne des passages qui me paraissent importants.

    "Une autre objection présentée jusqu'ici pour refuser la reconnaissance de la Grande Diète est qu'elle initiait des femmes. Après avoir examiné soigneusement la Constitution, je n'y ai rien trouvé autorisant l'initiation des femmes. Ce ne fut qu'un an après son organisation, en 1891, que la Grande Diète adopta une loi permettant l'initiation des femmes et de leur accorder des patentes constitutives pour la formation de Loges. Autant que j'ai pu voir et apprendre, deux ou trois seulement des Grandes Loges donnèrent leur sanction à cette loi et en profitèrent. J'ai trouvé des Loges de femmes dans les villes de Mexico et de San Luis Potosi ; c'est-à-dire que j'ai trouvé suspendues aux murs des Loges des Chartes de loges de femmes à côté de Chartes de loges d'hommes se réunissant dans le même Temple. Les Chartes étaient écrites sous la même forme, de la même façon, signées par les mêmes Grands Officiers et portaient le même cachet de la Grande Diète. La seule différence était que les unes portaient des noms de femmes et les autres des noms d'hommes. En examinant le Bulletin Maçonnique, organe officiel de la Grande Diète, de 1891 à 1894, et surtout le numéro de février 1893, qui contient une liste officielle de plus de cent Loges sous l'obédience de la Grande Diète, j'ai trouvé deux Loges de femmes organisées par le Grand Secrétaire lui-même. Dans le Bulletin officiel de février 1892, pages 175-201, il y a la liste des officiers et des membres d'une vingtaine de Loges, toutes sous l'obédience de la Grande Diète, et dans le nombre, se trouve la Loge Marlha Washington n° 156, et le nom du Vénérable est Maria C. Beal et celui de la Secrétaire Josefina S. Rivera. Je connais fort, bien ces dames, la première depuis son enfance. Mme Beall est originaire d'Iowa City, reçut son éducation dans l'Université de l'Etat (où je fus professeur plusieurs années) et après avoir passé ses examens en 1876; partit au Mexique en qualité de missionnaire. Elle s'y maria et son mari était à l'époque vénérable d'une Loge mexicaine. Le père de cette même dame est un éminent docteur et maçon depuis plus de cinquante ans. La secrétaire est la mère du Gouverneur de l'Etat, lui-même Grand Maître de la Grande Loge, et la fille du général Rivera.  Ils m'apprirent, et les Vénérables des Loges de la ville de Mexico, que j'ai visitées me le confirmèrent, que les femmes visitaient à discrétion les Loges masculines.

    Dans toutes les Loges et Grandes Loges que j'ai visitées, j'ai toujours été reçu avec la plus grande courtoisie, et les orateurs m'adressaient d'éloquents discours de bienvenue. En leur répondant, je ne manquais jamais d'attirer l'attention sur cet usage si contraire aux règles de la Maçonnerie américaine et de dire que tant qu'il existerait, la plupart des Grandes Loges américaines refuseraient de reconnaître la Grande Diète. Partout, en conversation privée aussi bien qu'en réunion, je fus informé que la grande majorité des membres et des Loges étaient opposés à cet usage et désirait entrer en relations amicales avec les Maçons américains. Le président Diaz, qui m'honora de deux intéressantes entrevues ainsi que son député, au Conseil Suprême et à la Grande Diète, et plusieurs autres maçons éminents, me dirent la même chose.

    Quelques mois après mon retour aux Etats-Unis, on m'avertit que la Grande Diète avait révoqué la loi autorisant d'initier des femmes. Je répondis que cela ne suffisait pas à satisfaire les maçons américains. Il fallait en outre que la Grande Diète passât une loi révoquant les chartes accordées aux femmes et refusant à celles-ci le droit de visiter les loges masculines. Et c'est, m'a-t-on dit, ce que la Grande Diète a fait depuis. Et je ne vois pas ce qu'elle aurait pu faire de plus. Elle ne peut pas enlever la qualité de Maçonnes aux femmes qui ont été initiées."

    La Grande Diète ne peut enlever la qualité de Maçonnes aux femmes qui ont été initiées... Tel était le constat du F Parvin à l'époque. Force est de constater qu'il s'est pourtant trompé. En effet, dans sa volonté précipitée d'être reconnue par la franc-maçonnerie nord-américaine, la Grande Diète Symbolique de la République du Mexique a été contrainte de sacrifier ses loges mixtes et féminines à partir de 1897. Le FParvin a évoqué dans son rapport la L Marlha Washington n°156. Mais il aurait très bien pu citer aussi les LL féminines Maria Alarcon de Mateos n°27 (fondée avant 1890 à Mexico) et Josefa C. Canton (fondée en 1891 à Nuevo Laredo, ville de l'Etat du Tamaulipas sur les bords du Rio Grande) qui, toutes deux, travaillaient au REAA∴.Les LL∴ mixtes et féminines pratiquaient aussi les rites égyptiens de Memphis ou de Misraïm. Le rite d'York, lui, ne s'est pas ouvert aux femmes, sans doute parce qu'il regroupait à l'époque de nombreux ateliers composés majoritairement de FF nord-américains installés au Mexique.

