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amitié

  • Le Brésilien de Bruxelles

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    Anecdote vécue dans mon ancien atelier à Bruxelles. C'était au début des années 2000.

    Un Frère du Brésil était venu en visite. Il s'était présenté rue de Laeken au siège du Grand Orient de Belgique. Il était diplomate je crois. Il avait profité d’un petit tour dans la capitale belge pour se rendre en loge. On lui avait ouvert tout simplement la porte. Je me souviens qu'on avait discuté et mangé ensemble avant la tenue. Personne ne s’était aperçu de rien. A commencer par lui. Awel fieu ! un Brésilien !... C'était plutôt rare dans notre loge.

    L'ordre du jour des travaux prévoyait un interrogatoire sous le bandeau. Le frère était surpris. Il me chuchotait à l’oreille avec son accent «Brasil, Brasil » :
    - « Oh, c’est merveilleux, c’est fascinant, chez nous, au Grande Oriente do Brasil, nous n’avons pas ça. Le bandeau n’existe pas. »

    Ensuite, il y avait eu une planche avec débat. Mon Alberto Gil en tablier m'avait dit l’air aussi étonné que ravi :
    - « Oh, c’est merveilleux, c’est fascinant, chez nous, au Grande Oriente do Brasil, nous n’avons pas ça. Les planches n’existent pas. »

    Interventions diverses. Mon Erico Verissimo n’en pouvait plus.
    - « Oh, c’est merveilleux, c’est fascinant, chez nous, au Grande Oriente do Brasil, nous n’avons pas ça. Les interventions n’existent pas. En général, on ne dit rien »

    Puis troisième mi-temps au bar. Nous n'étions pas scheille arrangés, comme on dit à Bruxelles. Nous étions guillerets.

    Et là soudain, entre deux chopes, nous recevons collectivement la lumière : Jorge Amado s’était trompé ! Il croyait être à la Grande Loge Régulière de Belgique ! Och erm ! Le malheureux... Il est tombé dans l'antre du diable. Et on lui a alors expliqué sa bévue. Nous étions de méchants irréguliers non reconnus par la Grande Loge Unie d'Angleterre. Le Brésilien a éclaté de rire, visiblement satisfait de s'être trompé de porte. Il s'était régalé avec nous.

    Puis nous avons tous pris congé…
    - « Alleï le Brésilien, on se fait la bise. Ta carte ? Oh merci, c’est sympa. La mienne ? Désolé l'ami, je n’en ai pas… tiens, je t’écris mon numéro. Au fait, tu me sonnes quand tu veux. »
    - « Il faut que je parlé à ma loge dou bandeau très zintéressant qué j’ai vou. Ça oun très bel coutume. Tou viens quand tou vé à Brasil. »

    Je ne l'ai plus jamais revu bien sûr, mais nous nous étions reconnus comme tels.

  • Régis Blanchet : 10 ans déjà !

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    regisblanchet.jpgIl y a dix ans, au solstice d'hiver, le 21 décembre 2005 exactement, Régis Blanchet était brutalement arraché à l'affection des siens.

    Je me souviens que son passage à l'O∴ éternel m'avait sidéré. Je ne m'y attendais vraiment pas.

    Quelques temps avant sa mort, je l'avais eu au téléphone pour échanger sur la vie du forum Frédéric Desmons que j'avais fondé trois ans plus tôt. Il y était très impliqué. C'est d'ailleurs par le biais de ce média que j'avais fait sa connaissance.

    Nous avions projeté de nous rencontrer chez lui, du côté de Crozon (si ma mémoire ne me fait pas défaut), dans cette Bretagne qu'il aimait tant et à propos de laquelle il était intarissable. Malheureusement la mort ne nous en a pas laissé le temps.

    Régis était un cherchant et un franc-maçon passionné. C'était aussi un écrivain et un éditeur. Il avait fondé la revue Le Jardin des Dragons et les Éditions du Prieuré.

    J'admirais son érudition. J'avoue cependant que je ne partageais pas toujours son éclectisme que j'assimilais à de la dispersion. Il n'est jamais parvenu à m'intéresser à la franc-maçonnerie forestière (dont il avait pourtant activement contribué à la résurgence), au druidisme, à la gnose ou à me convaincre des beautés particulières du régime écossais rectifié. C'est probablement parce que j'ai toujours été un indécrottable rationaliste besogneux incapable de courir plusieurs lièvres à la fois.

    Pourtant, je pense que nos différences ont paradoxalement favorisé une certaine connivence d'esprit entre nous. Nous avions également en partage un goût certain pour le débat d'idées et la provocation.

    J'ai été heureux et fier de croiser son chemin. Et aujourd'hui, avec un peu d'avance, je pense à lui.