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gérard contremoulin

  • Le GODF et les hommes politiques

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    jup.jpgJ'ai lu avec grand intérêt la prise de position de Gérard Contremoulin au sujet de la venue d'Alain Juppé au siège du Grand Orient de France.

    Il écrit :

    « La Lumière s'est braquée sur cette session de travail maçonnique du GODF où un candidat à la « Primaire » d'une organisation politique, Alain Juppé, s'est exprimé dans le Temple Arthur Groussier, le grand Temple de la rue Cadet. Cette solennité, rehaussée par la présence du Grand-Maître n'est pas un fait banal... »

    La présentation de l'événement est biaisée. En effet, Alain Juppé est venu au GODF, à l'initiative de trois loges, en tant que candidat à l'élection présidentielle et non en tant que candidat à la primaire de la droite. On aurait pu certes écrire candidat présomptif mais qu'est-ce que cela aurait changé puisque, de toute façon, chacun sait que son destin présidentiel dépend de sa victoire éventuelle à la primaire organisée par les partis de la droite républicaine ?

    Alain Juppé a été invité à plancher sur le thème : Comment la République peut entretenir et développer la citoyenneté ? Je n'ai pas assisté à sa conférence mais je présume qu'il s'est exprimé avec la hauteur de vue nécessaire bien que l'on n'entende pas toujours de hautes pensées sous les voûtes étoilées des temples maçonniques (mais c'est un autre sujet).

    Bref, nous ne sommes pas encore en période électorale durant laquelle la communication politique est strictement encadrée par la loi. Dès l'instant où les loges concernées ont sollicité et obtenu l'autorisation du Conseil de l'Ordre, je ne vois vraiment pas où est le problème, qu'il s'agisse d'Alain Juppé ou d'un autre élu attaché aux valeurs républicaines et démocratiques. 

    Contremoulin poursuit :

    « Or, la venue rue Cadet de deux candidats à la Primaire de « Les Républicains et du Centre », Nathalie Kosciusko-Morizet et Alain Juppé, parce qu'ils ne sont pas et pour aucun des deux, des candidats aux élections de la République, n'ont aucune raison d'être accueillis au GODF»

    Position étonnante et alambiquée qui postule que ces deux personnages publics « n'ont aucune raison d'être accueilli au GODF » (sic). Aucune ? Les deux, que je sache, sont bien en lice pour l'élection présidentielle. Et puis, NKM et Juppé sont venus pour traiter une question, exposer leur façon de voir les choses à l'aune de leur expérience d'élu, et non pour décliner bêtement un programme électoral devant des francs-maçons qui ne partagent pas nécessairement les mêmes idées qu'eux (ce qui est mon cas).

    A moins que ce qui dérange notre frère Contremoulin est que ces deux politiques ne sont pas du même bord que lui...

    Sans titre 3.jpg

    Ce qui serait pour le moins savoureux et reviendrait tout simplement à faire implicitement de la politique politicienne sous couvert de vouloir en préserver le GODF !

    Quoi qu'il en soit des intentions des uns et des autres, il faut savoir raison garder. Si on tourne son regard vers le passé, on se rendra compte que le GODF de la première moitié du vingtième siècle était certainement bien plus « instrumentalisable politiquement » qu'il ne l'est aujourd'hui.

    Les loges du GODF ont toujours invité des personnes issues du corps politique ou de la société civile pour traiter de questions profanes. Cette pratique est très ancienne. Pour vous donner un exemple, voici un extrait des ordres du jour des loges de la région parisienne de mars 1932 (merci à Hervé M. pour le document !).

    Gérard Contremoulin, Politique, GODF

    Imaginez en 2016 le tollé si une loge avait voulu organiser une tenue blanche sur le « conflit des races » (sic) et des puissances au Proche Orient ou ailleurs dans le monde. Imaginez si Juppé était venu psalmodier son programme ou Mélenchon de ses démêlés avec ses anciens camarades... On est donc loin, très loin même, de ce qui se faisait avant.

    Voici encore un autre document qui atteste du militantisme des loges (merci, une fois encore, à Hervé M. qui me permet de vous faire profiter des archives de son grand père). Il paraît que cet autocollant a été distribué aux frères de Melun (Seine et Marne), probablement dans les années 30. Les frères étaient invités à le coller.

