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  • La légitimité de Donald Trump en question

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    laurent.jpgAnalyse lumineuse des enjeux de la présidence Trump par Mme Sylvie Laurent sur l'antenne de France Inter ce 20 janvier 2017. Sylvie Laurent a fait sa thèse de littérature américaine à Paris IV sur « le pauvre blanc dans le roman américain ». Elle enseigne à Sciences-po Paris et à l'Université d'Harvard.

    En trois petites minutes, Mme Laurent énonce les problèmes juridiques et politiques extrêmement complexes que pose l'élection de M. Trump à la tête de la première puissance mondiale.

    Et elle insiste notamment sur la légitimité de Trump qui est questionnée sous trois angles :

    1. Trump n'a pas obtenu la majorité des suffrages exprimés mais la majorité des voix des grands électeurs (c'est le suffrage universel indirect).

    2. Il est établi qu'il y a eu une intervention informatique russe dans le processus électoral et il y a donc des doutes sur la sincérité du scrutin.

    3. Trump est noyé dans de colossaux et inextricables conflits d'intérêts (il dirige un empire financier et un pays). Les risques de corruption sont donc majeurs.

    Extrait de l'intervention de Mme Sylvie Laurent ci-dessous :

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    Lire également :

  • La franc-maçonnerie italienne à nouveau dans la tourmente

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    bisi1.jpgLa franc-maçonnerie italienne est à nouveau dans la tourmente. En effet, Giulio Occhionero, un membre du Grand Orient d'Italie, est impliqué avec sa soeur Francesca dans une affaire de piratage informatique. L'homme, ingénieur nucléaire de formation, ancien vénérable de la loge romaine Paolo Ungari - Nicola Ricciotti - Pensée et Action, est accusé de cyber-espionnage. Il aurait hacké des centaines d'adresses électroniques de personnalités parmi lesquelles celles de francs-maçons italiens de premier plan. Stefano Bisi, Grand Maître du Grand Orient d'Italie, figure parmi les victimes de ce piratage. 

    Il n'en fallait pas davantage pour que cette affaire relance les spéculations sur les prétendues collusions entre la franc-maçonnerie italienne et les affaires politico-financières. En octobre dernier, Mme Rosy Bindi, présidente de la très active commission parlementaire chargée de la lutte contre la mafia, avait d'ailleurs demandé en vain au Grand Orient d'Italie qu'il fournisse la liste complète de ses membres. Le Grand Maître Bisi avait évidemment refusé d'accéder à cette demande au nom du respect de la liberté d'association et de la vie privée.

    Il faut dire que la plus ancienne obédience italienne a toujours eu du mal à se relever du traumatisme provoqué par le scandale de la loge P2 dans les années soixante-dix alors même qu'elle n'y a jamais été impliquée directement puisque la P2, dirigée par le sulfureux Licio Gelli, était devenue une loge sauvage, totalement irrégulière, et donc hors de son contrôle. Néanmoins, le Grand Orient d'Italie a profondément souffert des répercussions médiatiques de l'affaire au point que des tensions internes n'ont jamais cessé de jalonner la vie de l'obédience. Ces tensions ont fini par atteindre leur paroxysme avec la scission de 1993. Une minorité de frères a alors quitté le Grand Orient pour aller fonder la Grande Loge Régulière d'Italie immédiatement reconnue par la Grande Loge Unie d'Angleterre.

    Il faut se souvenir que l'Italie était alors plongée dans une très grave crise institutionnelle. C'était le temps de l'opération Mains Propres (Mani Pulite) qui a décimé les grands partis italiens de l'après guerre (notamment La Démocratie chrétienne et le Parti socialiste) et qui a abouti à une recomposition politique majeure dont l'Italie ne s'est toujours pas véritablement remise vingt-cinq après. L'Italie a un régime parlementaire classique et pratique la proportionnelle intégrale. Elle souffre en permanence de l'instabilité du pouvoir exécutif. Matteo Renzi n'est pas parvenu à faire adopter par le peuple italien une réforme constitutionnelle censée mettre un terme à l'instabilité des gouvernements. Il a été contraint de présenter sa démission de la présidence du Conseil.  

