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3, 5, 7 et plus - Page 10

  • Solstice d'Hiver

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    banquet d'ordre, loge, solstice d'hiver, fraternitéAujourd'hui, nous avons eu notre dernière tenue de l'année civile. La loge s'est réunie en tenue d'apprenti avant de poursuivre ses travaux en banquet d'ordre.

    Le maître des banquets, une fois de plus, a fait des merveilles : huîtres, saumon, encornets farcis, biche et gâteau. Le tout, bien entendu, agrémenté de diverses poudres fortes et fulminantes.

    J'ai confirmé à mes frères ce que je leur avais annoncé il y a déjà quelques mois, à savoir que je ne rempilerai pas pour une année supplémentaire au premier maillet.

    Je laisse à la loge le soin de se choisir un autre vénérable maître. Elle a quelques mois pour y réfléchir en toute quiétude et en toute transparence. Quel que soit son choix, ce sera le bon et je me mettrai volontiers au service de mon successeur.

    banquet d'ordre, loge, solstice d'hiver, fraternitéJ'ai vécu une belle tenue et un excellent banquet d'ordre.

    Je suis reparti avec une boîte de Préjugix 200 mg qu'un frère a distribué à chacun.

    Ce médicament est, parait-il, révolutionnaire.

    Il soigne tous les préjugés, notamment sur le handicap physique et mental, la dépression, les vieux, les jeunes, les violences conjugales, les homosexuels.

    On peut même étendre son application à bien d'autres idées préconçues et même sur la petite ou grosse connerie.

    Il semblerait que le Préjugix soit également efficace contre la cordonnite, les chichis, les blablas.

    Il n'y a pas de posologie particulière.

    Quelque chose me dit que j'en aurai besoin en 2017.

    Quand je sentirai en moi une poussée de préjugés, je prendrai un comprimé.

    Je vous souhaite un excellent solstice d'Hiver !

  • Polémique autour de l'élection d'un théologien à la tête de l'université de Strabourg

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    deneken.jpgC’est une particularité à laquelle aucun texte juridique en France ne s’oppose : M. Michel Deneken, enseignant de théologie et prêtre, est le président nouvellement élu à une très large majorité de l’université de Strasbourg (26 voix contre 9). Les opposants au nouveau président élu n’en ont pas fait un argument de campagne, comme le souligne le quotidien L'Alsace. Ils ont considéré qu'il était plus important d'interpeller M. Michel Deneken sur le bilan financier et humain de l‘équipe sortante dont il faisait partie. M. Michel Deneken était en effet le vice-président de l'université de Strasbourg depuis huit ans sans que personne ne s'en émeuve, à commencer par ceux qui crient bruyamment au scandale aujourd'hui.

    En tant que laïque, je suis ulcéré de lire ces communiqués vengeurs qui non seulement s'en prennent violemment à une décision démocratique du conseil d'administration d'une université publique mais aussi remettent en cause la probité morale et intellectuelle d'un homme parce qu'il est théologien et curé. Un président d'université n'a pas pour fonction de diriger les recherches de ses collègues enseignants. Il est là pour participer activement à la gestion administrative et financière de l'université et à son rayonnement intellectuel.

    J'ai honte de voir la laïcité défendue ainsi. Le 16 décembre, le Grand Orient de France, mon obédience, s'est fendu d'un communiqué de presse qui participe, hélas, pleinement du procès d'intention quasi-diffamatoire que certains laïques font au professeur Deneken. Son titre est éloquent : un théologien catholique n'a pas qualité pour présider une université publique. Ah bon ? Et en vertu de quelle loi ? Comme si l'université française n'abritait pas déjà en son sein un seuil incompressible de charlatans dans plein d'autres disciplines... Et d'en revenir encore et toujours à l'obsession concordataire, cette particularité juridique locale héritée de quarante ans d'annexion allemande, que la Troisième République, pourtant tant célébrée par le GODF, n'a jamais remise en cause... Dois-je rappeler que sous la Troisième République, on trouvait aussi des curés dans les assemblées parlementaires ? 

    Ce communiqué est d'autant plus pernicieux que le Conseil de l'Ordre n'y apparaît pas. Sur la forme, le communiqué se présente comme celui du Grand Orient de France. On ne sait donc pas qui a écrit ce brûlot au nom de l'obédience. On ne sait pas qui s'est arrogé le droit de parler au nom de ses membres. Par conséquent, au lieu de dénoncer brutalement la décision du conseil d'administration d'une université publique française, le Grand Orient de France serait plus avisé de respecter sa constitution et son règlement général, à commencer par la liberté absolue de conscience de ses membres. Sans doute ferait-il là oeuvre utile.

