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frédéric desmons

  • Victor Hugo, le frère introuvable

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    VH2.jpgLa franc-maçonnerie et Victor Hugo, c'est un peu l'histoire du chat et de la souris. La première a toujours considéré le second comme l'un de ses siens mais le second a toujours pris soin de garder une distance polie avec la première. Pourtant la franc-maçonnerie n'était pas étrangère à Victor Hugo puisque le général Joseph Hugo, son père, en fut un membre actif. Cependant, l'écrivain ne manifesta jamais un quelconque désir de la rejoindre comme s'il avait confusément senti qu'une éventuelle initiation aurait inévitablement engendré une récupération de son oeuvre et de ses combats. Or Victor Hugo avait cette conviction orgueilleuse qu'il n'appartenait qu'à lui-même au-delà de toutes les opinions politiques, religieuses et philosophiques qu'il ait pu avoir tout au long de sa vie. La franc-maçonnerie chercha longtemps Hugo mais ne le trouva point.

    Pourquoi parler de récupération ? N'est-ce pas faire un procès d'intention à la franc-maçonnerie ? Je ne le pense pas car l'institution maçonnique a toujours cédé un peu trop facilement à la tentation de voir des maçons sans tablier chez tous ceux qu'elle considère comme des bienfaiteurs de l'humanité. En même temps, il était inévitable que la franc-maçonnerie éprouvât le désir de compter Hugo parmi les siens, lui qui avait fait cette profession de foi universaliste lors du Congrès de la Paix de 1849 :

    « Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de batailles que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d'un grand Sénat souverain. »

    La mystique hugolienne ne pouvait pas non plus laisser les frères dans une indifférence de marbre. Dévasté par la disparition accidentelle de sa fille Léopoldine, on sait que Victor Hugo a cru pouvoir entrer en contact avec elle au moyen des doctrines spirites alors très en vogue au dix-neuvième siècle. Bien que la franc-maçonnerie n'ait jamais eu pour objet de faire tourner les tables ou de communiquer avec les esprits, on peut toutefois comprendre que cette vie spirituelle tourmentée, profondément marquée par l'idée de transcendance, ait pu toucher de nombreux frères. 

    Enfin, l'opposition courageuse de Victor Hugo au second Empire et son long exil ont également contribué à sa gloire et à renforcer son magistère moral sur une franc-maçonnerie désormais tout acquise à la République après la défaite de 1870. Certains maçons caressèrent alors le projet d'initier Victor Hugo. Je voudrais rappeler notamment ici l'initiative prise par Juliette Adam (1836-1936), la veuve du journaliste et homme politique républicain Edmond Adam (1816-1877). Le 19 août 1879, elle se présenta au domicile de Victor Hugo accompagné d'un vénérable (probablement celui de la loge de son défunt époux qui dépendait, semble-t-il, du Suprême Conseil de France). Victor Hugo raconte cet épisode de façon expéditive dans son carnet intime sans préciser le nom du vénérable et le titre distinctif de la loge concernée. Voici ce qu'il écrit :

    « Mme Ed. Adam me présente M. [espace laissé en blanc] vénérable de la loge [espace laissé en blanc] qui me presse pour être franc-maçon. J'écarte. »

    Tout semble donc indiquer que Victor Hugo ait été agacé par cette démarche. Il faut dire que l'écrivain faisait l'objet de constantes sollicitations de la part de plein de gens. C'était une véritable star que le tout-Paris voulait approcher. Quoi qu'il en soit, on a ici la preuve que Victor Hugo a « écarté » la possibilité qui lui avait été offerte d'être reçu en franc-maçonnerie.

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    Je me souviens avoir lu quelque part - mais je ne sais plus où - que Victor Hugo avait présidé un comité de promotion de La Marianne Maçonnique, ce célèbre buste de bronze sculpté en 1879 par Paul Lecreux dit Jacques France (1836-1894). Compte tenu de ce qui s'était produit la même année avec la veuve Adam, je dois dire que j'en avais été étonné au point de considérer cette information avec suspicion. En effet, pourquoi Victor Hugo aurait-il accepté de présider un comité de promotion d'une oeuvre aussi maçonniquement connotée alors qu'il avait écarté la proposition qui lui avait été faite de rejoindre la franc-maçonnerie ? C'était incohérent.