    Le climat au sein du Grand Orient d'Italie est-il à ce point délétère qu'il aurait pu motiver Giulio Occhionero à se lancer dans une opération de violation de la correspondance électronique des responsables de sa propre obédience ?  Il est bien entendu impossible de l'affirmer pour l'instant. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que le Grand Maître Stefano Bisi est fort contesté depuis son élection en 2014. L'homme, journaliste professionnel, est rédacteur en chef du Corriere di Siena et directeur adjoint du groupe d'édition Corriere dell'Umbria. Son nom a été cité dans l'affaire de la faillite de l'équipe de basket de Sienne

    Des opposants à Bisi, au sein du Grand Orient, ont fait également valoir que celui-ci avait été élu à la grande maîtrise avec le soutien des loges calabraises comme pour mieux insinuer un appui mafieux. Ce sont des affirmations invérifiables. Et même si ces informations étaient vérifiables, que pourrait-on en déduire ? Que tous les francs-maçons calabrais sont des criminels en puissance ? Sienne n'est pas en Calabre mais en Toscane. Par ailleurs, le frère Bisi n'a jamais fait l'objet de la moindre condamnation. En outre, rien ne permet d'attester que la franc-maçonnerie en Calabre ait fait l'objet d'une infiltration mûrement pensée par la Ndrangheta, l'organisation mafieuse calabraise. Il est vrai qu'on a beaucoup glosé en Italie sur la présence supposée de la mafia dans les loges du Mezzogiorno. Ainsi on a parfois cru pertinent d'établir des parallèles ou des rapprochements entre les pratiques rituelles de la Ndgrangheta et les pratiques rituelles maçonniques. Comme si l'existence de rituels impliquait nécessairement une sorte de parenté naturelle entre les deux organisations...

    Dans une intéressante étude publiée dans le n°78 de La Chaîne d'Union (octobre 2016), Jacques de Saint-Victor préfère parler de « zone grise ». Les loges auraient été la matrice d'alliances étroites et profitables entre des milieux professionnels et des groupes mafieux. Les clans auraient eu besoin d'investir les loges pour rencontrer et sympathiser avec des acteurs locaux de la vie économique, politique, sociale, associative. La zone grise ne désigne donc pas une collusion ou une collaboration consciente, assumée et cynique mais davantage une fréquentation, une coexistence, une porosité ou encore un clientélisme dont les loges auraient été en quelque sorte des points de passage. Jacques de Saint-Victor se réfère notamment à l'opération Olimpia qui a porté un rude coup à la Ndrangheta.

    Sauf que le premier maxi-procès depuis le lancement de cette opération va bientôt avoir lieu. Et comme l'a indiqué le Grand Maître Bisi au journal Il Tempo, le 11 janvier 2017, sur les soixante-douze membres importants de la Ndrangheta assignés à comparaître devant la justice, il n'y a aucun membre du Grand Orient d'Italie. Ce que les enquêteurs ont pu vérifier. Les esprits chagrins ou méfiants pourront objecter que la franc-maçonnerie italienne ne se réduit pas au Grand Orient d'Italie (23000 membres pour 850 loges). Certes. Mais en même temps, s'il y avait eu ne serait-ce qu'un seul franc-maçon dans le box des accusés, la presse n'aurait pas manqué de le signaler.

    L'affaire Occhionero, qui vient d'éclater, tombe donc au plus mal pour la franc-maçonnerie italienne et plus particulièrement pour Stefano Bisi. Ce dernier ne ménage pourtant pas ses efforts pour redorer l'image de son obédience si étroitement liée à l'histoire italienne. Les enquêteurs devront donc déterminer si l'affaire Occhionero doit être circonscrite à des luttes intestines au Grand Orient d'Italie ou s'il s'agit d'une affaire de droit commun d'une plus vaste ampleur.

  • Deux femmes au chevet de la franc-maçonnerie australienne

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    74831059.jpgElle s'appelle Jane Sydenham-Clarke et, depuis septembre 2016, cette directrice marketing et fille de franc-maçon est devenue le directeur exécutif de la Grande Loge Unie de l'Etat de Victoria (Australie), obédience régulière et donc strictement masculine. Elle est la deuxième femme à s'être vue confier un tel poste après Marie-Louise MacDonald, manager spécialiste en stratégie concurrentielle, qui s'occupe, elle, de la Grande Loge de l'Australie de l'Ouest depuis novembre 2012.

