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collectif laïque

  • Du dialogue entre les institutions républicaines et les religions

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    laïcité, France, Sénat, Parlement, François Hollande, Gérard Larcher, République, Collectif laïque, religions

    Le collectif laïque a encore frappé. Voici son communiqué en date du 16 juin dernier :

    Le Collectif laïque condamne fermement le contournement de la laïcité que constitue la mise en place d’un dialogue institutionnel du Président et des groupes politiques du Sénat avec des responsables des cultes.

    La loi de séparation des Églises et de l’État (art.2), confortée par la Constitution, exclut expressément toute reconnaissance des cultes par la République. En revanche, des auditions de représentants associatifs ou de courants philosophiques et religieux par les commissions ressortissent (sic) des travaux parlementaires normaux.

    Cette décision vient s’ajouter à de nombreuses dérives du même type constatées dans les collectivités territoriales.

    Nos concitoyens, croyants ou non, attachés à la laïcité et à la démocratie ne peuvent accepter que des dignitaires religieux soient considérés par des élus du peuple comme qualifiés pour s’exprimer en leur nom.

    Enfin, nous refusons que les conceptions régressives de la vie en société (opposition à l’IVG ; à l’égalité devant le mariage, au droit de mourir dans la dignité, à l’égalité entre les hommes et les femmes…), portées par des responsables religieux puissent s’imposer par le biais de ces réunions institutionnalisées, comme elles le font dans plusieurs pays européens.

    Que s'est-il passé ? Vous allez le voir. Une terrible révolution. Jugez plutôt. Voici le communiqué de presse du 11 mai 2016 qui a enflammé ces gardiens autoproclamés et chatouilleux de la laïcité.

    Le Président du Sénat, Gérard Larcher, a réuni aujourd’hui, pour la première fois, les Présidents des groupes du Sénat et les représentants des cultes.

    Selon lui, le dialogue entre les autorités politiques et les autorités religieuses de France doit être à la hauteur des défis que la République et notre communauté nationale doivent relever.

    Après un long échange, les participants se sont engagés à instituer un dialogue périodique, respectueux de la Laïcité, entre le Parlement et les cultes.

    Ce dialogue permettra des échanges sur des sujets de société sur lesquels le Parlement sera amené à se prononcer.

    Tous les groupes politiques du Sénat ont été associés à cette rencontre ! Y compris les communistes (plus que détachés de toute inféodation religieuse).

    359375460.jpgLe Sénat a simplement posé le cadre général d'un dialogue périodique entre les représentants des cultes et la Haute Assemblée. Il a été affirmé que ce dialogue devra être respectueux de la laïcité. Difficile d'être plus explicite! Pour le reste, je renvoie le lecteur au rapport que M. Gérard Larcher, président du Sénat, a remis à M. François Hollande, président de la République, le 15 avril 2015. Il s'intitule La Nation française, un héritage en partage. Je rappelle que des obédiences maçonniques françaises ont été auditionnées pour les besoins de ce rapport (GODF, DH, GLFF, GLDF, GLNF) au même titre que des représentants de cultes, des universitaires, etc.

    En fait, j'ai l'impression que le Collectif laïque s'est laissé piéger par l'effet d'annonce de la présidence du Sénat. Il ne s'agit évidemment pas de contourner la laïcité en permettant aux religions d'imposer leurs vues aux parlementaires. Il s'agit simplement de créer un espace de rencontre au sein duquel parlementaires et représentants des cultes auront la possibilité de dialoguer sur des sujets de société sur lesquels le Sénat et l'Assemblée Nationale seront appelés à légiférer. En effet, aucune disposition légale ne l'interdit. Il n'est pas non plus anormal et scandaleux que la Haute Assemblée veuille nouer un dialogue régulier avec les représentants des cultes reconnus par la République dans une période où, comme on le sait, la France est confrontée à l'inquiétante résurgence de l'obscurantisme et du fondamentalisme religieux.

    Pourquoi donc le pouvoir législatif s'écarterait-il d'un tel dialogue alors qu'il le pratique, comme le pouvoir exécutif, depuis 1905 ? Que craint le Collectif laïque au juste ? Que du fin fond d'obscures sacristies, que de l'arrière salle des synagogues ou que du haut des minarets, les religieux dictent leurs volontés aux parlementaires ? Pourquoi le Collectif laïque ne traite-t-il pas les parlementaires d'idiots tant qu'il y est ? Au lieu  donc d'être systématiquement dans une posture critique, le Collectif laïque ferait mieux de s'interroger sur des stratégies pour être associé concrètement à ce dialogue avec les institutions républicaines. En effet, je ne peux m'empêcher de relever que le Collectif laïque, en tant que tel, n'a pas été auditionné dans le cadre du rapport Larcher. Il n'a même pas envoyé de contribution. Tout est dit...

    Je pense en conclusion que la laïcité a besoin d'individus pragmatiques, de fins juristes au sens politique aigu et non de doctrinaires qui surréagissent n'importe comment sur des non événements dans des collectifs hétéroclites. La laïcité en France, c'est la laïcité éclairée telle qu'elle a été promue par Aristide Briand, par Henri Brisson et tous les autres. Cette laïcité là instaure le dialogue permanent avec les cultes et tous les mouvements philosophiques comme la franc-maçonnerie. Elle n'est pas un concept politique historiquement figée. Elle s'est toujours adaptée aux nécessités du temps et aux évolutions de la société française. Elle n'est pas cette laïcité pleurnicharde qui se pense en permanence comme une citadelle assiégée, vit dans l'obsession de sa propre disparition et postule l'uniformisation des consciences.

