Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

société - Page 2

  • Attentats de Paris : les mots sont importants

    Imprimer

    Attentats, Paris, Terrorisme, Jean-Paul Delevoye, 2015La France a beau être en plein deuil, le bavardage sur les terribles attentats de Paris est permanent. Ce bavardage frise souvent l'indécence avec, par exemple, ces questions cons de journalistes posées au quidam rencontré dans la rue. Que ressentez-vous ? Qu'auriez-vous envie de dire à ces terroristes ? Avez-vous peur ? Etc.

    Puis c'est la logorrhée médiatique des bons clients, des spécialistes de ceci ou de cela, des "terroristologues", des anciens généraux, des anciens des services secrets, des magistrats antiterroristes, des éditocrates sentencieux, des spécimens de la société civile (c'est-à-dire en réalité du Paris mondain), des intellectuels, des imams estampillés "vus à la TV" et des politiques bien entendu... 

    Ce bavardage tourne en boucle et sans répit. Les heures tournent. On se rend compte, au fond, qu'on n'apprend pas grand-chose ou en tout cas rien de nouveau par rapport à ce qui avait pu se dire durant les mois et les années précédentes.

    Le pathos ambiant semble tout anesthésier. Il va falloir pourtant vite se réveiller car on emploie de plus en plus un vocabulaire guerrier à courte de vue et essentiellement réactif en croyant répondre ainsi au désir de vengeance d'une population française qui impressionne, au contraire, par son calme, sa dignité et ses sentiments élevés de cohésion et de fraternité.

    Parmi toutes les interventions télévisuelles, j'en retiendrai cependant une qui m'a impressionné par sa clarté et sa sobriété. Elle émane de M. Jean-Paul Delevoye, ancien médiateur de la République et actuel président du Conseil économique, social et environnemental.

  • Etats-Unis d'Amérique : la société avance, la maçonnerie recule

    Imprimer

    etats-unis d'amérique,société,conservatisme,connerie,franc-maçonnerie,roger dachez, willam h. upton, franck j. haas

    Dans le Masonic Messenger d'octobre 2015, l'organe de la G∴L∴  de Géorgie (Etats-Unis d'Amérique), le G∴M∴ Douglas W. McDonald Senior écrit ce monument de connerie :

    "Edict 2015-1 was issued on September 8 declaring that a Freemason is obliged to obey the moral law and Almighty God, the Grand Architect of the Universe, the Father of Abraham, Isaac and Jacob; that basic moral laws are not man-made Edicts or Decrees, but spring from the eternal justice and wisdom of Almighty God; Freemasons must constantly strive to keep their integrity intact, for it is our integrity that holds our way of life together, and when integrity is lost, all is lost; that good moral character is a pre-requisite for admission into Freemasonry (...) and that homosexuality is contrary to the moral law."

    Ce qui peut se traduire ainsi :

    "L'édit 2015-1 a été publié le 8 septembre et énonce que le franc-maçon est obligé d'obéir à la loi morale et à Dieu Tout-Puissant, le Grand Architecte de l'Univers, le Père d'Abraham, Isaac et Jacob ; que les lois morales fondamentales ne résultent pas d'édits ou de décrets artificiels, mais ressortent de la justice éternelle et de la sagesse de Dieu Tout-Puissant. Les francs-maçons doivent constamment s'efforcer de garder leur intégrité intacte, car notre manière de vivre ensemble en dépend, et lorsque l'intégrité est perdue, tout est perdu ; que la bonne moralité est un pré-requis pour l'admission dans la franc-maçonnerie (...) que l'homosexualité est contraire à la loi morale."

    Les homosexuels sont donc exclus de la franc-maçonnerie de cet Etat au nom de la loi morale et du G∴A∴D∴L∴U∴ Tout-Puissant !

    Cet édit inique et honteux, absolument contraire aux principes les plus sacrés de l'Ordre maçonnique, a été commenté par Roger Dachez et la blogueuse La Maçonne. Je ne reviendrai pas sur le fond de leurs analyses respectives que je partage entièrement.

    Je voudrais simplement souligner que cette prise de position consternante et rétrograde témoigne de l'ultra-conservatisme d'une maçonnerie américaine en pleine décroissance et plus que jamais déconnectée des réalités sociales.