    Gérard Contremoulin, Politique, GODF

    Imaginez si un Vénérable ou une Obédience avait l'inconscience de faire pareil aujourd'hui ? Imaginez un seul instant si un frère se mettait en tête de distribuer en salle humide les tracts politiques de son candidat préféré ? Je ne suis pas sûr que les nostalgiques de la franc-maçonnerie de la troisième République toléreraient aujourd'hui de telles pratiques dans les loges.

  • Civitas devient un parti politique. Et alors ?

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    2696720412.jpgSur son blog, Gérard Contremoulin s'insurge contre le nouveau statut de l'organisation intégriste catholique Civitas qui est désormais devenue un parti politique. Il juge que ce changement de statut est inacceptable et relaye une pétition à destination des pouvoirs publics. Le blog Hiram semble sur la même longueur d'ondes. En ce qui me concerne, je ne vois pas où est le scandale. Ça fait longtemps que cette organisation d'extrême droite occupe le terrain politique. On a pu le constater pendant les manifestations contre le mariage pour tous en 2013. Sa transformation en parti politique clarifie donc sa situation. Nous savons désormais qu'il s'agit d'un parti politique d'extrême droite, composé de fondamentalistes catholiques, racistes, homophobes, antisémites et antimaçons comme à la Belle Epoque. Un de plus qui s'ajoute aux quelque 400 partis politiques immatriculés en France parmi lesquels on compte de nombreux groupuscules d'extrême droite.

    Et après ? Où est le problème ? Pense-t-on sérieusement mieux défendre la République en refusant à Civitas le statut de parti politique ? Je crois, une fois de plus, qu'il faut se garder de toute réaction épidermique même si je reconnais qu'il est difficile de garder son calme et de ne pas rire devant les élucubrations de l'agitateur belge Alain Escada. Il convient, je pense, de remettre les choses à de plus justes proportions en rappelant notamment qu'un parti politique n'est rien d'autre qu'une association loi 1901 à caractère politique. Pour disposer de la personnalité morale et de la capacité juridique, l'association doit être déclarée en préfecture ou en sous-préfecture et cette déclaration doit être publiée au Journal officiel des associations et des fondations d’entreprises (JOAFE). Les pouvoirs publics contrôlent ensuite si l'association a satisfait aux obligations déclaratives et elles délivrent un récépissé.

    Concernant maintenant la législation sur le financement des partis politiques, il faut souligner que celle-ci ne s'applique pas n'importe comment. Pour en bénéficier, il faut soit créer une association de financement (association loi 1901) ayant pour objet exclusif de recueillir les fonds destinés au financement des activités politiques du parti, soit désigner un mandataire financier, personne physique déclarée en préfecture.

    Les partis politiques reçoivent deux types de financement. Un privé et un public.

    Le financement privé regroupe les cotisations des adhérents et des élus, les dons des personnes physiques (les dons de personnes morales, comme les entreprises par exemple, sont interdits). S'il existe des illuminés prêts à donner du pognon pour adhérer et soutenir financièrement Civitas, c'est leur droit le plus strict. En démocratie, chacun a le droit d'avoir ses opinions et de s'organiser pour les promouvoir. Il est donc normal que les dons engendrent un avantage fiscal dès l'instant où cette association est devenue légalement un parti politique.

    Le financement public, lui, prend la forme d'aides. Mais là attention ! Les aides ne sont pas octroyées automatiquement. La législation s'est considérablement durcie. Le financement public est conditionné par le respect des obligations comptables et financières définies par la législation en matière de financement des partis politiques. Le respect de ces obligations est vérifié par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. L’aide est attribuée aux partis politiques en fonction de leurs résultats aux élections législatives. Les candidats doivent avoir obtenu au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions de métropole ou au moins 1% des suffrages exprimés dans l’ensemble des circonscriptions d’outre-mer. En clair, il faut que Civitas présentent des candidats au niveau national et obtiennent 1% dans au moins 50 circonscriptions ou dans l'ensemble des circonscriptions d'outre-mer. Et à mon avis, ce n'est pas pour demain car en pratique cette double condition est très difficile à remplir... Alors si on ajoute à cela le discours fondamentaliste et ultra-violent de cette organisation, c'est carrément mission impossible (sauf miracle... donc Alain Escada devra beaucoup prier et allumer des tonnes de cierges pour qu'il se produise).

