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  • Note aux auteurs et à leurs éditeurs

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    Il m'arrive d'être sollicité par des auteurs qui me demandent de parler de leurs oeuvres sur ce blog. C'est très gratifiant et je les remercie sincèrement de l'intérêt qu'ils portent à cet espace virtuel. Je le fais donc toujours volontiers mais à la condition toutefois de posséder un exemplaire du livre dont ils aimeraient que je parle. Je pense que cette condition n'est vraiment pas exorbitante mais parfaitement cohérente car comment parler d'un livre qu'on n'a pas entre les mains et qu'on n'a pas lu ? Personnellement, je ne sais pas le faire. Je me rends compte pourtant que certains auteurs trouvent a priori normal que je doive me contenter d'un fichier contenant la couverture, la quatrième de couverture et, parfois, un petit dossier de présentation.

    Si je suis leur logique, il faudrait donc que je mette en lumière les livres sans contrepartie. Quelque part, je les comprends. Peut-être imaginent-ils qu'il suffit de surligner la quatrième de couverture, de copier, de coller et de maquiller l'ensemble afin de donner l'impression d'une lecture effective ? Peut-être même sont-ils confortés dans cette idée parce que d'autres blogueurs fonctionnent ainsi ? Je n'en sais rien. En tout cas, moi, ce n'est pas comme ça que je vois les choses.

    Donc, amis auteurs, vous savez à quoi vous en tenir. Vos éditeurs ont généralement des services de presse qui réservent ordinairement des exemplaires de vos ouvrages à des « prescripteurs » (comités de lecture de revues, journalistes, critiques etc.). Si vous estimez que ce que j'écris sur ce blog est valable ou digne d'intérêt, si vous pensez que je peux être un critique utile (attention ! je n'ai pas dit complaisant) et participer (modestement cela va de soi) au succès de vos oeuvres, alors n'hésitez pas à prendre contact si vous le souhaitez.

  • Histoire de la franc-maçonnerie belge (1717-2017)

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    DSC_0338.JPGAvant d'en venir à l'ouvrage de Philippe Liénard, il me paraît indispensable d'expliquer le contexte général dans lequel il prend place pour que les lecteurs de ce blog, majoritairement non belges, en comprennent l'importance. Quoi de mieux que de donner un éclairage subjectif  à travers ma petite expérience ? Lorsque je résidais et maçonnais à Bruxelles, je me souviens qu'il n'y avait pas beaucoup d'ouvrages grand public sur la franc-maçonnerie belge. Il existait certes des livres sur la maçonnerie publiés par des auteurs belges mais il s'agissait soit de mélanges écrits en l'honneur d'un universitaire, soit de communications de colloque remises en  forme pour les besoins de leur édition (La revue La Pensée et les Hommes a ainsi publié plusieurs numéros sur la franc-maçonnerie, notamment dans ses rapports avec les religions ou avec les chrétiens). Je me souviens également des livres des universitaires Luc Néfontaine et Baudouin Decharneux sur le symbole ou l'initiation. Néfontaine avait d'ailleurs publié en 1994 chez Gallimard découvertes un joli petit ouvrage abondamment illustré sur la franc-maçonnerie mais principalement axé sur la franc-maçonnerie française sans doute à la demande de l'éditeur (préoccupations commerciales obligent). Bref, il n'y avait rien ou presque sur la franc-maçonnerie belge en dehors d'une production essentiellement universitaire très spécialisée. Il n'y avait pas de livres « grand public » sur le sujet à part peut-être celui d'Andries Van den Abeele - intitulé Les Enfants d'Hiram - publié à Bruxelles en 1992 que j'avais trouvé par hasard dans une librairie de l'avenue de l'Université à Ixelles.

    Je me rappelle à l'époque que le livre de Van den Abeele avait fait débat au sein de la franc-maçonnerie belge car son auteur était profane, flamand et de surcroît catholique pratiquant. Nombre de frères considéraient (à tort ou à raison) que Van den Abeele manquait de légitimité pour traiter un tel sujet. L'auteur avait peut-être donné aussi le sentiment de s'inviter à une table familiale à laquelle il n'était pas convié. Il faut dire que les francs-maçons belges restent majoritairement très attachés à la discrétion. Les loges et les obédiences d'outre-Quiévrain ne pratiquent guère l'extériorisation contrairement à leurs homologues françaises. Cela est si vrai que je me souviens des débats qui avaient présidé à la publication d'un ouvrage commémorant le cinquantenaire de l'allumage des feux de ma loge à Bruxelles. La grande hantise des frères était que cet ouvrage commémoratif puisse un jour se retrouver chez des bouquinistes ou sur des marchés aux puces et que l'identité de frères vivants contenue dans ce livre, soit révélée (mon nom par exemple y figure). D'où la recommandation que l'on peut lire à la page 300.