    Comme souvent, la réalité historique est légèrement différente. Le fait est que Jacques France a réalisé deux versions du buste de Marianne : une version maçonnique et autre version où les symboles maçonniques ont été remplacés par les grandes dates de la République : 1789, 1848 et 1870. En 1882, il fut décidé de créer un comité central des bustes de la République. Le vieux Victor Hugo accepta de le présider aux côtés d'ailleurs de nombreux francs-maçons parmi lesquels Emmanuel Arago (1812-1896), Louis Blanc (1811-1882), Jean Macé (1815-1894), Camille Pelletan (1846-1915), Frédéric Desmons (1832-1910) ou encore Gustave Mesureur (1847-1925). Ce Comité réunissait la Ligue de l’enseignement, le Congrès anticlérical et, bien sûr, le Grand Orient de France. Il ne s'agissait donc pas de la faire la promotion d'une oeuvre spécifique, maçonnique de surcroît, mais de participer à la diffusion des symboles et des attributs républicains dans les lieux publics. Ce qui n'était pas du tout la même chose.

    La mort de Victor Hugo, le 22 mai 1885, provoqua des « batteries de deuil » dans les loges du monde entier, en France et en Europe bien sûr, mais aussi en Amérique centrale et du sud où Hugo eut toujours une profonde influence. Les francs-maçons furent largement représentés au convoi funéraire, le 1er juin 1885, qui rassembla quelque deux millions de personnes ! Le frère Charles Floquet, membre du Suprême Conseil de France, parla sur la tombe de Victor Hugo, mais en sa qualité de président de la Chambre des Députés. Au contraire, le frère Raqueni s'exprima au nom de la franc-maçonnerie italienne. De son côté, la presse maçonnique ne fut pas en reste. Esprit-Eugène Hubert, directeur de la revue La Chaîne d'Union, avait écrit non sans grandiloquence :

    « On n'est pas Franc-Maçon parce que l'on en porte le nom ; on est Maçon quand on est possédé de ses aspirations, quand on en accomplit l'œuvre. Qui plus haut que Victor Hugo fut de notre pensée, fut de nos principes, fut de notre travail ? C'est ce qui le rend l'homme et le lien de tous les Peuples. La conscience humaine ne s'y est point trompée. Il n'y a pas eu de mot d'ordre donné ; et cependant de tous les points du monde, au même moment, s'est manifesté le même tressaillement de douleur et d'admiration reconnaissante. C'est que l'homme de l'Humanité était tombé, mais point sans tracer son rayon lumineux, mais point sans avoir ouvert les nouvelles voies du progrès et de l'amélioration sociale. »

    Sans doute le directeur de La Chaîne d'Union, s'était-il souvenu du message que Victor Hugo lui avait fait parvenir le 3 mai 1872 (cf. La Chaîne d'Union, juin 1872, p. 348 bis ; publiée à nouveau en juin 1885, p. 223).

    « Mon cher Concitoyen, bien qu'un peu tardivement, je tiens à vous remercier de votre intéressante communication. Nous avons le même amour l'Humanité, et le même but la Délivrance. Croyez, vous et vos Frères, à ma cordiale sympathie. Victor Hugo. »

    Le message est cordial certes mais on ne peut pas dire non plus qu'il témoigne d'un enthousiasme débordant. Le grand écrivain n'a pas forcé son génie pour écrire ces trois petites phrases au directeur de La Chaîne d'Union. Hugo reconnaît partager des valeurs humanistes avec les francs-maçons mais il prend toujours soin de maintenir les distances comme pour mieux signifier qu'il ne se perçoit pas comme un membre de la famille maçonnique (« Mon cher Concitoyen », « vous et vos Frères »). Ces trois phrases sont en tout cas sans commune mesure avec les nombreux hommages qui lui furent rendus par les loges du monde entier. Je citerai notamment cette adresse à la famille de Victor Hugo provenant de la loge orléanaise Les Adeptes d'Isis Montyon qui a été publiée dans Le Républicain orléanais. En voici juste un petit extrait (le reste de l'hommage est pompier et finalement sans grand intérêt) :

    « (...) Patriote, il a donné l'exemple de la résistance permanente à l'oppression. Il a flagellé le despotisme triomphant, flétri le crime, marqué du fer rouge de l'infamie le front du parjure de Décembre. Semblable aux coureurs antiques dont parle Lucrèce, il a protégé dans sa main la flamme vacillante de la liberté et l'a remise entre les nôtres. Français, il a aimé la France d'un amour sans mesure, et sa grandeur seule a pu adoucir nos désastres. Républicain, il a fait revivre la grande épopée révolutionnaire dans son âme, ses exemples et ses livres. Grand, il a chéri les humbles et pleuré sur les petits. Son cœur était comme son génie, il était immense. Il n'appartenait pas à notre Ordre, mais il en a réalisé le but, justifié les tendances, possédé l'esprit. A ce titre, la franc-maçonnerie le regarde comme l'un des siens, et le deuil qui a atteint la Patrie, la République et l'Europe doit retentir dans nos cœurs. »

