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jean solis

  • En surchauffe

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    Je ne pensais pas revenir sur la participation de Jean Solis au documentaire de Paul-Eric Blanrue et Julien Teil dont Géplu a fait un compte-rendu de visionnage le 20 novembre dernier sur son blog. J’ai déjà dit ce que j’en pensais a priori car oui, je le reconnais sans peine, je n’ai pas visionné le film, n’étant évidemment pas dupe de ses finalités. La qualité des auteurs et du casting m'ont suffit. La naïveté n'est pas non plus mon défaut majeur. De toute façon, je ne fais pas partie du public cible visé par les réalisateurs.

    J'aurais pu en rester là. Or, lors d'une recherche, je suis tombé sur une réaction de Jean Solis publiée sur son journal Facebook le 7 décembre 2015 et relayée par Paul-Eric Blanrue. Elle ne m'est pas personnellement destinée. Mais comment toutefois ne pas se sentir visé puisque je suis maçon, membre du G∴O∴D∴F∴ et de gauche ? Si j'en crois Jean Solis, j'appartiens donc à une fange de cons bien pensants qui détestent le dialogue. Bref, un gland de la troisième catégorie.

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    Je me demande comment un homme à qui il est arrivé d'écrire des pages lumineuses, peut en être ainsi réduit à se comporter en grossier personnage et à caricaturer le G∴O∴D∴F∴ de la sorte (car tous les membres de mon obédience ne sont évidemment pas de gauche et encartés au parti socialiste). Manifestement, ce garçon fonctionne comme un moteur dont une durite a éclaté : il est en surchauffe. Où est donc passée la sérénité philosophique ?

    Je ne vais donc pas gloser outre mesure sur sa défense des auteurs de "La France Maçonnique" et sa charge contre Wikipédia. L'une et l'autre sont parfaitement grotesques. Qu'il me soit permis simplement de rappeler ici ce qu'Olivier Faye, Abel Mestre et Catherine Monnot, tous trois journalistes du Monde (horresco referens !), écrivaient le 1er novembre 2010 sur leur excellent blog Droite(s) extrême(s) à propos d'une pétition lancée en août 2010 par Paul-Eric Blanrue demandant l'abrogation de la loi Gayssot et la libération du négationniste néo-nazi Vincent Reynouard :

    "Il en est ainsi des pétitions. L’identité  des signataires est souvent au moins aussi riche en enseignements que l’intitulé. Paul-Eric Blanrue, compagnon de route de Dieudonné, militant issu de l’extrême droite, qui s’évertue à brouiller les pistes et se prétend désormais "chaveziste", a une obsession : l’abrogation de la loi Gayssot, qui a instauré  le délit de contestation de crimes contre l’humanité.

    Il s’y consacre depuis plusieurs mois sur les  sites internet participatifs- comme Le Post , où il a une page personnelle, ou Agoravox. Là où la donne est en train de changer, c’est qu’il s’est trouvé quelques "idiots utiles" pour parapher un texte, aux côtés de ce qui constitue un véritable Bottin mondain négationniste, Greciste et/ou nationaliste révolutionnaire, le tout complété par quelques "plumes" de Riposte Laïque dont l’ultra-laicisme de façade cache de moins en moins un alignement systématique et sans grande boussole sur la rhétorique de l’extrême droite "dure". On y retrouve aussi de nombreux étrangers (surtout Italiens, Belges, Suisses et Américains) issus de la Nouvelle Droite ou, pour certains d’entre eux, du néo-nazisme avéré."

    Ce que Robin D'Angelo et Matthieu Molard, journalistes au site web Streetpress, résument ainsi (cf. Le système Soral, éd. Calmann-Lévy, Paris, 2015, p. 77) : 

    "Contributeur régulier de la revue Historia, Blanrue est aussi l'un des principaux soutiens au négationniste Robert Faurisson."

    Ce ne sont pas des jugements de valeur. Ce sont des constats fondés sur des faits. Après c'est à chacun de se déterminer en conscience et d'agir comme bon lui semble. Il est donc aisé de comprendre pourquoi des "gens de gauche bien-pensants" (sic), invités à participer à ce documentaire, ont finalement préféré s'abstenir (du moins si ce que dit Solis est vrai car il ne donne aucun nom). C'est probablement parce que ces "bien-pensants" (ils apprécieront sans doute) ont eu tout simplement l'intelligence et la prudence de se renseigner avant. Ils ont pratiqué le "jugement d'évaluation" que Solis, dans un bel exercice d'introspection, qualifie de "satanique" (sic).

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  • Les 15 sujets qui fâchent les francs-maçons

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    Jean Solis, Bruno Etienne, Conversation, Réflexion, Maçonnologie, Editions de la Hutte

    Voici un ouvrage singulier, publié par les éditions de la Hutte en septembre 2008. Cet essai est en fait la retranscription d'une série de conversations entre feu Bruno Etienne, célèbre anthropologue, et Benoit Laigre alias Jean Solis, éditeur et auteur bien connu. Le titre original a aiguisé ma curiosité. Le fait d'avoir un peu connu Bruno Etienne m'a probablement incité à me le procurer.