  • L'axe Miami / La Havane au coeur de grandes manoeuvres maçonniques

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    valdes.jpgLe 10 décembre dernier, la Grand Maître de la Grande Loge de Floride prenait la pose avec le Grand Maître de la Grande Loge de Cuba. C'était, paraît-il, la première fois depuis cinquante six ans qu'un Grand Maître de la Grande Loge de Cuba était accueilli ès qualités par les dignitaires floridiens. Ce qui est sans doute vrai même si ce jugement doit être tempéré : les Grandes Loges de Floride et de Cuba, malgré leur rupture de 2014 à 2016, ont toujours été, peu ou prou, en contact.

    Qu'est-ce qui a bien pu motiver aujourd'hui la Grande de Floride à restaurer des relations fraternelles officielles avec la Grande Loge de Cuba ? Il est peu probable que ce soit la disparition du dictateur Fidel Castro mais plutôt des considérations d'ordre interne. Le 28 décembre prochain, en effet, une rencontre de plusieurs obédiences ou groupements maçonniques est prévue à Miami pour porter le projet de constitution d'une Grande Loge de Cuba dite de l'extérieur, c'est-à-dire regroupant les frères cubains exilés. Le but de cette réunion est de parvenir à l'unité de tous les francs-maçons cubains installés sur le territoire de la Floride.

    Cette perspective ne réjouit absolument pas la Grande Loge de Floride. Celle-ci voit d'un très mauvais oeil l'émergence possible d'une obédience nouvelle sur son territoire, hispanophone de surcroît. La Grande Loge de Cuba de l'extérieur porterait atteinte au landmark - pourtant dépassé - selon lequel il ne saurait y avoir qu'une Grande Loge par Etat. La Grande Loge de Cuba était pourtant favorable à cette création susceptible de gêner l'obédience floridienne. Il est maintenant probable que l'obédience cubaine veuille freiner les ardeurs des frères cubains exilés à la demande de la Grande Loge de Floride. Les frères cubains exilés demeurent relativement respectueux de la Grande Loge de Cuba - l'obédience mère - malgré leur opposition au régime communiste.

    En attendant, certains frères américains ironisent sur ce rapprochement soudain. Ils rappellent que la Grande Loge de Floride reconnaît à nouveau une obédience d'un pays totalitaire alors qu'elle refuse toujours d'établir des relations fraternelles officielles avec la Grande Loge Prince Hall de Floride ! La Grande Loge de Floride fait en effet partie des neuf Grandes Loges américaines (Alabama, Arkansas, Floride, Géorgie, Louisiane, Mississippi, Caroline du sud, Tennessee et Virginie de l'Ouest) qui s'obstinent à ne pas reconnaître la maçonnerie noire américaine.

  • Le Grau du Roi rend hommage à la mémoire d'André Quet

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    quet1.jpgLe samedi 10 décembre, au Grau du Roi (Gard), petite ville de pêcheurs et station balnéaire sur les bords de la Méditerranée, l'école élémentaire du Repausset est devenue l'école élémentaire André Quet. Je ne vais pas revenir sur la vie et les engagements d'André Quet (1922-2014) qui sont très bien résumés sur le site internet de la commune du Grau du Roi.

    Je voudrais plutôt évoquer ici très brièvement le franc-maçon du Grand Orient de France. Je n'ai aucune légitimité particulière pour le faire. Je n'étais pas de ses intimes mais je l'ai toutefois côtoyé plusieurs années sur les colonnes des loges nîmoises L'Echo du Grand Orient, où il fut initié dans les années soixante et dont il fut le vénérable, et La Bienfaisance qu'il rejoignit plus tard.

    Je conserve, pour ma part, le souvenir d'un homme à l'esprit vif, brillant et clair comme son écriture. Je me rappelle qu'il était très attaché à la réflexion sociale en loge qui était à ses yeux une des spécificités du Grand Orient dont il fut, d'ailleurs, l'un des conseillers de l'Ordre. Je garde le souvenir d'un homme tolérant, engagé au service des autres, d'un républicain et d'un laïque convaincu. 

    André respectait la tradition et le rite maçonniques mais il les considérait comme des moyens, des outils, des objets de réflexion. Quand des frères prenaient la parole en loge pour exalter le symbolisme ou exposer un point de vue qu'il estimait un peu trop ésotérique à son goût, André, en bon rationaliste, intervenait systématiquement pour les ramener sur le plancher des vaches et rappeler la nécessité d'une franc-maçonnerie engagée au coeur de la Cité. André Quet aimait le débat. Il avait une excellente capacité de synthèse qui lui permettait de résumer en quelques phrases tout ce qui s'était dit sur les colonnes.