    Après tout ce que je viens de dire, le lecteur pourra se demander les raisons pour lesquelles Victor Hugo a maintenu la franc-maçonnerie à distance respectueuse. J'ai parlé plus haut d'une crainte de récupération tant il est vrai que la franc-maçonnerie remet volontiers des tabliers symboliques à ceux qui n'en ont jamais porté. Il me semble que cet hypothèse est recevable. J'y en ajouterai une autre, peut-être encore moins flatteuse pour notre ordre initiatique. Comme je l'ai dit, Victor Hugo a payé chèrement son opposition à Napoléon III puisqu'il fut contraint à l'exil pendant dix-neuf ans, très exactement du 12 décembre 1851 au 5 septembre 1870. Victor Hugo a donc eu le temps de méditer longuement sur le sens de son action et de se rendre compte que la franc-maçonnerie institutionnelle, celle des obédiences, s'était rangée sagement du côté du second Empire après avoir bruyamment célébré la République en 1848.

  • Ali Margarot ou la crainte du déshonneur

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    Laïcité, France, Nîmes, Gard, Ali Margarot, GODF, République, église catholique, église réformée, La fête qu'Ali Margarot avait organisée pour sa famille et ses amis, le 19 avril 1885, s'était pourtant bien déroulée. Le Maire de Nîmes avait fait venir autour de lui celles et ceux qu'il appréciait. Dans le jardin de sa propriété, il se promenait entre les groupes d'invités. Margarot avait eu un mot gentil pour chacun, charmeur et brillant comme à l'accoutumée. Lorsqu'un des invités le prenait par le bras pour commenter l'actualité, lui présenter une doléance ou exprimer une opinion sur la situation politique locale, Margarot prenait le temps de l'écouter et de lui répondre. Aucune des personnes présentes ce jour là n'aurait pu anticiper le drame. Dans la nuit du 19 au 20 avril 1885, Ali Margarot se tira une balle dans la tête. Le premier maire républicain de Nîmes avait donc choisi brutalement de tirer sa révérence à la stupéfaction de tous. Il avait quarante-six ans.

    Ali Jacques Etienne Auguste Margarot est né à Nîmes le 28 juillet 1838 de l'union d'Auguste Jean Margarot (1808-1874), un banquier négociant fortuné, et d'Elisabeth Elisa Pauc (1808-1885). Il avait une soeur de trois ans sa cadette : Valentine. Le prénom Ali peut surprendre dans ce milieu protestant. Il s'agit peut-être d'une contraction d'Alibert, d'Albert ou d'Alfred ou éventuellement d'une erreur d'état civil. Elie est peut-être devenu Ali suite à l'indélicatesse ou l'incompréhension d'un officier d'état civil. 

    Ali Margarot vécut à Nîmes toute sa jeunesse. Vers 1857, le jeune Margarot quitta Nîmes pour aller faire ses études de droit à Paris. Là bas, il se lia d'amitié avec Léon Gambetta (1838-1882) avec lequel il fréquenta les milieux républicains de la capitale alors que nous étions - il faut le rappeler - sous le second Empire. Son diplôme de droit en poche, Ali Margarot est revenu à Nîmes, au quai de la fontaine, pour travailler avec son père et reprendre la banque familiale. Il s'inscrivit aussi au barreau de Nîmes.

    laïcité,france,nîmes,gard,ali margarot,godf,république,église catholique,église réformée,frédéric desmons,edmond about,léon gambettaAli Margarot rejoignit les opposants à Napoléon III. Il avait une parole vive, une tête aristocratique et fine, une instruction complète, une intelligence rare et une sorte de séduction innée qui l'avaient immédiatement rendu populaire chez les républicains gardois.

    C'est probablement dans les années 1860 qu'Ali Margarot se fit recevoir franc-maçon au sein de la loge L'Echo du Grand Orient à l'orient de Nîmes où il fréquenta peut-être le pasteur Frédéric Desmons (1832-1910) qui y fut initié le 8 mars 1861. En réalité, on ne connaît pas la date de l'initiation d'Ali Margarot car la liasse et les tableaux de la loge nîmoise pour la période 1857-1900 ont été enlevés du fonds maçonnique de la Bibliothèque Nationale de France par les nazis (cf. Daniel Ligou, Frédéric Desmons et la Franc-Maçonnerie sous la Troisième République, éd. Gédalge, Paris, 1966, p. 57). Il est probable que Margarot avait trouvé en loge les relais nécessaires à son action politique au service de la cause républicaine bien que L'Echo du Grand Orient (fondé en 1857) fût à l'origine bonapartiste comme d'ailleurs la plupart des ateliers maçonniques du Grand Orient sous la période autoritaire du second Empire.