    Dans ce livre à la mise en page soignée, Etienne et Solis abordent divers sujets qui constituent des points de discorde entre les francs-maçons, en France en particulier. Il est absolument vrai que tous les maçons hexagonaux sont loin d'avoir des points de vue similaires par exemple sur les textes fondateurs de l'Ordre maçonnique, le rôle et la place des obédiences, le Grand Architecte de l'Univers, la Bible et les textes sacrés, l'immuabilité des rituels, le numineux, l'ésotérique et l'occulte ou encore la présence des femmes en loge. 

    Dans ces conversations, Bruno Etienne et Jean Solis s'interrogent sur l'utilité de la franc-maçonnerie, sur ce qu'elle est et sur ce qu'elle doit absolument faire pour demeurer une société initiatique. Je dois dire que les lecteurs en quête d'opinions tranchées seront ravis car les auteurs ont le constat parfois sévère. La faiblesse de l'ouvrage, mais qui n'en diminue pas pour autant l'intérêt, réside dans la convergence globale d'analyse. Je ne dis pas qu'Etienne et Solis pensent la même chose sur tout, mais disons que j'aurais personnellement préféré un dialogue entre eux et d'autres francs-maçons plus sensibles à l'idée d'une maçonnerie engagée. Je suis également persuadé que des historiens ou des philologues auraient grandement relativisé certaines opinions martelées avec assurance, notamment sur tout ce qui touche les obédiences ou les rituels.

    A cette faiblesse, j'ajouterai deux défauts. Le premier défaut, c'est que les deux intervenants utilisent des concepts empruntés à la philosophie, à la sociologie, à l'anthropologie, à la religion (plérôme, numineux, mythème, regula, doxa, architectonique, pardès, dharma, shéol, géhenne, fatum, anamnèse etc). Ce qui ravira probablement les lecteurs les plus érudits et les plus exigeants, mais rebutera les autres, lesquels sont certainement majoritaires. Etre savant est chose difficile. Mais être en capacité de vulgariser un savoir ou une pensée complexe l'est encore davantage. Il est donc dommage que les auteurs, emportés par leurs conversations, oublient parfois de se mettre à la portée du lecteur moyen dont je fais partie. Le deuxième défaut, c'est que Jean Solis monopolise finalement les trois quarts du bouquin...

    Bruno Etienne et Jean Solis, Les 15 sujets qui fâchent les francs-maçons, éditions de la Hutte, prix public 17 €. Epuisé sur le site de l'éditeur. Mais semble-t-il encore disponible neuf sur le site de la FNAC ou en occasion sur Amazon.

     

  • Les curieuses fréquentations de Jean Solis

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    Nouvelle preuve de la vigueur de l'antimaçonnisme contemporain. Un deuxième extrait publicitaire du film antimaçonnique "Apocalypse France - La France maçonnique" a été publié sur le net. Tout un programme...

    Il est co-réalisé par Paul-Eric Blanrue (proche des milieux négationnistes) et Julien Teil (journaliste édité par la maison d'édition d'Alain Soral... il semble aujourd'hui en délicatesse avec son mentor). La sortie est prévue pour la fin de ce mois.

    On y entend quelques représentants de l'extrême droite.

    • Feu Emmanuel Ratier (ancien membre de la GLNF parait-il) décédé en août dernier, obsédé par les lobbies juif (pardon ! sioniste) et maçon.
    • Jean-Yves Le Gallou (ancien haut cadre du FN et du MNR qui a commencé au sein du G.R.E.C.E. dans les années 60).
    • Le pianiste Stéphane Blet alias Tau Ferenc (ancien franc-maçon, ésotériste multicarte, ami de Paul-Eric Blanrue et qui boit volontiers de la bière avec le délicieux Bruno Gollnisch). C'est lui qui considère que la franc-maçonnerie est un lobby sioniste déguisé (voir cette vidéo à 11'47). Ou du moins en a-t-il le sentiment et c'est la raison pour laquelle il en a démissionné (donc il est assez aisé de transpercer la pensée du bonhomme). Et ce d'autant plus qu'il s'est illustré, en juin dernier, sur Facebook par un commentaire posté sur la page d'Egalité et Réconciliation (l'officine de l'inénarrable Alain Soral antisémite notoire) à propos des excuses présentées à Israël par le PDG d'Orange Stéphane Richard. Un commentaire qui parle de lui-même (comme quoi, il faut toujours se méfier des traces qu'on laisse sur Facebook et Perltrees)...

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    On retrouve également dans ce documentaire d'autres joyeux drilles :

    • Pierre Hillard, idéologue d'extrême droite proche des milieux catholiques intégristes.

    Parmi cet aréopage qui laisse peu de doutes sur la ligne de ce documentaire, on trouve enfin assez curieusement une figure bien connue de la franc-maçonnerie : Benoit Laigre alias Jean Solis alias Tau Spontophoros alias Sa Béatitude Christian II Valentin. Je dis "assez curieusement" car je me demande bien ce que Solis, que je croyais mesuré, est venu faire dans cette galère (mais après tout, comme le dit la chanson, chacun fait ce qui lui plait).

