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Obédience

  • Photo de famille

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    Le frère Frédéric C. m'a transmis un souvenir de famille. Une nuée de canaris immortalisée dans le Grand Temple Groussier rue Cadet à Paris. Il devait s'agir de la première séance plénière du Conseil de l'Ordre en 1979. On voit que les costumes sont d'époque. On y reconnaît notamment à l'avant plan Roger Leray, Grand Maître, Jacques Mitterrand - qui n'avait aucun lien de parenté avec François Mitterrand - et l'historien Paul Gourdot.

    Roger Leray venait de succéder à Michel Baroin (le père de François Baroin ) à la grande maîtrise. L'élection du jeune Michel Baroin avait été mal vécue. Cet ancien commissaire à la D.S.T. puis sous-préfet, et enfin président de la GMF, avait succédé en 1977 à Serge Behar à la tête du Grand Orient. Il avait annoncé la couleur dès son entrée en fonction, déclarant qu'il n'était pas un homme politique et que le Grand Orient ne devait subir l'influence d'aucun parti, d'aucun groupement, d'aucun homme politique. Ambiance...

    Pourtant Baroin ne dissimulait pas ses amitiés : il était proche d'Edgar Faure, dont il fut le collaborateur. Il était également lié à Eugène Chambon, de la Grande Loge de France, qui s'appliquait, par la fraternelle du Carrefour de l'Amitié, à mettre en relation des maçons radicalisants et gaullistes... Baroin était également un ami personnel de Jacques Chirac. Il devait certainement savoir que ses fréquentations agaçaient certains dignitaires de la rue Cadet. Il n'est d'ailleurs pas incongru de penser que cela l'amusait de bousculer ainsi les habitudes des anciens. Michel Baroin, sémillant quadragénaire, avait bénéficié de la division persistante des socialistes au sein du Grand Orient. Ce qui lui avait permis de s'imposer à la surprise générale. Il s'était allié au docteur Edmond Corcos, socialiste proche de Michel Rocard, lui-même poussé par Fred Zeller l'ancien trotskiste. C'était, paraît-il, un curieux équipage.

    Bien que la photographie ne le montre pas, l'atmosphère était alors à la reprise en main du Grand Orient par l'aile gauche du Conseil de l'Ordre composée de socialistes de la tendance mitterrandiste. Il faut se rappeler du contexte. En 1979-1980, on s'acheminait péniblement vers la fin du septennat de M. Valéry Giscard d'Estaing sur fond de diamants centrafricains, d'avions renifleurs et de ministre suicidé de deux balles dans la tête. La monarchie giscardienne n'était pas encore contrariée. Le chef de l'Etat courtisait d'ailleurs ostensiblement la franc-maçonnerie. Tantôt Giscard jetait son dévolu sur la Grande Loge de France : il avait ainsi fait savoir qu'il était prêt à se faire initier mais à des conditions finalement jugées inacceptables. Tantôt Giscard donnait des signes au Grand Orient en acceptant par exemple de recevoir Roger Leray à l'Elysée.

    Cette période était aussi celle de l'union de la gauche, des grandes espérances, de l'attente des lendemains qui chantent et des mesures censées changer la vie. Au Grand Orient, certains avaient fait ce choix en faveur de la gauche tandis que d'autres au contraire, plus à droite ou plus modérés, gaullistes ou radicaux, pas forcément minoritaires en tout cas, redoutaient de voir l'arrivée des communistes au pouvoir.

    Au Grand Orient, Roger Leray, accompagné de Jacques Mitterrand, oeuvrait activement en faveur d'une accentuation de la politisation de l'obédience. Il voulait tirer un trait sur la parenthèse Baroin et souhaitait une relance de l'extériorisation amorcée par les Grands Maîtres Anxionnaz, Mitterrand et Zeller à la croisée des années 60 et 70. L'année 1980 fut donc celle des colloques organisés par le Conseil de l'Ordre à Cannes, Bourges ou Paris sur les problèmes de l'énergie, la laïcité, le travail et le chômage. 