    Ali Margarot versa totalement et passionnément dans la politique après la chute du second Empire. A Nîmes, à partir de 1871, il devint le principal opposant à Adolphe Blanchard, le maire royaliste. Il ne ménagea alors ni son argent ni sa peine pour arriver à établir définitivement à Nîmes l'influence républicaine. Il finança un journal de combat, Le Gard républicain qui devint ensuite L'Union Républicaine du Midi. Il institua des bibliothèques, des cours populaires et des réunions ouvrières. Lorsque la République fut définitivement hors de danger, Margarot put enfin compter sur l'appui résolu du gouvernement et de la préfecture du Gard. Le royaliste Blanchard fut ainsi contraint de démissionner en 1880 pour avoir refusé de fêter le 14 juillet devenu officiellement fête nationale cette année là. Ali Margarot fut nommé maire par décret le 5 novembre 1880 sous l'étiquette républicaine. Il fut aussi le premier maire élu par le conseil municipal de Nîmes en 1882. 

    laïcité,france,nîmes,gard,ali margarot,godf,république,église catholique,église réformée,frédéric desmonsA la tête de la municipalité, Ali Margarot soutint des projets urbanistiques d'aménagement du centre ville. Laïque convaincu, il fit appliquer sans faiblir la loi Ferry sur l'enseignement laïque, gratuit et obligatoire. Il soutint le projet de création du muséum d'histoire naturelle de la ville sur le boulevard des Calquières devenu boulevard Amiral Courbet (ce muséum a été inauguré en 1895). Républicain intransigeant, il combattit le régionalisme des félibres, souvent catholiques et royalistes. Inutile de préciser que la politique nîmoise était extrêmement clivée à l'époque. Les haines étaient tenaces et s'exprimaient parfois sous des formes inattendues et comiques. Un contributeur de la revue de poésie, La Muse française, raconte ainsi cette anecdote (cf. « Lettres d'un provincial. Pompes funèbres », La Muse française, juillet 1929, p. 494 et suivantes) :

    « Un de mes amis, qui habitait Nîmes et qui n'approuvait point la manière d'administrer du maire que cette ville avait alors et qui s'appelait Ali Margarot, avait un chien et une chienne qu'il nomma, le chien Margarot et la chienne Ali. Dans une ville comme Nîmes tout se sait, surtout les choses que l'on crie dans la rue. On finit donc par savoir à la mairie de quels noms mon ami avait appelé ses chiens. On s'en divertit peut-être, mais, officiellement, il fallut s'en indigner et faire cesser un tel scandale. Mon ami fut mandé au cabinet de Monsieur le Commissaire central qui lui exprima son étonnement, son mécontentement et lui fit commandement de changer, sans délai, les noms sacrilèges. Sans se demander si Monsieur le Commissaire avait le droit d'exiger un tel changement, mon ami promit de le faire. Il tint sa promesse en appelant désormais son chien Ali et sa chienne Margarot. »

    En 1885, Ali Margarot était alors au sommet de sa carrière. Il siégeait au conseil de l'Ordre du Grand Orient de France en compagnie de Frédéric Desmons et Charles Cousin. Sans doute aurait-il joué un rôle plus important au niveau national s'il n'était pas mort prématurément. Les circonstances en ont décidé autrement. En effet, Ali Margarot avait un secret de plus en plus lourd à porter : la banque, dont il avait hérité de son père, avait fait de mauvais investissements. Margarot s'était rendu compte, mais tardivement, qu'il était difficile de mener de front une carrière professionnelle et une carrière politique. Margarot n'a pas su ou voulu choisir. Quand le maire de Nîmes comprit que la liquidation judiciaire de son établissement bancaire devenait inéluctable, il préféra alors se donner la mort plutôt que d'affronter le déshonneur de cette situation. Le 23 avril 1885, le docteur H.-M. Vincent, l'un de ses intimes, écrivit dans Le XIXème siècle, le quotidien anciennement dirigé par Edmond About :

    « [Nîmes] est, cette bonne ville, une ville unique, férocement divisée, avec, dans toutes les mémoires, le souvenir sanglant des vieilles guerres de religion. A Nîmes, il n'y a ni républicains, ni réactionnaires, mais des « protestants » et des « catholiques », et cet abîme creusé entre les habitants n'est pas seulement moral; des quartiers sont carlistes et des quartiers radicaux ; on dit d'un citoyen qu'il est « de l'enclos Rey » ou « de la Placette », suivant qu'il attend avec impatience la restauration des Bourbons ou qu'il marque un profond mépris pour la « légitimité » (...)

    Jeune, riche, aimable autant qu'on peut l'être, il sut, lui l'élégant, le lettré, vivre auprès du peuple, partager ses joies et ses tristesses, encourager les malheureux, soutenir les pauvres; avocat, il ne plaidait point, mais il travaillait à compléter son instruction, très vaste, et suivait assidûment les séances des loges maçonniques dont il faisait partie. Ainsi il contribuait à organiser la difficile victoire du parti républicain dans le Gard (...) 

