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  • Un franc-maçon ne s'abstient pas

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    urne.jpgLa vie maçonnique est rythmée par les scrutins : élection du vénérable maître et du collège des officiers, initiation et augmentation de salaire, approbation des tracés des tenues, etc. Qu'ils soient secrets (boules blanches ou noires) ou non (à mains levées), à la majorité simple ou à la majorité qualifiée, les votes auxquels le franc-maçon est amené à participer dans le cadre de la vie maçonnique, le placent devant la nécessité de faire des choix. Soit il vote pour les conclusions du frère orateur, soit il s'y oppose mais en aucun cas il ne peut s'abstenir par confort, prudence, stratégie ou désintérêt.

    En effet, l'abstention n'existe pas en franc-maçonnerie car le franc-maçon, conscient de ses responsabilités, doit toujours être prêt à faire des choix et à les assumer.

    Il ne faut pas en déduire qu'il n'y a pas de place pour l'intime conviction en franc-maçonnerie ou que le franc-maçon est contraint à se justifier systématiquement quand il est appelé à voter. Cependant, il a l'obligation de participer aux différents scrutins pourvu, bien entendu, qu'il satisfasse à certaines conditions réglementaires. Ces conditions peuvent varier plus ou moins selon les obédiences (grades, ancienneté, assiduité satisfaisante, absence de retard dans le paiement des capitations, etc.). Sa participation active permet à la loge ou à l'obédience de vivre tout simplement.

    Si je m'en réfère au Grand Orient de France, mon obédience, le vote est au coeur même de son identité. En effet, celui-ci a été fondé en 1773 sur l'idée que les frères devaient avoir le droit d'élire librement leurs officiers et plus particulièrement les vénérables qui président les loges. 

    Le franc-maçon est également un citoyen. Sa vie ne se cantonne pas à la loge. Il s'agit d'une évidence que je me dois de rappeler en cette période électorale car je constate malheureusement que des frères sont tentés de s'abstenir le 7 mai prochain alors que l'enjeu politique est pourtant majeur : il s'agit de défendre une France tolérante et fraternelle, ouverte sur le monde et soucieuse de garantir à chacun les libertés publiques et les droits fondamentaux de la personne humaine.

    Je souhaite que tous les francs-maçons se remémorent les devoirs auxquels ils ont librement consenti le jour de leur initiation. Parmi ces devoirs figure la promesse de travailler avec zèle, constance et dévouement à l'oeuvre de la franc-maçonnerie. Cette oeuvre consiste pour les francs-maçons, d'une part, à répandre les vérités qu'ils ont acquises par le travail en loge ; d'autre part, à faire aimer notre Ordre par l'exemple de leurs qualités ; et enfin à préparer, par une action incessante et féconde, l'avènement d'une humanité meilleure et plus éclairée. Ce travail, toujours en perpétuel recommencement, est celui des individus conscients, courageux et capables de faire des choix clairs et dépourvus d'ambiguïtés.

    A toute heure, rappelons-nous la grandeur des devoirs que nous nous imposés. A toute heure soyons prêts à les remplir. Notamment lorsque des choix importants, qui engagent le pays tout entier, doivent être faits.

    Un franc-maçon ne s'abstient pas.

  • Une image de Prince Hall ?

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    hall.jpgCurieuse image publiée dans le dernier numéro de La Chaîne d'Union (n°80, p.41). Le légende indique qu'il s'agit de Prince Hall et de son épouse. 

    Peut-être mais lequel ?

    Une chose est certaine en tous cas. Il est impossible que ce soit le fondateur de la première loge afro-américaine des Etats-Unis. 

    En effet, Prince Hall est passé à l'orient éternel en 1807, donc bien avant l'apparition du daguerréotype qui faisait tant frémir Honoré de Balzac.