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    Je ne suis pas sûr, pour tout vous dire, que mes proches pensent à en transmettre l'exemplaire que je possède à un franc-maçon ou à l'éditeur responsable si je venais à mourir demain... Vous voyez donc à quel point les frères belges ne badinent pas avec la discrétion et ont même tendance à se méfier de ceux qui, parmi les francs-maçons, écrivent ou s'expriment devant les caméras en donnant le sentiment de parler au nom de tous les autres. J'espère que vous comprendrez mieux ainsi l'importance de la parution aux éditions Jourdan de l'ouvrage de Philippe Liénard intitulé Histoire de la franc-maçonnerie belge (1717-2017). Cette parution constitue un petit événement éditorial qu'il convient de saluer comme il se doit. En effet, je suis persuadé que ce livre de 440 pages deviendra une référence incontournable pour quiconque voudra se documenter sur la franc-maçonnerie belge et en avoir une approche globale et objective dans le respect des diverses sensibilités maçonniques. Je ne vais volontairement pas entrer dans le détail de l'ouvrage mais plutôt en souligner ce qui, à mon avis, en constitue l'état d'esprit.

    Ce qui m'a frappé tout d'abord dans le livre de Philippe Liénard, c'est l'humilité de son auteur. Liénard n'est pas là pour asséner au lecteur une leçon magistrale de franc-maçonnerie et d'histoire. S'il sait énormément de choses, il n'instaure pas de rapport condescendant avec le lecteur. Il se met vraiment à sa portée avec bienveillance en prenant le temps d'expliquer sa démarche, de définir le vocabulaire maçonnique qu'il emploie, de préciser l'état d'esprit qui l'anime et de s'effacer, quand il le juge opportun, devant le souvenir ou le témoignage de frères qu'il admire et respecte. Je trouve que Philippe Liénard est réellement parvenu, comme il le dit, à libérer son travail des contraintes académiques. Son livre est très attachant et très agréable à lire. Il allie à la fois la dimension de l'expérience vécue en loge à la connaissance dynamique des faits historiques. On est à la fois dans l'uchronie de la démarche initiatique et dans la chronologie des grands faits de l'histoire maçonnique belge. On n'y trouvera donc pas de longs développements sur les rites, les symboles ou sur la façon dont les loges fonctionnent. Ce n'est pas son sujet. L'auteur s'attache davantage à l'esprit maçonnique qu'aux particularismes des formes rituelles toujours fluctuantes. Au fond, l'auteur montre que la spiritualité maçonnique est dans le monde et au coeur même de la Cité, notamment en Belgique. Il s'évertue également à répondre simplement et sans fioritures à toute les questions que l'on peut se poser sur la franc-maçonnerie.

    Ce qui m'a frappé ensuite dans le livre de Philippe Liénard, c'est sa capacité à ne pas tomber dans le piège de la révélation sensationnelle ou de l'indiscrétion. Cela se perçoit notamment quand il analyse la franc-maçonnerie belge contemporaine. L'auteur présente sobrement les obédiences belges jusqu'à la plus récente (la confédération des Loges Lithos créée en 2006). Il analyse les raisons qui ont présidé à leur fondation sans chercher à donner une quelconque prééminence à la sienne - la Grande Loge de Belgique - ou sans chercher à insinuer que lui serait dans une « maçonnerie authentique » à la différence des autres francs-maçons. Vous ne trouverez donc pas dans le livre de Liénard d'indications sur le nombre précis de loges avec leurs titres distinctifs, leurs numéro d'ordre, leurs orients sauf un extrait de la liste de six cents frères ayant joué un rôle dans l'histoire de la Belgique (ce travail de recensement est d'ailleurs l'oeuvre de Paul Verlinden et il figure en annexe). Vous ne trouverez pas non plus le nom des responsables des différentes obédiences. Liénard a préféré se concentrer sur les principes et les valeurs qui guident chaque obédience en les inscrivant dans le mouvement de l'histoire qui les a vues naître et en montrant que chacune a permis de répondre à certains besoins organisationnels du travail maçonnique. L'auteur n'a pas omis non plus de rappeler que les obédiences belges ont toujours très fortement impliquées dans les relations maçonniques internationales même si elles sont également frappées d'ostracisme par la franc-maçonnerie dite « régulière » hormis, bien sûr, la Grande Loge Régulière de Belgique pourtant très isolée et très minoritaire dans le pays.

