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  • Une tenue mémorable

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    En faisant du classement, je suis tombé sur cette lettre de voeux envoyée par le vénérable maître de mon ancienne loge bruxelloise. Elle est datée du 19 décembre 2001. Elle est accompagnée de la mention manuscrite suivante :

    « Merci de ton soutien, de ton humour, de ce courant qui passe entre nous. Bises à ta compagne. Harry. »

    Cette mention manuscrite a une histoire que je vais vous raconter.

    Chaque fois que j'ai assumé un plateau dans un atelier, j'ai toujours mis un point d'honneur à l'assurer avec loyauté et sérieux. A cette époque, les frères de ma loge avaient décidé de me confier le plateau (« la stalle » comme on dit outre-Quiévrain) de l'orateur.

    Il faut dire que la charge d’orateur, en Belgique, est beaucoup plus lourde qu’en France où elle a souvent perdu de sa superbe. En effet, outre le respect et l’application du règlement, les morceaux d’architecture de bienvenue ou de première instruction (lors des initiations et des augmentations de salaire), l’orateur en Belgique doit conclure après chaque planche présentée en Loge et, dans mon atelier d'alors, il est chargé de procéder aux interrogatoires de profanes.

    Cet office exige donc rigueur et droiture. En effet, si on est rebelle aux textes réglementaires, si on a une tendance naturelle à transiger avec les règles ou, au contraire, à être trop rigide alors on a toutes les chances d’être un orateur malheureux. Il est difficile, en effet, de concilier les exigences de l’individu avec les impératifs d’une communauté. Il faut être suffisamment ferme pour préserver la cohésion du groupe (qui procède d’une tradition initiatique) tout en étant suffisamment souple pour que chaque membre s’y sente libre. L'orateur est exposé à la critique. Il est souvent sollicité. Il faut qu'il se montre réactif.

    Cet office nécessite aussi, à mon avis, une bonne culture générale et maçonnique. Encore que cela puisse se discuter… Quoi qu'il en soit le plus important à mes yeux est de ne pas sombrer dans l’attitude du moralisateur, du sophiste qui réduit la maçonnerie à un art de penser purement verbal. A quoi sert-il en effet de faire un morceau d’architecture sur la fraternité ou de se livrer à je ne sais quelle exégèse d’un point du rituel si, en tant qu’orateur, on est incapable d’écouter son prochain ? L'orateur ne doit évidemment pas utiliser le pouvoir de la parole pour ironiser sur tel frère, pour condamner tel autre, pour relever les maladresses d’encore un autre. Il est le gardien de la loi, des us et coutumes de l’Ordre. Il doit donc en incarner impérativement l’esprit par son comportement.

    Je peux vous assurer que cette fonction est difficile. En Belgique, les collèges des officiers (les « commissions des officiers dignitaires » comme on dit là-bas) ne sont renouvelés que tous les trois ans. Et mon atelier se réunissait tous les vendredis (ce qui est probablement encore le cas aujourd'hui). Ce qui représentait de septembre à juin quarante tenues solennelles d'obligation ! 

    Au plateau d'orateur, j'ai toujours fait en sorte d’être « l’âme damnée » de mon vénérable. Celui-ci pouvait donc se reposer entièrement sur moi. D'où la mention manuscrite ci-dessus qui fait allusion à une tenue où le conférencier invité avait tout simplement oublié de venir ! Imaginez la tête du vénérable. Il était devenu liquide. Il venait d’être élu au grand dam de la vieille garde de l’atelier qui lui avait préféré un autre frère. Il était donc attendu au tournant. Nous étions tous attendus au tournant. Donc pas de droit à l’erreur. La légitimité du collège était en jeu. Dans un atelier qui comptait une quarantaine de présents en moyenne (et parfois bien davantage), il était important d'éviter les polémiques.

    Avant que la tenue ne commence, le vénérable, l'expert (en Belgique, il siège aussi à l'orient), les surveillants et moi, avions alors improvisé un petit conciliabule pour trouver rapidement une alternative. Il a d’abord fallu brièvement rassurer le vénérable et lui rappeler qu'il n'était absolument pas responsable de l'absence du conférencier. Nous lui avons répété qu'il était le boss, le premier maillet et qu'il ne devait pas donner l’impression de subir ce qui se passait. Nous étions là pour l'aider à gérer cette situation difficile.

