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cléricalisme

  • Civitas devient un parti politique. Et alors ?

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    2696720412.jpgSur son blog, Gérard Contremoulin s'insurge contre le nouveau statut de l'organisation intégriste catholique Civitas qui est désormais devenue un parti politique. Il juge que ce changement de statut est inacceptable et relaye une pétition à destination des pouvoirs publics. Le blog Hiram semble sur la même longueur d'ondes. En ce qui me concerne, je ne vois pas où est le scandale. Ça fait longtemps que cette organisation d'extrême droite occupe le terrain politique. On a pu le constater pendant les manifestations contre le mariage pour tous en 2013. Sa transformation en parti politique clarifie donc sa situation. Nous savons désormais qu'il s'agit d'un parti politique d'extrême droite, composé de fondamentalistes catholiques, racistes, homophobes, antisémites et antimaçons comme à la Belle Epoque. Un de plus qui s'ajoute aux quelque 400 partis politiques immatriculés en France parmi lesquels on compte de nombreux groupuscules d'extrême droite.

    Et après ? Où est le problème ? Pense-t-on sérieusement mieux défendre la République en refusant à Civitas le statut de parti politique ? Je crois, une fois de plus, qu'il faut se garder de toute réaction épidermique même si je reconnais qu'il est difficile de garder son calme et de ne pas rire devant les élucubrations de l'agitateur belge Alain Escada. Il convient, je pense, de remettre les choses à de plus justes proportions en rappelant notamment qu'un parti politique n'est rien d'autre qu'une association loi 1901 à caractère politique. Pour disposer de la personnalité morale et de la capacité juridique, l'association doit être déclarée en préfecture ou en sous-préfecture et cette déclaration doit être publiée au Journal officiel des associations et des fondations d’entreprises (JOAFE). Les pouvoirs publics contrôlent ensuite si l'association a satisfait aux obligations déclaratives et elles délivrent un récépissé.

    Concernant maintenant la législation sur le financement des partis politiques, il faut souligner que celle-ci ne s'applique pas n'importe comment. Pour en bénéficier, il faut soit créer une association de financement (association loi 1901) ayant pour objet exclusif de recueillir les fonds destinés au financement des activités politiques du parti, soit désigner un mandataire financier, personne physique déclarée en préfecture.

    Les partis politiques reçoivent deux types de financement. Un privé et un public.

    Le financement privé regroupe les cotisations des adhérents et des élus, les dons des personnes physiques (les dons de personnes morales, comme les entreprises par exemple, sont interdits). S'il existe des illuminés prêts à donner du pognon pour adhérer et soutenir financièrement Civitas, c'est leur droit le plus strict. En démocratie, chacun a le droit d'avoir ses opinions et de s'organiser pour les promouvoir. Il est donc normal que les dons engendrent un avantage fiscal dès l'instant où cette association est devenue légalement un parti politique.

    Le financement public, lui, prend la forme d'aides. Mais là attention ! Les aides ne sont pas octroyées automatiquement. La législation s'est considérablement durcie. Le financement public est conditionné par le respect des obligations comptables et financières définies par la législation en matière de financement des partis politiques. Le respect de ces obligations est vérifié par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. L’aide est attribuée aux partis politiques en fonction de leurs résultats aux élections législatives. Les candidats doivent avoir obtenu au moins 1% des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions de métropole ou au moins 1% des suffrages exprimés dans l’ensemble des circonscriptions d’outre-mer. En clair, il faut que Civitas présentent des candidats au niveau national et obtiennent 1% dans au moins 50 circonscriptions ou dans l'ensemble des circonscriptions d'outre-mer. Et à mon avis, ce n'est pas pour demain car en pratique cette double condition est très difficile à remplir... Alors si on ajoute à cela le discours fondamentaliste et ultra-violent de cette organisation, c'est carrément mission impossible (sauf miracle... donc Alain Escada devra beaucoup prier et allumer des tonnes de cierges pour qu'il se produise).

    Reste l'argument relatif à la dangerosité de Civitas. Je suis d'accord : Civitas et composée d'intégristes de la pire espèce. Ils sont au christianisme ce que les salafistes sont à l'islam. Cependant, ce n'est pas parce que ce sont des allumés qu'ils n'ont pas le droit d'avoir des activités politiques. Pour autant, ils n'ont pas le droit d'agir n'importe comment. Comme toute association loi 1901, un parti politique peut en effet s'exposer à une dissolution s’il a été formé en vue d’une cause ou d’un objet illicite, contraire aux lois, aux bonnes moeurs, ou qui aurait pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine du gouvernement. La dissolution peut être prononcée par décret en Conseil des ministres ou par le tribunal de grande instance. Ce faisant, l'expérience montre que les dissolutions sont inefficaces et c'est la raison pour laquelle elles demeurent relativement rares. Il faut généralement que le parti politique ait été à l'origine de voies de fait, de troubles graves à l'ordre public, etc. Et puis, les dissolutions n'empêchent absolument pas un parti politique interdit de se reconstituer sous un autre nom. Enfin, les services de renseignement n'aiment guère ces dissolutions qui compliquent généralement la surveillance.