    J'ai déjà eu l'occasion de montrer des exemples de cet ultra-conservatisme à travers le combat courageux de William H. Upton en faveur de la reconnaissance de "la maçonnerie nègre", l'interdiction de l'alcool par la G∴L∴ de l'Indiana ou encore les déboires judiciaires du malheureux F∴ Frank J. Haas en Virginie-Occidentale.

    Qu'il me soit permis de rappeler ici que la Cour suprême des États-Unis a rendu, le 26 juin 2015, une décision historique aux termes de laquelle elle a jugé que la Constitution fédérale garantissait aux personnes de même sexe le droit de pouvoir se marier.

    En d'autres termes, l'élargissement du mariage aux personnes de même sexe est devenu désormais un droit constitutionnel. Ce droit a vocation à être reconnu dans tous les Etats américains, y compris dans la très conservatrice Géorgie.

    Mais ce changement social profond et juridiquement irréversible semble avoir échappé au G∴M∴ McDonald. A moins que ce dernier n'ait précisément voulu profiter de la campagne des primaires pour affirmer le rejet de ce changement.

    N'oublions pas, en effet, que les Etats-Unis d'Amérique éliront, l'an prochain, un successeur au Président Obama.

  • La question sociale selon Mélenchon

    Imprimer

    Je voudrais faire deux observations à l'attention des quelques fachos qui, via Twitter, consultent régulièrement mon blog parce qu'ils croient y déceler les éléments du grand complot anti-français qui les fait cauchemarder.

    1°) Ce n'est pas parce que je parle d'untel sur ce blog que celui-ci est nécessairement franc-maçon. Je le précise car certains paranoïaques d'extrême droite ont cru comprendre que Thomas Guénolé était franc-maçon suite à une de mes notes publiée récemment. Guénolé est-il franc-maçon ? Je n'en sais strictement rien et, très franchement, je me moque éperdument de le savoir. Cela n'ajoute rien à son intervention stimulante dans l'émission de Laurent Ruquier. De toute façon, si je dis que quelqu'un est maçon, la fachosphère pensera qu'il ne l'est pas parce que je le dis. Si je dis que quelqu'un n'est pas maçon, la fachosphère pensera qu'il l'est parce que je le dis. Donc, je lui laisse le soin de choisir au gré de ses fantasmes.

    2°) Il m'arrive aussi de parler de tel autre dont l'appartenance maçonnique est avérée, non parce que je l'ai dévoilée, mais parce qu'elle est de notoriété publique et que l'intéressé n'a jamais cherché à la cacher. Mais en même temps, ce n'est pas parce que je parle d'un franc-maçon, quel qu'il soit, que je partage nécessairement ses idées. Nous avons certes en commun une démarche philosophique et des valeurs, mais nous pouvons tout à fait diverger sur plein d'autres sujets. C'est le cas du FJean-Luc Mélenchon pour lequel je n'ai jamais voté alors que lui et moi appartenons pourtant à la même obédience (le G∴O∴D∴F∴ ). Son positionnement  politique hostile à l'Union européenne en général et à l'Allemagne en particulier, ses relations conflictuelles avec ses anciens amis politiques, ses analyses économiques et sa bienveillance à l'égard de l'extrême gauche dont il est issu, ne m'ont jamais attiré. Je lui reconnais cependant une force de conviction, un art de la tchatche, une liberté de ton et une passion qui font de lui un homme attachant malgré sa vision binaire du réel. C'est cela la magie de la franc-maçonnerie : réunir ce qui est épars, réunir des hommes qui ne pensent pas forcément pareil.

    Ces deux observations étant faites, je voudrais maintenant signaler cet extrait d'une intervention de Mélenchon en date du 7 octobre dernier. Elle tranche avec le discours dominant au sujet du conflit social à Air France. Mélenchon parle de la violence visible toujours plus efficace que la violence qui ne se voit pas. Il rappelle aussi des évidences que l'on ne dit pourtant pas assez et qui expliquent les débordements auxquels on a assisté. Perdre son emploi engendre en effet tout un ensemble de problèmes sur lesquels on insiste rarement : dépression, suicide, divorce, éclatement des familles, déclassement social, marginalisation, etc. Il souligne également la pauvreté du débat public focalisé non sur la question sociale mais sur ce qu'il appelle des leurres comme par exemple le destin de Madame Le Pen ou les musulmans.

  • Ragon l'optimiste

    Imprimer

    société,jean-marie ragon de bettignies,franc-maçonnerie

    Jean-Marie Ragon de Bettignies est né à Bray-sur-Seine, le 25 février 1781. D'abord caissier à la Recette générale du département de la Lys (un des neuf anciens départements français de Belgique), il a été ensuite, à partir de 1814, chef de bureau au Ministère de l'Intérieur. Il est mort à Paris, en 1862.