    En conclusion, je trouve que l'ouvrage de Philippe Liénard parle sérieusement de l'ordre maçonnique sans se prendre au sérieux. L'auteur est parvenu, à mon avis, à concilier l'indispensable rigueur qui doit présider à tout travail de recherche avec la bienveillance, la générosité et surtout l'ouverture d'esprit qui doivent en principe animer tout cherchant. Je souhaite donc à ce livre de rencontrer un large lectorat et le succès qu'il mérite.

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    Philippe Liénard, HISTOIRE DE LA FRANC-MACONNERIE BELGE (1717-2017) - Une existence « influente » depuis trois siècles ?
    Editions Jourdan 

    ISBN : 978-2-87466-462-5 - Prix TTC : 25,90 € - Date de parution : 15 juin 2017

  • Voter c'est choisir

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    vote, démocratie, république, débat

    La Maçonne a réagi à une note que j’avais publiée sur le vote en franc-maçonnerie. Je vous invite à lire son article. J'ai pourtant le sentiment qu’elle et moi nous ne parlons pas de la même chose.

    Je m’explique.

    Les mots ont un sens. Voter, c’est choisir entre plusieurs alternatives. Choisir de ne pas choisir n’est pas voter mais s’abstenir.

    Par conséquent, l’idée qui consiste à voir dans le vote blanc l’expression d’une « abstention civique » (on ne choisit pas mais on se déplace quand même pour accomplir son devoir de citoyen) est en réalité un détournement du sens du vote. Bref, on complique ce qui est simple. Certains disent même que le vote blanc est à mi-chemin entre l'abstention et la participation électorale. Foutaise !

    En effet, rester chez soi ou aller dans un bureau de vote pour mettre un bulletin blanc, revient fondamentalement à la même chose. Dans les deux cas on n’exprime rien. On ne choisit pas. Ce qui permet aux commentateurs en tous genres de se perdre en conjectures sur le sens à donner à l'abstention.

    Prenons le cas du dernier scrutin où l’abstention a été très forte.

    Les adversaires de la nouvelle majorité présidentielle exploitent évidemment l’abstention pour discuter la légitimité de la nouvelle majorité à l’Assemblée Nationale. Ils voient dans l'abstention une marque de défiance.

    Les partisans de la nouvelle majorité estiment au contraire que l'abstention ne remet pas en cause la légitimité de la majorité nouvelle car les formations politiques opposées au président de la République ou méfiantes à son égard, ont connu un revers électoral majeur. Ils voient donc dans l'abstention une marque de confiance.

    Bref, on le voit, l'abstention peut donner lieu à des interprétations et à des extrapolations radicalement différentes. C’est pour cela qu'elle n’a aucune espèce de valeur d’un point de vue électoral.

    En outre, il est évident qu’on peut s’abstenir pour tout un ensemble de raisons qui n’ont rien à voir avec l’envie de faire passer un message politique (impossibilité matérielle, raisons de santé, manque d’envie, désintérêt total, etc.).

    Autrement dit, on peut faire dire à l’abstention – qui peut éventuellement s’exprimer par le vote blanc – ce que l’on veut et plus particulièrement ce qui arrange. Elle est donc sujette à toutes les manipulations. C’est tellement vrai qu’il existe même un « parti du vote blanc ».  

    Comptabiliser les votes blancs comme suffrages exprimés n’a donc aucun sens puisque ces votes n’expriment rien. Tout juste accepte-t-on aujourd'hui de les décompter séparément des votes nuls (bulletins sans enveloppe, non réglementaires, annotés ou déchirés) et de les annexer en tant que tels aux procès verbaux dressés par les responsables des bureaux de vote (loi du 21 février 2014). Mais cette mesure récente est parfaitement artificielle et inutile car la démocratie est fondée sur le choix des électeurs et non sur leur indécision. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les abstentionnistes ont toujours tort parce qu'ils se mettent volontairement ou involontairement en dehors du temps démocratique du vote. Y compris celles et ceux qui font l'effort d'aller voter mais pour mettre un bulletin blanc illusoire dans l'urne.

    Le citoyen n'est pas obligé d'avoir un avis sur tout bien sûr mais il est néanmoins censé s'informer. C'est exactement la même chose quand on dit : « Nul n'est censé ignorer la loi ». Ça ne signifie pas que tout le monde doit connaître la cinquantaine de codes en vigueur. Ça signifie que tout le monde doit avoir à l'esprit que la vie en société et la coexistence harmonieuse entre les individus impliquent le respect de la loi impersonnelle et générale.

    Les campagnes électorales, les réunions publiques, les débats médiatiques, les discussions entre amis, les professions de foi, les tracts, etc., sont là pour éclairer les choix du citoyen ou l'aider à les mûrir. Nous avons d'ailleurs la chance de vivre dans une démocratie pluraliste qui permet cette participation citoyenne. Si la démocratie repose sur la souveraineté du peuple, elle doit alors pouvoir attendre en retour du peuple souverain qu'il concoure à l'élaboration de nouvelles perspectives pour le pays.