    La mort de cet homme de bien a plongé dans le deuil la ville tout entière ; on n'aime pas à moitié, au pays d'Elysée Méraut, et je pourrais citer mille détails touchants de l'affection profonde dont les Nîmois l'entouraient. Des causes de cette mort, qui fut, hélas ! volontaire, je ne veux dire ici qu'un mot. M. Ali Margarot, banquier, avait mis sa bourse au service de la cause qu'il servait ; il était de ceux qui comprennent le dévouement à la manière antique, sans exceptions ni réserves, et il meurt pour n'avoir jamais su refuser un service. Quels que soient, devant cette tombe entr'ouverte, nos regrets et notre tristesse, nous ne saurions trouver, contre le vaillant qui nous a si brutalement quittés, une parole de blâme. »

    Le souvenir d'Ali Margarot s'est effacé avec le temps. La ville de Nîmes ne lui a même pas dédié la plus petite impasse.

  • « Allo, c'est Maurice...»

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    maurice.jpg« Allo, c'est Maurice... » Je m'étais très vite habitué à sa voix de stentor, chaude et fraternelle. Il m'avait d'abord surpris par ses appels téléphoniques réguliers. C'est normal : je n'ai jamais aimé le téléphone. J'ai toujours préféré écrire. Lui au contraire semblait aimer cet instrument. Et il me le montrait avec une spontanéité désarmante. 

    Il était modérateur sur le forum Frédéric Desmons que j'avais fondé en 2002 et il prenait son rôle très au sérieux. Languedocien d'origine, je résidais en Belgique. Parisien d'origine (si je ne me trompe pas), Maurice vivait dans le nord. Nous avions donc très vite sympathisé. 

    Comment dire ? Maurice Bouchard était un homme absolument délicieux. Un franc-maçon au grand coeur, au regard malicieux et bienveillant. Le genre d'homme dont je suis fier d'avoir croisé le chemin. Un humaniste. Un érudit. Un travailleur. Un sanglier pour reprendre l'image du philosophe Michel Serres. En effet, quand Maurice avait un sujet en tête, il aimait, tel un sanglier, le creuser et l'épuiser. Il n'avait pas dix mille objectifs en tête. Il ne se dispersait pas. Quand il se concentrait sur une chose, il le faisait à fond. 

    Sa passion ? Le rite français, mais celui des origines aimait-il à rappeler. Je me souviens ainsi de ses analyses méticuleuses, de son souci du détail et du geste parfait.

    maurice bouchard,philippe michel,rite français,amitié,fidélité,souvenir,culture,dervy,franc-maçonnerieA l'époque, j'étais encore un peu jeune. Je n'étais pas suffisamment préparé pour saisir toutes les beautés que Maurice voulait me montrer. Je suis certainement passé à côté de plein de choses. Fort heureusement, Philippe a pu mettre en forme tout ce que Maurice a défriché pendant de longues années. 

    On a fini par se perdre de vue, emportés chacun par le tourbillon de nos existences.

    Le nez dans le guidon, je suis donc passé à côté de son départ vers l'orient éternel. J'ai mis du temps à réaliser qu'il avait rejoint les étoiles.

    Aujourd'hui, quand le téléphone me surprend, la nuit tombée, il m'arrive de penser à cette voix rauque que je n'entendrai plus. « Allo, c'est Maurice...»

    Maurice Bouchard et Philippe Michel, Le Rit Français d'origine 1785 dit Rit Primordial de France, édition Dervy, Paris, juin 2014 (26 € prix public). Pour commander l'ouvrage, cliquez sur le site de l'éditeur.

  • L'hommage de la Grande Loge de France à Frédéric Desmons

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    mesureur.jpgLa Grande Loge de France (GLDF), obédience éminemment respectable, et où j’ai d'ailleurs la joie de compter quelques amis, a souvent eu la prétention de passer pour une obédience régulière. Ce qu’elle n’a jamais été. Evidemment, j’entends « régulière » au sens des landmarks définis arbitrairement par la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1929 et qui conditionnent sa reconnaissance.

    Je voudrais simplement rappeler ici des passages de l’éloge funèbre du F Frédéric Desmons prononcé à Paris en janvier 1910 par le Grand Maître Gustave Mesureur au nom de la GLDF. Frédéric Desmons n’était pas n’importe qui. Le sénateur du Gard, président du Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France (GODF) à de multiples reprises, a été le rapporteur, en 1877, du fameux vœu n°9 par lequel le GODF a modifié l’article 1er de sa constitution et institué la liberté absolue de conscience.

