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  • Situation de la Franc-Maçonnerie en Italie

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    youtube.jpgLa nouvelle coalition parlementaire composée de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 Etoiles a décidé d'écarter du futur gouvernement italien toute personne qui appartiendrait à la franc-maçonnerie. Ce point du  « contrat de gouvernement » fait évidemment polémique et semble surprendre toute l'Europe.

    Pourtant, la décision des deux mouvements populistes, aussi inquiétante soit-elle, n'est guère surprenante. 

    Elle s'inscrit dans un contexte particulier s'étalant sur au moins un quart de siècle où la franc-maçonnerie est devenue un véritable bouc-émissaire. 

    Dans la vidéo ci-dessous, je reviens sur la situation de nos frères et soeurs italiens

  • Maçons d'Europe, ouvrez les yeux!

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    Tandis que les obédiences du monde entier s'apprêtent à célébrer le tricentenaire de la naissance de la franc-maçonnerie spéculative, les obédiences italiennes, elles, luttent pour la sauvegarde de leur honneur et de la liberté d'association. Le 2 mars 2017, la commission parlementaire anti-mafia a unanimement demandé au service central d'investigation sur la criminalité organisée de la Guardia di Finanza d'effectuer une perquisition aux sièges du Grand Orient d'Italie et des autres obédiences maçonniques pour y saisir les listes de tous leurs membres en Calabre et en Sicile.

    La commission parlementaire a donné cet ordre en dehors de toute procédure judiciaire alors même que les prétendus liens entre la mafia calabraise et la franc-maçonnerie n'ont jamais pu être établis. Cette commission parlementaire a donc pris le risque insensé de livrer la franc-maçonnerie italienne à l'opprobre publique. Elle a de surcroît décidé d'aller à l'encontre de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, pourtant très ferme sur la protection de la liberté d'association et du respect de la vie privée. Cette jurisprudence résulte déjà d'une condamnation de l'Italie suite une plainte du Grand Orient d'Italie devant la juridiction de Strasbourg. Il semble que l'on s'achemine vers un nouveau marathon judiciaire.

    Puisque la commission parlementaire anti-mafia veut des noms de francs-maçons, en voici : Theodat Albanie, Carlo Avolio, Umberto Bucci, Silvio Campanile, Silvano Canalis, Giuseppe Celani, Renato Fabbri, Fiorino Fiorini, Manlio Gelsomini, Umberto Grains, Mario Magri, Placido Martini, Attilio Paliani, John Rampulla, Umberto Scattoni, Mario Tapparelli, Angelo Vivanti, Giulio Volpi et Carlo Zaccagnini.

    Ces noms sont ceux de dix-neuf frères, appartenant aussi bien au Grand Orient d'Italie qu'à la Grande Loge d'Italie, massacrés par les nazis à la Fosse Ardeatine le 24 mars 1944 en compagnie de plus de trois cent trente autres innocents. Ces dix-neufs frères font partie des cadavres identifiés avec ceux de soixante-quinze juifs, trente-neuf officiers et sous-officiers et soixante-huit communistes.

    conti.jpgIl conviendrait d'y ajouter le nom du frère Lando Conti, maire de Florence, assassiné froidement en 1986 par les Brigades Rouges sans oublier celui du profane Filippo Salsone, sergent de la police pénitentiaire de Calabre, assassiné la même année par un tueur de la Ndrangheta, la mafia locale et ce quasiment sous les yeux de son fils Antonino Salsone, à l'époque adolescent, et actuel président du collège des Vénérables Maîtres de la Lombardie (Grand Orient d'Italie). Aujourd'hui encore, l'assassinat dont a été victime Filippo Salsone n'a toujours pas été puni. Que faut-il dire à son fils ? Qu'il devrait avoir honte d'appartenir à une organisation ayant soi-disant des collusions avec cette mafia calabraise qui a abattu son père ?

    La vérité est que les francs-maçons italiens et leurs proches ont versé leur sang pour construire l'Italie moderne et établir la République autour des grandes libertés publiques. Ils ont été victimes du fascisme et du nazisme. Ils ont été victimes du terrorisme et du crime organisé. Ils ont été des victimes du devoir parce qu'ils portent et défendent des valeurs d'humanisme, de tolérance et de laïcité.