    Parmi les canaris, il y avait Pierre C. que j'ai eu la joie de connaître dans les années 90 lorsque j'étais un tout jeune franc-maçon. J'aimais discuter avec lui parce qu'il n'hésitait pas à bousculer les brontosaures locaux. Il ne se la jouait pas vieux sage qui murmure de façon sibylline les yeux fermés : « médite... et tu comprendras ». Il avait ce côté gentiment provocateur et irrévérencieux qui le rendait immédiatement sympathique. Son passage au Conseil de l'Ordre l'avait en quelque sorte prémuni des attaques de quelques aigris du cru. Je me rappelle d'un frère qui m'avait glissé à l'oreille sur le ton de la plaisanterie : « fais gaffe, il est au RPR. » Pierre était aussi un ami de Michel Baroin disparu accidentellement en 1987. Je me souviens qu'il m'avait parlé un peu de son expérience au Conseil de l'Ordre mais sans trop entrer dans les détails, de peur peut-être de briser les illusions du jeune maçon que j'étais. Il est le seul sur la photo qui ne fixe pas du tout l'objectif. Son regard semble attiré par quelque chose d'autre. Son fils Frédéric a l'impression qu'il se marre. C'est fort possible.

    En 1979-1980, j'avais sept ans, l'âge de raison. Je venais d'entrer au CE1. Je regardais à la TV l'Ile aux Enfants et les Visiteurs du Mercredi. En ce temps, il suffisait de me donner un bâton pour qu'il devienne dans mes mains une épée, une canne, une baguette magique. J'étais loin, très loin, de ces messieurs graves que l'on voit sur la photo. La disparition brutale de mon grand-père maternel cette année-là m'avait juste fait prendre conscience que l'homme était mortel et qu'il n'y avait aucun échappatoire à ce scandale.

  • Visite du Président de la République au Grand Orient de France

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    A l'occasion de la célébration du tricentenaire de la naissance de la franc-maçonnerie spéculative, le Grand Orient de France a eu l'honneur d'accueillir en son siège de la rue Cadet un Président de la République en fonction pour la première fois de son histoire. M. François Hollande est venu échanger quelques minutes avec le Grand Maître Christophe Habas, visiter le musée de la franc-maçonnerie et prononcer un discours.

    Par cette visite au Grand Orient de France, M. le Président de la République a rendu un hommage appuyé à la franc-maçonnerie. Il a souligné son implication dans la renaissance et la consolidation de la République dans notre pays. Il a signalé son engagement en faveur de la laïcité. La fierté ressentie par les représentants de l'obédience en cette solennelle occasion est tout à fait compréhensible. Il est réconfortant de voir le rôle central joué par le Grand Orient de France dans le paysage maçonnique français. La reconnaissance que M. le Président de la République lui a témoigné au nom de la Nation, est un message très fort alors que notre obédience est injustement ostracisée par la Grande Loge Unie d'Angleterre et la communauté maçonnique universelle depuis 1877.

    Néanmoins, ce serait une erreur d'oublier que le franc-maçon est d'abord un citoyen paisible et respectueux du magistrat civil (art. 2 des Constitutions d'Anderson de 1723) avant d'être respectueux de la forme républicaine des institutions de l'Etat. Il n'est pas inutile en effet de rappeler que le Grand Orient a toujours su s'accommoder des changements de régime politique en étant royaliste sous les rois et impérial sous les empereurs. Bref, il est fondamental de rappeler que la franc-maçonnerie, ordre initiatique, ésotérique et traditionnel, transcende les régimes politiques. Si l'essentiel aujourd'hui est que les pouvoirs publics garantissent les droits de l'homme et les libertés publiques, il n'en a pas toujours été ainsi dans le passé. Au cours de son histoire, la franc-maçonnerie a été contrainte de composer avec des régimes autoritaires pour pouvoir survivre.

    (Je profite de cette note pour vous souhaiter une bonne année 6017 !)

    JF.jpgLe cadeau du Grand Orient de France à M. le Président de la République. La « Marianne » conçue en 1881 par le sculpteur franc-maçon Paul Lecreux (1826-1894) dit « Jacques France » est devenue l’emblème de la République. Il s'agit originairement d'une commande pour la Loge La Bonne Foi à Saint-Germain-en-Laye. L’œuvre a connu un succès rapide au point d'avoir été adoptée officiellement par le Grand Orient de France le 9 janvier  1882. Jacques France a également proposé en 1885 sa célèbre Marianne en médaillon de 18 cm de diamètre, en bronze patiné. C'est ce médaillon qui a été offert à M. François Hollande, Président de la République.