    J'ai quand même malgré tout  un peu de mal à croire que l'on puisse accepter de participer à un tel documentaire sans s'interroger sur les conditions de sa réalisation et sur ses objectifs. Ou bien alors c'est qu'on en partage les finalités. Est-ce le cas de Jean Solis ? Honnêtement je n'en sais rien et n'ose le croire. Je déplore simplement de le retrouver au milieu d'un tel équipage.

  • Habemus Papam !

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    Il est des trajectoires personnelles que j’ai bien du mal à comprendre. Celle de Jean Solis en est un exemple parmi d’autres. Je viens en effet d’apprendre que ce franc-maçon érudit, éditeur dans le profane, était occupé à fonder une Eglise Gnostique & Apostolique de la Rose-Croix. Des démarches ont été effectuées pour que cette église soit juridiquement une association loi 1901 et une association cultuelle loi 1905. Je ne divulgue rien. L’homme ne se cache pas puisque sa présence active sur le net et les réseaux sociaux témoigne tout autant de son souci de sauver sa maison d’édition en difficultés financières chroniques que de son énergie à publier sur Facebook de pompeux « décrets pontificaux » (sic) sous le nom de « Sa béatitude Christian II Valentin » (on ne rit pas). C’est dingue tout de même quand on y réfléchit un peu. Avoir passé autant d’années en franc-maçonnerie pour jouer maintenant les patriarches gnostiques et « dire gravement la messe en étole et surplis » selon l’expression de Bègue Clavel (cf. François-Timoléon Bègue-Clavel, Histoire pittoresque de la Franc-Maçonnerie, Pagnerre éditeur, Paris, 2ème édition, 1845, p.219).

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    Le patriarche Jean Solis me fait songer à cette déclaration que l'on prête au docteur Bernard-Raymond Fabré-Palaprat, fondateur au XIXe siècle d’un ordre du Temple et d’une église johannite fantaisistes. Convoqué devant un tribunal imaginaire, Fabré-Palaprat déclare au président de la juridiction (cf. Humbert père et alii Scènes historiques des prétendus réformateurs Chatel, Auzou, Fabré Palaprat, Jeanthon éditeur, Paris, 1834, pp. 88 et suiv.) :

    « Eh bien, je puis parler ouvertement. Oui, je suis pape. Vous me direz que le pape est à Rome. Mais sachez que le pape qui est à Rome n’est pape que selon l’ordre de saint Pierre, et que moi, je suis pape selon l’Ordre de Saint-Jean. Que Saint Pierre n’a pas reçu la haute initiation, voilà pourquoi les papes qui descendent de lui n’ont enseigné que l’erreur. Saint Jean, au contraire, saint Jean seul a été initié par Jésus, son maître, qui lui-même avait été initié par les sophes d’Égypte. Or, je suis le successeur direct et légitime de Saint Jean, c’est donc dans mes mains que se trouve le flambeau de la vérité qui doit éclairer le genre humain. Il m’a été révélé par calcul cabalistique que le moment était arrivé de faire briller le flambeau »

    Bref, le problème n’est pas que Solis et ses amis disent la messe et revendiquent je ne sais quelle filiation spirituelle syro-jacobite plus ou moins d'Antioche, plus ou moins germanique, plus ou moins adultérine, plus ou moins fantoche, plus ou moins rosicrucienne. Chacun peut croire ce qu’il veut après tout. Et c’est très bien ainsi même si, pour ma part, j’ai quand même le plus grand mal à comprendre ce christiano-cléricalisme de catacombes.

    Le problème, à mon avis, réside dans les risques réels de dérive sectaire (au sens pénal) même si au départ les intentions se veulent bonnes et désintéressées. Les promoteurs de ce genre de mouvement doivent donc se montrer particulièrement vigilants et prudents. Tout peut très vite basculer sous les effets conjugués d'un incommensurable amour-propre et d'une insatiable vanité ainsi que l'a rappelé l'abbé Grégoire au crépuscule de sa vie (cf. Henri Jean-Baptiste Grégoire, Histoire des sectes religieuses, Tome II, Baudoin frères éditeurs, Paris, 1828, pp. 424 et 425) :

    « Quels motifs peuvent inspirer le désir de s'affilier à un ordre dont l'existence légale, évanouie depuis des siècles, a laissé seulement quelques débris, et n'a plus qu'une existence précaire.

    Peu d'hommes analysent leurs idées et leurs affections. Ce travail pénible, mais utile, leur apprendrait qu'aux sentiments les plus généreux, s'intercale, presque à leur insu, un peu de ce misérable amour-propre, dont les surprises multipliées, et presque imperceptibles, altèrent la pureté et le mérite de nos actions (...) la vanité peut alimenter l'amour-propre par ces signes qui, jamais écrits, ne sont connus que par la tradition orale, par ces mystères révélés seulement aux adeptes de la haute initiation (...)

    Par ces observations, je ne prétends pas atténuer le mérite d'une société quelconque ; mais en explorant le coeur humain, j'y découvre les misères, les faiblesses communes à toute la famille d'Adam. »