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extrémisme

  • Les idéologues du rejet

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    Les idéologues du rejet cultivent le ressentiment et chacun sait que le ressentiment est la matrice des haines les plus tenaces et les plus recuites. Ils n'ont jamais pardonné 1789 et le renversement de l'ordre ancien.

    Leur ressentiment s'exprime à l’égard de la République, du parlementarisme, du capitalisme (générateur de socialisme en réponse), du cosmopolitisme, des juifs, des noirs, des arabes, des homosexuels, des protestants, des musulmans, des francs-maçons, etc. (liste non exhaustive).

    Cette contre culture politique s’est exprimée avec, en son sein, des trajectoires singulières d’individus plus ou moins opportunistes, plus ou moins violents, plus ou moins travaillés par la haine de l'autre et le sens grandiose de leur personne.

    Tous ces idéologues du rejet ont vécu dans la hantise du complot et de ceux qu’ils devaient démasquer. Ils n’ont fait que mettre en pratique ce que le F∴ Joseph de Maistre (eh oui... un maçon ultramontain, réactionnaire et surtout maniaco-dépressif) avait écrit d’une plume hallucinée dans Les Soirées de Saint-Pétersbourg : « LE REMEDE DU DESORDRE SERA LA DOULEUR ».

    Selon eux, la rédemption devait donc passer par l’épée, par le retour musclé de l’ordre social voulu par Dieu parce qu’il avait été sacrilège de le remplacer par une « République […] née de la fermentation putride de tous les crimes amoncelés » (toujours la prose de ce bon Joseph en exil quand il était dans ses phases maniaques).

    Depuis les années 1790, les contempteurs de la République sont préparés à en découdre. Ils se sont mutuellement encouragés par leurs livres, leurs libelles. Un grand nombre été dans l'attente frénétique d’une restauration intégrale de l’ancien régime. D'autres ont imaginé des voies nouvelles : le fascisme et le national-socialisme.

    Avec le progrès de la technique, les idéologues ont abandonné l'épée et ont opté naturellement pour l'efficacité des flingues, des schlagues, des grenades.

    La défaite en 1940 a été pour eux « la divine surprise » et l’occasion inespérée de mettre en pratique ce que leur éducation et leurs maîtres leur avaient appris depuis plus de 150 ans. Ils ont pu enfin exclure, ostraciser, déporter, tuer et modeler le pays en fonction de leurs obsessions tout en léchant les bottes de l'occupant nazi.

    Puis, ils ont perdu en 1945. Certains ont été fusillés. Certaines ont été tondues. L'indignité nationale en a flétri d'autres. Beaucoup, en réalité, s'en sont tirés en faisant le gros dos, en se taisant prudemment, ou tout simplement, en ayant pu bénéficier d'une clémence des autorités dictée par les impératifs politiques de la réconciliation nationale.

    Nos idéologues du rejet ont malgré tout pu poursuivre leur oeuvre de haine progressivement. D'abord dans la confidentialité. Puis à nouveau au grand jour. Et de façon plus marquée en faisant brutalement irruption sur la scène politique lors des élections européennes de 1984.

    Nos idéologues ont inévitablement fait des petits. Certains d'entre eux se glorifient de pisser ou d'arracher aux petites heures de la nuit les arbres de la laïcité ou de la liberté. On a le courage que l'on peut.

    Ils tentent aujourd'hui de reconstruire l'Histoire en dénaturant les faits, en les niant purement et simplement et en se présentant comme les victimes du système. Ils prospèrent en fait sur l'oubli du plus grand nombre et sur l'instrumentalisation de toutes les peurs. Ils tentent d'habiller leur idéologie poussiéreuse d'habits neufs. Ils se veulent modernes alors qu'ils sont vieux. Ils se présentent sous un jour avenant dans les médias alors qu'ils n'attendent en réalité que le moment propice pour à nouveau reléguer, exclure, déporter et massacrer au nom de l'ordre naturel des choses, au nom de leur médiocrité, au nom d'une France fantasmée et ethniquement pure.