    Ancien instituteur et directeur d'école, André Quet avait aussi un sens pédagogique développé. C'était certainement la raison pour laquelle il appréciait le contact avec les apprentis et les compagnons. Il était d'ailleurs souvent chargé de dispenser l'instruction maçonnique en salle humide pendant que la loge procédait aux augmentations de salaire. Il aimait aussi participer activement aux commissions chargées de traiter les questions annuelles posées par le Convent.

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    Je suis heureux que la commune du Grau du Roi ait rendu un si bel hommage à la mémoire de cet homme apprécié de tous.

  • Le Grand Orient d'Italie et la réforme constitutionnelle de 2016

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    Matteo Renzi, Italie, Frederico Negri, Stefano Bisi, GOI,La France n'a évidemment pas le monopole des polémiques dérisoires. L'Italie en a connu une, début novembre, pendant la campagne référendaire. Il avait été reproché à l'équipe web de Matteo Renzi d'avoir volontairement supprimé la photo ci-contre de la page Facebook du désormais ancien premier ministre italien.

    On y voit Matteo Renzi en grande discussion avec Frederico Negri un jeune italien en fauteuil roulant et opposant au projet de réforme de la Constitution. C'était lors d'une visite à Alexandrie,  ville du Piémont.

    Il n'en a pas fallu davantage pour que les internautes s'offusquent de cette décision jugée discriminatoire et crient à la censure. Les médias se sont emparés très vite de la polémique naissante et l'ont montée en épingle. En quelques heures à peine, la polémique est alors devenue nationale.

    De son côté, l'équipe du premier ministre s'est défendue de tout volonté d'ostracisme. La photo n'aurait pas été retenue pour éviter que l'on accuse le premier ministre d'exploiter politiquement le handicap.

    Il est vrai, à la décharge de l'équipe de Matteo Renzi, que nous vivons à une époque où le moindre geste, la moindre attitude et la moindre parole sont scrutés, analysés et jugés. Sur le cliché, Renzi apparaît sûr de lui, dominateur, condescendant face à un homme physiquement diminué et visiblement impressionné. L'équipe web de l'ex premier ministre a donc cru prendre une bonne décision. Elle s'est révélée stupide.

    Interrogé par la presse, le père du jeune homme avait pourtant déclaré :

    « Quand mon fils a entendu parler de cette controverse, il en a ri et n'en a pas du tout été offensé. En effet, il très intéressé par la politique et il est heureux d'avoir pu parler à Renzi quelques minutes. Il lui a dit qu'il préparait une thèse sur la franc maçonnerie. Et il lui dit aussi qu'il allait voter non au référendum. »

    bisi.jpgQuelques jours plus tard, la presse s'est fait l'écho d'une conférence organisée par la loge Marengo n°1061 à l'orient d'Alexandrie dans le cadre des célébrations du soixante dixième anniversaire de la République italienne.

    Stefano Bisi, le Grand Maître du Grand Orient d'Italie, y a assisté. Frederico Negri également. Une occasion pour le Grand Maître de faire une allusion malicieuse à la polémique :

    « Je remercie Renzi de cette controverse qui nous a donné l'occasion de vous rencontrer. Vous êtes un bel exemple de courage, de force, d'humilité, valeurs au centre de l'idéal maçonnique. »

    Le Grand Maître Bisi a ensuite invité le jeune homme à Rome au siège du Grand Orient d'Italie afin qu'il puisse y consulter tout document utile pour sa thèse.

    Faut-il voir cependant dans cette rencontre une manière subtile pour la plus importante et la plus ancienne obédience maçonnique italienne (22 000 membres) de manifester son opposition à une réforme constitutionnelle jugée, à tort ou à raison, expéditive, dangereuse pour les libertés et mal écrite ?

    Il serait tentant de le penser mais cela semble toutefois hautement improbable. En effet, si le Grand Orient d'Italie demeure très attaché aux institutions républicaines, aux libertés publiques et à laïcité, Stefano Bisi a malgré tout pris soin, début novembre, de lever toute ambiguïté sur tout ce qui pourrait être assimilé, directement ou indirectement, à une position de son obédience sur le projet de réforme constitutionnelle :

    « Les francs-maçons peuvent avoir des opinions personnelles de toutes sortes. A l'approche du référendum constitutionnel, je dis que chaque franc-maçon peut voter comme il l'entend. L'important, à ce stade, est que la société italienne ait parlé du contenu de la réforme et que le débat ne se soit pas résumé au fait de dire « Je vote oui parce que je veux soutenir Renzi », « Je vote non parce que je veux renvoyer Renzi chez lui. » »

  • Schisme ou pas schisme ?

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    articles d'union.jpgJ'ai lu avec beaucoup d'intérêt une note de Philippe Michel dans laquelle celui-ci remet en cause la notion de schisme appliquée à la querelle des Anciens et des Modernes. Il la considère inappropriée, notamment pour les raisons suivantes :

    • les maçons fondateurs de la nouvelle GL des Anciens n'ont jamais appartenu à la GL d'Angleterre ;
    • les visites de loge étaient strictement encadrées et limitées aux seuls visiteurs connus.