     

  • Italie : franc-maçonnerie et transparence

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    OI, ITALIE, FRANC-MAÇONNERIE, STEFANO BISI, MATTEO RENZI, CRISE, ROSY BINDI, LICIO GELLIDepuis l'affaire de la loge Propaganda Due, plus connue sous le nom de P2, les anti-maçons italiens sont obsédés par l'influence néfaste qu'ils prêtent à la franc-maçonnerie sur la vie politique, sociale et économique de leur pays. Ils vivent dans l'idée que l'une des causes de cette influence néfaste réside dans le secret d'appartenance. Cette idée a pu être confortée par une perquisition du domicile de Licio Gelli, le 17 mars 1981, au cours de laquelle la police a mis la main sur la liste de 962 membres de la P2. Cette liste comprenait un nombre important de parlementaires, de ministres et anciens ministres, de hauts fonctionnaires, de membres des services secrets, d'entrepreneurs ou encore des journalistes. Depuis, les adversaires de la franc-maçonnerie sont persuadés qu'il suffirait de publier les listes de maçons pour en finir avec ce qu'ils appellent la « massomafia ». Ils oublient pourtant que la P2 a été suspendue par le Grand Orient d'Italie en 1976 et que cette suspension n'a nullement empêché Licio Gelli, son Vénérable Maître, de poursuivre des activités illégales.

    Une trentaine d'années après l'affaire de la P2, la franc-maçonnerie italienne est à nouveau sommée de rendre des comptes. Il lui est reproché d'être infiltrée par la Ndrangheta, la mafia calabraise, sans que cette infiltration ait été pourtant attestée par des éléments probants. Il suffit qu'un Mammasantissima (responsable mafieux en Calabre) croise le chemin d'un franc-maçon pour que les suspicions les plus folles apparaissent et laissent présager une collaboration entre les réseaux mafieux et les réseaux maçonniques. Une commission parlementaire anti-mafia, présidée par Mme Rosy Bindi - une politicienne venue des rangs de l'ancienne Démocratie chrétienne - a entendu les principaux responsables des obédiences maçonniques de la Péninsule. Elle leur a demandé de produire la liste de leurs adhérents. Sans succès. Il convient en effet de souligner que Stefano Bisi, Grand Maître du Grand Orient d'Italie (23000 frères répartis dans 850 loges), a refusé au nom de la liberté d'association et du respect de la vie privée. Il ainsi déclaré :

    « Malheureusement, nous déplorons toujours la persistance d'un préjugé antimaçonnique au sein de la société italienne : donner les noms des membres du Grand Orient d'Italie serait les mettre dans un grand embarras et ce serait prendre le risque de les exposer à une chasse aux sorcières (...) Le secret d'appartenance est garanti par la loi sur la vie privée. Même les partis politiques, les associations et les syndicats ne sont pas tenus de révéler l'identité de leurs membres. Chaque fois qu'il y a eu un scandale, personne n'est allé leur demander de divulguer les noms de leurs membres. Pourquoi ce qui vaudrait pour les autres, serait pas d'application pour nous ? (...) Je considère cette demande comme une forme de persécution. »

    3427145976.jpgEt d'ajouter :

    « Nos principes et les qualités requises pour devenir franc-maçon sont bien expliqués sur notre site internet. Nos règles sont connues et d'une totale transparence. Ceux qui viennent au Grand Orient d'Italie pour des motifs intéressés n'auront pas l'aide des frères (...) Nous, francs-maçons, sommes les premiers à avoir un intérêt à bloquer l'infiltration de la mafia. Parmi les conditions requises pour être admis dans la franc-maçonnerie, il y a l'obligation d'avoir un casier judiciaire vierge. Je ne suis ni juge ni officier de police. Je ne peux pas déterminer si certaines personne appartiennent à la mafia si l'autorité judiciaire ne me le dit pas (...) Chaque fois qu'il y a un soupçon d'infiltration d'un criminel et que nous en sommes avertis, nous prenons alors des mesures disciplinaires (...) »

    Antonio Binni, Grand Maître de la Grande Loge d'Italie (8000 membres dont 40% de femmes répartis en 510 loges), est sur la même ligne :

    «Je ne peux pas accéder à cette demande, il y a une loi sur la protection des renseignements personnels »

    Le Grand Maître de la Grande Loge d'Italie a souligné la nature exorbitante de cette demande. Comment des parlementaires peuvent-ils insister à ce point pour que les obédiences maçonniques violent une loi votée par le Parlement en 2003 ?