    Il pourrait éventuellement s'agir de Primus Hall dit encore Primus Trask, le fils de Prince Hall décédé en 1842 à l'âge de 86 ans mais le fait semble également douteux. Primus a été veuf trois fois. Sa troisième et dernière épouse est décédée en 1820, là aussi bien avant l'invention des premiers procédés photographiques.

    Il pourrait donc s'agir d'un des sept enfants de Primus Hall. L'un d'entre eux a pu recevoir le prénom de ses père et grand-père. Simple hypothèse que je n'ai pas vérifiée. Les Hall étaient mulâtres et il semble que l'homme au tablier représenté  ici ne soit pas vraiment très noir de peau.

    J'ai effectué plusieurs recherches et ne suis pas parvenu à retrouver cette image.

     

  • Le « père du blues » et le vieux franc-maçon

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    handy.jpgWilliam Christopher Handy (1873-1958) est l'un des musiciens les plus influents de l'histoire de la musique américaine du vingtième siècle. Il est passé à la postérité pour avoir popularisé le blues. Il est parvenu à lui donner une dimension universelle alors que ce style musical était originellement cantonné aux afro-américains victimes de la ségrégation raciale. Handy a été surnommé affectueusement « le père du blues ».

    Handy était également franc-maçon et trente-troisième du rite écossais ancien et accepté. On peut voir son diplôme de maître au WC Handy Home and Museum de la ville de Florence, en Alabama. Pourtant, dans son autobiographie publiée en 1941 (Father of the Blues. An Autobiography, 1941, rééd. Da Capo Paperback, 1969), Handy n'évoque pas son appartenance maçonnique. Il n'analyse pas les motivations qui l'ont amené à frapper à la porte du temple. Et pourtant, il relate un incident qui a eu lieu dans une petite ville du Mississipi où il s'était produit avec ses musiciens. Handy n'en précise pas la date. L'incident semble s'être produit bien avant qu'il ne s'installe à New York en 1918. Donc bien avant qu'il ne soit initié au sein de la loge Hiram n°4 de la Grande Loge Prince Hall de New York à laquelle il est demeuré fidèle sa vie durant.

    « Mon groupe jouait dans un dancing de Batesville, Mississippi, quand un type désoeuvré s'en est pris à un de mes gars et l'a frappé. J'ai immédiatement protesté auprès du patron du dancing mais avant que celui-ci ne puisse intervenir, le type m'a frappé à l'oeil. Il y a eu une période de désordre. Lorsque ça s'est calmé, nous avons repris notre concert, mais le type m'attendait dehors. Quand le concert s'est achevé, le type s'est ramené avec un fouet bien décidé à s'en servir contre moi.

    Quelqu'un m'a crié : « barre-toi mec ! »

    Si je l'avais fait, j'aurais pu être abattu. Au lieu de ça, j'avais décidé de mourir au combat. Pendant ce temps, une foule de gens s'est massée autour de nous, parmi elle un homme honnête de Sardes nommé Maddox. Je me souviens de M. Maddox. Parce qu'il avait les cheveux très roux et parce qu'il a été pour moi un sauveur venu du ciel. Il s'est interposé et calmé les garçons du coin, en les dispersant, en leur rappelant que j'avais joué pour eux. Puis il se tourna vers le type au fouet.

    « Frappe-moi si tu l'oses », lui a-t-il dit. « J'ai fait plus de choses pour toi que Handy ». Puis il l'a fait tomber et l'a corrigé.

    Quelqu'un m'a dit de courir à nouveau. Je ne me sentais pas de me barrer ainsi. Au lieu de ça, je me suis levé et j'ai regardé la bagarre (...) Puis, j'ai demandé protection au marschall de la ville. Il s'est bien foutu de moi et il est allé au contraire aider l'homme qui m'avait frappé. Sans endroit où aller, je me suis alors enfui et la chasse au nègre a commencé.