    L'adoption de ce vœu a provoqué l’exclusion brutale et injuste du GODF de la communauté maçonnique internationale. Cet épisode de la vie maçonnique n’a pas non manqué d’engendrer à l’époque de nombreuses polémiques qui, près de 140 ans après, perdurent toujours sous d’autres formes.

    Voici ce que le F Gustave Mesureur a dit du F Frédéric Desmons au nom de la GLDF :

    « Vous trouverez naturel que la Grande Loge de France s'associe au deuil cruel qui vient de frapper le Grand Orient dans la personne de son vénéré président Frédéric Desmons. N'est-ce pas lui qui a dit : « Vous appartenez à un autre rite que le nôtre, mais qu'importe, au-dessus des rites il y a la Maçonnerie qui nous rallie tous.» Sa chaude parole, sa bonté rayonnante n'ont-elles pas largement contribué à ce rapprochement, et les membres de la Maçonnerie écossaise ressentent, devant la mort de ce juste, combien sont profonds les liens fraternels qui unissent désormais les deux Obédiences françaises, aujourd'hui confondues dans une commune douleur (…) Il fut un Maçon fidèle jusqu'à la mort, et comme tel il nous appartient tout entier ; il est notre fierté comme il fut l’honneur de notre Ordre. Le titre de Franc-Maçon, qu’il portait simplement mais crânement aussi en face de nos adversaires ce n'était pas pour lui comme pour tant d'autres une estampille qu’il est bon d'avoir mais l'accomplissement d'un devoir d'autant, plus sacré qu'il était volontaire. Et, s'il était avec nous aux jours de triomphe, il y était surtout à l'heure difficile des défaites, quand il nous disait : « Attendez-vous à être attaqués plus vivement les uns, et les autres, mais ayez bon courage ; la lutte que nous soutenons est une lutte digne des plus nobles efforts. N'a-t-elle pas pour but, en effet, de faire triompher dans le monde la Justice, la Vérité, la Liberté, l'affranchissement social de tous les peuples ? »

    gustave mesureur,gldf,frédéric desmons,godfLe F Gustave Mesureur poursuit :

    « On a voulu faire de notre Ordre, je ne sais quelle secte étroite et intolérante. Mais notre institution se caractérise, tout entière dans un homme comme Frédéric Desmons (…) Sa loyauté, sa bonté, son amour profond de la démocratie n'auraient pas accepté de présider si longtemps aux destinées d'une Association qui n'aurait pas pratiqué la liberté et la tolérance la plus larges. Il disait lui-même : « Nous avons des discussions un peu vives parfois, il ne faut pas nous en plaindre, n'ayez pas peur des discussions vives, laissez-les se poursuivre librement. Nous ne sommes pas dans une assemblée d'évêques ou de prélats, nous ne sommes pas convoqués par un pape quelconque pour venir prononcer des paroles arrêtées en quelque sorte d'avance, nous venons ici avec notre liberté complète, avec notre conscience , avec notre raison, et chacun de nous est appelé à défendre les idées qu'il prétend et qu'il croit les meilleures ». »

    Et de conclure:

    « Nous garderons le culte et le souvenir du grand homme de bien auquel j'apporte au nom de la Grande Loge de France un dernier adieu ».

    Il me semble donc que les responsables de la GLDF gagneraient à se pencher honnêtement et lucidement sur l’histoire de leur Obédience au lieu de tenter de la reconstruire pour faire valoir je ne sais quelle ancienneté et supériorité illusoires. Je pense notamment à leur tentative grotesque d’établir un lien entre la première GLDF et celle née en 1894. Je suis sûr qu’ils y gagneraient en sérénité.

  • No comment

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    blog-world1.jpgJe dois une petite explication à ceux d'entre vous qui me font l'amitié de m'écrire pour s'étonner de ne pas pouvoir laisser de commentaires au bas de mes notes. Ce n'est certes pas par refus du dialogue ou par désintérêt à l'égard des opinions d'autrui, mais parce que je suis convaincu des limites du procédé. Il suffit de le constater en lisant d'autres blogs (maçonniques ou non). Les commentaires sont rarement intéressants et n'apportent pas grand-chose, quand ils dégénèrent pas purement et simplement sous l'action de trolls qui sillonnent le web pour polémiquer et pourrir les discussions en y apportant la médiocrité de leur pauvre petite existence virtuelle dont tout le monde se fout par ailleurs. Je me mets dans le lot. Je ne compte plus le nombre de commentaires inutiles que j'ai pu écrire sous tel ou tel article écrit par un autre.