    En revanche, Fabio Venzi, Grand Maître de la Grande Loge Régulière d'Italie (3500 frères répartis en 310 loges), s'est dit prêt à collaborer avec la commission parlementaire.

    « Je suis prêt à publier la liste sur notre site. Cela enlèverait toute réserve à ceux qui voient toujours la corruption dans le monde de la franc-maçonnerie »

    Cependant, il n'est pas du tout sûr que les frères de cette obédience apprécient la déclaration pour le moins surprenante de leur Grand Maître. Venzi a-t-il parlé trop vite sans réfléchir aux implications concrètes de ses propos ? C'est fort possible. En attendant, il aurait dû se souvenir de la mésaventure qui est arrivée à l'un de ses prédécesseurs, le frère Giuliano Di Bernardo en 1993. Ce dernier, à l'époque Grand Maître du Grand Orient d'Italie, avait sérieusement songé à remettre aux autorités judiciaires le fichier des adhérents de son obédience. Di Bernardo avait été poussé, dit-on, par la Grande Loge Unie d'Angleterre. Cependant, Di Bernardo a été désavoué et amené à démissionner du Grand Orient d'Italie. Il est ensuite parti avec quelque trois cents frères fonder la Grande Loge Régulière d'Italie dont, soit dit en passant, il n'est plus membre depuis 2002 (il est devenu Grand Maître d'un ordre ésotérique appelé « Dignity Order » qui semble n'avoir aucun caractère maçonnique). Venzi devrait donc méditer les leçons du passé.

    bisi bindi.jpg

    Quoi qu'il en soit, la commission parlementaire anti-mafia a souhaité obtenir rapidement les listes des membres des différentes obédiences. Cependant, il est hautement improbable qu'elle obtienne satisfaction car sa demande pose des problèmes juridiques considérables qui vont bien au-delà des postures de Mme Bindi à qui l'on prête des ambitions politiques nationales. La présidente de la commission parlementaire a beau se répandre dans la presse au sujet de prétendus risques de collusions maçonnico-mafieuses, force est de constater qu'il n'y a pas, aujourd'hui en Italie, de francs-maçons inculpés et déférés à ce titre devant les tribunaux. Et même s'il n'y en avait eu qu'un seul, ça n'aurait pas établi pour autant l'adhésion et le soutien actif d'obédiences maçonniques dans des activités illégales et pénalement répressibles. Il suffit par exemple de songer à la récente affaire Occhionero pour laquelle des francs-maçons italiens, et non des moindres, ont été victimes de cyber-espionnage.

    Bref, comme souvent, il faut ramener les choses à de plus justes proportions. Au sein de l'ordre maçonnique, il peut toujours y avoir des brebis galeuses comme il peut y avoir, au sein de l'Eglise catholique romaine, dont Mme Bindi est proche, des prêtres pédophiles, des escrocs ou d'autres criminels de droit commun. Ça ne signifie pas que tous les francs-maçons et tous les ecclésiastiques sont à ranger dans le même sac. Dans un cas comme dans l'autre, l'honnêteté intellectuelle commande d'éviter les généralisations abusives qui sèment le trouble dans les esprits et menacent les libertés publiques parmi lesquelles la liberté d'association. 

    La franc-maçonnerie italienne aujourd'hui. Comme en France, l'Italie n'a jamais connu de tradition maçonnique unifiée même si la création de l'Italie moderne en 1870 a incité les rites à travailler sous l'égide du Grand Orient, l'obédience historique fondée en 1805. Il y a bien eu unité à un moment donné mais celle-ci a été de courte durée. En 1908, il y a eu en effet une scission entre deux tendances : la tendance de la maçonnerie dite du « Palazzo Giustiniani » (nom de l'ancien siège du Grand Orient) et la tendance de la maçonnerie dite du « 47 Piazza del Gesù » (nom de l'ancien siège de la Grande Loge). La première tendance est attachée à une maçonnerie engagée dans la réflexion sociale. Elle demeure fortement impliquée dans le combat en faveur de la sécularisation de la société italienne. La deuxième tendance est attachée à une maçonnerie essentiellement spiritualiste et en retrait des débats profanes. Les activités maçonniques ont été interdites sous l'Italie fasciste de 1925 à 1945. Les obédiences italiennes historiques ont repris leurs activités après la fin de la seconde guerre mondiales. De nouvelles obédiences sont apparues. Le morcellement s'est accru. Chaque fédération de loges, en fonction de sa sensibilité, s'est réclamée soit de la maçonnerie du « Palazzo Giustiniani » soit de la maçonnerie de la « Piazza del Gesù ». Néanmoins, ces deux tendances n'ont rien à voir avec les notions de régularité et d'irrégularité. En effet, le Grand Orient d'Italie (« Palazzo Giustiniani ») a longtemps été reconnu par la Grande Loge Unie d'Angleterre, plus exactement jusqu'en 1993, et il espère d'ailleurs recouvrer un jour cette reconnaissance. La Grande Loge d'Italie (« Piazza del Gesù »), elle, est membre fondateur du CLIPSAS et mixte depuis 1956. Le lecteur trouvera ci-dessous une liste non exhaustive d'obédiences maçonniques.