    Pour le reste, Michel reformule ce que j'ai déjà eu l'occasion d'écrire ici même sur ce blog lorsque j'ai fait référence au travail de Richard Berman.

    Philippe Michel rappelle donc le sens du mot schisme. Un schisme désigne la division ou la scission dans un groupement, une école, un parti. Il n'y en a pas eu selon l'auteur.

    Je comprends parfaitement ce point de vue. Néanmoins je n'y adhère pas car l'essentiel est que cette querelle des Anciens et des Modernes ait été perçue et vécue par les contemporains comme une séparation au sein même de l'ordre maçonnique. J'ai du mal à croire que les deux obédiences aient été strictement hermétiques l'une par rapport à l'autre.

    De 1751 à 1754, la Grande Loge des Anciens est parvenue à fédérer une quarantaine d'ateliers en Angleterre. Il paraît difficilement concevable qu'il s'agisse uniquement de loges nouvelles composées de membres fraîchement initiés. Il y a bien dû y avoir, à un moment donné, des transferts d'effectif ou de loge dont les archives ne parlent pas. Un phénomène d'une telle ampleur semble donc bien accréditer la thèse d'une scission même à la marge. On ne fédère pas autant de loges en si peu de temps en comptant seulement sur ses propres forces.

    Il suffit de songer à l'histoire maçonnique française qui n'a jamais connu d'obédience créée ex nihilo avec un tel développement. Le Suprême Conseil a mis plus d'un siècle et demi à avoir une centaine d'ateliers sous sa juridiction. Des ateliers du GO sont passés au Suprême Conseil et réciproquement même si ces transferts ont été marginaux. De même, les francs-maçons de rite français et de rite écossais n'ont jamais vécu dans une ignorance mutuelle. Les livres d'architecture témoignent des visites effectuées. En d'autres termes, le Suprême Conseil et le Grand Orient de France ne se sont jamais ignorés malgré des relations en dents de scie tout au long du dix-neuvième siècle.

    Je ne vois donc pas pourquoi il en aurait été autrement en Angleterre. J'observe d'ailleurs que la séparation des Anciens et des Modernes a engendré des distinctions d'usage et de rituel, des polémiques, des divergences d'appréciation sur la nature et les objectifs du travail maçonnique et deux Grandes Loges qui ont coexisté outre-Manche pendant six décennies. Il faut enfin rappeler que fameuse querelle s'acheva en 1813 au terme d'une réconciliation formalisée par les Articles d'Union constitutifs de l'actuelle Grande Loge Unie d'Angleterre. Or qu'est-ce qu'une réconciliation sinon le point final d'une fâcherie ayant entraîné une rupture ?

    Cette réconciliation s'est fondée sur le refus de désigner des vainqueurs et des vaincus. En effet, les Articles  d'Union de 1813 ne reviennent absolument pas sur le passé. Ses rédacteurs ont fait l'économie de rédiger un long et soporifique préambule explicatif sur la querelle des Anciens et des Modernes afin, probablement, d'éviter de nouvelles polémiques. Les représentants des deux Grandes Loges se sont tout simplement entendus, de façon pragmatique, sur un certain nombre de points pour déterminer ensemble le plus petit dénominateur commun entre Anciens et Modernes.

    Les Articles d'Union expriment l'impérieuse nécessité pour les deux camps d'oeuvrer ensemble - à nouveau ou pas, peu importe - au sein d'un même ordre. Ce qui implique notamment une uniformisation des pratiques maçonniques et un cantonnement de la franc-maçonnerie spéculative aux trois degrés symboliques d'apprenti, de compagnon et de maître. Le style émulation, pratiqué dans les loges anglaises, est né de cet effort d'unité.

    L'article trois énonce fort bien l'objectif de réconciliation :

    « Il y aura l'unité la plus parfaite concernant l'obligation, la discipline, le travail des loges, l'initiation [au premier degré], la réception [au deuxième degré], l'élévation [au troisième degré], l'instruction et la tenue vestimentaire des frères si bien qu'un seul système pur et sans souillure, établi selon les bornes, lois et traditions authentiques du Métier, sera maintenu et pratiqué à travers le monde maçonnique, à partir de ce jour et de cette date dite d'Union jusqu'à la fin des temps. »

    Schisme, querelle, rupture, séparation, développement séparé, réconciliation, union, réunion, etc. Peu importe les mots choisis pour décrire cette période de l'histoire maçonnique anglaise. Ils sont tous valables à mon avis et on peut les utiliser sans risque de commettre des contresens historiques.

  • Adieu Humanisme !