  • L'idéologie politique de René Guénon

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    Je voudrais revenir, une fois encore, sur René Guénon et insister sur la fascination morbide de l'auteur pour la décadence du monde moderne. Beaucoup de gens parlent de Guénon. Peu l'ont vraiment lu. Et encore moins sont ceux qui daignent jeter un regard lucide sur son idéologie politique qu'il a pourtant exposée, dès 1929, dans son livre Autorité spirituelle et pouvoir temporel.  Quels en sont les axes fondamentaux ?

    1°) L'autorité spirituelle. Celle-ci est détenue par le sacerdoce. Elle a pour fonction essentielle la conservation et la transmission de la doctrine traditionnelle dans laquelle toute organisation sociale régulière trouve ses principes fondamentaux. Le sacerdoce exprime les fonctions de connaissance et d'enseignement. Le sacerdoce communique en effet la connaissance et la tradition sacrées à tous ceux qui sont aptes à les comprendre. Pour autant, le sacerdoce se réserve à lui-même la partie supérieure de la doctrine, c'est-à-dire ce que Guénon appelle "la connaissance des principes mêmes", c'est-à-dire "la métaphysique" qui est de l'ordre du suprarationnel et de la révélation. Autrement dit, le titulaire de l'autorité spirituelle doit jouir de facultés transcendantes.

    2°) Le pouvoir temporel. Il s'exprime pour Guénon dans la fonction royale dont elle est le synonyme. Et la fonction royale désigne tout ce qui constitue, dans l'ordre social, le gouvernement proprement dit, quand bien même ce gouvernement n'aurait pas la forme monarchique. La fonction royale exprime l'action et la régulation. Elle déploie ses activités dans les domaines administratif, judiciaire et militaire.

    3°) L'autorité spirituelle et le pouvoir temporel étaient jadis unis. Cette unité s'incarnait dans une hiérarchie naturelle où le spirituel dominait le temporel et la connaissance transcendante contrôlait l'action. Leur séparation a ensuite produit une différenciation des individus et la création de castes. Au fur et à mesure que cette séparation s'est accentuée au cours des siècles, il s'est produit une matérialisation progressive qui a conduit la fonction royale à vouloir dominer le sacerdoce à travers, notamment, la centralisation excessive des gouvernements et la constitution des nationalités. Ce processus de matérialisation est celui de la modernité. Selon René Guénon, la modernité risque donc d'aboutir à ce que les éléments sociaux inférieurs accèdent un jour au pouvoir sauf si l'on assiste à une restauration de "l'ordre normal" (sic).

    Tel est le message politique de l'ouvrage de Guénon que celui-ci n'a eu de cesse, par la suite, de développer et de parfaire, notamment en constituant autour de lui des groupes d'adeptes entièrement dévoués à la propagation de ses thèses (Julius Evola, Frithjof Schuon, Marcel Clavelle dit Jean Reyor, Marcel Maugy dit Denys Roman, etc.).

    Le problème est que la démonstration de Guénon ne s'appuie sur aucun argument historique ou de sociologie politique et religieuse. René Guénon, vierge de toute formation universitaire aboutie, se contente en effet d'asséner dogmatiquement ses lubies et de les marteler consciencieusement comme s'il s'agissait d'évidences irréfutables. Guénon défend en tout cas une approche binaire de la vie humaine que l'on peut résumer comme suit :

     

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    Il faut dire les choses comme elles sont : l'idéologie guénonienne est totalitaire et théocratique. Elle ressemble étrangement à ce qui existe en Iran où, depuis trente-cinq ans, le système politique est subordonné à l'autorité spirituelle du clergé chiite et plus particulièrement à celle du guide de la révolution. Mais, de façon plus générale, l'idéologie guénonienne exprime surtout une volonté de renouer avec un âge d'or perdu, celui où l'esprit humain recherchait la nature intime des êtres, les causes premières et finales. Bref, la connaissance absolue.