    A l'instar de Mme MacDonald, Mme Sydenham-Clarke a été désignée à ce poste pour remplir les missions les plus larges : moderniser l'image de la franc-maçonnerie et, à travers une politique de communication entièrement repensée, parvenir à susciter de nouvelles adhésions chez les citoyens australiens de l'Etat fédéré de Victoria, notamment les plus jeunes.

    Il faut dire que Mmes MacDonald et Sydenham-Clarke ont du pain sur la planche. Si la baisse des effectifs aux Etats-Unis d'Amérique et en Grande Bretagne est un phénomène connu des francs-maçons français, la baisse des effectifs en Australie, en revanche, l'est beaucoup moins. Pourtant, elle est tout aussi préoccupante. Que l'on en juge. Dans les années 1960, les francs-maçons étaient en effet 110.000 sur tout le continent australien. Cinquante ans plus tard, les six Grandes Loges australiennes regroupent à peine 41000 membres ! Soit une chute de près de 40 %. L'âge moyen du franc-maçon australien est de 67 ans. Il y a donc péril en la demeure.

    Ces deux profanes doivent donc :

    • gérer administrativement et financièrement les deux obédiences, y compris les structures associées (maisons de retraite, logements sociaux, etc.) ;
    • superviser leurs orientations stratégiques ;
    • valoriser davantage les diverses actions philanthropiques soutenues par les francs-maçons ;
    • s'adresser davantage aux jeunes gens  ;
    • et mieux communiquer sur les spécificités et l'identité de la franc-maçonnerie afin de la démarquer des autres associations profanes.

    philanthropie.jpgA vrai dire, je ne suis pas sûr que ces différentes actions diffèrent fondamentalement de ce qui est pratiqué en Grande Bretagne et aux Etats-Unis d'Amérique depuis une quinzaine d'années. On est ici dans le marketing pur et dur. Cette stratégie est d'ailleurs loin d'avoir démontré son efficacité. Je me demande par exemple ce que les profanes peuvent bien penser de ces photographies où l'on voit des frères prendre la pose avec des responsables d'oeuvres caritatives lors de cérémonies de remise de chèques. Elles inondent les réseaux sociaux. Mais que disent-elles de la franc-maçonnerie en tant que telle ? Rien. Au contraire, ces photographies alimentent la confusion entre franc-maçonnerie et club services. Je suis même persuadé que de nombreux candidats potentiels sont réticents à l'idée de rejoindre une loge, considérant qu'ils seront sans cesse sollicités pour mettre la main au portefeuille. Comment s'étonner après que les gens réduisent la franc-maçonnerie à une association composée essentiellement de riches notables philanthropes ou de messieurs aisés ?

    Si je ne suis pas sûr de l'efficacité de ces mesures, c'est surtout parce qu'on n'y retrouve aucune réflexion de fond sur le travail maçonnique. Y-a-t-il vraiment une volonté de faire un état des lieux objectif et lucide sur les raisons qui amènent, chaque année, autant de frères à démissionner de la franc-maçonnerie ? Il est permis de se poser la question car, comme le souligne Todd E. Creason, un frère américain, il est inutile que les loges s'entêtent à initier tant qu'elles n'ont pas compris les raisons de la désaffection qui les frappe. J'ai pourtant montré que la Grande Loge Unie d'Angleterre, touchée elle aussi par la baisse des effectifs, s'était lancée dans une vaste enquête auprès de ses membres. Il n'est pas sûr que cela aboutisse à des mesures susceptibles d'inverser la courbe des adhésions. En effet, la Grande Loge Unie d'Angleterre s'est bien gardée de réfléchir sur le travail des loges, préférant insister plutôt sur les comportements personnels qui, au sein des ateliers, engendrent des problèmes relationnels et des démissions en cascade.

    franc-maçonnerie,australie,régularité,franceEn réalité - et les blogs maçonniques anglo-saxons en témoignent parfois - beaucoup de frères, notamment les plus jeunes, s'ennuient dans des loges. Celles-ci se réunissent, dans le meilleur des cas, six ou sept fois l'an pour pratiquer le rite et initier aux trois degrés symboliques. Les discussions sur la politique et la religion y sont totalement proscrites. Les réflexions philosophiques et sociales y sont rares au profit d'une sociabilité de club. 