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    Humanisme, Gaël Brustier, Alexandre Dorna, extrême, revuesSi vous avez aimé Marc Riglet, vous allez adorer Alexandre Dorna, coordinateur du dernier dossier de la revue Humanisme intitulé : « Les limites de l'extrême ». Pourtant, tout avait bien commencé. Un rapide parcours des articles laissait présager de belles choses. Et puis patatras ! La présentation du dossier faite par l'universitaire Alexandre Dorna a soudainement tout gâché. Voici ce qu'on peut lire en page 21 :

    « Le concept de populisme est détourné de son sens originel. En France, en quelques années, il est réservé à des idées des partis d'extrême droite. Il ne peut être alors utilisé par la gauche. Aussitôt, le populisme est déclaré comme un mode politique à droite, quasi fasciste. La classe politique, toutes tendances confondues, fait de la sécurité la clé de voûte de la lutte contre le terrorisme. Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve consacre une bonne partie de ses discours à l'autoritarisme sécuritaire. Le gouvernement « socialiste » de Hollande et Valls évoque les dérives conspirationnistes avec des incantations dont il faut se méfier. Ce tournant enveloppe la trahison de la gauche et du socialisme avec des promesses non tenues et des déclarations d'amour aux entreprises capitalistes. A cela s'ajoute la capitulation devant le grand capital sur l'autel des hauts-fourneaux de Florange et la fermeture d'Alstom. Et politiquement, l'ultime rupture avec le credo socialiste est là quand François Hollande, fait la proposition d'inscrire dans la Constitution « l'état d'urgence » ainsi que la déchéance de nationalité pour les binationaux, c'est à l'évidence la honte de trop. »

    Quoi que l'on pense de l'action du Président de la République et du Premier ministre actuels, comment ne pas s'interroger sur l'utilité d'un tel réquisitoire dans une revue maçonnique ? Je ne vois pas en quoi cela renforce les arguments du professeur Dorna qui donne plutôt l'impression d'user de sa casquette d'universitaire pour instrumentaliser Humanisme et se livrer à un mesquin règlement de compte politique. Ça me paraît d'autant plus incongru que nous sommes à quelques mois à peine de l'élection présidentielle. Alors j'ai cherché à en savoir plus sur l'auteur. Je me suis ainsi rendu compte que M. Alexandre Dorna n'est pas qu'un simple intellectuel. Il est aussi un homme politiquement engagé qui a siégé dans les instances du très révolutionnaire Parti Radical de Gauche (PRG) où l'on compte des personnages aussi considérables que M. Jean-Michel Baylet ou Mme Sylvie Pinel, candidate depuis peu à l'élection présidentielle.

    J'ai trouvé assez comique de lire sous la plume d'un ancien responsable du PRG que le gouvernement « socialiste » (les guillemets sont de l'auteur) se complaisait dans des incantations dont il fallait se méfier (lesquelles mon Dieu ?) ou, pis encore, dans l'autoritarisme sécuritaire comme si la France avait soudainement tourné le dos aux liberté publiques. Pourtant, que n'aurait-on pas entendu si l'exécutif n'avait pas réagi énergiquement après les attentats de 2015 ? N'est-il pas savoureux de voir un radical utiliser une terminologie fleurant le bon le marxisme-léninisme pour accuser le gouvernement socialiste d'avoir trahi la gauche, fait des déclarations d'amour aux entreprises capitalistes et capitulé devant le grand capital ? Les ouvriers de Florange, qui ont pu conserver leurs emplois malgré la fermeture des hauts-fourneaux, apprécieront sans doute les leçons indignées du professeur Dorna. Ce qui est sûr, c'est que si le gouvernement n'avait pas agi suite à la mobilisation des salariés d'Arcelor-Mittal, ces derniers auraient fait l'objet d'un licenciement économique. Et je ne prends pas de grands risques en disant qu'ils auraient pu attendre longtemps avant que M. Dorna leur trouve du boulot. Idem du site historique d'Alstom à Besançon dont l'avenir paraît s'éclaircir grâce aux pressions de l'Etat. Il me semble que l'on peut tout de même en faire crédit à l'exécutif sans être pour autant un béni oui-oui du gouvernement.

    Quant aux tergiversations de l'exécutif sur la déchéance de la nationalité et sur le projet avorté d'inscription de l'état d'urgence dans la Constitution, il faut évidemment les replacer dans le contexte de forte émotion qui avait alors submergé le pays. Le chef de l'Etat a probablement cru pouvoir lancer un signal fort à ce moment là, lui que les médias accusent quasi-quotidiennement d'indécision. Comment lui reprocher après coup d'avoir oeuvré en faveur de la sécurité intérieure et extérieure du pays ? Où est l'autoritarisme au juste ? J'observe que le Président de la République ne s'est pas entêté quand il a compris qu'il ne pourrait pas rassembler une majorité des 2/3 des sénateurs et de députés pour modifier la Constitution.