    Ragon de Bettignies a été initié en 1804, à Bruges, à l'époque chef lieu du département de la Lys. De retour à Paris après la chute de l'Empire, il fonda en 1816, la loge Les Vrais Amis, devenue par la suite Les Trinosophes. Cette loge se distingua rapidement par l'excellence de ses travaux. Il en fut le Vénérable Maître jusqu'à son départ pour l'Amérique.

    Mais Ragon a surtout été un auteur prolifique et c'est essentiellement grâce à son oeuvre qu'il est passé à la postérité. Il a été rédacteur en chef du journal Hermès (1808-1818), puis il a publié toute une série de livres :  Le Cours philosophique interprétatif des initiations anciennes et modernes (1841) - La Messe et ses mystères comparés aux mystères anciens (1844) - Orthodoxie maçonnique (1853) - Maçonnerie occulte  (1853) - Liturgie maçonnique en trois cahiers (1860) : L'Adoption des jeunes louvetons, Reconnaissances conjugales, Pompe funèbre maçonnique ; Les rituels maçonniques (1860-62) des 33 grades, dont le dernier, Le Tuileur général, dresse la nomenclature impressionnante (et en grande partie fantaisiste) de 75 Maçonneries, 48 Rites, 30 Ordres maçonniques, 24 Sociétés androgynes, 6 Académies, et plus de 1400 grades...

    Pourquoi parler de Ragon de Bettignies ? Parce qu'il appartient à cette catégorie d'auteurs maçons qu'on ne lit plus aujourd'hui et que l'on considère même parfois avec condescendance ou dédain alors qu'il fut sans doute un des maçons les plus érudits du XIXe siècle. Ragon ? Pour beaucoup de maçons (enfin du moins pour ceux qui ont déjà entendu le nom), c'est vieux et poussiéreux. Il appartient à une époque révolue. Il parle d'une franc-maçonnerie qui n'existe plus depuis longtemps. Pourtant, ses ouvrages mériteraient d'être redécouverts tout comme d'ailleurs ceux de Bègue-Clavel et de Bésuchet de Saunois dont j'ai déjà parlé ici. Ils sont à bien des égards d'une étonnante modernité.

    Je voudrais citer ici un passage du Cours philosophique interprétatif des initiations anciennes et modernes (p.49 et suivantes) en priant le lecteur de bien vouloir se souvenir que ces quelques lignes ont été écrites il y a 174 ans :

    « Il ne reste plus rien à faire en maçonnerie ?

    « Un frère n'appelle-t-il pas encore devant les tribunaux le frère de sa loge pour une chose qui pourrait être facilement vidée en famille ?

    Ce sanguinaire préjugé du point d'honneur, hideux héritage de la barbarie, interdit entre frères par nos lois fondamentales, et que la magistrature française, pénétrée de nos inspirations, poursuit courageusement, a-t-il disparu disparu du sol que vous habitez ? Les Maçons élevés en dignité en sont-ils tous à l'abri, au risque du scandale que leurs passions non subjuguées peuvent commettre, malgré le frein inutile du serment ?

    « L'esclavage, cette horde du Nouveau-Monde et d'un peuple qui se dit libre, ne déshonore-t-il pas encore les nations, qui, tout en croyant pratiquer nos maximes, rejettent la main protectrice que leur tendent des hommes honorables qui prévoient l'époque où le brisement des chaînes sera terrible contre les tyrans de l'humanité ? 

    « La peine de mort, cette grande exigence sociale contre les droits individuels, est-elle une matière suffisamment discutée ?

    « Le sort de la classe ouvrière est-il défini ? Cette question palpitante d'intérêt, cet orage lointain dont le grondement avertit le sage, ne résonne-t-il pas à vos oreilles ? Ne voyez-vous pas les nuages s'amonceler, et, couvrant comme un réseau toutes les populations de la terre, produire, parmi les individus les désastres d'un tremblement de terre dans une grande cité ?

    « Au milieu de ces petites passions qui affadissent vos séances, quand elles ne sont pas tuées par ces continuels rappels au règlement, passe-temps des petits esprits, et par ces infatigables amateurs de conseils d'administration quand même, quel grand problème social ou quel projet utile peut être mis en discussion ?