    Reste l'argument relatif à la dangerosité de Civitas. Je suis d'accord : Civitas et composée d'intégristes de la pire espèce. Ils sont au christianisme ce que les salafistes sont à l'islam. Cependant, ce n'est pas parce que ce sont des allumés qu'ils n'ont pas le droit d'avoir des activités politiques. Pour autant, ils n'ont pas le droit d'agir n'importe comment. Comme toute association loi 1901, un parti politique peut en effet s'exposer à une dissolution s’il a été formé en vue d’une cause ou d’un objet illicite, contraire aux lois, aux bonnes moeurs, ou qui aurait pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine du gouvernement. La dissolution peut être prononcée par décret en Conseil des ministres ou par le tribunal de grande instance. Ce faisant, l'expérience montre que les dissolutions sont inefficaces et c'est la raison pour laquelle elles demeurent relativement rares. Il faut généralement que le parti politique ait été à l'origine de voies de fait, de troubles graves à l'ordre public, etc. Et puis, les dissolutions n'empêchent absolument pas un parti politique interdit de se reconstituer sous un autre nom. Enfin, les services de renseignement n'aiment guère ces dissolutions qui compliquent généralement la surveillance.

  • La fraternité est parfois une haine vigilante

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    Ronan Loaëc, Gérard Contremoulin, GODF, Michel MaffesoliLe F∴ Gérard Contremoulin a complaisamment relayé sur son blog ce commentaire du F∴ Ronan Loaëc posté sur Facebook à propos du dernier livre du F∴ Michel Maffesoli que je n'ai pas lu.

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    Ainsi pour Ronan Loaëc, Michel Maffesoli est un triste personnage. Il remet implicitement en cause ses compétences universitaires.

    Ronan Loaëc fait également une allusion putassière à la thèse d'Elizabeth Teissier qui avait défrayé la chronique au début des années 2000 (et qu'il n'a probablement pas lue).

    Je voudrais juste rappeler au passage ce qu'écrivait le F∴ Marcel Bolle de Bal, professeur émérite de l'Université Libre de Bruxelles, président d'honneur de l'Association internationale des sociologues de langue française, dans les colonnes du Soir de Bruxelles, le 20 septembre 2001 :

    "Comme la plupart d'entre eux, je n'ai pas lu cette thèse. Je ne porte donc nul jugement sur la valeur de celle-ci. Non, ce qui me choque, c'est le caractère irrationnel, subjectif, politique de cette réaction démesurée, se parant des oripeaux de la vertu scientifique et du rationalisme conquérant. Affirmer que rédiger une thèse sur l'astrologie comme croyance et fait social, ce serait reconnaître la valeur scientifique de l'astrologie, ce serait justifier la pratique de celle-ci, voila qui revient à interdire de faire une thèse sur l'alcoolisme, la délinquance, les sectes, etc., au prétexte que cela encouragerait ou validerait de telles pratiques. Absurde, non ? Or, en l'occurrence, c'est précisément l'astrologie comme croyance et fait social, et non l'astrologie comme discipline scientifique, qui a fait l'objet de la thèse incriminée. Il s'agit d'une thèse de sociologie, non d'une thèse d'astrologie. Les membres du jury eux-mêmes ont bien précisé qu'à leurs yeux l'astrologie n'était certainement pas une science."

    Mais Loaëc ne s'embarrasse guère de ce genre de nuance...

    L'objet de sa détestation ne se réduit d'ailleurs pas à la personne de Maffesoli mais s'étend de façon plus inquiétante à toutes les loges qui ont l'outrecuidance de l'inviter. Car inviter Maffesoli, pour Loaëc, c'est nécessairement faire preuve de naïveté et de complaisance coupable à l'égard du communautarisme... Et les responsables des ateliers concernés sont ravalés au rang de complice d'une oeuvre de démolition de la République (excusez du peu...).

    Je suis sidéré par cette prose de petit commissaire politique teigneux qui vous dit ce qu'il faut penser, ce qu'il faut lire et qui il faut inviter... 

    Mais le plus grave n'est pas là... Le plus grave c'est quand on songe que l'intéressé a été, l'an dernier, conseiller de l'Ordre délégué à la communication et aux médias du G∴O∴D∴F∴...