    Bref, quand j'écris une note sur mon blog, je n'attends rien en retour même si j'éprouve évidemment du plaisir à être lu. Je veux dire que je livre unilatéralement une opinion, une analyse, une émotion, un coup de cœur ou un coup de gueule. J'aime l'idée que la note fasse progressivement son chemin dans la tête et le cœur des lecteurs. Ou pas. Certains m'écrivent. L'immense majorité passe silencieusement. Certaines notes, que j'ai pris du temps à écrire, font un flop. D'autres notes, rédigées à la va-vite, suscitent un plus grand intérêt des lecteurs. Il n'y a pas de règles. Parfois un blog fait un lien avec le mien, cite une de mes notes, soit pour aller dans son sens, soit pour en prendre le contre-pied. C'est très bien ainsi.

    Pour moi, un blog consiste avant tout à éditer du contenu. De qualité si possible. Pour ceux qui ont envie de discuter - et c'est tout à fait légitime - il existe des forums qui sont conçus spécialement pour ça. Je parle d'expérience. Je suis sur le web depuis 1996. J'en ai vu passer des choses depuis les modems ultra-bruyants qui faisaient exploser les factures téléphoniques. J'ai assisté à la plupart des évolutions de l'internet et à son entrée dans nos vies quotidiennes. Et notamment à l'émergence des réseaux sociaux. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, j'ai fondé fin 2002 le forum Frédéric Desmons. Ce forum, toujours en activités, a connu en treize ans d'existence des centaines et des centaines de membres venus de tous les horizons maçonniques. Les sujets de discussion y sont toujours aussi nombreux, riches et variés pour autant que je puisse en juger car j'ai pris du recul depuis plusieurs années. Ils touchent en tout cas tous les aspects de la vie maçonnique. Et, à titre personnel, ce forum m'a permis d'être sensibilisé à la diversité des approches de l'art royal comme jamais je ne l'aurais été si j'étais resté le cul assis sur ma colonne, dans ma petite loge, avec mes petites habitudes. Je connais la valeur du dialogue et des rencontres même par ordinateurs. J'en connais aussi les limites. J'ai donc largement donné dans le domaine des échanges internautiques et des communautés virtuelles pour vouloir construire à présent un petit espace personnel qui n'apporte rien d'autre que le bonheur d'écrire et le plaisir d'être lu.

  • Régis Blanchet : 10 ans déjà !

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    regisblanchet.jpgIl y a dix ans, au solstice d'hiver, le 21 décembre 2005 exactement, Régis Blanchet était brutalement arraché à l'affection des siens.

    Je me souviens que son passage à l'O∴ éternel m'avait sidéré. Je ne m'y attendais vraiment pas.

    Quelques temps avant sa mort, je l'avais eu au téléphone pour échanger sur la vie du forum Frédéric Desmons que j'avais fondé trois ans plus tôt. Il y était très impliqué. C'est d'ailleurs par le biais de ce média que j'avais fait sa connaissance.

    Nous avions projeté de nous rencontrer chez lui, du côté de Crozon (si ma mémoire ne me fait pas défaut), dans cette Bretagne qu'il aimait tant et à propos de laquelle il était intarissable. Malheureusement la mort ne nous en a pas laissé le temps.

    Régis était un cherchant et un franc-maçon passionné. C'était aussi un écrivain et un éditeur. Il avait fondé la revue Le Jardin des Dragons et les Éditions du Prieuré.

    J'admirais son érudition. J'avoue cependant que je ne partageais pas toujours son éclectisme que j'assimilais à de la dispersion. Il n'est jamais parvenu à m'intéresser à la franc-maçonnerie forestière (dont il avait pourtant activement contribué à la résurgence), au druidisme, à la gnose ou à me convaincre des beautés particulières du régime écossais rectifié. C'est probablement parce que j'ai toujours été un indécrottable rationaliste besogneux incapable de courir plusieurs lièvres à la fois.

    Pourtant, je pense que nos différences ont paradoxalement favorisé une certaine connivence d'esprit entre nous. Nous avions également en partage un goût certain pour le débat d'idées et la provocation.

    J'ai été heureux et fier de croiser son chemin. Et aujourd'hui, avec un peu d'avance, je pense à lui.

  • L'affaire Lalou

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    Regarder le passé, c'est se rendre compte que les choses, parfois, n'étaient pas forcément meilleures qu'aujourd'hui. En témoigne l'initiation avortée de Charles Lalou, député du Nord, dont les opinions boulangistes avaient provoqué une expédition punitive de plus de 500 Frères le 5 février 1889.