    Dans cette vision des choses et des êtres, les phénomènes sont produits par l'action directe et continue d'agents surnaturels plus ou moins nombreux dont l'intervention arbitraire explique les anomalies apparentes de l'univers. Dans ce système de pensée, il n'y a pas de place pour l'histoire. L'homme n'est pas perçu comme un être autonome, capable de penser sa propre histoire et son propre destin. Tout ce qui va d'ailleurs dans le sens de l'autonomisation de l'individu et de la sécularisation de la société est l'expression de la modernité que Guénon conspue. Cette modernité privilégie la quantité sur la qualité, l'égalitarisme sur l'élitisme, la démocratie sur la hiérarchie naturelle, la république des êtres inférieurs sur l'unité aristocratique du spirituel et du temporel, les laïques (les ignorants) sur les clercs (les savants).

    Dans le système de pensée de René Guénon, il n'y a pas de place pour le progrès car celui-ci est nécessairement l'expression de la décadence du monde moderne. Et c'est en cela que l'idéologie guénonienne est aussi profondément réactionnaire et pessimiste.

    Tout sépare donc l'idéologie guénonienne de la franc-maçonnerie, n'en déplaise à ceux qui s'évertuent, toujours aujourd'hui, à ranger cet auteur parmi les "penseurs maçonniques". Il faut rappeler que Guénon n'est resté que quelques années en franc-maçonnerie. Son expérience maçonnique a donc été totalement insignifiante et ne lui a jamais conféré de légitimité particulière. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'a pas encouragé certains de ses disciples à investir la franc-maçonnerie pour y propager ses thèses (notamment après la seconde guerre mondiale dans le cadre de la loge La Grande Triade affiliée à la Grande Loge de France). 

    Ceci dit, dès que le maître est mort, les disciples n'ont pas manqué de s'étriper et de s'exclure les uns les autres. Chacun d'eux s'est évidemment empressé de s'accaparer l'héritage intellectuel du gourou en oubliant très vite la retenue, la pondération et l'humilité qui auraient dû pourtant caractériser ces soi-disant représentants d'une élite spirituelle. Faut-il s'en étonner ? Non bien sûr car ainsi vont les esprits dogmatiques qui réduisent les idées à leurs obsessions et le destin de l'humanité à leur petite personne.

  • René Guénon l'anti-moderne

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    GUENON.JPGLe cas de Guénon est particulièrement intéressant et mérite que l'on s'y arrête. C'est l'exemple du touche à tout en matière d'ésotérisme comme beaucoup d'intellectuels du début du XXe siècle. Il a appartenu à quasiment tout ce que la France de la Belle Epoque comptait de sociétés ésotériques et occultistes. Tandis que certains collectionnaient les timbres, les pièces de monnaie ou les bagues à cigare, Guénon, lui, collectionnait les appartenances. Il est donc entré en Maçonnerie comme il est entré dans d'autres structures plus ou moins confidentielles. Non point pour y travailler sur lui-même mais pour tenter d'y éprouver ses thèses en y recherchant des disciples. Il a été membre de 1911 à 1914 de loge Theba n°347 (Grande Loge de France) après avoir fréquenté brièvement la loge Humanidad fondée par les occultistes Papus et Teder. Une période bien courte, dont on sait en réalité bien peu de choses, qui laisse planer le doute sur sa volonté d'entamer réellement une cheminement initiatique à la lumière des autres. En tous les cas, cette appartenance ne l'a nullement empêché de collaborer activement, sous divers pseudonymes, à des revues antimaçonniques. Cela en dit long sur l'esprit tortueux du bonhomme.

    Pourquoi d'ailleurs Guénon n'est-il pas resté en maçonnerie ? Rares sont ceux qui se posent la question et qui y apportent une réponse. Je vais donc m'y risquer et aller tout droit au coeur du problème. Guénon, selon moi, ne pouvait rester en franc-maçonnerie  pour des motifs essentiellement politiques. Guénon ne pouvait s'y sentir parfaitement à l'aise en raison de sa détestation viscérale de la modernité, c'est-à-dire du processus de sécularisation, de démocratisation de la société occidentale et d'autonomisation grandissante des individus. Ce processus complexe, dont la franc-maçonnerie a revendiqué la paternité sans doute de façon un peu trop présomptueuse, s'est amorcé, grosso modo, à partir des révolutions américaine et française. Guénon a donc préféré agir de l'extérieur et entretenir une correspondance dense avec des fidèles demeurés au sein de l'Ordre maçonnique. C'est la bonne vieille méthode du gourou qui devient, du fait de sa seule autorité, un maître à penser, le guide d'un groupe d'adeptes.

