Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

antimaçonnisme

  • « Hiram.be » et « 3,5,7 et plus » dans le collimateur de « Médias Presse Info »

    Imprimer

    1303854325.jpg

    « Médias Presse Info », site d'extrême droite proche du groupuscule intégriste catholique Civitas, a consacré un long article à « Hiram.be » et dans une moindre mesure, à « 3, 5, 7 et plus ». Son auteur, un certain Hristo Xiep, nous y conspue de façon brouillonne et délirante. 

    Nous serions ainsi de vilains méchants staliniens, des chiens de garde du régime (comprenez la République démocratique, sociale et laïque), des « démocrasseux » (car la démocratie est sale bien sûr) ou encore des disciples de Skippy Foussier (allusion à l'actuel Grand Maître du Grand Orient et au sketch des Inconnus sur les sectes). Manifestement Hristo Xiep n'aime pas ces deux blogs. Je ne peux que m'en féliciter car l'amitié d'un sot pareil eût été infiniment plus dangereuse que son mépris.

    Bref, je ne mentionne pas cet article de « Médias Presse Info » dans un but polémique car il n'y a évidemment rien à répondre. C'est de la diarrhée verbale nauséabonde. En revanche, il me semble utile de le signaler pour que celles et ceux qui auront la curiosité (ou le courage) de s'y reporter, mesurent pleinement toute la nocivité de ce site qui, depuis des années, essaie de se faire passer pour une sorte d'agence de presse alternative ou de « réinformation » alors qu'il n'est en réalité qu'une des vitrines de l'extrême droite la plus rance sur Internet.

  • L'antimaçonnisme aux Etats-Unis au 19e siècle

    Imprimer

    mahabone.jpgLa franc-maçonnerie dans les pays anglo-saxons, notamment aux Etats-Unis d'Amérique, a pignon sur rue. Cette situation ne doit pas faire oublier qu'elle a bien failli disparaître outre-Atlantique au dix-neuvième siècle des suites de l'affaire Morgan. En 1826, la disparition de William Morgan, un anti-maçon actif, dans des circonstances non élucidées, a suscité une violente campagne d'opposition à la franc-maçonnerie pendant une vingtaine d'années. De nombreuses loges se sont mises en sommeil. Les effectifs se sont effondrés tout au long de cette période. Il y a même eu un parti antimaçonnique qui a présenté plusieurs candidats à la présidence des Etats-Unis.

    L'image ci-contre s'inscrit dans le prolongement de cette période de grand antimaçonnisme. Je pense qu'il s'agit d'une image de propagande qui doit dater environ des années 1850. On y voit un homme avec des décors de vénérable. Il prend la pose. A ses pieds, trois candélabres. Il y a une petite table où sont posés des objets qu'on ne distingue pas très bien (des outils ?). Derrière l'homme, une affiche qui commence avec le mot substitué. Elle annonce de terribles révélations sur la franc-maçonnerie et en dénonce les serments illégaux, immoraux et despotiques. On peut y lire que les sociétés secrètes sont une émanation de l'Antéchrist. Il est probable que cette image soit aussi une sorte de publicité pour une exposition antimaçonnique itinérante organisée par un mouvement chrétien fondamentaliste.

  • L'évêque franc-maçon

    Imprimer


    Albert Le Nordez, Eglise catholique, antimaçonnisme, presse, laïcité, rumeurVoici, à votre meilleure convenance, le plus franc-maçon des cléricaux ou bien le plus clérical des francs-maçons : Monseigneur Albert Le Nordez (1844-1922). Cet ancien évêque du diocèse de Dijon (Côte-d'Or) fut accusé par la presse d'extrême droite de la Belle Epoque d'appartenir au Grand Orient de France parce qu'il avait été soi-disant apercu, en habit civil, du côté de la rue Cadet à Paris, non loin du siège de l'obédience maçonnique. La Libre Parole, le quotidien antisémite d'Edouard Drumont, jamais en retard sur une absurdité, avait diffusé un photo montage grossier du prélat revêtu d'insignes maçonniques réalisé par André de Boisandré que l'on se transmettait, parait-il, sous le manteau ou sous la soutane. N'ayant pu retrouver ce montage pour illustrer la présente note, je me suis donc résolu à en fabriquer un avec mes pauvres moyens.