    « Non, il n'est point passé le temps d'être utile pour vous-mêmes et pour les autres : avez-vous excité toutes ces vertus, couronné tous les mérites ? (...)

    « Mais, vous dit-on, votre oeuvre a vieilli ; l'acacia décrépit est devenu stérile et ne produit plus d'ombrage ; la Maçonnerie ne porte plus l'étendard d'avant-garde. - Erreur ! hypocrisie ! Le peuple est-il libre ? Les préjugés de la terre ont-ils tous disparu ? N'y a-t-il plus d'inimitiés parmi les hommes ? La cupidité et le mensonge n'existent-ils plus ? La tolérance et l'union existent-elles parmi les sectes religieuses ? Maçons, marchez toujours ; éclairez l'intelligence des peuples reconstituez la société, réformez les lois, avancez toujours. Placés entre deux éternités, celle qui est devant vous sera toujours égale à celle qui sera derrière ; mais que cette pensée ne vous arrête pas.

    « La Maçonnerie ne peut cesser d'être qu'en cessant de comprendre le progrès social, c'est-à-dire en renonçant à son but qui est de protéger toutes les tentatives d'émancipation intellectuelle. Si toutes les innovations venaient à être persécutées, la Maçonnerie seule en deviendrait le refuge mystérieux.»

    Je trouve ce texte très beau car il exprime finalement des questionnements toujours d'actualité.

    Qui n'a jamais croisé le chemin d'un frère désabusé s'interrogeant sur l'utilité de sa place en loge et, plus largement, de la franc-maçonnerie ?

    Qui n'a jamais lu la prose d'un de ces journalistes théorisant la perte d'influence de la franc-maçonnerie et moquant même son côté ringard et dépassé ?

    Qui, dans nos milieux, ne s'est pas désolé, au moins une fois, de voir des contentieux entre frères divulgués en place publique, parfois devant les tribunaux ?

    Qui n'a jamais éprouvé lassitude et fatigue devant ces médiocres esprits qui passent le plus clair de leur temps à discuter de détails abscons du règlement, de telle ou telle circulaire, de tel ou tel livre blanc et qui réduisent finalement la maçonnerie à des questions administratives ou à de stériles querelles de boutiquier?

    Je pourrais continuer longtemps et insister sur tant d'autres motifs de désillusion. Je vais m'arrêter là car l'essentiel est de prendre conscience que tous ces questionnements se posaient déjà en 1841 et probablement depuis l'origine de la franc-maçonnerie !

    Alors quelle réponse Ragon apporte-t-il à ceux qui estiment que l'acacia est devenu stérile ? 

    Ragon prône, d'une part, le travail sur soi-même. Tant que le mensonge, la cupidité, la haine et l'intolérance sépareront les hommes, les maçons auront du pain sur la planche. Il devront s'améliorer malgré les difficultés pour être des agents actifs et conscients du lien social. Parler de la justice, c'est bien. Etre juste dans sa vie quotidienne est mieux. Parler de la tolérance et de la liberté ne dispensera jamais de l'effort d'être soi-même le plus tolérant et le plus libre possible. Il est toujours temps de se mettre à l'oeuvre, de se regarder avec bienveillance mais aussi avec la ferme résolution de progresser et de gagner, chaque jour, en humanité.

    Ragon prône, d'autre part, le travail intellectuel et social. Selon lui, on ne peut concevoir la volonté de s'améliorer et de pratiquer les vertus sans y adjoindre le désir d'améliorer aussi l'homme et la société. Les chantiers sont nombreux. Et Ragon d'en donner quelques exemples : l'esclavage (qui a été aboli en 1848), la peine de mort (qui a été supprimée en 1981), la classe ouvrière (qui a joué un très grand rôle dans la seconde moitié du XIXe siècle et tout au long du XXe siècle). Le franc-maçon ne doit pas se décourager et se sentir écrasé par le poids des questions auxquelles il n'a pas toujours forcément de réponses. Il doit être conscient que ce qui peut apparaître inconcevable et utopique aujourd'hui, sera peut-être devenu la réalité et la norme de demain. Le franc-maçon, placé entre deux éternités, travaillant symboliquement de midi à minuit, se souvenant d'hier, anticipant demain, les deux pieds pourtant bien ancrés dans le présent, ne doit surtout pas oublier que son action s'inscrit dans un temps long.