    Il est donc grand temps que les francs-maçons d'Europe ouvrent les yeux et réagissent par rapport à ce qui se se passe en Italie dans l'indifférence générale. Doit-on rappeler ici le célèbre poème du pasteur Martin Niemöller que les nazis ont finalement arrêté parce qu'il n'y avait plus de communistes, de sociaux-démocrates, de syndicalistes et de juifs pour le défendre ?

    Quand je vois que le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France est capable de publier ordinairement des communiqués de presse, je me dis qu'il serait un peu plus inspiré d'exprimer sa solidarité à l'égard des obédiences transalpines en ce tricentenaire de la franc-maçonnerie spéculative. Car n'oublions pas que ce qui se passe maintenant chez nos voisins, pourrait fort bien se passer chez nous demain.

    italie,union européenne,franc-maçonnerie,antimaçonnisme,goi,gliLe saviez-vous ? Le Grand Maître du Grand Orient d'Italie met par tradition une chaînette autour du cou qui tranche avec les larges sautoirs à la française ou les colliers à l'anglo-saxonne.

    Quelle en est l'origine ? Et pourquoi ce symbole ?

    Ce bijou a été sauvé par un frère pendant la période fasciste. Les temples étaient en effet mis à sac par les chemises noires du Parti National Fasciste.

    Pour éviter que les fascistes dérobent ce bijou, ce frère l'a dissimulé au péril de sa vie dans les langes de son fils nouveau né.

    C'est donc en mémoire de cette sombre période, durant laquelle les francs-maçons ont été activement pourchassés, que ce bijou est devenu l'un des insignes du Grand Maître du Grand Orient d'Italie.

     

  • La franc-maçonnerie italienne à nouveau dans la tourmente

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    bisi1.jpgLa franc-maçonnerie italienne est à nouveau dans la tourmente. En effet, Giulio Occhionero, un membre du Grand Orient d'Italie, est impliqué avec sa soeur Francesca dans une affaire de piratage informatique. L'homme, ingénieur nucléaire de formation, ancien vénérable de la loge romaine Paolo Ungari - Nicola Ricciotti - Pensée et Action, est accusé de cyber-espionnage. Il aurait hacké des centaines d'adresses électroniques de personnalités parmi lesquelles celles de francs-maçons italiens de premier plan. Stefano Bisi, Grand Maître du Grand Orient d'Italie, figure parmi les victimes de ce piratage. 

    Il n'en fallait pas davantage pour que cette affaire relance les spéculations sur les prétendues collusions entre la franc-maçonnerie italienne et les affaires politico-financières. En octobre dernier, Mme Rosy Bindi, présidente de la très active commission parlementaire chargée de la lutte contre la mafia, avait d'ailleurs demandé en vain au Grand Orient d'Italie qu'il fournisse la liste complète de ses membres. Le Grand Maître Bisi avait évidemment refusé d'accéder à cette demande au nom du respect de la liberté d'association et de la vie privée.

    Il faut dire que la plus ancienne obédience italienne a toujours eu du mal à se relever du traumatisme provoqué par le scandale de la loge P2 dans les années soixante-dix alors même qu'elle n'y a jamais été impliquée directement puisque la P2, dirigée par le sulfureux Licio Gelli, était devenue une loge sauvage, totalement irrégulière, et donc hors de son contrôle. Néanmoins, le Grand Orient d'Italie a profondément souffert des répercussions médiatiques de l'affaire au point que des tensions internes n'ont jamais cessé de jalonner la vie de l'obédience. Ces tensions ont fini par atteindre leur paroxysme avec la scission de 1993. Une minorité de frères a alors quitté le Grand Orient pour aller fonder la Grande Loge Régulière d'Italie immédiatement reconnue par la Grande Loge Unie d'Angleterre.