    Pourquoi une telle accusation contre Le Nordez ? Parce que l'évêque détonnait dans les milieux catholiques de l'époque. L'homme était en effet républicain et ne s'en cachait pas. L'évêque de Dijon était relativement bienveillant à l'égard des ministères Waldeck-Rousseau et Combes et, au grand dam de sa hiérarchie, il avait même favorablement accueilli la loi sur les congrégations religieuses et l'enseignement libre en s'opposant directement au Pape. Doté d'un fort caractère, Mgr Le Nordez menait donc son diocèse à la baguette, n'hésitant à rabrouer ses subordonnés les moins dociles et à pratiquer contre eux des mesures de rétorsion notamment financières. Très rapidement, il fut donc détesté du clergé local. Le Grand Séminaire de Dijon se mit en grève en février 1904. Les séminaristes refusèrent en effet de recevoir l'ordination de ses mains. Des familles refusèrent que l'évêque donne la communion aux enfants. On le suspecta très vite de gratouiller la main de M. Henri Brisson et de préparer un schisme au sein de l'Eglise catholique avec la complicité active du Grand Orient de France. Les adeptes du complot pensèrent trouver dans son blason d'évêque les trois points de la franc-maçonnerie. D'autres crurent déceler dans sa signature le delta représentant le Grand Architecte de l'Univers révéré par les francs-maçons. On l'accusa même d'avoir un fils caché dont il fit un curé. L'imagination des complotistes était extraordinairement fertile !

    Albert Le Nordez se défendit assez mollement de toutes ces accusations, probablement parce qu'il les trouvait parfaitement délirantes. Face à ses détracteurs, l'évêque se contentait de répondre sur le ton de la boutade : « Je ne puis pas être à l'Orient puisque je suis Le Nordez. » Il avait toutefois reconnu sans problème être le client du photographe Michel Berthaud, un professionnel renommé, dont le magasin était situé au 9 rue Cadet à Paris. Etait-ce pour cette raison que des « âmes charitables » l'avaient dénoncé, croyant l'avoir aperçu du côté du siège du Grand Orient ? Pourtant être commerçant rue Cadet ou être un client d'un magasin de cette rue ne fait pas automatiquement de vous un franc-maçon...

    Qu'à cela ne tienne ! Pour en avoir le coeur net, des journalistes sont allés même jusqu'à interroger le vénérable de la loge dijonnaise. Ce dernier indiqua, bien sûr, que Mgr Le Nordez n'avait jamais fréquenté sa loge et qu'il n'était pas franc-maçon. Rien n'y fit cependant pour dissiper les soupçons et les craintes d'un complot anticatholique. Le Saint-Siège s'impatienta. Au mépris du concordat de 1801, le Pape Pie X convoqua Mgr Le Nordez à Rome pour obtenir des explications mais sans demander l'autorisation préalable au gouvernement français. En quittant le territoire national sans l'aval de gouvernement, l'évêque tomba dans l'illégalité. Le gouvernement de la République en prit alors prétexte pour rompre ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège le 30 juillet 1904 et jeter les bases d'une législation portant séparation de l'Eglise et de l'Etat promulguée l'année suivante. Comme quoi, les grandes lois, parfois, tiennent à peu de chose...

    albert le nordez,eglise catholique,antimaçonnisme,presse,laïcité,rumeurDans son édition du 21 juillet 1904, au moment où le gouvernement venait de lancer son ultimatum au Saint-Siège, le journal La Presse avait publié cette protestation du Conseil Suprême (sic) du Grand Orient de France. Une protestation à la fois violemment anticléricale sur le fond et parfaitement grotesque sur la forme. Il s'agissait bien entendu d'une facétie de journaliste destinée « à faire monter la sauce » comme on dit, à crisper les esprits et, surtout, à faire vendre du papier !

    « Considérant qu'il importe avant tout de conserver sans tache la bonne renommée de l'Ordre maçonnique.

    Considérant qu'une association essentiellement républicaine et libre-penseuse doit se garder de tout contact impur.

    Considérant qu'une loge n'est pas une sacristie et que la présence d'un ensoutané à nos tenues exposerait la maçonnerie au soupçon de pactiser dans l'ombre avec le cléricalisme :

    Le conseil suprême répudie énergiquement toute attache avec le nommé Le Nordez et avec tout autre ratichon, quelle que soit la couleur de ses robes et de ses opinions, sincères ou feintes ;

    Et, en raison des bruits calomnieux pour nos Frères qui ont couru à ce sujet, ordonne une batterie de deuil. »

    Pour copie approximative :

    Mosca.

  • Maçons d'Europe, ouvrez les yeux!

    Imprimer

    Sans titre 4.jpg

    Tandis que les obédiences du monde entier s'apprêtent à célébrer le tricentenaire de la naissance de la franc-maçonnerie spéculative, les obédiences italiennes, elles, luttent pour la sauvegarde de leur honneur et de la liberté d'association. Le 2 mars 2017, la commission parlementaire anti-mafia a unanimement demandé au service central d'investigation sur la criminalité organisée de la Guardia di Finanza d'effectuer une perquisition aux sièges du Grand Orient d'Italie et des autres obédiences maçonniques pour y saisir les listes de tous leurs membres en Calabre et en Sicile.