    Il est également intéressant, je crois, de noter que le rapport du F Parvin a provoqué la colère de nombreux FF mexicains, notamment celle du FRichard E. Chism car il n'y avait pas, au Mexique, de consensus général sur la présence des francs-maçonnes (seules deux ou trois Grandes Loges sur les dix Grandes Loges composant la Grande Diète y étaient véritablement favorables). Chism, un américano-mexicain, dignitaire du REAA, membre de la Grande Loge Fédérale du District de Mexico, était un adversaire acharné de la présence féminine en loge. Celui-ci s'en est pris au F Theodore S. Parvin en des termes particulièrement violents (More Light upon Mexican Symbolic Masonry, 1897, éd. par l'auteur, Mexique, pp. 21 et suivantes).

    "Mr. Parvin, by his ill judged interference in the Masonic affairs in Mexico has embittered our controversies more than any outsiders. He is a good observer but a poor investigator being of advanced age, utterly ignorant of the Spanish language, so deaf he can scarcely understand English and withal, consumed with vanity and self importance. He is described to me by a high Mason in the United States as being "full of venom"and this description seems to fit him exactely." (M. Parvin, par son ingérence inconséquente dans les affaires maçonniques au Mexique, a envenimé nos controverses plus que tout autre intervenant extérieur. Il est un bon observateur, mais un pauvre enquêteur étant d'un âge avancé, totalement ignorant de la langue espagnole, sourd, il ne peut guère comprendre l'anglais et en même temps, bouffi de vanité et sûr de son importance. Il m'a été décrit par un dignitaire maçon des États-Unis comme étant "plein de venin" et cette description semble lui correspondre exactement).

    Et d'ajouter au sujet de l'initiation des femmes au Mexique (on appréciera le sens de la nuance de l'auteur) :

    "The Grand Lodges of the United States are now face to face with one of the greatest Masonic impostures that has been attempted since the days of Cagliostro" (Les Grandes Loges des Etats-Unis sont confrontées à l'une des plus grandes impostures maçonniques qui a été tentée depuis l'époque de Cagliostro).

    Mais quelles qu'aient été les divergences à ce sujet, il n'en demeure pas moins cependant qu'il a existé au Mexique, à la fin du XIXe siècle  un réseau maçonnique mixte et féminin, principalement structuré dans les Etats du centre et du nord du pays. Et ce bien avant la création du DH et de la GLFF. Ce fait historique méritait d'être signalé parce qu'il est remarquable. Il devrait en tout cas inciter les maçons français (maçonnes comprises) à un peu plus de modestie, eux qui se croient souvent à l'avant garde des évolutions maçonniques dans le monde.

    Ce réseau n'a duré tout au plus qu'une dizaine d'années, mais il semble tout de même avoir été actif au sein de l'obédience fédérale (on pense toutefois qu'il y a eu des initiations de femmes plus anciennes et qui remonteraient au début des années 1870).  Ce réseau aurait peut-être pu survivre et continuer à se développer si la franc-maçonnerie nord-américaine ne s'était pas évertuée à vouloir régenter la franc-maçonnerie mexicaine tout comme les Etats-Unis se sont évertués de leur côté à caporaliser l'Amérique latine (cf. la doctrine du big stick promue par le président américain, le F Theodore Roosevelt).

  • Non, la mixité n'est pas l'oubliée de la franc-maçonnerie !

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    François Koch a remis le couvert une nouvelle fois au sujet de la mixité. Avec l'élégance qui le caractérise, le journaliste de L'Express écrit :

    "Il faudra sans doute des décennies pour que la mixité se développe réellement en maçonnerie. Le temps que les frangins vieillissants soient remplacés par des générations plus jeunes et réellement progressistes ou en phase avec la société… qui évolue plus vite que la maçonnerie (26,9% de femmes parmi les députés, et 25% chez les sénateurs)."

    Donc, selon le "spécialiste" ès maçonnerie de L'Express, il faut attendre que les vieux maçons crèvent et soient remplacés par de plus jeunes pour que la mixité finisse par s'imposer.

    Une fois de plus, Koch tire péremptoirement des conclusions sur une institution qu'il ne connaît qu'à travers les communiqués et les petites phrases de dignitaires interchangeables dont il fait son miel pour alimenter un blog qui est à la maçonnerie ce que la chronique des chiens écrasés est au journalisme d'investigation.

    Koch glose sur une mixité présentée comme "l'oubliée de la maçonnerie" avec pour objectif de caricaturer les francs-maçons et de les présenter comme des machistes rétrogrades ou encore comme des individus totalement déconnectés de la société française. 

    Je ne vais pas tirer davantage sur l'ambulance. Ça ne serait pas charitable. Je voudrais simplement lui rappeler qu'il existe, en France et en 2015, 23 obédiences ou fédérations de loges, du moins si je m'en réfère au site obédiences maçonniques.fr. Sur ces 23 obédiences ou fédérations de loges, plus de la moitié sont mixtes et/ou féminines !

    Comment dès lors Monsieur Koch peut-il écrire que la mixité est l'oubliée de la franc-maçonnerie ? Comment peut-il affirmer, devant une telle diversité d'obédiences maçonniques, que la mixité est méprisée en franc-maçonnerie ?

    C'est bien la preuve que le journaliste de L'Express ne sait pas de quoi il parle.