    L'expert a eu soudain une idée lumineuse. Nous avons décidé d'improviser un débat sur un thème suffisamment passe-partout pour que chacun puisse se sentir concerné : l'extériorisation. Je devais présenter au pied-levé un point de vue suffisamment tranché pendant cinq-dix minutes. Ce que j'ai fait. J’ai donc balancé une série de lieux communs de manière provocante. La maçonnerie belge étant ordinairement très discrète, moi, transfuge du Grand Orient de France, j'ai alors surjoué le maçon hexagonal qui croit avoir chié le monde tous les matins. J'ai donc évidemment fait l'apologie de ce qui se faisait en France et regretté la prudence des obédiences belges.

    L’expert a ensuite demandé la parole et m’a descendu en flamme en soutenant l'exact contraire pendant plusieurs minutes. Ensuite la parole a été donnée aux colonnes. Le succès a été foudroyant ! Les colonnes ont tout de suite mordu à l'hameçon. Les interventions ont été très nombreuses et surtout très diverses. Le débat a duré plus d'une heure sans le moindre temps mort. Même les taiseux et les timides, ordinairement écrasés par les tribuns des colonnes, se sont exprimés. Cette tenue, qui s'annonçait catastrophique, fut au contraire une belle réussite. Le vénérable, rassuré par ce qui se passait sous ses yeux, a été impérial. Je le sentais heureux. Et les clins d’œil entre les officiers ont fait le reste. 

  • Jean-Claude Casabianca, le maçon franc

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    casabianca.jpgIl y a des frères qui vous marquent plus que d'autres ou dont vous savez à l'avance que vous n'aurez aucune difficulté à vous rappeler de la voix, du visage ou de la démarche. C'est le cas de Jean-Claude Casabianca. J'ai été son premier surveillant et je lui ai succédé au vénéralat au sein de la loge nîmoise La Bienfaisance.

    « Casa » était un personnage clivant. Soit on l'aimait, soit on le détestait. Il était difficile de rester dans la demi-mesure et de ne pas avoir un avis tranché à son sujet.

    Je faisais partie pour ma part de ceux qui l'appréciaient, sans doute parce que je le connaissais et que je ne pouvais donc pas être offusqué du langage fleuri qu'il employait parfois dans le feu d'une conversation.

    Si Jean-Claude était clivant, c'est parce qu'il avait une grande qualité (ou un grand défaut, tout dépend comme on voit la chose) : il était incapable de dissimuler ou de travestir sa pensée. Il disait ce qu'il pensait, sans circonvolutions, sans fioritures, sans aucune espèce de diplomatie ou de stratégie. Sa franchise désarmante pouvait provoquer parfois quelques grincements de dents.

    Je me souviens par exemple l'avoir vu traverser la salle humide de la loge pour aller à la rencontre d'un frère avec lequel il avait une forte divergence. Il lui avait signifié ses quatre vérités. Quand il n'aimait pas quelqu'un, il le lui disait en face. Et parfois, cela pouvait être brut de décoffrage.

    Chez Casa, l'inconscient pouvait également prendre le dessus.

    Je me souviens ainsi de cette tenue à l'issue de laquelle une sympathique vénérable d'une loge du Droit Humain, bien portante pour ne pas dire bien en chair, avait transmis les salutations fraternelles de son atelier.

    Je sentais que Casa était un peu contrarié parce qu'il n'était pas spécialement rompu à cet exercice de style ennuyeux où l'on se fait des politesses à n'en plus finir alors qu'il est tard et que les agapes attendent les frères des colonnes. Il avait pourtant cru trouver la formule idoine en exprimant sa satisfaction : « Merci ma soeur ! avec toi, l'atelier a une amie de poids. »

    Je vous laisse imaginer les ricanements sur les colonnes...

    Chaque fois que Jean-Claude sentait qu'il avait commis une maladresse ou qu'une situation lui échappait, il aimait répéter : «  Tu sais, moi je ne suis pas un intellectuel... Moi je ne suis qu'un terrassier. »

    La dernière fois où nous avons vraiment collaboré, c'est lorsque Jean-Claude s'était porté candidat au Conseil de l'Ordre. En tant que vénérable, je ne m'étais pas senti en droit de le dissuader même si je savais qu'il n'avait aucune chance de l'emporter.

    Je dois dire qu'il m'avait agréablement surpris lors de sa prise de parole devant le congrès régional. Alors que les autres candidats avaient parlé comme des hommes politiques sans âme, avec des professions de foi bien calibrées et calculées, Jean-Claude Casabianca, lui, s'était exprimé tout simplement avec son coeur et ses tripes. Avec honnêteté et spontanéité. Je me souviens qu'il avait fait forte impression.

    En ce début d'année 2017, je viens d'apprendre que Jean-Claude Casabianca a rejoint l'orient éternel. Je suis triste de ce départ et présente mes condoléances à sa famille.

    Il me reste donc en mémoire une voix, un visage, une démarche.

