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25 proposition

  • Malaise au G∴O∴D∴F∴ (suite)

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    Dans la note précédente, j'ai passé en revue les 25 propositions pour une République laïque au XXIe siècle. Je n'avais évidemment pas la prétention d'épuiser le sujet. J'ai montré que l'ensemble était disparate, brouillon et souvent redondant. J'ai également souligné - et c'était d'ailleurs l'objectif essentiel de ma note - qu'on ne pouvait pas affirmer que ces 25 propositions émanaient du GODF dans la mesure où le Convent n'y avait pas été associé.

    Comme je m'exprime ici à titre personnel, je ne peux pas non plus tirer des conclusions générales sur la façon dont ces 25 propositions ont été accueillies par les FF de mon obédience. Toutefois, les LL ne paraissent pas faire preuve d'un grand enthousiasme à leur égard. Est-ce pour cette raison que le président de la commission nationale permanente de la laïcité (CNPL) souhaite à présent que les LL répondent à un questionnaire sur le suivi des 25 propositions ? J'en suis pour ma part persuadé. C'est pour moi le signe qu'il y a bel et bien un malaise au sein de l'obédience sur ce sujet et sur la méthode cavalière qui a été employée.

    Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement par méconnaissance du règlement général de l'obédience et des usages maçonniques. Une petite explication s'impose. La CNPL est une commission conventuelle qui existe depuis 1979. Elle ne doit son existence qu'autant que le Convent le jugera nécessaire. Chaque année, la CNPL doit donc solliciter du Convent sa reconduction. Ce qu'elle a obtenu sans mal jusqu'à maintenant. La CNPL agit donc dans le cadre du mandat annuel que le Convent lui donne. Précisons qu'il s'agit d'un mandat de principe car, en réalité, la CNPL a carte blanche. Elle fait généralement un travail apprécié même si, à mon avis, elle a tendance à prendre un peu trop de place au sein de l'obédience au point de se croire indispensable. Je trouve personnellement que son discours est souvent dogmatique (y a qu'à, il faut que, les francs-maçons doivent agir, etc.) et catastrophiste (la République est en péril, la laïcité est en danger, la France est en train de se cléricaliser à nouveau, il y a des intégristes et des sectes partout, etc.). 

    L'an dernier, le président de la CNPL, avait déclaré devant le Convent :

    "En cas de reconduction de la Commission, nous nous engageons à mettre en œuvre des actions et des propositions concrètes."

    Le Convent, plus par habitude que par réflexion, a largement reconduit la CNPL. Cette dernière a donc pu se sentir confortée dans sa volonté de "mettre en oeuvre des actions et des propositions concrètes". Jusque là, pourquoi pas ? Et c'est ce qu'elle a fait avec les 25 propositions. Seulement voilà, la CNPL a oublié au passage qu'elle devait d'abord en rendre compte au Convent avant toute publicité extérieure ! C'est là, à mon avis, qu'est le problème. C'est dans ce genre de comportement que jaillit la source du malaise dont j'ai fait état. En effet, le Convent n'a jamais donné mandat à la CNPL pour que celle-ci s'exprime au nom de l'obédience. Il n'a jamais donné son feu vert concernant les 25 propositions. Et pour cause, il ne les connaissait pas ! Les FF et SS du GODF ont donc appris, le 9 décembre dernier, que leur obédience avait publié 25 formidables propositions pour une République laïque au XXIe siècle qu'il s'agissait maintenant pour eux de relayer localement.

    La seule chose que pouvait faire la CNPL pour être fidèle et respectueuse du mandat qui lui avait été donné par le Convent, eût été de mettre en forme ces 25 propositions, puis de les soumettre au Convent 2015 afin que celui-ci en ordonne éventuellement la transmission aux LL. A charge ensuite pour chaque LL d'en débattre, durant l'année 2015-2016, et d'indiquer à son délégué au Convent si, oui ou non, il convient de donner à ces 25 propositions une publicité particulière auprès des élus et des pouvoirs publics. Il y aurait eu deux possibilités. La première, c'est l'adoption par le Convent, en 2016, de ces 25 propositions. La seconde, c'est leur rejet et le renvoi de la CNPL à ses chères études. C'est ainsi que le GODF doit fonctionner, surtout s'il attache quelque importance à la démocratie et à ses LL

    Je reconnais volontiers que cette façon de fonctionner ne va pas dans le sens des communicants toujours pressés de "faire le buzz" comme on dit aujourd'hui, persuadés qu'il faut toujours créer l'événement pour exister. Or, le GODF est une obédience maçonnique, pas une agence de communication. Je sais que certains, notamment à Paris, ont un peu trop tendance à l'oublier. Et c'est précisément pour cela qu'ils se plantent généralement. Leurs attentes ne cadrent jamais avec le rythme des LL où se transmet l'initiation et où la pensée maçonnique s'élabore librement, tranquillement, sans pression extérieure, dans l'échange, dans un climat serein et fraternel, sans autre enjeu particulier que de s'améliorer et d'être ensemble.