    L'autorité justement. Parlons-en. Parce que je pense qu'elle éclaire les véritables inclinations de Guénon et qu'elle explique la méfiance que j'ai toujours eue à l'égard de cet homme. Si l'on ouvre un livre tel que Autorité Spirituelle et Pouvoir Temporel, publié en 1929, quel en est le message fort ? Que la société traditionnelle est entièrement soumise à l'autorité spirituelle d'une caste sacerdotale et que l'Etat, en tant qu'autorité temporelle, doit s'effacer devant la première. Cette caste sacerdotale est seule détentrice de la connaissance qui est métaphysique et qui, de par sa nature, est incontestablement supérieure à tout ce qui relève du temporel, c'est-à-dire du physique et de l'action. En clair, le pouvoir et l'autorité doivent être détenus par une élite spirituelle agissante. Méconnaître la loi immuable qui établit la suprématie du spirituel sur le temporel, c'est selon Guénon aller du côté de la dégénérescence, de la quantité, de l'infériorité, de l'égalité, de l'individu, de la démocratie.

    Guénon écrit (p.59, je souligne) :

    "Les enseignements de toutes les doctrines traditionnelles sont, on l’a vu, unanimes à affirmer la suprématie du spirituel sur le temporel et à ne considérer comme normale et légitime qu’une organisation sociale dans laquelle cette suprématie est reconnue et se traduit dans les relations des deux pouvoirs correspondant à ces deux domaines. D’autre part, l’histoire montre clairement que la méconnaissance de cet ordre hiérarchique entraîne partout et toujours les mêmes conséquences : déséquilibre social, confusion des fonctions, domination d’éléments de plus en plus inférieurs, et aussi dégénérescence intellectuelle, oubli des principes transcendants d’abord, puis, de chute en chute, on en arrive jusqu’à la négation de toute véritable connaissance (...) Si cette vérité était reconnue, ne fût-ce que d’un petit nombre, ce serait un résultat d’une importance considérable, car ce n’est que de cette façon que peut commencer un changement d’orientation conduisant à une restauration de l’ordre normal ; et cette restauration, quels qu’en soient les moyens et les modalités, se produira nécessairement tôt ou tard (...)"


    "Une restauration de l'ordre normal quels qu'en soient les moyens et les modalités"... Et de conclure (pp. 62 et 63) :

    "Cependant, tant qu’il subsistera une autorité spirituelle régulièrement constituée, fût-elle méconnue de presque tout le monde et même de ses propres représentants, fût-elle séduite à n’être plus que l’ombre d’elle-même, cette autorité aura toujours la meilleure part, et cette part ne saurait lui être enlevée, parce qu’il y a en elle quelque chose de plus haut que les possibilités purement humaines, parce que, même affaiblie ou endormie, elle incarne encore « la seule chose nécessaire », la seule qui ne passe point. « Patiens quia œterna », dit-on parfois de l’autorité spirituelle, et très justement, non pas, certes, qu’aucune des formes extérieures qu’elle peut revêtir soit éternelle, car toute forme n’est que contingente et transitoire, mais parce que, en elle-même, dans sa véritable essence, elle participe de l’éternité et de l’immutabilité des principes ; et c’est pourquoi, dans tous les conflits qui mettent le pouvoir temporel aux prises avec l’autorité spirituelle, on peut être assuré que, quelles que puissent être les apparences, c’est toujours celle-ci qui aura le dernier mot."