  • Collectif laïque et G∴O∴D∴F∴ : mise au point

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    jean-louis bianco,observatoire de la laïcité,collectif laïqueJ’ai pris connaissance du dernier communiqué du Collectif Laïque. Le Collectif ne s'en prend pas frontalement à Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène. Il préfère exprimer hypocritement des regrets sur de prétendues "violentes attaques injustifiées dans les médias et sur les réseaux sociaux" contre Elisabeth Badinter commises notamment par le rapporteur général de l'observatoire de la laïcité.

    Le soutien appuyé à Elisabeth Badinter est donc une manière de critiquer implicitement Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène. Pourtant, ce même Collectif laïque affirme ne vouloir entrer dans aucune polémique ! Désopilant... En rhétorique, on appelle cela "manier la litote". On déguise sa pensée de façon à la faire deviner dans toute sa force.

    Je ne reviendrai pas sur le fond de l’affaire et la façon particulière dont ce Collectif arrange la réalité pour la présenter à son avantage. Après tout, chacun est libre de penser ce qu’il veut, sur la laïcité comme sur d’autres sujets.

    Le problème n’est pas là. Le problème est que le G∴O∴D∴F∴ est signataire de ce communiqué. Sa signature donne donc l'impression qu’il y a, au sein même de l’obédience, un consensus sur les critiques adressées depuis plusieurs jours à l'observatoire de la laïcité et plus particulièrement à messieurs Bianco et Cadène. Ce qui, bien évidemment, est faux.

    En effet, tous les membres du G∴O∴D∴F∴ ne sont pas hostiles au président et au rapporteur général de l’observatoire de la laïcité, lesquels mènent depuis trois ans un travail d’information objectif sur la laïcité salué tant par la Ligue de l’enseignement, la Fédération Nationale de la Libre Pensée et la Ligue des droits de l'homme, que par plus d’une centaine d’universitaires et de chercheurs de premier plan parmi lesquels on trouve notamment Jean Baubérot, Pierre Rosanvallon, Benjamin Stora, Raphaël Liogier, Jacqueline Lalouette ou encore Pascal Boniface.

    Par conséquent, le communiqué du Collectif laïque n'engage absolument pas les LL∴ du G∴O∴D∴F∴ qui demeurent libres de leurs opinions.

    Ça va de soi, mais ça va encore mieux en le disant.

  • Le collectif laïque demande l'abrogation du délit de blasphème en Alsace Moselle. Problème : ce délit n'existe pas

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    Le collectif laïque, dont a vu qu'il n'était jamais en retard sur une ânerie, s'est à nouveau illustré dans un communiqué aux termes duquel il réclame notamment l'abrogation du délit de blasphème en Alsace Moselle. Or, si ses membres avaient étudié un tant soit peu la question, ils se seraient vite aperçus que leur revendication était dépourvue d'objet.

    En effet, le délit de blasphème, qui figurait initialement à l'article 166 du code pénal local du 15 mai 1871, n'a jamais fait l'objet d'une traduction en français. Il est donc juridiquement inopposable

    Le décret n°2013-776 du 27 août 2013 portant publication de la traduction de lois et règlements locaux maintenus en vigueur par les lois du 1er juin 1924 dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle dresse d'ailleurs la liste exhaustive des normes traduites en français.

    Ce décret est annexé à la présente note. On constate que le code pénal local y est cité. Cependant l'article 1 dudit décret énonce au préalable un point fondamental qu'il convient de souligner car il conditionne tout : 

    "La version officielle en langue française des textes énumérés ci-dessous est annexée au présent décret et sera publiée au recueil des actes administratifs des préfectures du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle."

    Il suffit donc de se reporter audit recueil des actes administratifs des préfectures concernées qui est annexé à la présente note. Le lecteur curieux et soucieux d'une information objective loin des postures maximalistes ne manquera pas d'observer que l'article 166 du code pénal local n'y figure pas !

    Seul l'article 167 est repris. Et cette disposition du droit pénal local ne concerne absolument pas le blasphème ou toute autre offense à Dieu, mais les obstructions à l'exercice public du culte. Le lecteur constatera en outre que seuls cinq articles du code pénal local ont été traduits !

    Je le renvoie enfin à l'article 130a qui punit d'emprisonnement tout ecclésiastique ou autre ministre du culte s'ayant livré au sujet des affaires de l'État, à des déclarations ou discussions de nature à porter atteinte à la paix publique, soit dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, publiquement devant une foule, soit dans une église ou tout autre lieu affecté à des assemblées religieuses.

    La messe est dite, si je puis dire... 

    Le collectif laïque a donc perdu, une fois de plus, une bonne occasion de se taire. Qu'il me soit permis de regretter ici que le Grand Orient de France, mon Obédience, ait son nom associé à des communiqués ineptes. 

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    Décret n°2013-776 du 27 août 2013 version initiale.pdf

    Recueil spécial DROIT LOCAL du 29 août 2013 - publication traduction lois et règlements locaux maintenus en vigueur par les lois du 1er juin 1924 .pdf