    Ce fait divers, qu'on imaginerait mal de nos jours, a fait les choux gras de toute la presse de l'époque. Il faut se remettre dans le contexte. Le général Boulanger, personnage équivoque, soutenu aussi bien à droite (royalistes, bonapartistes) qu'à gauche (certains radicaux et socialistes), venait d'emporter les législatives partielles du 27 janvier 1889 à Paris face à Edouard Jacques, président du Conseil général de la Seine. Les partisans du général Boulanger avaient envisagé une marche sur l'Elysée à laquelle le principal intéressé s'était prudemment refusé de participer. Le camp républicain redoutait un coup d'Etat.

    C'est la raison pour laquelle l'initiation de Charles Lalou au sein de la loge La France Démocratique (présidée par Georges Laguerre, député boulangiste du Vaucluse) était apparue - à tort ou à raison - comme une provocation par les Frères les plus soucieux de défendre la jeune Troisième République en cette année du centenaire de la Révolution française.

    Pourtant, le GODF était lui-même très partagé sur l'attitude à adopter vis-à-vis de Boulanger. Par exemple, un républicain aussi incontestable que Frédéric Desmons, président du Conseil de l'Ordre, ne cachait pas sa sympathie pour le turbulent militaire.

    Voici un extrait du compte rendu du quotidien Le XIXe siècle, viscéralement antiboulangiste, en date du 6 février 1889 :

    « Le porte-parole officiel du Boulangisme, l'enfant de choeur de la Chapelle de la rue Dumont-d'Urville, a été exécuté hier au Grand-Orient de France. L'exécution a été complète; elle était méritée.

    On sait que tout dernièrement Georges Laguerre a fondé ou plutôt ressuscité loge la République Démocratique, dans le but de donner le change à l'opinion publique en faisant croire que la Maçonnerie était Boulangiste.

    Pour augmenter le nombre, d’ailleurs très restreint des Membres de cet Atelier, le Frère Laguerre, Vénérable de la Loge, a présenté à l'Initiation un des membres influents du Comité de la rue de Sèze. Mais sachant que l'admission de ce personnage soulèverait un tollé général dans le monde maçonnique, il avait imaginé le truc suivant :

    Le Bulletin Maçonnique qui indique le programme des travaux de toutes les Loges, ainsi que l'heure des séances, annonçait que la tenue de la Loge de M. Laguerre, commencerait à huit heures et demie, et ne donnerait aucun renseignement sur l'Ordre du jour.

    D'autre part, le Vénérable avait fait envoyer aux Membres de sa Loge une convocation indiquant l'ouverture des travaux pour sept heures et demie précises, c'est-à-dire une heure avant l'heure habituelle et contrairement à tous les usages Maçonniques, de façon à dire à ceux qui se présenteraient à l'heure : la comédie est finie, la pièce est jouée.

    Ce projet, si habilement préparé, échoua complètement.

    Hier, cinq cents Francs-Maçons, prévenus à la hâte, sont venus de tous les points de Paris pour assister à l'ouverture des travaux de la Loge présidée par Laguerre.

    Il ne nous est pas permis de faire le compte rendu de la séance maçonnique, ce que nous devons dire, c'est que, malgré son cynisme et son audace, le député de Vaucluse, accablé sous le poids du mépris de tous les assistants, a été contraint de lever la séance et de sortir de sa Loge sous les huées des Francs-Maçons indignés (…). »

    L'affaire fit si grand bruit que le F∴ Esprit-Eugène Hubert, directeur de la revue La Chaine d'Union de Paris et antiboulangiste notoire, se crut obligé d'appeler indirectement les FF à la modération et à la raison (cf. La Chaine d'Union de Paris, février 1889, p. 36) :

    « Quelques excès ont pu être commis dans nos travaux, quelques méconnaissances ont pu être faites de nos prescriptions et Règlements, dans ces derniers temps ; ne nous en inquiétons point outre mesure. Cela ne peut avoir aucune conséquence grave, quant au point de vue de la stabilité et de la sécurité maçonniques : au contraire cela nous servira. Nous y puisons cet enseignement profitable que nous devons nous retrancher et nous renfermer dans nos anciennes manières d'être maçonniques ; que loin d'étendre notre cercle, nous devons le restreindre ; que, sans être une Société secrète, nous sommes une Société privée qui reste chez elle, qui ne sort point de chez elle, qui n'ouvre point ses portes à tous venants ; que nous sommes une Société qui se distingue, qui se détache de toute autre société par ses mots, signes, formes et coutume. Par son indépendance, par sa tolérance, par sa fraternité, par son abnégation, par ses larges horizons d'amélioration sociale, d'union entre toutes les races, des peuples entr'eux et par ses aspirations à la concorde, à la paix dans l'Humanité entière.

    Corps d'avant-garde, elle ne peut se découvrir sans vouloir s'exposer à être paralysée, comprimée dans son oeuvre, dans son action.

    Restons des Temples fermés. »

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    A consulter :

    Journal Le XIXe siècle - 6 février 1889.pdf