    Et que dire de cet autre jugement de valeur du professeur Dorna (cf. p.22) ?

    « Hollande, en médiocre apprenti psychologue, attribue l'avancée du populisme à « la peur » en faisant abstraction de la crise et des conditions matérielles de la réalité. »

    Cela revient donc à dire que le président de la République - désigné dédaigneusement par son seul patronyme - est déconnecté de la réalité. Je trouve caricatural d'affirmer que le Président de la République considère que le populisme ne résulte pas non plus des difficultés économiques et sociales ! Autant carrément le traiter de nigaud.

    Bref, vous l'aurez compris, les jugements de valeur du professeur Dorna m'ont prodigieusement agacé. C'est comme si, de mon côté, je reprochais à M. Alexandre Dorna, président de l'institut d'études radicales, et à ses amis politiques de se réclamer d'un courant de pensée qui a cru pouvoir se servir, il y a 25 ans, des ambitions débridées de M. Bernard Tapie pour s'extirper de la marginalité groupusculaire à laquelle la fin mouvementée de la troisième République l'avait inexorablement condamné.

    C'est comme si je reprochais également à M. Alexandre Dorna et à ses amis politiques d'avoir soutenu M. Jean-Pierre Chevènement en 2002, donc d'avoir contribué non seulement à la dispersion de l'électorat de gauche mais aussi à la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle.

    C'est comme si je reprochais à M. Alexandre Dorna et ses amis politiques leur militantisme souverainiste, au sein du comité Valmy, contre la construction d'une Europe fédérale pourtant si nécessaire dans ce monde multipolaire composé de grands blocs. 

    Enfin, c'est comme si reprochais à M. Alexandre Dorna et à ses amis politiques d'avoir espéré en 2007 une renaissance du radicalisme autour de François Bayrou, pourtant catholique pratiquant. J'observe d'ailleurs qu'une partie de la fantomatique « Union des Républicains Radicaux»  est allée grossir les rangs de deux cabines téléphoniques (« Les Progressistes » et « La Gauche Moderne ») animées respectivement par deux individus - M. Eric Besson et M. Jean-Marie Bockel - qui ont cyniquement trahi leurs engagements et leur parti politique pour quémander et obtenir de MM. Sarkozy et Fillon un portefeuille ministériel. Est-ce que là on peut dire, pour reprendre les mots du professeur Dorna, que c'est à l'évidence « la honte de trop » ?

    Dans ces conditions, il est difficile de ne pas avoir la sensation désagréable que la revue Humanisme prend ses lecteurs pour des imbéciles en se présentant comme ouverte à tous les horizons intellectuels alors qu'elle exprime essentiellement, de numéro en numéro, les obsessions d'un courant républicain décliniste, laïciste, eurosceptique, méfiant envers la diversité culturelle qu'il réduit au communautarisme et au « politiquement correct », nostalgique de la grandeur d'une France fantasmée. Je me demande ce qui reste de maçonnique dans ce patchwork idéologique qui phagocyte quasiment toute la revue...

    Je voudrais aussi adresser une mention spéciale à l'article de M. Gaël Brustier qui affirme, sans rire, que M. Manuel Valls, « hybride de petit père Combes et de Paul Wolfowitz » se rapproche du néoconservatisme américain. Et d'accuser le « vallsisme » d'utiliser les mots de la République contre l'idéal républicain (p. 41) ! Quel dommage alors que son article partait bien ! Je me demande quelle peut bien être la valeur de cette étiquette de néoconservateur collée sur le dos du Premier ministre par quelqu'un qui, au cours des dix dernières années, a successivement émargé au RPR, au MDC et au PS. Désolé, mais je me méfie beaucoup des leçons de psychologie ou de philosophie politique dispensées par des girouettes.

    Un dernier mot sur Humanisme. En décembre, je dois normalement renouveler mon abonnement. Cependant je ne le ferai pas. Celles et ceux qui lisent régulièrement ce blog savent que je n'en partage pas la ligne éditoriale. En page 4, on peut lire cet avertissement écrit en tout petit :

    « Destinée à l'information, la revue Humanisme n'est pas un document officiel du Grand Orient de France. Ses articles n'engagent en aucune manière, directe ou indirecte, la responsabilité de cette association ni n'impliquent de reconnaissance officielle de sa part. Ils expriment l'opinion de leurs auteurs et non pas nécessairement celle du Grand Orient de France. »

    Dont acte. Mais alors pourquoi cette revue est-elle présentée comme celle des francs-maçons du Grand Orient de France ? Pourquoi le directeur de la publication est-il le Grand Maître du Grand Orient de France ? Pourquoi le Conseil de l'Ordre y délègue-t-il trois de ses membres ? Je veux croire que les projets d'article sont lus attentivement par le comité de rédaction mais je dois constater, hélas, que celui-ci a pris l'habitude d'en valider certains sans prendre la précaution d'en expurger les passages inutilement polémiques, agressifs et bêtes. C'est dommage car, quoi qu'on en dise, ces articles, une fois publiés, engagent malheureusement le Grand Orient, précisément à cause de la présence de quatre membres de son exécutif dans l'organigramme de la revue.