    Il est donc étonnant de constater à quel point Ragon, pourtant si dédaigné aujourd'hui, avait su ainsi mettre en avant, dès 1841, des sujets de réflexion de première importance. C'est comme si cet auteur était parvenu à saisir le mouvement de l'Histoire qui est celui de l'esprit humain. Il a compris toute l'influence du progrès des sciences et des techniques sur le devenir de l'homme et de la société. Toujours dans son Cours philosophique et interprétatif des initiations anciennes et modernes, il écrit (p. 47) :

    « Remercions la Maçonnerie, si tout marche à l'association. L'imprimerie l'a puissamment secondée, en harmonisant l'esprit des nations et la vapeur accomplit matériellement l'oeuvre commencée depuis tant de siècles, en diminuant les distances et en poussant les peuples à se connaître, à s'unir et à se confondre. Tout tend donc à l'unité et à ne faire des hommes qu'une grande famille. » 

    Et d'insister notamment sur l'importance de la presse, donc de la liberté d'expression, dont on a vu hélas à quel point elle pouvait être aujourd'hui menacée par le fanatisme et l'obscurantisme.

    « Nous reproduisons ici, avec plaisir, deux strophes de l'Hymne imprimé chanté à Strasbourg devant la statue de Gutenberg, le 24 juillet 1840 jour de son inauguration ; une partie des bienfaits de la Presse s'y trouve retracée.

    « Moderne espérance
    « De l'humanité,
    « Presse à qui la France
    «Doit la liberté,
    « Par toi la parole
    « Sait briser les fers ;
    « Tu sers de boussole
    « A tout l'univers.
    « Poursuis ta carrière,
    « Soleil des Etats !
    « Verse la lumière
    « Sur tous les climats !
    « Foyer d'où vient luire
    « Tout noble penser ; 
    « Toi qui sus détruire,
    « Tu sauras créer. »

    Ragon a donc fait preuve d'un bel optimisme qui l'a rendu clairvoyant sur ce qu'était la franc-maçonnerie et sur ce qu'elle pouvait apporter non seulement à ses fils mais aussi à l'humanité tout entière.

    Je crois qu'il y a là une magnifique leçon à méditer pour nous, maçons du XXIe siècle !

  • De l'adoption homoparentale

    Imprimer

    Daniel Fasquelle, député UMP du Pas-de-Calais, opposé à l'adoption des enfants par des couples homosexuels, a déposé le vendredi 21 novembre une proposition de loi pour permettre aux enfants adoptés de rompre leur lien de filiation, une fois leur majorité atteinte. 

    Juridiquement cette proposition est absurde car il est bien entendu impossible de revenir sur une filiation adoptive lorsqu'elle a été établie. De même, l'enfant ne saurait répudier sa filiation naturelle à sa majorité. Ses auteurs le demeureront jusqu'à la fin de ses jours quelle que soit le degré d'entente ou de mésentente qu'il pourra avoir avec eux.

    Cette proposition - juridiquement absurde, je le répète - souligne, une fois encore, à quel point l'homosexualité est considérée par beaucoup de personnes comme une déviance qui justifierait des mesures discriminatoires contraires à notre droit. Pourquoi l'institution du mariage, ouverte depuis mai 2013 à tous les couples, devrait-elle varier dans ses effets juridiques en fonction des orientations sexuelles des parents ? Rien, d'un point de vue rationnel et légal, ne peut justifier une telle différence de traitement.

    Il est donc assez inquiétant de voir qu'un représentant de la Nation a décidé, avec le plus grand sérieux, de soumettre au bureau de l'Assemblée Nationale une proposition de loi bâclée, écrite à la hâte, et contraire aux principes généraux du droit. Une telle initiative accrédite l'idée selon laquelle les homosexuels seraient inaptes, par nature, à être parents et à élever correctement leurs enfants. Que l'honorable député soit rassuré. Non, l'homosexualité n'est pas une maladie. Elle ne s'attrape pas au contact des homosexuels. Elle ne se transmet pas davantage par l'adoption.

    Il est donc parfaitement illusoire de prétendre réécrire de fond en comble la loi Taubira, comme l'a affirmé imprudemment un ancien président de la République qui, décidément, ne sait plus comment faire pour revenir sur le devant de la scène politique et qui, de surcroît, condamne aujourd'hui ce qu'il a défendu hier. Il est spécieux de promettre son abrogation car on se saurait revenir sur ce qui constitue un acquis juridique. L'abrogation, dans ce cas, serait discriminatoire.