    Comment ne pas frémir en y pensant ?...

    Le F∴ Loaëc ferait donc bien de réapprendre les vertus du silence. Cela lui éviterait de dire des conneries.

  • Pas tant de gaz Gérard...

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    Le F Contremoulin croit déceler "une trahison" (sic) des idéaux laïques dont se serait rendu coupable le Parti socialiste. Diable ! De quelle odieuse trahison s'agit-il ? De proposer une meilleure formation des imams, de favoriser la création d'établissements privés sous contrat (comme c'est le cas déjà pour les cathos, les parpaillots ou les juifs) ou encore de pallier le manque de lieux de culte pour nos compatriotes de religion musulmane ?

    Toutes ces propositions sont pourtant parfaitement conformes à la législation en vigueur. Non seulement à la loi du 9 décembre 1905 mais aussi à la loi du 2 janvier 1907 relative à l'exercice public des cultes que le F Contremoulin, décidément, semble bien mal connaître.

    Alors où est donc la trahison au juste ?

    Du côté de ceux qui, dans le respect de la laïcité telle qu'elle existe dans le droit positif, veulent structurer un Islam de France pour limiter les influences extérieures et le doter enfin de structures décentes (notamment des lieux de culte qui font cruellement défaut) et d'un personnel qualifié (des imams correctement formés) ?

    Ou du côté de ceux qui s'accrochent mordicus à une laïcité fantasmée qui n'a jamais existé dans les textes de loi ?

    Je crois que si "trahison'" il y a, elle est plutôt à rechercher du côté de ceux qui ânonnent la laïcité sans regarder les textes. Ils ressemblent à ces cléricaux de tous poils qui récitent leurs prières sans réfléchir. Les premiers ne valent vraiment pas mieux que les seconds.

    Et comme j'ai horreur de me répéter, je renvoie le lecteur aux notes suivantes que j'ai pu commettre sur le sujet :

    Islam et laïcité, le regard lucide d'un F belge

    Le collectif laïque demande l'abrogation du délit de blasphème en Alsace Moselle. Problème : ce délit n'existe pas

    Daniel Keller défend une vision de la laïcité qui n'existe pas dans les texte

    Retour sur la loi du 9 décembre 1905

    Jean-Louis Bianco répond à Daniel Keller

    Les 25 "propositions du GODF" sur la laïcité

    Le "Collectif laïque" se ridiculise

     

    ____________________

     

    Ajout du 10 mars 16h30 et 17h15

    Je dois constater que ma note suscite des réactions plutôt positives de la part de FF du GODF lassés des postures "laïcistes" (et non laïques) de leurs instances.

    Je ne dénie pas à ces instances, bien sûr, le droit de défendre et promouvoir une conception de la laïcité qui n'a jamais existé dans l'ordre juridique de notre pays. Je leur rappelle simplement que la laïcité - c'est-à-dire celle qui fut soutenue ardemment par tous les Républicains de ce pays à la croisée des XIXe et XXe siècles - repose sur l'idée pragmatique du compromis et du dialogue parce qu'elle a vocation à assurer et à garantir la liberté de conscience (et de culte) de tous les citoyens.

    La liberté de conscience, c'est reconnaître que chaque individu est singulier et doit en même temps coexister pacifiquement avec autrui.
     
    Je laisse l'uniformisation des consciences aux pays totalitaires, quelles que soient les idéologies dont ils se réclament.
     
    L'Islam est la deuxième religion de notre pays. C'est ainsi et il faut en tenir compte. L'Islam doit donc être un interlocuteur de la République comme toutes les autres religions présentes sur le territoire de notre pays. Ni plus ni moins. Il doit donc être mieux structuré qu'il ne l'est aujourd'hui. Il doit être représenté pour être écouté des pouvoirs publics et plus particulièrement du ministère de l'intérieur. Le culte musulman doit être confié à des imams compétents et formés, respectueux des lois de notre République démocratique, sociale et laïque, et capables de résister aux agents intégristes (surtout salafistes). Les salles de culte doivent être décentes pour en finir avec les garages ou les salles insalubres. Les associations cultuelles musulmanes dûment déclarées ne doivent pas subir des tracasseries administratives injustifiées (notamment de la part des municipalités) pour obtenir un permis de construire ou un changement de destination pour une salle de prières.