    C'est la raison pour laquelle je fais partie de ceux qui considèrent qu'il est grand temps de passer à autre chose. Mais comme je n'ai pas la force d'entraînement nécessaire pour convaincre le plus grand nombre de mes frères, parce que j'ai aussi mieux à faire que de me battre contre le conformisme d'appareil, je me contenterai d'un désabonnement. Je suis cependant convaincu qu'il faudrait que le Grand Orient de France coupe structurellement les ponts avec Humanisme et laisse cette revue militante vivre sa vie en dehors de lui. L'obédience pourrait ainsi jeter utilement les bases d'une publication authentiquement maçonnique, c'est-à-dire d'une publication qui parle réellement des loges et de ceux qui, concrètement, font vivre quotidiennement la franc-maçonnerie du Grand Orient de France en métropole, en outre-mer et à l'étranger. 

    On peut rêver. C'est bientôt Noël.

  • Une lettre du frère Héctor Fernando Maseda Gutiérrez

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    gut.jpgDois-je dire à quel point j'ai été surpris d'entendre en France autant de louanges de l'ancien dictateur Fidel Castro récemment décédé ? Des louanges provenant de personnes dont je ne saurais pourtant remettre en cause les sentiments républicains et l'attachement à une société démocratique et pluraliste.

    Dois-je dire aussi à quel point j'ai été choqué de voir des frères que je connais, afficher ostentatoirement leur soutien à la dictature cubaine ? Quand je vois de tels comportements, je me dis qu'il y a des coups de pied au cul qui se perdent. Ces frères donnent l'impression d'avoir abandonné tout sens critique dès lors qu'il s'agit de renouer avec les passions gauchistes de leur jeunesse. Ils parlent gravement d'une révolution qu'ils n'ont pas faite ou qu'ils ont peut-être vécue par procuration. Je suis en tout cas bien persuadé qu'ils n'en auraient pas supporté les effets pour eux-mêmes et leurs proches.

    Imputer la responsabilité de l'autoritarisme cubain à la seule stupidité crasse de l'embargo américain m'a toujours paru un argument commode. Cet argument ne minore ou ne relativise certainement pas les dérives du régime castriste et de son chef emblématique. Je le trouve aussi bête que celui qui consistait chez certains à justifier hier la férocité de la dictature des Duvalier père et fils en Haïti ou de celle de Trujillo en République dominicaine au nom de la lutte contre le communisme. A un moment donné, il faut savoir regarder la réalité en face, abandonner les postures maximalistes et les visons binaires du monde pour comprendre à quel point les idéologies peuvent écraser les individus et empêcher le développement des sociétés humaines vers plus de démocratie et de pluralisme. Bref, il faut raisonner en franc-maçon ou, si l'on préfère, en homme libre dégagé des préjugés politiques et religieux.

    Je voudrais citer ici de larges extraits d'une lettre du frère Héctor Fernando Maseda Gutiérrez (33e), membre de la Grande Loge de Cuba. Maseda Gutiérrez a écrit cette lettre le 27 juillet 2004 depuis sa cellule de la prison de Santa Clara. Ce collaborateur de l’agence de presse non gouvernementale Grupo de Trabajo Decoro a été arrêté en mars 2003 et condamné, en 2004, à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir soi-disant commis des actes contre l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Etat et des infractions ayant mis en péril la protection de l’indépendance nationale et de l’économie cubaine. Il a été condamné aux termes d'un procès où les droits de la défense ont été clairement bafoués ainsi que l'a relevé Amnesty international. Après d'intenses et régulières pressions de la communauté internationale, ce frère, prisonnier politique, a fait l'objet d'une libération anticipée en février 2011. Voici ce qu'il a écrit :

    « Il existe quatre types de moyens fonctionnels symboliques et un seul chemin par lequel la conscience humaine peut être orientée par des expériences qui méritent l'on se souvienne et que l'on vive.