  • Les droits de l'homme selon Franco

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    Je reproduis ci-dessous un formulaire d'abjuration d'erreurs et de profession de foi en usage dans l'Espagne franquiste. Ce formulaire avait été institué en 1940 par le Tribunal de Répression de la Franc-Maçonnerie et du Communisme. Tout opposant au régime catholico-fasciste du Général Francisco Franco devait le signer pour espérer obtenir une diminution de peine, voire une libération (dans le meilleur des cas). Je rappelle que le fait d'être franc-maçon ou d'avoir appartenu à la franc-maçonnerie était à l'époque un crime passible de mort.

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    Voici la traduction de ce document :

    Je soussigné [nom de la personne concernée] ayant devant moi les Saints Evangiles, que je touche de mes mains, et sachant que personne ne peut me sauver en dehors de la Foi que professe, prêche et enseigne la Sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, au sujet de laquelle je regrette de m'être gravement trompé, car j'ai professé et cru en des doctrines contraires à ses enseignements.

    Maintenant illuminé par la grâce divine, je fais profession de croire que la Sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine est l'unique et vraie Eglise fondée par Jésus-Christ sur la terre, à laquelle je me soumets de tout mon coeur.

    Je crois en tous les Articles qu'Elle me propose croire ; je réprouve et condamne tout ce qu'Elle réprouve et condamne. ; je suis prêt à observer tous ses commandements et je professe de croire spécialement :

    qu'il n'y a qu'un sel Dieu en trois personnes divines distinctes et égales, à savoir : le Père, le Fils et le Saint Esprit ;

    la doctrine catholique sur l'Incarnation, la Passion, la Mort et la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ et l'union en une personne de nature divine et de nature humaine ; la maternité divine de la Très Sainte Marie, ainsi que sa complète virginité et son immaculée conception ;

    la présence vraie, réelle et substantielle du Corps joint à l'Ame et à la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie ;

    les sept Sacrements institués par Jésus-Christ pour la rédemption du genre humain, à savoir : le Baptême, la Confirmation, l'Eucharistie, la Pénitence, l'Extrême Onction, l'Ordre et le Mariage ;

    le purgatoire, la résurrection des morts, la vie éternelle ;

    la Primauté, non seulement d'honneur mais aussi de juridiction du Pontife romain, successeur de Saint Pierre, Premier parmi les Apôtres et vicaire infaillible de Jésus-Christ ; le culte des Saints et de leurs images ;

    l'autorité des traditions apostoliques et ecclésiastiques et des Saintes Ecritures qui ne doivent s'interpréter et se comprendre que dans le sens qu'Elles ont tenu et qu'Elles tiennent de la Saint Mère l'Eglise Catholique ; et tout ce qui a été défini et déclaré par les Saints Canons et par les Conciles oecuméniques, spécialement le Sacro-saint Concile de Trente et par celui du Vatican.

    Par conséquent, d'un coeur sincère et avec une foi non feinte, je déteste et abjure toute erreur, hérésie et secte contraires à ladite Eglise Catholique, Apostolique et Romaine. Que Dieu me vienne en aide, ainsi que Ses Saints Evangiles sur lesquels je pose mes mains.

    Suivent les signatures de la personne concernée et des personnes agissant par délégation de l'évêque.

    Ce qui est frappant dans ce formulaire, c'est qu'il rappelle étrangement les usages de l'Inquisition. L'abjuration consiste à exposer rigoureusement le credo catholique romain, à y adhérer sans réserve et à abandonner ses anciennes croyances. Ce document souligne la violence et les obsessions de la dictature instaurée par le sinistre Francisco Franco avec le soutien de l'Eglise catholique espagnole. Cette dictature a duré de 1939 à 1975. En cette période où il est de bon ton de critiquer l'Union européenne ou d'ironiser sur les impuissances prétendues des démocraties, je crois qu'il est important de se souvenir que notre vieux continent a été confronté à d'horribles régimes politiques qui niaient les libertés publiques et pourchassaient impitoyablement les opposants.