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livres

  • Note aux auteurs et à leurs éditeurs

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    Il m'arrive d'être sollicité par des auteurs qui me demandent de parler de leurs oeuvres sur ce blog. C'est très gratifiant et je les remercie sincèrement de l'intérêt qu'ils portent à cet espace virtuel. Je le fais donc toujours volontiers mais à la condition toutefois de posséder un exemplaire du livre dont ils aimeraient que je parle. Je pense que cette condition n'est vraiment pas exorbitante mais parfaitement cohérente car comment parler d'un livre qu'on n'a pas entre les mains et qu'on n'a pas lu ? Personnellement, je ne sais pas le faire. Je me rends compte pourtant que certains auteurs trouvent a priori normal que je doive me contenter d'un fichier contenant la couverture, la quatrième de couverture et, parfois, un petit dossier de présentation.

    Si je suis leur logique, il faudrait donc que je mette en lumière les livres sans contrepartie. Quelque part, je les comprends. Peut-être imaginent-ils qu'il suffit de surligner la quatrième de couverture, de copier, de coller et de maquiller l'ensemble afin de donner l'impression d'une lecture effective ? Peut-être même sont-ils confortés dans cette idée parce que d'autres blogueurs fonctionnent ainsi ? Je n'en sais rien. En tout cas, moi, ce n'est pas comme ça que je vois les choses.

    Donc, amis auteurs, vous savez à quoi vous en tenir. Vos éditeurs ont généralement des services de presse qui réservent ordinairement des exemplaires de vos ouvrages à des « prescripteurs » (comités de lecture de revues, journalistes, critiques etc.). Si vous estimez que ce que j'écris sur ce blog est valable ou digne d'intérêt, si vous pensez que je peux être un critique utile (attention ! je n'ai pas dit complaisant) et participer (modestement cela va de soi) au succès de vos oeuvres, alors n'hésitez pas à prendre contact si vous le souhaitez.

  • Que lire ?

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    4068845727.jpgPetit rappel utile : la franc-maçonnerie ne s'apprend pas dans les livres. Elle est d'abord une pratique avant d'être un savoir cumulatif. Néanmoins, j'ai toujours considéré qu'il était important pour un franc-maçon de lire des ouvrages sur la maçonnerie. Bien que le jeune maçon ne sache symboliquement qu'épeler, lire participe tout de même de son apprentissage et permet de suppléer au travail d'instruction que les surveillants et le grand expert n'assurent pas toujours.

    Je n'ai pas de conseils particuliers à donner. Chacun fait comme il le sent selon ses goûts et ses envies. Voici donc une liste de livres, évidemment non exhaustive, que tout jeune maçon, à mon avis, devrait lire ou consulter au moins une fois.

    La Bible. C'est con à dire mais c'est la base de tout en maçonnerie, n'en déplaise aux plus laïques d'entre nous qui crient parfois « à bas la calotte » pour se donner un genre. La majeure partie du corpus symbolique de la franc-maçonnerie s'y trouve. Alors je ne dis pas qu'il faut tout se taper bien sûr. Mais il faut avoir lu au moins le livre des Rois et les Chroniques (notamment le construction du temple de Salomon). 

    On peut coupler cette lecture avec celle du Nouveau Testament et plus particulièrement avec celle du prologue de l'évangile de Jean. Baudouin Decharneux, professeur de littérature chrétienne des origines à l'Université libre de Bruxelles, m'avait dit un jour que le nec plus ultra était de lire le prologue en grec. Je veux bien le croire mais je me suis contenté pour ma part de le lire en français. Et de vous à moi, cette lecture ne m'a jamais inspiré. Mais il faut toutefois le connaître car beaucoup de loges s'y réfèrent.

    Les Constitutions d'Anderson. Autre ouvrage fondamental. Il en existe plusieurs traductions. J'ai celle de La Tierce (1743). Il est toutefois préférable de privilégier celle de Daniel Ligou non seulement parce qu'elle est plus moderne mais aussi parce qu'elle est éclairée par un long commentaire explicatif. La traduction de la Tierce a été rééditée en 1993 par les éditions Romillat si je me souviens bien. Celle de Ligou a été publiée, si je ne m'abuse, en 1989-1990 chez Edimaf (qui n'existe plus). 

    Mémoires d'un franc-maçon par Jean-Marie Chartier (alias Jean Mourgues). Hélas quasiment introuvable... J'ai malheureusement perdu l'exemplaire que j'avais reçu le soir de mon initiation. C'était édité par l'IMRET (institut méditerranéen de recherches et d'études traditionnelles). Je sais que ce petit ouvrage a été aussi édité à la Pensée universelle (éditeur que je ne connais pas). C'est un livre fin, charmant et émouvant. Le livre rêvé que je conseille à tout apprenti. J'aimerais le relire un jour si je le pouvais.

    La Pensée maçonnique. Une sagesse pour l'Occident. Par Jean Mourgues. Aux PUF. Un ouvrage que j'ai lu plusieurs fois et qui met bien en évidence l'esprit maçonnique, loin des boursouflures et des suffisances des fétichistes du symbole. Je l'avais prêté en 2005 à une jeune apprentie qui a oublié de me le rendre. Je suppose que cette lecture a tellement comblé ses attentes qu'elle l'a gardé.