    On peut imaginer sans peine les conséquences d'un tel raisonnement. Julius Evola, disciple de Guénon et penseur très en vogue sous l'Italie fasciste et encore aujourd'hui dans certains milieux d'extrême droite, n'a fait que prolonger la réflexion du maître sur le plan de l'action. Alors que Guénon se contentait d'émettre l'idée d'une caste sacerdotale agissante dans l'ombre, Evola, lui, va mettre directement et logiquement les pieds dans le plat en développant la thèse selon laquelle il revient à cette caste sacerdotale de doter les nations européennes d'un système politique traditionnel (l'ordre normal des choses pour reprendre la terminologie guénonienne). Un système qui, vous l'aurez deviné, est antidémocratique puisqu'il est régi par une autorité d'initiés, eux-mêmes dépositaires de principes transcendants qu'ils transmettent, selon une tradition ininterrompue, à des personnes suffisamment aptes pour pouvoir les comprendre et les pratiquer. Dans ce système politique, l'homme, la subjectivité, la singularité doivent donc s'effacer devant le corps social qui, lui, est entièrement tourné vers de plus hautes aspirations de nature métaphysique…

    Quand je visionne des films d'autodafés dans les rues de Berlin dans les années 30, quand je revois des défilés à la lueur des flambeaux, à Nuremberg ou à Rome, je ne puis m'empêcher de songer à cet effacement de l'individu devant le groupe brutal dont les yeux sont levés pour mieux contempler le chef et sa caste : "Un empire, un peuple, un chef", "Gloire au chef", "Croire, obéir, combattre", "le Duce a toujours raison." On sait ce que cela a engendré : l'extermination programmée de tous ceux qui ne coïncidaient pas exactement avec ce corps social régénéré, l'asservissement de la culture au culte du chef et son instrumentalisation au service d'une idéologie délirante et criminelle. Je retrouve aussi ce délire psychotique dans Daesh qui prétend établir aujourd'hui, à l'heure où j'écris ces lignes, une société traditionnelle (musulmane) dans le champs politique par le massacre des individus, par l'éradication de la culture et par la négation de la liberté de conscience. Quand je lis Guénon, je ne puis m'empêcher non plus de songer à l'Inde débarrassée en 1947 du joug colonial et dont les premières mesures politiques furent de combattre les discriminations mises en place par le système des castes (suppression de l'intouchabilité notamment) même si ces discriminations persistent encore largement aujourd'hui. Mais Guénon, lui, s'est entêté jusqu'à son dernier souffle. Il a postulé le déclin inéluctable de la société sécularisée, démocratique, neutre où l'individu peut s'épanouir selon ses goûts et sa philosophie.

    Pourquoi l'oeuvre de Guénon exerce-t-elle toujours aujourd'hui une espèce de magistère moral sur de nombreux francs-maçons ? Je crois que c'est surtout parce que ces derniers s'en servent souvent de mauvaise référence pour de mauvaises planches et parce qu'ils la décontextualisent en la séparant du siècle qui l'a vue naître sans en mesurer la force totalisante ou totalitaire.

  • Julien Salingue ou la lucidité douloureuse

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    Après Thomas Guénolé, voici une autre belle découverte télévisuelle. Julien Salingue, politologue. Il a soutenu en 2013 une thèse de doctorat en Science politique à l'Université Paris 8. Ses recherches portent sur la question palestinienne. Il est également membre de l'observatoire critique des médias Acrimed. Il anime deux blogs : Julien Salingue.fr et "Le pire n'est pas certain" (dans lequel il éreinte - et le verbe est faible - la très médiatique Caroline Fourest).

    J'avoue que je ne connaissais pas ce chercheur que je classe intuitivement à l'extrême gauche de l'échiquier politique (intuition d'ailleurs très vite confirmée par sa lettre d'adieu au militant antifasciste Clément Méric assassiné en 2013).

    Si j'en parle aujourd'hui dans le cadre de ce blog, c'est parce que Salingue a fait une longue et belle intervention (ferme sur le fond et souple sur la forme) dans l'émission de débats de Frédéric Taddeï Ce soir ou Jamais. Il était question de la Palestine et d'Israël. Je vous invite à écouter cette intervention et à vous faire ensuite votre propre jugement.

    Pour ma part, je pense que Julien Salingue a démontré qu'une lucidité douloureuse valait mieux qu'une apaisante illusion.