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devoir

  • La Loge vue de l'Orient

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    3006625972.jpgLes FF∴ de ma R∴L∴ m'ont à nouveau confié le premier maillet pour une année. La fonction de V∴M∴ est exigeante. Il m'appartient de convoquer la loge, d'ouvrir, de diriger et de fermer les travaux en la forme accoutumée, de procéder aux initiations, de conférer les grades et, plus généralement, d'assurer le bon fonctionnement de l'atelier.

    Je dois également diriger l'administration de la L∴ et à ce titre contrôler le travail des autres officiers. Il me faut signer les procès-verbaux des tenues, ouvrir et régler la correspondance ordinaire et officielle, ordonnancer les dépenses autorisées par la L∴ et faire le lien entre l'obédience et la L∴. Je dois aussi représenter la L∴ à l'extérieur. Lors de ma première année de vénéralat, je l'ai fait de temps en temps avec grand plaisir. Sans doute pas assez mais il faut dire que la localisation géographique particulière de ma L∴ m'empêche de voyager aussi souvent que je le voudrais (la L∴ la plus proche est en effet à une heure de route).

    Bref, tout ça, c'est du travail. Mais j'ai de la chance car je peux m'appuyer sur un collège des officiers où chacun sait ce qu'il a à faire. Il faut dire que j'avais prévenu les membres de mon atelier. Pour moi, le V∴M∴ n'est qu'un chef d'orchestre. Il doit donc jouer de l'orchestre. Il n'a pas vocation à être le soliste dans chaque famille d'instruments. En clair, les membres de ma L∴ savent que je suis rarement le dernier à fermer la porte et à éteindre la lumière en partant. Je délègue donc volontiers et cela marche plutôt bien. Je sais que d'autres Vénérables ont des façons de fonctionner différentes de la mienne.

    equerre_maconnique_bois.jpgMon programme, bien sûr, est de ne pas en avoir. Je ne suis pas un élu profane. Je préside une structure initiatique, ésotérique et traditionnelle. Ce n'est pas la même chose. Je dois simplement demeurer le catalyseur des forces vives de ma R∴L∴. Et c'est déjà beaucoup car je dois non seulement forger de nouveaux maillons mais aussi veiller à la formation des apprentis, des compagnons et même des maîtres. Pour cela, je peux compter sur les surveillants et le grand expert. A eux le soin d'organiser, de temps en temps, des réunions d'instruction. Je dois enfin susciter des réflexions, donner l'envie aux FF∴ de plancher, de s'impliquer dans la vie obédientielle (au niveau régional et national), encourager les initiatives d'où qu'elles viennent.

    Je ne dois laisser personne sur le bord du chemin. Cet aspect du travail de V∴M∴ est essentiel. Je dois être en mesure de percevoir le découragement, la tristesse et les problèmes qui peuvent accabler l'un ou l'autre afin que nul n'abandonne le chantier. A ce titre, il me faut ouvrir l'oeil et le bon mais sans être intrusif. Je dois aussi prévenir les conflits ou les risques de conflit qui peuvent survenir entre les membres de la LL∴. Et puis enfin, je ne dois surtout jamais oublier que je suis de passage. Il me faudra nécessairement passer le témoin au successeur que la L∴ choisira librement le moment venu. Aller de la lumière à l'ombre avec, je l'espère, le sentiment du devoir accompli. Tout simplement.

  • Churchill ou la réussite d'une vie

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    Parmi les grands hommes de l'histoire, certains furent francs-maçons. Ont-ils été pour autant de grands hommes parce qu'ils étaient francs-maçons ? Evidemment non.
     
    Il suffit de songer à Voltaire initié en 1778, au crépuscule d'une vie bien remplie, à la loge Les Neuf Soeurs de Paris ou à Winston Churchill initié en 1901 au sein de la Loge Studholme n°1591 de Londres qu'il fréquenta épisodiquement.
     
    Il est fort probable que ces deux hommes avaient déjà des prédispositions hors du commun. Ils avaient une passion, un feu intérieur, un désir irrépressible d'être les acteurs conscients de leur vie ainsi qu'une volonté de travailler à l'avènement d'une humanité meilleure et plus éclairée.
     
    Ce faisant, la franc-maçonnerie a quand même fait partie de leur vie à un moment donné. Leur nom y sera associé pour l'éternité.
     
    Il me plait donc de penser que cette rencontre n'a pas été fortuite et qu'elle a exprimé malgré tout une sorte d'évidence comme si les choix et les engagements de chacun d'eux symbolisaient concrètement les valeurs maçonniques.
     
    Je me souviens de cette citation de Churchill (je l'écris de mémoire) : « Une vie réussie tient moins à ce que nous obtenons, qu'à ce que nous donnons. »

    La réussite d'une vie ne se mesure pas à ce que celle-ci peut nous apporter, mais à ce que nous pouvons y mettre. Dès lors, chacun a potentiellement quelque chose à donner quelle que soit sa condition
     
    On peut  par exemple donner de son temps, de ses muscles, de sa sueur, de son sang, de son argent. Chacun porte en lui ce petit plus, aussi infime soit-il, susceptible de faire la différence. Chacun a la capacité d'être un agent actif du lien social même à son petit niveau.
     
    Cette vision résolument optimiste de l'existence, qui n'est sans doute pas étrangère à la pugnacité dont Winston Churchill a su faire preuve durant les heures sombres de notre histoire, me fait songer à ce qui est dit au profane lors de la cérémonie d'initiation :
     
    « Ce qui serait dans un profane une qualité rare ne doit devenir pour un Franc-Maçon que l’accomplissement de son devoir. Chaque occasion d’être utile dont il ne profite pas, est une infidélité. Chaque secours qu’il refuse, est un parjure. »
     
    Winston Churchill n'a pas été, loin s'en faut, d'une assiduité exemplaire en loge. Il a su néanmoins mettre en pratique les vertus maçonniques d'une manière absolument remarquable bien qu'il ait eu aussi sa part d'ombre et de faiblesses (il souffrait notamment d'alcoolisme et de troubles bipolaires). Sa très longue carrière politique a pu également l'amener, parfois, à prendre des décisions contestables. Il n'en demeure pas moins un des grands hommes du vingtième siècle et un des artisans de la victoire contre le fascisme et le nazisme.
     
    Au musée de la Grande Loge Unie d'Angleterre, accessible au grand public, il est possible de voir le tablier de maître de l'ancien premier ministre britannique (cf. photo ci-dessus) avec sa sacoche et sa paire de clés. Il s'agit d'un don fait au musée en janvier 1969, soit quatre ans après sa mort. J'imagine que si ce tablier n'avait eu aucune valeur à ses yeux, jamais il ne l'aurait conservé dans ses affaires personnelles depuis 1902.