    Nom Date de fondation
    Site Web
    Grand Orient d'Italie 1805  GOI 
    Sérénissime Grande Loge du Rite Symbolique Italien 1859 (a rejoint le GOI en 1922 tout en conservant une certaine autonomie) SGLRSI
    Grande Loge d'Italie des Francs-Maçons Anciens et Acceptés 1908  GLI
    Fédération italienne du Droit humain 1916 DH
    Grande Loge Mère C.A.M.E.A. 1958 CAMEA
    Grande Loge Unie d'Italie 1974  
    Grande Loge d'Italie de la Maçonnerie universelle 1978  
    Grand Orient Italien de la Stricte Observance 1979  
    Grande Loge Nationale des Francs-Maçons d'Italie 1979 GLNI
    Grande Loge féminine d'Italie 1990 GLFI 
    Ordre symbolique du rite egyptien 1992  
    Grande Loge régulière d'Italie 1993 GLRI
    Grande Loge Unie Indépendante d'Italie 2005 GLUIA
    Grande Loge italienne d'Ancienne Observance 2007 GLIO 
    Grande Loge Traditionnelle d'Italie 2011 GLTI

     

  • L'Amérique selon la Grande Loge de New York

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    america.jpgL'art est souvent la meilleure réponse aux laideurs du monde. C'est donc par la voie subtile de l'art que la Grande Loge de New York a entendu délivrer un message de tolérance et de fraternité alors que les Etats-Unis d'Amérique sont actuellement confrontés aux premières mesures prises par Donald J. Trump.

    Sur son site internet, la Grande Loge de New York a donc mis à l'honneur un tableau peint en 1931 par Paul Orban (1896-1974). Ce choix n'est pas innocent. Orban était un artiste d'origine hongroise. Sa famille a fui la pauvreté et émigré aux Etats Unis au début du vingtième siècle.

    Ce tableau, intitulé America, est au musée de la Grande Loge de New York. Il  représente les Etats-Unis, sous la forme d'une femme (la liberté) et d'un aigle (le droit). On voit en dessous les représentants des pays du monde.  America combine religiosité, internationalisme, optimisme politique et référence à l'histoire. Je trouve que ce tableau rappelle un peu La République Universelle de Frédéric Sorrieux (1848) que l'on peut admirer à Paris au musée Carnavalet.

    Les oeuvres de Paul Orban ont souvent illustré les articles de The Masonic Perspectives, l'ancienne revue officielle de la Grande Loge de New York. America a ainsi été utilisé pour un article du frère Parkes Cadman (1865-1936), Grand Chapelain de l'obédience new-yorkaise, publié en octobre 1931.

    paul orban,parkes cadman,art,fraternité,franc-maçonnerie,etats-unis d'amériqueDans cet article, Cadman a écrit  : 

    « Nous, Francs-Maçons, nous aimons notre nation (...) Mais notre amour pour notre pays est plus qu'une simple question d'obligation; cet amour jaillit du cœur même du franc-maçon (...) Nous ne voulons pas une d'une Amérique de vantardise, mais une Amérique d'amour et de respect. Nous voulons que cette terre soit celle des hommes libres, qu'elle devienne le leader moral de l'humanité, qu'elle incite chacun à mener une vie sur un plan plus élevé, qu'elle favorise la moralisation des relations internationales afin que cessent les turbulences de la haine, des préjugés et de la guerre (...) Il est difficile de faire en sorte que tous les hommes soient frères ; tous sont pourtant égaux, sans distinction de race ou de croyance ou de naissance ou de sang. C'est difficile mais c'est fondamentalement américain (...) »