    3923310294.jpgToute la nuit je me suis caché dans les champs. Puis le matin, engourdi par le froid, je suis allé vers une maison, frapper au carreau d'une cuisine où se trouvait un homme blanc âgé et je lui ai alors expliqué la situation dans laquelle je me trouvais. Il était franc-maçon. Après m'avoir offert un copieux petit-déjeuner, il s'est armé d'un fusil à double canon et m'a conduit au train dans son buggy [carriole à deux places tirée par un cheval].

    Pendant que nous étions en route, il me promet avec fierté:  « t'inquiète pas, si ce type montre sa gueule, je te promets que je vais la lui trouer à coup de chevrotines. » 

    Quand je suis finalement monté à bord du train, j'ai été soulagé de revoir tous les gars de mon groupe. Ils avaient rejoint la gare par le sud. Ils étaient tous armés. Sachant ce qui s'était passé, le chef de train les avait armés de pistolets qu'il avait acquis des passagers et du personnel du train (...) »

    J'aime assez l'idée que William C. Handy ait associé la franc-maçonnerie à ce fait divers qui aurait pourtant pu très mal se terminer pour lui. Il aurait certainement pu évoquer quantité d'autres souvenirs. Or, quand il a pris la plume à l'âge de 67 ou 68 ans pour revenir sur les grandes étapes de sa vie, l'image de ce vieux blanc, assis tranquillement dans sa cuisine, s'est imposée. L'inconnu était franc-maçon. Comment Handy l'a-t-il su alors qu'il était sans doute profane à l'époque ? Nul ne le sait. Il ne donne aucun détail. Ce qui est sûr, c'est que de nombreux musiciens afro-américains étaient francs-maçons et ne s'en cachaient pas. Handy en avait probablement croisé. Une bague ou un symbole dans la maison ou un autre détail a donc peut-être suffi à dévoiler le vieux blanc qui a sauvé Handy du lynchage.

    D'une certaine manière, ce fait divers rappelle ces histoires d'hommes en péril qui trouvent chez des inconnus - souvent perçus comme des ennemis - une main secourable et fraternelle inattendue

  • Deuxième conférence mondiale à la BNF. La recherche dans le rituel, le secret et la société civile

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    1bnf12.jpgLa deuxième conférence mondiale sur le « fraternalisme », la franc-maçonnerie et l'histoire aura lieu les 26 et 27 mai 2017 à la Bibliothèque de France (BNF) à Paris. Elle est organisée sous l'égide de la Policy Studies Organization, de l'American Public University System (deux associations universitaires américaines) et de la BNF. Le fil conducteur de ce cycle de conférences est : « la recherche dans le rituel, le secret et la société civile ».

    Le thème général proposé est fourre-tout. Le programme provisoire le confirme. Soixante et une conférences ou tables rondes (!) sont prévues au cours de ces deux journées sans aucun lien logique les unes avec les autres. 

    On y parlera de Haydn, Mozart, Mesmer et Franklin ; de la franc-maçonnerie dans les les arts visuels ; de la pratique maçonnique dans le monde islamique ; de James Anderson et du mythe de 1717 ; des femmes et de la franc-maçonnerie en Europe et aux Etats-Unis (avec, curieusement, que des intervenantes françaises). On y parlera des musées maçonniques, de l'examen d'un certificat maçonnique suisse de 1778 ou encore de l'évocation des figures de Benito Juarez et de Porfirio Diaz dans la maçonnerie mexicaine contemporaine, etc. Bref, un véritable inventaire à la Prévert qui se veut un état des lieux de la maçonnologie ou de l'historiographie maçonnique actuelle.

    Puisqu'il s'agit d'un état des lieux de la recherche maçonnologique, je suis quand même assez surpris de noter l'absence d'universitaires belges parmi les intervenants. La maçonnologie chez nos voisins est pourtant une discipline universitaire très ancienne, notamment dans la partie francophone du pays. Elle fait par exemple partie du corpus des recherches et des enseignements de l'Université libre de Bruxelles depuis 1883.