    Revenons à la situation australienne. Il paraît évident qu'une réflexion de fond sur le travail des loges ne peut être conduite par ces deux profanes même très expérimentées en marketing. Cette réflexion incombent aux francs-maçons australiens. S'ils ne la mènent pas eux-mêmes, personne d'autre ne le fera à leur place. En effet, il suffit par exemple de constater que Mme Sydenham-Clarke n'est pas prête à susciter des débats qui pourraient indisposer les dignitaires australiens. Ainsi, quand elle est interrogée, le 3 novembre dernier, par le Herald Sun sur l'absence de mixité au sein de la maçonnerie australienne, elle préfère botter en touche ou répondre par des banalités :

    « [La mixité en loge] est une question qui fait dépenser beaucoup d'oxygène à beaucoup d'autres personnes (...) Les femmes jouent déjà un rôle très important dans la franc-maçonnerie et elles ont de nombreuses occasions de participer. Plus je fais l'expérience du monde maçonnique, plus je vois le rôle important que les femmes y jouent, non dans les rituels formels de la loge, mais ces derniers constituent une très petite partie des activités maçonniques. »

    Mme Sydenham-Clarke souligne que les femmes apportent à la maçonnerie leur capacité à créer du lien, même en dehors d'une présence effective en loge. Et de préciser aussi que les épouses de maçons ont une bonne opinion de la maçonnerie car les maris reviennent des loges meilleurs et plus heureux. Difficile de faire plus convenable et plus convenu ! En même temps, comment lui reprocher une telle prudence ? En effet, nous savons fort bien en France que la mixité pas une solution en soi pour combattre l'érosion des adhésions et attirer de nouveaux membres. Les obédiences mixtes françaises sont loin d'avoir des effectifs pléthoriques. Même le Grand Orient de France n'a pas profité numériquement de son ouverture aux femmes. Et puis Mme Sydenham-Clarke doit être surtout consciente qu'elle n'a aucune légitimité pour porter un tel débat au sein d'une obédience qui, de toute façon, n'y est pas réceptive pour des raisons de régularité.

    Mme Sydenham-Clarke et Mme MacDonald agissent, l'une et l'autre, sous le contrôle d'un conseil d'administration. Elles s'occupent du redressement des obédiences qui les emploient comme elles auraient pu tout aussi bien s'occuper du redressement d'une chaîne de restaurants ou d'une usine de fabrication de pneus. 

  • La franc-maçonnerie portugaise rend hommage à Mário Soares

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    GOL, Portugal, Mário Soares, franc-maçonnerie, hommage, Union européenneMário Alberto Nobre Lopes Soares est décédé le 7 janvier 2017 à l'âge de 92 ans à l'hôpital de la Croix-Rouge de Lisbonne où il avait été hospitalisé depuis la mi-décembre 2016. Le gouvernement a déclaré trois jours de deuil national.

    Mário Soares a assumé les plus hautes fonctions et sa vie se confond avec l'histoire de la démocratie portugaise. Il a combattu la dictature. Il fut le fondateur du parti socialiste, ministre des affaires étrangères après la révolution du 25 avril 1974 dite des oeillets, premier ministre de 1976 à 1978 et de 1983 à 1985.

    Le gouvernement de Mário Soares a demandé l'adhésion à la Communauté économique européenne en 1977. Cette adhésion est devenue effective en 1986. Mário Soares a ensuite remporté à deux reprises les élections présidentielles. Il a quitté la vie politique active en 1996.

    Mário Soares était franc-maçon. Il avait été initié au sein de la loge Les Compagnons Ardents de la Grande Loge de France, en 1972, lorsqu'il était réfugié politique dans notre pays. Il s'est mis en sommeil, plus tard, lorsque ses responsabilités politiques l'ont totalement accaparé.

    Les obédiences portugaises - le Grand Orient Lusitanien notamment - ont  rendu hommage au grand homme et souligné que la contribution du Dr Mario Soares à la construction d'un Portugal démocratique restera toujours une référence historique. Pour la franc-maçonnerie portugaise, Mário Soares a été un défenseur énergique de la liberté, de l'égalité, de la fraternité et de la démocratie sociale.