    Recherche d'une église. Tome 7 des Hommes de bonne volonté. Par Jules Romains. La franc-maçonnerie y occupe une place centrale. Voir en particulier le chapitre où Jerphanion rencontre Lengnau, personnage inspiré d'Oswald Wirth.

    Histoire de la franc-maçonnerie au XIXe siècle (deux tomes). Par André Combes. Edition du Rocher. Très bien fait. Très clair. Très complet. Le titre peut cependant induire en erreur car le livre traite essentiellement de la maçonnerie française de la Restauration à 1914. Pour moi, il s'agit d'un ouvrage incontournable. 

    Guerre et Paix. Par Léon Tolstoï. Pour les épisodes maçonniques et les aventures du frère Pierre Bezoukhov de la loge de Saint-Petersbourg. Bezoukhov apprend à se connaître en connaissant les autres.

    Franc-Maçonnerie et romantisme. Par Daniel Béresniak. Ed. Détrad. Un bon livre sur la maçonnerie de la fin du dix-huitième siècle. Lumières et illuminisme.

    Je conseille aussi tous les vieux ouvrages maçonniques. Il n'est pas inutile de redécouvrir Ragon de Bettignies, Bésuchet de Saunois et Bègue-Clavel par exemple. On trouve ces ouvrages sur Gallica, le site de la bibliothèque nationale, chez les bouquinistes, voire dans les brocantes et vide-greniers. En cherchant bien, on trouve des trésors.

    Voilà, ce sont quelques titres qui me viennent en tête. Il y en a d'autres bien sûr mais je ne vais pas dresser ici un inventaire. Je ne voudrais pas passer pour un pédant qui étale ce qu'il a lu. 

    Il est enfin intéressant de lire des revues maçonniques. Je ne conseillerai pas Humanisme pour des raisons que j'ai déjà exposées et sur lesquelles je ne vais pas revenir. La Chaîne d'Union est bien plus intéressante. Personnellement, j'apprécie la sobriété des Chroniques d'Histoire Maçonnique éditées par Conform édition sous l'égide de l'Institut d'Etudes et de recherches maçonniques (IDERM)

    Il y a aussi Renaissance Traditionnelle. C'est une référence. Mais il faut s'accrocher car les articles, parfois, sont touffus et complexes. Elle s'adresse donc à un lectorat de « bon niveau ». Il y a également une autre revue dont on m'a dit du bien mais que je ne connais pas : Kilwinning. A voir par celles et ceux qui s'intéressent à l'histoire, aux symboles et aux traditions de l'Ordre maçonnique.

    Je dois également citer Critica Masonica. Jean-Pierre Bacot a eu l'extrême gentillesse de m'adresser le cahier spécial sur l'ésotérisme et l'extrême droite rédigé par le chercheur Stéphane François. Je ne m'y suis pas abonné car ma bourse n'est pas extensible. Cette revue semble rencontrer en tout cas un lectorat de plus en plus élargi. 

    Il y en a certainement d'autres. Que celles que j'ai oubliées m'excusent. 

    Il y a enfin des revues « grand public » que l'on trouve chez tous les marchands de journaux. Franc-Maçonnerie Magazine et La Voix Libre des Francs-Maçons. J'ai acheté un numéro de chaque il y a plusieurs mois pour voir un ce qu'il y avait dedans. C'est plutôt bien fait mais ça reste quand même très léger.

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    (Cette note est la 300ème du blog)

  • Ces chères revues du G∴O∴D∴F∴

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    La prochaine émission Divers aspects de la pensée contemporaine, qui aura lieu ce dimanche 1er mars de 9h40 à 10h00 sur les ondes de France Culture, traitera du thème : « Les revues du GODF et les 150 ans de La Chaîne d’Union ». Elle aura pour invité Bernard Chanez, 1er Grand Maître ajoint du Grand Orient de France.

    Il est difficile de ne pas faire le lien avec un courrier que j'ai reçu, il y a quelques jours, me signalant que la revue Joaben du Grand Chapitre Général de France (GCDF) était désormais intégrée dans le catalogue de la société commerciale Conform édition (ce qui est déjà le cas de toutes les revues dont va parler le F Chanez). Ce courrier était également une invitation (pressante ?) à m'y abonner. 

    Je crains donc que l'émission radiophonique de dimanche ne soit, en réalité, qu'un simple encart publicitaire d'une vingtaine de minutes pour vanter auprès des auditeurs les mérites de ces différentes revues et pour les inciter à s'y abonner. Quand on connaît la crise de la presse, qui est aussi celle du livre, on peut raisonnablement penser que l'état de santé des revues du GODF ne soit pas des meilleurs et que le conseil de l'Ordre mène actuellement, et sans oser le dire clairement, une campagne d'abonnement, non seulement auprès de ses propres membres mais aussi du grand public.