    Il y a la perception sensorielle qui nous dit que quelque chose existe. Il y a la pensée qui nous indique : quelque chose existe. Il y a la pensée qui nous répond si ce quelque chose est agréable ou non et il y a enfin l'intuition qui nous renseigne d'où vient et où va cette chose. Il est difficile de trouver ce bon chemin car il se heurte à des difficultés et des déceptions. S'il n'était pas aussi difficile à trouver, l'humanité ne serait pas autant saturée d'êtres pervers ou médiocres. Cela étant dit, en guise d'introduction, veuillez recevoir mes salutations chaleureuses. Heureusement, je suis en mesure de recevoir de vos nouvelles, mes chers frères, à travers un ange, notre Vénérable Frère José Antonio. Maintenant, je profite de l'opportunité de vous écrire pour vous donner des mes nouvelles. Le messager sera la même personne. Je reçois comme un honneur spécial la photo que vous m'avez envoyée, et pour laquelle je remercie beaucoup les Frères de votre atelier, les visiteurs des autres loges et José Antonio (...)

    J'ai reçu des manifestations de soutien et de solidarité du gouvernement et du cher peuple de France à l'égard de notre cause dès qu'ont été emprisonnés des dirigeants et des pacifiques opposants politiques au régime, des responsables d'organisations non gouvernementales, des défenseurs des droits de l'homme, des responsables syndicaux et des journalistes indépendants, soit au total soixante-quinze personnes désignées sous le nom des « prisonniers du printemps »  (...)

    Ces soixante-quinze patriotes sont devenus les otages politiques du leader cubain Fidel Castro et ont été injustement accusés de servir une puissance étrangère (les États-Unis) et d'avoir perpétrés des actes contre la sécurité et l'intégrité territoriale et économique de Cuba, alors qu'en fait, ils ont défendu nos droits à la liberté de conscience, d'opinion et de réunion. J'ai été condamné à une peine de vingt ans aux termes d'une procédure truffée d'irrégularités du début à la fin (...)

    La vérité est que je ne fais pas partie des hommes qui subissent mais qui agissent. Et je sais que la perception humaine est aveugle si elle n'est pas éclairée par la raison comme l'avait dit une fois le Mahatma Gandhi, le chef religieux et spirituel du peuple indien.

    Une tyrannie gouvernementale qui depuis 45 ans impose la terreur d'Etat pour rester en place, pour réduire le peuple à la servitude, à la pauvreté, aux pénuries alimentaires, à la discrimination sociale, pour le priver des droits civils, politiques et sociaux, ne peut susciter une concorde nationale ou favoriser d'autres  réponses populaires qu'une rébellion idéologique et une résistance par des moyens socio-économiques et pacifiques, sans toutefois en exclure d'autres plus radicaux le cas échéant (...) A Cuba, l'administration castriste a eu l'audace d'appliquer des expériences d'ingénierie sociale généralisée et historicistes qui ont causé la catastrophe nationale la plus colossale depuis la proclamation de l'indépendance il y a plus d'une centaine d'années (...) Le système actuel a conduit au culte du chef de guerre, à la corruption du gouvernement et à l'exacerbation de certains intérêts privés (...)

    Ma santé est excellente, mon environnement immédiat exige que je fasse preuve de force spirituelle. Je me suis totalement adapté à ma situation et j'ai refusé que cette épreuve nouvelle, complexe et difficile devienne une saison morte dans ma vie sociale.

    Au profane muet, je lui rappelle que suis le président du Parti libéral démocratique de Cuba (PLDC), formation politique tolérée mais non légalisée. Je suis ingénieur en électronique de profession, diplômé en physique atomique et nucléaire, et je suis également journaliste, essayiste, historien et membre à part entière de l'Académie cubaine des hautes études maçonniques. J'ai 61 ans.

    Entre vous et mon humble personne, des liens de cordialité, d'amour et de communication ont été établis. Nous devons les renforcer tous les jours. J'espère pouvoir continuer à vous écrire (...) »

    La lettre émouvante de ce frère courageux rappelle utilement que le franc-maçon est un homme libre, ami du riche et du pauvre s'ils sont vertueux. Le franc-maçon est cet homme qui ne doit jamais mettre un genou à terre sous la contrainte. Il est celui qui prépare par une action incessante et féconde l'avènement d'une humanité meilleure et plus éclairée. Il est celui qui sait qu'aucune société humaine n'est viable sans liberté et sans solidarité.

    Ce n'est pas parce que le régime castriste n'a jamais interdit officiellement la franc-maçonnerie en raison de son action passée en faveur de l'indépendance de Cuba, que tous les frères cubains sont les partisans zélés des gérontes au pouvoir depuis 1959. Cuba n'a jamais été non plus une « dictature débonnaire » parce qu'elle est sous les sunlights des tropiques. En mars 2003, sur les soixante-quinze dissidents arrêtés, onze étaient francs-maçons et membres de la Grande Loge de Cuba. Les « révolutionnaires de salon » et autres « bolcho-mondains », parfois si bavards dans les loges françaises, devraient s'en souvenir si toutefois ils en ont eu conscience un jour.