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lynchage

  • Lynchage ?

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    Surenchère grotesque et indécente de la presse après la sortie mouvementée de membres du conseil d'administration d'Air France dont l'objet était l'étude et la mise en place d'un plan social : 2900 postes environ seraient concernés. Des cadres, protégés par un cordon policier, ont été pris à partie par des syndicalistes excédés.

    Fort heureusement, il n'y a pas eu d'exécutions sommaires. Il n'y a pas eu de morts. Juste des insultes, quelques bousculades, des chemises et des costumes arrachés par des femmes et des hommes en colère et une direction qui cherche maintenant à temporiser après avoir tenté de monter les salariés les uns contre les autres (pilotes contres les autres personnels).

    Mais la presse, qui a perdu depuis longtemps le sens des mots, parle aujourd'hui de lynchage comme si la violence était à sens unique et l'apanage des salariés, comme si elle était organiquement apparentée à la plèbe, comme si l'histoire sociale de notre pays n'avait été qu'un long fleuve tranquille coulant au milieu d'un pays de Bisounours.

    Que l'on me comprenne bien. Je ne cautionne évidemment pas la violence mais je me mets malgré tout à la place de ces hommes et de ces femmes dont l'avenir est désormais compromis et qui sont aujourd'hui engagés dans une lutte pour leur survie sociale. Il est hallucinant d'attendre de la nuance et de la modération chez des personnes qui ont conscience de tout perdre ! Que préfère-t-on ? La résignation, le chacun chez soi, le suicide dans son coin (excès de vitesse, alcool, drogue, flingue) ? Il ne faut donc pas s'étonner de telles poussées de rage et de désespoir.

    Demain, qui se souciera du paiement du loyer, de la traite du prêt pour l'appartement ou le petit pavillon de banlieue, du paiement de la cantine des gosses ? Qui se préoccupera de chercher une place ailleurs ?

    Qui ?

    Certainement pas les petits éditocrates de la presse écrite et audiovisuelle !