    Il faut se souvenir que l'Italie était alors plongée dans une très grave crise institutionnelle. C'était le temps de l'opération Mains Propres (Mani Pulite) qui a décimé les grands partis italiens de l'après guerre (notamment La Démocratie chrétienne et le Parti socialiste) et qui a abouti à une recomposition politique majeure dont l'Italie ne s'est toujours pas véritablement remise vingt-cinq après. L'Italie a un régime parlementaire classique et pratique la proportionnelle intégrale. Elle souffre en permanence de l'instabilité du pouvoir exécutif. Matteo Renzi n'est pas parvenu à faire adopter par le peuple italien une réforme constitutionnelle censée mettre un terme à l'instabilité des gouvernements. Il a été contraint de présenter sa démission de la présidence du Conseil.  

    Le climat au sein du Grand Orient d'Italie est-il à ce point délétère qu'il aurait pu motiver Giulio Occhionero à se lancer dans une opération de violation de la correspondance électronique des responsables de sa propre obédience ?  Il est bien entendu impossible de l'affirmer pour l'instant. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que le Grand Maître Stefano Bisi est fort contesté depuis son élection en 2014. L'homme, journaliste professionnel, est rédacteur en chef du Corriere di Siena et directeur adjoint du groupe d'édition Corriere dell'Umbria. Son nom a été cité dans l'affaire de la faillite de l'équipe de basket de Sienne

    Des opposants à Bisi, au sein du Grand Orient, ont fait également valoir que celui-ci avait été élu à la grande maîtrise avec le soutien des loges calabraises comme pour mieux insinuer un appui mafieux. Ce sont des affirmations invérifiables. Et même si ces informations étaient vérifiables, que pourrait-on en déduire ? Que tous les francs-maçons calabrais sont des criminels en puissance ? Sienne n'est pas en Calabre mais en Toscane. Par ailleurs, le frère Bisi n'a jamais fait l'objet de la moindre condamnation. En outre, rien ne permet d'attester que la franc-maçonnerie en Calabre ait fait l'objet d'une infiltration mûrement pensée par la Ndrangheta, l'organisation mafieuse calabraise. Il est vrai qu'on a beaucoup glosé en Italie sur la présence supposée de la mafia dans les loges du Mezzogiorno. Ainsi on a parfois cru pertinent d'établir des parallèles ou des rapprochements entre les pratiques rituelles de la Ndgrangheta et les pratiques rituelles maçonniques. Comme si l'existence de rituels impliquait nécessairement une sorte de parenté naturelle entre les deux organisations...

    Dans une intéressante étude publiée dans le n°78 de La Chaîne d'Union (octobre 2016), Jacques de Saint-Victor préfère parler de « zone grise ». Les loges auraient été la matrice d'alliances étroites et profitables entre des milieux professionnels et des groupes mafieux. Les clans auraient eu besoin d'investir les loges pour rencontrer et sympathiser avec des acteurs locaux de la vie économique, politique, sociale, associative. La zone grise ne désigne donc pas une collusion ou une collaboration consciente, assumée et cynique mais davantage une fréquentation, une coexistence, une porosité ou encore un clientélisme dont les loges auraient été en quelque sorte des points de passage. Jacques de Saint-Victor se réfère notamment à l'opération Olimpia qui a porté un rude coup à la Ndrangheta.

    Sauf que le premier maxi-procès depuis le lancement de cette opération va bientôt avoir lieu. Et comme l'a indiqué le Grand Maître Bisi au journal Il Tempo, le 11 janvier 2017, sur les soixante-douze membres importants de la Ndrangheta assignés à comparaître devant la justice, il n'y a aucun membre du Grand Orient d'Italie. Ce que les enquêteurs ont pu vérifier. Les esprits chagrins ou méfiants pourront objecter que la franc-maçonnerie italienne ne se réduit pas au Grand Orient d'Italie (23000 membres pour 850 loges). Certes. Mais en même temps, s'il y avait eu ne serait-ce qu'un seul franc-maçon dans le box des accusés, la presse n'aurait pas manqué de le signaler.

    L'affaire Occhionero, qui vient d'éclater, tombe donc au plus mal pour la franc-maçonnerie italienne et plus particulièrement pour Stefano Bisi. Ce dernier ne ménage pourtant pas ses efforts pour redorer l'image de son obédience si étroitement liée à l'histoire italienne. Les enquêteurs devront donc déterminer si l'affaire Occhionero doit être circonscrite à des luttes intestines au Grand Orient d'Italie ou s'il s'agit d'une affaire de droit commun d'une plus vaste ampleur.

