Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mircea eliade

  • La part d'ombre de Mircea Eliade

    Imprimer

    En rangeant ma bibliothèque, je suis tombé sur un petit livre de poche de Mircea Eliade que j'avais dû acheter quand j'étais encore au lycée. Il s'intitule Le sacré et le profane. Je ne suis pas sûr de l'avoir lu en totalité. Je n'en garde en tout cas aucun souvenir précis. Je l'ai feuilleté à nouveau quelques dizaines de minutes. J'en ai lu quelques passages. Mais sans conviction et sans cette curiosité qui, peut-être, me le fit acheter il y a vingt-cinq ans. J'associe ce manque d'intérêt au passé fasciste de l'auteur (1).

    Comme bon nombre de jeunes intellectuels roumains, Mircea Eliade a été fasciné par Corneliu Codreanu, le jeune leader de la sinistre Garde de Fer, mort dans la fleur de l’âge en 1938. Mais Eliade ne s'est pas contenté d'une adhésion "contemplative" au totalitarisme fasciste. Il a servi activement cette idéologie qui a abouti, en 1940, au coup d'état du Général Ion Antonescu, allié de Mussolini et de Hitler pendant la seconde guerre mondiale. Il a a été également l'auteur de nombreux articles antimaçonniques dans la revue Vremea. Comment oublier qu'il fut aussi nommé attaché culturel à l'ambassade de Roumanie à Londres et à Lisbonne par le dictateur Antonescu ? Il y a vingt-cinq ans, j'ignorais la part d'ombre de cet historien des religions prolifique dont l'oeuvre est encore révérée par certains francs-maçons oublieux de l'histoire.

    _____________

    (1) Lire le compte rendu de Michael Löwy, « Daniel Dubuisson, Impostures et pseudo-science. L'œuvre de Mircea Eliade », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 131-132 | juillet - décembre 2005, document 132-18, mis en ligne le 26 mars 2006, consulté le 11 février 2015. URL : http://assr.revues.org/3128