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esperanza galouzeau

  • Une Galouzeau peut cacher une Villepin

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    Lu sur le site Causeur sous la plume d'une certaine Esperanza Galouzeau :

    « Rassurez-vous, nous n’épiloguerons pas longtemps sur cette diablerie de franc-maçonnerie (sic !). Beaucoup d’encre noire a déjà coulé sur le sujet. Si vous en voulez encore, allez lire le témoignage de Maurice Caillet, vous y trouverez la vraie Lumière (sic !). Ce que nous voulons nous demander ici, c’est si nous n’avons rien de mieux à proposer aux jeunes en quête de sens. Un petit Moati d’aujourd’hui serait-il encore séduit par la franc-maçonnerie ? Ce début de XXIème siècle ne voit-il pas se lever un désir de spiritualité plus grand, plus exigeant ?

    La République ne peut pas se contenter de proposer comme seule espérance une éthique maçonnique paradoxalement caractérisée par son absence d’éthique (sic !) : un relativisme érigé en dogme suprême par le refus d’admettre la loi naturelle et toute autorité́ supérieure à la conscience individuelle. »

    L'auteur n'a pas apprécié la conférence de Daniel Keller et de Serge Moati sur la franc-maçonnerie qui a eu lieu dans une grande école de Paris. C'est son droit le plus strict. En même temps, quand on lit sa conclusion, qui fustige le relativisme maçonnique et fleure bon le dogme catholique traditionaliste (sa référence à Maurice Caillet est éloquente), il est difficile de s'en étonner outre mesure. Mme Esperanza Galouzeau avait déjà manifestement de solides préjugés avant d'assister à cette conférence. Les commentaires de l'article sont d'ailleurs très majoritairement hostiles à la maçonnerie. Ils colportent les préjugés vulgaires que l'on a coutume d'entendre à son sujet. Soit dit en passant je suis toujours sidéré de constater la belle assurance de ces contempteurs de la franc-maçonnerie. Ils projettent leurs désopilants fantasmes paranoïaques sur une institution qu'ils ne connaissent qu'à travers des clichés. Cette bêtise sûre d'elle-même est fascinante car contrairement à l'intelligence, elle n'a aucune limite.

    Le nom de l'auteur a attiré mon attention. Qui est donc cette Esperanza Galouzeau qui s'inquiète ainsi du manque d'éthique de la maçonnerie et de son refus d'admettre la loi naturelle (celle de Dieu) ? J'ai immédiatement pensé à l'ancien premier ministre Dominique Galouzeau de Villepin et j'ai donc fait quelques recherches sur cette famille honorable. J'ai trouvé sur un site de généalogie une jeune Clémence Esperanza Galouzeau de Villepin, fille de M. Patrick Galouzeau de Villepin, un des frères de l'homme politique, et de Mme Jacqueline Crombez de Rémond de Montfort. Il m'a suffi ensuite de faire une recherche croisée sur Google entre le nom de la nièce de Dominique de Villepin et le site Causeur.fr. Et voici ce que j'ai trouvé (preuve que le net est rarement amnésique). Bingo !

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    Et qui est devenu par la suite :

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    En lisant les commentaires sous l'article de Mme (Clémence) Esperanza Galouzeau (de Villepin), j'ai trouvé cette remarque cocasse de quelqu'un, semble-t-il, bien informé.

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    Donc, à en croire ce commentateur, la jeune Clémence serait étudiante à l'ESSEC, une bonne business school privée de Paris. Pour vous donner une idée, l'ESSEC, ce sont des frais d'inscription qui avoisinent les 40500 € pour trois années d'étude... Une paille quoi, qui laisse présager une ébouriffante mixité sociale... Pendant ce temps, je rappelle que l'université publique française, ouverte au plus grand nombre, est la grande sacrifiée. Mais c'est un autre débat... Revenons à notre grande spécialiste de la franc-maçonnerie.

    Comme internet est mon ami, une recherche nominative m'a conduit vers le réseau social professionnel Linkedin. Je suis tombé sur le profil public d'une jolie étudiante de l'ESSEC qui habite dans le très chic (et très cher) seizième arrondissement de Paris où les riches familles cultivent volontiers l'entre soi (je recommande à ce sujet la lecture du livre de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Les ghettos du ghota. Comment la bourgeoisie défend ses espaces, Seuil, Paris, 2007).

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    Serait-ce donc elle, la grande spécialiste de « la suffisance et des insuffisances de la franc-maçonnerie » ? Une jeune aristocrate des beaux quartiers de Paris qui a choisi de réduire la maçonnerie à de vagues impressions suite à une conférence publique donnée à l'ESSEC le 12 janvier dernier.

    Comment dire sans être désobligeant ? Je trouve ce genre d'attitude assez pitoyable de la part d'une femme issue de l'élite (attention ! je n'ai pas dit de l'élite républicaine), c'est-à-dire venant d'un milieu très privilégié et éduqué où l'on devrait cultiver, me semble-t-il, un certain sens de la nuance et un respect de tous les chemins spirituels. On serait en droit de réclamer une réflexion un peu plus construite et étoffée qu'un pauvre article de propagande de bas étage. C'est vraiment dommage.