    Je ne parlerai pas ici du "grand public". Je me contenterai d'évoquer les membres du GODF dont un grand nombre n'est pas abonné à ces revues. J'en fais partie et j'en ai déjà expliqué les raisons à travers l'exemple d'Humanisme. Et je pense que ce que j'ai écrit en décembre dernier peut fort bien s'appliquer à l'une quelconque des autres revues. Cependant je dois y ajouter une autre chose qui a son importance : leur prix. Il n'est certes pas excessif par rapport à des revues similaires, mais je ne vois pas pourquoi la capitation ne prendrait pas déjà en compte l'abonnement à l'une de ces revues. Je ne vois pas pourquoi il faudrait en plus faire la démarche de s'y abonner. 

    Si je voulais recevoir l'ensemble de ces revues, je serais ainsi obligé de débourser une centaine d'euros supplémentaire qui viendrait s'ajouter à ma capitation et aux frais liés aux activités maçonniques (agapes, frais de déplacement, etc.). Je ne peux financièrement me le permettre. Et je suis persuadé de ne pas être seul dans ce cas. Alors on peut bien écrire des lettres ou faire des émissions sur le thème "abonnez-vous s'il vous plait", ça n'y changera rien. 

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    Ajout du 1er mars 2015

    Je dois malheureusement constater que j'avais vu juste. J'ai écouté l'émission qui s'est réduite à un encart publicitaire pour des revues. Pourquoi gaspiller du temps d'antenne pour ça ? C'est dommage me semble-t-il. Au passage, j'ai relevé une perle du F Chanez qui a répété, par deux fois, que le GM∴ Daniel Keller avait décidé d'un colloque pour le 150ème anniversaire de la revue La Chaîne d'Union. Je ne sais s'il faut attribuer cette formulation maladroite au stress de la prise de parole, mais les FF∴ du G∴ODF∴, dont je fais partie, seront "ravis" en tout cas d'apprendre qu'ils ont un G∴M∴ qui s'occupe et décide de tout, tel un monarque. Ce qui est pour le moins paradoxal dans une Obédience qui n'a jamais fait mystère de son attachement passionné à la République. Nous avons un monarque qui s'exprime dans tous les médias, au nom de l'Obédience, qui écrit tribune vide sur tribune vide dans les journaux (la dernière ayant été publiée dans Mediapart). Un communiquant en somme.

  • La mode des salons du livre maçonnique

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    Sidération. Oui. C'est bien le terme. Je suis sidéré par le nombre de salons consacrés aux livres maçonniques. 

    Je ne discute pas l'idée en soi qui est plutôt bonne. Au début des années 2000, elle était même novatrice. Mais elle a été reprise et s'est banalisée. Désormais, il y a tellement de salons du livre maçonnique que ça en devient ridicule.  Une véritable mode en somme.

    Paris, Limoges, Cannes, Maraussan, Carcassonne, Genève, Bordeaux, Lyon, Toulouse (j'en oublie sûrement) partagent donc peu ou prou la même manifestation avec finalement les mêmes auteurs et les mêmes ouvrages. 

    Ces salons ont même donné lieu récemment à un beau pataquès qui fait aujourd'hui les délices d'un journaliste de L'Express.

    C'est ainsi que Paris verra, en ce mois de novembre 2014, deux salons du livre maçonnique !

    Qui dit mieux ?

    Allez savoir pourquoi, mais ces salons, qui ont tendance à se développer comme les festivals de jazz il y a trente ans, me rappellent l'introduction d'un petit Que sais-je ? (n° 1064) sur la franc-maçonnerie écrit par Paul Naudon et dont la première édition date de 1963. Naudon écrit :

    "Si la franc-maçonnerie est cela, rien que cela [une société philanthropique qui s'efforce de réaliser un idéal de vie sociale], et depuis si longtemps, elle doit être bien connue et, vieille dame, elle ne doit plus susciter les passions. Pourtant, le voile d'Isis qui couvre ses mystères, bien que souvent levé, excite encore les coeurs et intrigue les esprits.

    Malgré le temps aussi et bien que plus de 60 000 ouvrages lui aient été consacrés, la franc-maçonnerie demeure mal connue, surtout dans les pays latins. Beaucoup néanmoins, malgré leur manque d'informations, s'en font - par ouï-dire - une opinion établie et préconçue."

    Naudon constatait déjà que le nombre de livres sur la franc-maçonnerie n'avait aucune influence sur la connaissance que le grand public pouvait se faire de l'Ordre.

    Aujourd'hui, ce nombre a explosé et on ne peut vraiment pas dire que la franc-maçonnerie s'en porte mieux si on en juge la recrudescence de l'antimaçonnisme (tags sur les locaux maçonniques, slogans hostiles, sittings devant les sièges obédientiels, vidéos plus ou moins délirantes publiées sur les plates-formes de partage telles que Youtube ou Dailymotion, etc.).

    Ce constat devrait donc nous inciter à demeurer prudents et humbles, notamment dans notre extériorisation, car plus on publie sur la franc-maçonnerie, plus le plateau de l'ignorance et des préjugés semble s'alourdir.