    La commission parlementaire a donné cet ordre en dehors de toute procédure judiciaire alors même que les prétendus liens entre la mafia calabraise et la franc-maçonnerie n'ont jamais pu être établis. Cette commission parlementaire a donc pris le risque insensé de livrer la franc-maçonnerie italienne à l'opprobre publique. Elle a de surcroît décidé d'aller à l'encontre de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, pourtant très ferme sur la protection de la liberté d'association et du respect de la vie privée. Cette jurisprudence résulte déjà d'une condamnation de l'Italie suite une plainte du Grand Orient d'Italie devant la juridiction de Strasbourg. Il semble que l'on s'achemine vers un nouveau marathon judiciaire.

    Puisque la commission parlementaire anti-mafia veut des noms de francs-maçons, en voici : Theodat Albanie, Carlo Avolio, Umberto Bucci, Silvio Campanile, Silvano Canalis, Giuseppe Celani, Renato Fabbri, Fiorino Fiorini, Manlio Gelsomini, Umberto Grains, Mario Magri, Placido Martini, Attilio Paliani, John Rampulla, Umberto Scattoni, Mario Tapparelli, Angelo Vivanti, Giulio Volpi et Carlo Zaccagnini.

    Ces noms sont ceux de dix-neuf frères, appartenant aussi bien au Grand Orient d'Italie qu'à la Grande Loge d'Italie, massacrés par les nazis à la Fosse Ardeatine le 24 mars 1944 en compagnie de plus de trois cent trente autres innocents. Ces dix-neufs frères font partie des cadavres identifiés avec ceux de soixante-quinze juifs, trente-neuf officiers et sous-officiers et soixante-huit communistes.

    conti.jpgIl conviendrait d'y ajouter le nom du frère Lando Conti, maire de Florence, assassiné froidement en 1986 par les Brigades Rouges sans oublier celui du profane Filippo Salsone, sergent de la police pénitentiaire de Calabre, assassiné la même année par un tueur de la Ndrangheta, la mafia locale et ce quasiment sous les yeux de son fils Antonino Salsone, à l'époque adolescent, et actuel président du collège des Vénérables Maîtres de la Lombardie (Grand Orient d'Italie). Aujourd'hui encore, l'assassinat dont a été victime Filippo Salsone n'a toujours pas été puni. Que faut-il dire à son fils ? Qu'il devrait avoir honte d'appartenir à une organisation ayant soi-disant des collusions avec cette mafia calabraise qui a abattu son père ?

    La vérité est que les francs-maçons italiens et leurs proches ont versé leur sang pour construire l'Italie moderne et établir la République autour des grandes libertés publiques. Ils ont été victimes du fascisme et du nazisme. Ils ont été victimes du terrorisme et du crime organisé. Ils ont été des victimes du devoir parce qu'ils portent et défendent des valeurs d'humanisme, de tolérance et de laïcité.

    Il est donc grand temps que les francs-maçons d'Europe ouvrent les yeux et réagissent par rapport à ce qui se se passe en Italie dans l'indifférence générale. Doit-on rappeler ici le célèbre poème du pasteur Martin Niemöller que les nazis ont finalement arrêté parce qu'il n'y avait plus de communistes, de sociaux-démocrates, de syndicalistes et de juifs pour le défendre ?

    Quand je vois que le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France est capable de publier ordinairement des communiqués de presse, je me dis qu'il serait un peu plus inspiré d'exprimer sa solidarité à l'égard des obédiences transalpines en ce tricentenaire de la franc-maçonnerie spéculative. Car n'oublions pas que ce qui se passe maintenant chez nos voisins, pourrait fort bien se passer chez nous demain.

    italie,union européenne,franc-maçonnerie,antimaçonnisme,goi,gliLe saviez-vous ? Le Grand Maître du Grand Orient d'Italie met par tradition une chaînette autour du cou qui tranche avec les larges sautoirs à la française ou les colliers à l'anglo-saxonne.

    Quelle en est l'origine ? Et pourquoi ce symbole ?

    Ce bijou a été sauvé par un frère pendant la période fasciste. Les temples étaient en effet mis à sac par les chemises noires du Parti National Fasciste.

    Pour éviter que les fascistes dérobent ce bijou, ce frère l'a dissimulé au péril de sa vie dans les langes de son fils nouveau né.

    C'est donc en mémoire de cette sombre période, durant laquelle les francs-maçons ont été activement pourchassés, que ce bijou est devenu l'un des insignes du Grand Maître du Grand Orient d'Italie.