    Au revoir Jean-Claude et merci pour tout !

  • Une heure avec Manuel Valls

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    valls1.jpgEn 2008, j'étais descendu à Nîmes écouter une intervention de Mme Ségolène Royal qui apportait, à l'époque, un ton nouveau en politique. Elle était le chef de file de la motion E et guignait le poste de premier secrétaire du PS.

    Je n'étais pas un béni oui-oui de la dame mais j'avoue qu'elle ne manquait pas de courage face aux attaques parfaitement dégueulasses dont elle faisait l'objet. Elle digérait sa défaite de 2007.

    Durant le meeting, j'avais fait la connaissance d'un gars originaire de la Lozère qui travaillait à Evry. Il était membre de la section socialiste de la ville dont Manuel Valls était le maire.

    Après le meeting, je me souviens que mon comparse lui avait adressé un grand signe de la main :

    « -Oooooooh ! Mâââaânu ! Putain ça va ?! »

    Et Valls de répondre, les yeux écarquillés :

    « -Oh mais c'est toi ? qu'est-ce que tu fous là ? » 

    Et Manuel Valls vînt vers nous. Il n'en revenait pas de voir un de ses camarades de la section d'Evry dans ce meeting nîmois. Nous avons discuté de tout et de rien comme si nous nous connaissions depuis toujours. Je n'avais jamais rencontré de mandataire public aussi disponible dans la discussion même si j'avais déjà eu l'occasion de rencontrer Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon (également étonnants de proximité).

    Mon comparse était profane. Pour ma part, j'étais sur la réserve devant Valls dont je savais qu'il avait fréquenté le Grand Orient à un moment donné. Le maire d'Evry était en sommeil. A quoi cela aurait-il servi de me dévoiler ? A rien.

    Je me souviens que Vincent Peillon était en retrait. Muet comme une carpe. Il s'emmerdait ostensiblement. Ségolène Royal, elle, gérait les militants qui jouaient des coudes pour lui parler. Raide. Le sourire crispée.

    Pour terminer. Une photo. Ironie de l'histoire. On y voit le révolutionnaire en retrait (Jean-Luc Mélenchon). L'adepte tardif du revenu universel (Benoît Hamon). Et le prétendu réactionnaire (Manuel Valls). Je n'ai pas cerclé de rouge l'actuel premier secrétaire du PS (Jean-Christophe Cambadélis), l'actuel commissaire européen (Pierre Moscovici) et l'actuel président de l'assemblée nationale (Claude Bartolone). 

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    Et en avant-plan, l'ancien premier ministre Michel Rocard (paix à ses cendres).

  • Alberto Bachelet Martinez ou le désir de liberté et de justice

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    bachelet.jpgQuelques mots sur le frère Alberto Bachelet Martinez (1923-1974), général de brigade de l'armée de l'air chilienne, décédé dans une prison de Santiago où il avait subi la torture comme tous ses compagnons d'infortune. Dans sa cellule, ce proche du président Salvador Allende a appris son exclusion de la Grande Loge du Chili après vingt-huit ans d'appartenance. Bachelet a alors écrit une lettre au vénérable de sa loge en décembre 1973 :

    « Cette exclusion a été un arrachement douloureux (...) Vénérable Maître, ce qui m'est arrivé ces derniers mois n'était pas pour vous un mystère. Cependant, dans les moments les plus difficiles, aucun frère (...) n'a essayé de tendre la main au frère déchu et à sa famille. C'est de la lâcheté morale. Vous, Vénérable Maître, vous avez oublié les principes de fraternité et de solidarité avec ceux qui en ont besoin. »

    Et d'ajouter :

    « Vous avez eu à tuer le frère Bachelet, parce qu'il travaillait à côté du frère Allende, parce qu'il était fidèle comme un frère et un ami, parce qu'il était fidèle à la Constitution, parce qu'il était loyal envers le peuple, parce qu'il était juste et conforme à ses principes, les mêmes qui sont contenus dans les trois degrés de la Maçonnerie. »

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    Le 19 octobre 1973, le général Bachelet a écrit une lettre émouvante à son fils Alberto, aujourd'hui décédé, qui demeurait à l'époque en Australie. Bien qu'usé par les mauvais traitements, Bachelet a eu la force d'exprimer non seulement sa confiance en l'Homme mais aussi sa sidération devant la violence de ces militaires qu'il avait pourtant côtoyés durant toute sa carrière ou dont il avait participé à la formation.