    Et pour les loges, c'est un peu pareil. Le franc-maçon ne doit pas se contenter de poser son cul une à deux fois par mois sur les colonnes pour faire joli. Sa présence active est certes importante mais le minimum minimorum est qu'il sache aussi ce qu'il veut pour son atelier dans l'avenir.

  • Une transition difficile

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    1261580478.jpgRetenu par un deuil familial, je n'ai pu présider la tenue au cours de laquelle la loge a dû élire son nouveau collège des officiers. Le premier surveillant ayant été également empêché pour d'autres raisons, le premier maillet a donc été assuré par le second surveillant conformément aux dispositions du règlement général. C'est d'ailleurs ce dernier qui a été élu à la charge de vénérable maître puisque je ne souhaitais pas effectuer une année supplémentaire à l'orient

    Depuis cette tenue, le téléphone a sonné. J'ai reçu des SMS et des mails inquiets. La tenue s'est semble-t-il mal passée. Le vénérable faisant fonction et nouvellement élu aurait fait preuve d'un excès d'autorité. Il aurait eu des propos excessifs, voire vexatoires, allant même jusqu'à discuter le sérieux et la légitimité d'augmentations de salaire accordées et concrétisées par les cérémonies d'usage. Un frère compagnon a été sommé de réciter l'article premier de la Constitution à la surprise générale.

    Un frère m'a écrit :

    « Nos travaux se sont donc déroulés sous la houlette de notre Frère *****, conformément à tes souhaits.
     
    L'absence d'autres Frères officiers ont rendu cette séance quelque peu chaotique, sans doute du fait d'une certaine impréparation, mais cela n'est pas très grave.
     
    Ce qui m'inquiète, et je ne suis pas le seul, c'est la manière dont ***** a mené nos travaux.
     
    D'une part, il s'est comporté de manière très autoritaire, employant des méthodes vexatoires et une agressivité qui me semblent assez déplacés et en tout cas bien loin de ce à quoi tu nous avais habitués.
     
    Mais surtout, il s'est comporté comme si tu avais disparu des écrans radars, faisant fi du fait que sauf erreur de ma part, tu reste le VM de la loge jusqu'à l'installation du nouveau. Il est allé notamment systématiquement à l'opposé de ce que tu nous avais indiqué comme étant tes préconisations en regard de nos tenues d'été.
     
    Nous sommes quelques uns à être repartis avec un goût amer et un sentiment très désagréable, tu en as peut-être eu l'écho.
     
    Je fais partie de ceux qui prennent le parti de laisser toutes leurs chances aux nouveaux venus dans quelque fonction que ce soit, il faut bien avouer que ce premier galop d'essai n'avait rien de rassurant. »

    Un autre frère a ainsi résumé les choses dans un SMS envoyé dès la fin de la tenue :

    « Salut à toi VM. Tu as fait au moins un heureux à ces élections. TB »

    Il ne faut pas minimiser ces inquiétudes mais il ne faut pas non plus réagir de façon excessive. Cette situation me rappelle le Principe de PeterLaurence Peter et Raymond Hull ont proposé dans les années soixante-dix une loi empirique fondée sur les deux principes de base suivants :

    Une personne compétente est promue à un niveau hiérarchique supérieur.

    Une personne incompétente donnée n’est pas promue à un niveau supérieur, ni rétrogradé à son ancien poste.

    Ils en déduisent :

    Dans une hiérarchie, toute personne a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence.

    Avec le temps, tout poste sera occupé par une personne incapable d’en assumer la responsabilité. 

    Le niveau d'incompétence aurait-il été déjà atteint ? Il évidemment beaucoup trop tôt pour le dire. Je suis conscient qu'une loge peut mourir pour moins que ça. Je ne ferai donc contrepoids que si les circonstances l'exigent. Il est toutefois certain que je ne pourrai rien faire seul. Il n'est pas question non plus de lutter contre le courant dominant si ce courant se satisfait d'une telle situation 

    Chacun a droit à l'erreur. Je veux donc croire que ce triste galop d'essai ne connaîtra pas de répliques bien que ma nature profonde m'incite à penser que le pire est toujours devant soi.

    L'essentiel est ailleurs. 

    La beauté initiatique se situe bien au-delà des contingences organisationnelles. Il est donc important que les frères les plus jeunes ne soient pas perturbés par des comportements regrettables. Quoi qu'il en soit, si jamais les mois à venir devaient occulter la faible lumière qui nous éclaire, qu'ils sachent que des solutions pourront être trouvées collectivement ou individuellement.