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  • Franc-Maçonnerie et Homosexualité aux Etats-Unis (2)

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    De l'autre côté de l'Atlantique, les positions rétrogrades des Grandes Loges de la Géorgie et du Tennessee à l'égard de l'homosexualité, provoquent des remous de plus en plus importants. Les maçons américains sont fébriles sur les réseaux sociaux et n'hésitent pas à exprimer leur incompréhension et leur désapprobation.

    Parmi tous les témoignages publiés sur internet, j'ai choisi de traduire dans les grandes lignes (avec mes faibles moyens) et de partager un extrait d'une vidéo réalisée par le Frère Mikie Da Poet de la Grande Loge de l'Illinois le 8 mars dernier. Elle exprime bien l'idéal de notre Ordre.

    Si la traduction ne se fait pas automatiquement, cliquez sur l'icône en bas à droite qui se trouve à côté de celui de Youtube.

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    La désapprobation, comme vous le verrez, se fait toujours en des termes mesurés. Da Poet le dit : il faut y mettre de la diplomatie. Je ne suis pas sûr cependant que ça soit suffisant.

    Mais bon, comme on peut le lire souvent dans les conclusions des rédactions en manque d'inspiration : "Bref, l'avenir nous le dira."

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    Mise à jour 16 mars 15:41

    Le blog Hiram diffuse une réponse de la Grande Loge de la Géorgie que l'on peut résumer ainsi en s'inspirant de la réaction d'un ancien président de la République française : "Ça m'en touche une sans faire bouger l'autre."

    Il y a donc de fortes chances que la Grande Loge du Tennessee soit sur cette même ligne assez couillue. Wait and see.
  • Le silence de l'apprenti

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    silence,apprenti,initiation,franc-maçon,progressivité,réflexion,riteLe symbole est un moment de liberté pure de la pensée, l’un des moments les plus personnels qui soit. Or, le symbole est souvent écrasé par la tyrannie des mots. C’est peut-être pour cela qu’on exige le silence de l’apprenti, d’une part, parce qu’il ne connaît rien des usages de la maçonnerie et de sa loge, et qu’il a tout à découvrir ; d’autre part, parce que le silence qu’il doit conserver quelques mois est le mode de formation de l’intime conviction à partir de laquelle il saura déjà, même inconsciemment, s’il se sent capable de poursuivre cette quête toute sa vie.

    Dans la plupart des cas, les apprentis s’efforcent sincèrement de témoigner leur attachement au modèle de l’homme parfait vers lequel ils veulent tendre. Balourds comme la lourde bonne volonté qu'ils affichent. Ils se plaisent à relever les incohérences et les défauts chez les Maîtres sans penser aux leurs. Et quand certains d'entre eux sont entrepris par des Maîtres en rupture qui tentent de les associer à leurs propres désespérances, ils sont entraînés dans ce défaut qui consistent à s’ériger en juges implacables des actions des autres.

    Souvent, les apprentis croient que la langue de bois maçonnique - celle qui permet à beaucoup d’étaler une sagesse qu’ils ne détiennent pas - est ce qu’on attend finalement d’eux. A peine sortis du silence pour présenter une planche, ils se précipitent dans les bouquins dans lesquels sont consignées des définitions arbitraires des symboles. On leur a pourtant dit : « Ici tout est symbole ». Ils répondent dans les faits « ici tout est norme ». Et, de temps en temps, certains errent comme des âmes en peine dans les limbes internautiques en appelant au secours : « Aidez-moi ! Je dois réaliser un travail personnel pour ma loge et, si possible, rédigez-le à ma place ! ».

    Je suis d’autant plus à l’aise pour parler de ces choses-là que j’ai été cet apprenti qui, comme la plupart de ses congénères, est passé à côté de son apprentissage. Je me souviens que toute question devait nécessairement recevoir une réponse. Oui, je me souviens que j’étais assez peu indulgent à l’égard de mes vieux maîtres et de leurs tours de passe-passe (« médite et tu comprendras »). Avec le recul, ils avaient raison de me répondre qu’ils n’avaient pas de réponses à mes questions et qu’à chaque jour suffit sa peine. C’était à moi d’aller au-delà de cette méfiance systématique à l’égard de ce tout ce qui ne m’apparaissait pas immédiatement évident. Mais il aurait fallu que j’en fusse conscient sur la colonne du nord. Avant de me laisser submerger par le « et pourquoi ceci ? Et pourquoi cela ? Et pourquoi le vénérable fait ceci et pas cela ? A quoi ça sert ? Hein, dis-moi toi qui sais etc. », j’aurais dû me donner le temps d’un silence, d’un grand round d’observation, pour être simplement un témoin attentif de ce qui était fait et dit en loge.

  • La loge, creuset aux influences diverses

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    Il y a des positions qui, à force d'être répétées, paraissent conformistes mais elles demeurent pourtant fondamentales. Parmi ces positions, il y a celle qui consiste à dire que la maçonnerie n’est et ne sera jamais un supplétif aux engagements que le maçon est incapable d’avoir dans le monde profane.

    Si je suis militant politique, syndical, associatif, mon premier devoir est de laisser ces engagements à la porte de la loge. Non pour les oublier bien sûr, mais parce que la loge est un creuset aux influences diverses. La liberté d’être ce que je suis est conditionnée par liberté de ceux que je côtoie en loge.

    C’est pour cela que je suis attaché à l’idée qu’une loge travaille sur les sujets les plus variés et que son recrutement soit le plus éclectique possible. Sa richesse est fonction de la diversité des préoccupations de ses membres. Le reste ? La diffusion des idées ? L'engagement ? C'est à chacun d'en décider librement en fonction de ses moyens et du temps dont il dispose.

    Je pars du principe qu’on a toujours besoin d’un plus anar, d'un plus socialo, d’un plus réac, d’un plus bigot, d’un plus ceci, d’un plus cela que soi. Si en loge tout n’était qu’harmonie et si rien en autrui n'était susceptible de m'intriguer, de me surprendre, voire de m’inquiéter, alors la fraternité ne serait que l’autre nom de l’indifférence. Je ne pense pas qu’on vienne en loge pour cultiver l'indifférence aux autres et pour trouver des personnes qui pensent pareil que soi.