    « Après une longue période, peut-être un millier d'années, c'est la première lettre que je t'écris. Dites mille ans, comme tu pourrais dire dix mille ou cent mille (...) Quand on a subi l'expérience de l'oppression, de la détention au secret pendant une longue période, quand on a essuyé des accusations infondées formulées par de vrais criminels, quand on a subi les trahisons de gens que l'on pensait être ses amis, alors on ne pense plus, mais on se dit que quelque chose ne va pas, que le monde est fou. Je suis cassé de l'intérieur, mais dans ces moments où je suis moralement disloqué, je n'ai jamais su haïr personne. J'ai toujours pensé que l'être humain est l'être le plus merveilleux de cette création et qu'il doit être respecté en tant que tel (...) »

    Le 11 mars 1974, la veille de sa mort, il a adressé ces quelques mots à Angela Jeria son épouse :

    « (...) Mon désir est de vous voir, d'être avec vous, de regarder dans le vide, l'horizon libre (...) l'homme cesse d'être un loup pour l'homme lorsque la liberté, l'égalité et la justice sociale deviennent des faits concrets (...) »

    Dans la nuit du 11 au 12 mars 1974, le général Bachelet a été extrait une nouvelle fois de sa cellule. Ses geôliers lui ont mis une cagoule sur la tête et l'ont contraint à rester debout sans bouger pendant des heures sous peine de recevoir une balle dans les jambes. Son coeur, déjà fragile, a fini par lâcher.

    Je ne voudrais pas que l'on croie que je veuille faire dans cette note le procès des frères de la Grande Loge du Chili. Certains ont été très courageux. D'autres pas. Certains ont peut-être été de belles crapules. Mais ce qui est sûr, c'est que la plupart d'entre eux ont pu sauver leur peau et maintenir au Chili les activités maçonniques dans un contexte difficile et incertain. D'autres frères, en revanche, n'ont pas eu d'autre choix que l'exil.

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    Non, j'aimerais que cette petite évocation du général Bachelet soit plutôt perçue comme une marque d'espoir et de confiance dans l'avenir. En effet, en 2013, la Grande Loge du Chili a courageusement reconnu que l'exclusion du général Bachelet de ses rangs avait été injuste et infondée. Elle l'a donc symboliquement réintégré en son sein en lui conférant à titre posthume le statut de membre honoraire.

    Le 18 octobre 2014, Mme Michelle Bachelet Jeria, présidente de la République du Chili, est d'ailleurs venue assister au convent de la Grande Loge du Chili au cours duquel un vibrant hommage a été rendu à son père, un peu plus de quarante ans après sa tragique disparition. Devant la Grande Loge assemblée, elle est ainsi revenue avec humour et tendresse sur les circonstances particulières qui avaient amené son père à entrer en maçonnerie en 1945 à l'âge de 22 ans :

    « Mon grand-père maternel fut un franc-maçon très actif. Quand mon père est allé demander la main de ma mère, mon grand-père maternel lui a alors dit, « écoute, entre d'abord en franc-maçonnerie, puis tu négocieras ». Et la vérité est que mon père fut non seulement très amoureux de ma mère mais aussi de la franc-maçonnerie, un lieu où il a fait toute sa vie, un endroit qu'il aimait, où il était très engagé et où il a développé sa personnalité (...) »

    augusto pinochet; franc-maçonnerie,chili,alberto bachelet,pardon,humanisme,souvenir,michelle bachelet,salvador allendeJe voudrais profiter de l'évocation du général Bachelet Martinez pour faire une mise au point sur le sinistre général Augusto Pinochet Ugarte dont l'appartenance maçonnique est souvent mise en exergue pour mieux souligner la tragédie du coup d'Etat du 11 septembre 1973 fomenté contre un autre maçon, le président Salvador Allende Gossens. Pourtant, la réalité est bien plus triviale. Certes, Pinochet a bien été initié au sein de la loge Victoria n°15, orient de San Bernardo, de la Grande Loge du Chili le 28 mai 1941 à l'âge de 25 ans, peut-être sur les recommandations d'Osvaldo Hiriart Corvalán son beau-père, mais son passage en loge a été anecdotique. Augusto Pinochet n'a pas dépassé le grade de compagnon. Sa loge l'a radié le 24 octobre 1942 parce qu'il ne payait pas sa cotisation et n'assistait jamais aux tenues. Autant dire que Pinochet n'a jamais rien compris à la franc-maçonnerie. Les valeurs maçonniques lui sont demeurées parfaitement étrangères. Il est donc parfaitement incongru de comparer le parcours maçonnique éclair de Pinochet aux trente-huit ans de maçonnerie active de Salvador Allende, fils et petit-fils de maçon valparaisien, ou aux vingt-huit ans de maçonnerie active d'Alberto Bachelet.