  • Le Grand Orient d'Italie et la réforme constitutionnelle de 2016

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    Matteo Renzi, Italie, Frederico Negri, Stefano Bisi, GOI,La France n'a évidemment pas le monopole des polémiques dérisoires. L'Italie en a connu une, début novembre, pendant la campagne référendaire. Il avait été reproché à l'équipe web de Matteo Renzi d'avoir volontairement supprimé la photo ci-contre de la page Facebook du désormais ancien premier ministre italien.

    On y voit Matteo Renzi en grande discussion avec Frederico Negri un jeune italien en fauteuil roulant et opposant au projet de réforme de la Constitution. C'était lors d'une visite à Alexandrie,  ville du Piémont.

    Il n'en a pas fallu davantage pour que les internautes s'offusquent de cette décision jugée discriminatoire et crient à la censure. Les médias se sont emparés très vite de la polémique naissante et l'ont montée en épingle. En quelques heures à peine, la polémique est alors devenue nationale.

    De son côté, l'équipe du premier ministre s'est défendue de tout volonté d'ostracisme. La photo n'aurait pas été retenue pour éviter que l'on accuse le premier ministre d'exploiter politiquement le handicap.

    Il est vrai, à la décharge de l'équipe de Matteo Renzi, que nous vivons à une époque où le moindre geste, la moindre attitude et la moindre parole sont scrutés, analysés et jugés. Sur le cliché, Renzi apparaît sûr de lui, dominateur, condescendant face à un homme physiquement diminué et visiblement impressionné. L'équipe web de l'ex premier ministre a donc cru prendre une bonne décision. Elle s'est révélée stupide.

    Interrogé par la presse, le père du jeune homme avait pourtant déclaré :

    « Quand mon fils a entendu parler de cette controverse, il en a ri et n'en a pas du tout été offensé. En effet, il très intéressé par la politique et il est heureux d'avoir pu parler à Renzi quelques minutes. Il lui a dit qu'il préparait une thèse sur la franc maçonnerie. Et il lui dit aussi qu'il allait voter non au référendum. »

    bisi.jpgQuelques jours plus tard, la presse s'est fait l'écho d'une conférence organisée par la loge Marengo n°1061 à l'orient d'Alexandrie dans le cadre des célébrations du soixante dixième anniversaire de la République italienne.

    Stefano Bisi, le Grand Maître du Grand Orient d'Italie, y a assisté. Frederico Negri également. Une occasion pour le Grand Maître de faire une allusion malicieuse à la polémique :

    « Je remercie Renzi de cette controverse qui nous a donné l'occasion de vous rencontrer. Vous êtes un bel exemple de courage, de force, d'humilité, valeurs au centre de l'idéal maçonnique. »

    Le Grand Maître Bisi a ensuite invité le jeune homme à Rome au siège du Grand Orient d'Italie afin qu'il puisse y consulter tout document utile pour sa thèse.

    Faut-il voir cependant dans cette rencontre une manière subtile pour la plus importante et la plus ancienne obédience maçonnique italienne (22 000 membres) de manifester son opposition à une réforme constitutionnelle jugée, à tort ou à raison, expéditive, dangereuse pour les libertés et mal écrite ?

    Il serait tentant de le penser mais cela semble toutefois hautement improbable. En effet, si le Grand Orient d'Italie demeure très attaché aux institutions républicaines, aux libertés publiques et à laïcité, Stefano Bisi a malgré tout pris soin, début novembre, de lever toute ambiguïté sur tout ce qui pourrait être assimilé, directement ou indirectement, à une position de son obédience sur le projet de réforme constitutionnelle :

    « Les francs-maçons peuvent avoir des opinions personnelles de toutes sortes. A l'approche du référendum constitutionnel, je dis que chaque franc-maçon peut voter comme il l'entend. L'important, à ce stade, est que la société italienne ait parlé du contenu de la réforme et que le débat ne se soit pas résumé au fait de dire « Je vote oui parce que je veux soutenir Renzi », « Je vote non parce que je veux renvoyer Renzi chez lui. » »