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politique - Page 2

  • Une lettre du frère Héctor Fernando Maseda Gutiérrez

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    gut.jpgDois-je dire à quel point j'ai été surpris d'entendre en France autant de louanges de l'ancien dictateur Fidel Castro récemment décédé ? Des louanges provenant de personnes dont je ne saurais pourtant remettre en cause les sentiments républicains et l'attachement à une société démocratique et pluraliste.

    Dois-je dire aussi à quel point j'ai été choqué de voir des frères que je connais, afficher ostentatoirement leur soutien à la dictature cubaine ? Quand je vois de tels comportements, je me dis qu'il y a des coups de pied au cul qui se perdent. Ces frères donnent l'impression d'avoir abandonné tout sens critique dès lors qu'il s'agit de renouer avec les passions gauchistes de leur jeunesse. Ils parlent gravement d'une révolution qu'ils n'ont pas faite ou qu'ils ont peut-être vécue par procuration. Je suis en tout cas bien persuadé qu'ils n'en auraient pas supporté les effets pour eux-mêmes et leurs proches.

    Imputer la responsabilité de l'autoritarisme cubain à la seule stupidité crasse de l'embargo américain m'a toujours paru un argument commode. Cet argument ne minore ou ne relativise certainement pas les dérives du régime castriste et de son chef emblématique. Je le trouve aussi bête que celui qui consistait chez certains à justifier hier la férocité de la dictature des Duvalier père et fils en Haïti ou de celle de Trujillo en République dominicaine au nom de la lutte contre le communisme. A un moment donné, il faut savoir regarder la réalité en face, abandonner les postures maximalistes et les visons binaires du monde pour comprendre à quel point les idéologies peuvent écraser les individus et empêcher le développement des sociétés humaines vers plus de démocratie et de pluralisme. Bref, il faut raisonner en franc-maçon ou, si l'on préfère, en homme libre dégagé des préjugés politiques et religieux.

    Je voudrais citer ici de larges extraits d'une lettre du frère Héctor Fernando Maseda Gutiérrez (33e), membre de la Grande Loge de Cuba. Maseda Gutiérrez a écrit cette lettre le 27 juillet 2004 depuis sa cellule de la prison de Santa Clara. Ce collaborateur de l’agence de presse non gouvernementale Grupo de Trabajo Decoro a été arrêté en mars 2003 et condamné, en 2004, à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir soi-disant commis des actes contre l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Etat et des infractions ayant mis en péril la protection de l’indépendance nationale et de l’économie cubaine. Il a été condamné aux termes d'un procès où les droits de la défense ont été clairement bafoués ainsi que l'a relevé Amnesty international. Après d'intenses et régulières pressions de la communauté internationale, ce frère, prisonnier politique, a fait l'objet d'une libération anticipée en février 2011. Voici ce qu'il a écrit :

    « Il existe quatre types de moyens fonctionnels symboliques et un seul chemin par lequel la conscience humaine peut être orientée par des expériences qui méritent l'on se souvienne et que l'on vive.

    Il y a la perception sensorielle qui nous dit que quelque chose existe. Il y a la pensée qui nous indique : quelque chose existe. Il y a la pensée qui nous répond si ce quelque chose est agréable ou non et il y a enfin l'intuition qui nous renseigne d'où vient et où va cette chose. Il est difficile de trouver ce bon chemin car il se heurte à des difficultés et des déceptions. S'il n'était pas aussi difficile à trouver, l'humanité ne serait pas autant saturée d'êtres pervers ou médiocres. Cela étant dit, en guise d'introduction, veuillez recevoir mes salutations chaleureuses. Heureusement, je suis en mesure de recevoir de vos nouvelles, mes chers frères, à travers un ange, notre Vénérable Frère José Antonio. Maintenant, je profite de l'opportunité de vous écrire pour vous donner des mes nouvelles. Le messager sera la même personne. Je reçois comme un honneur spécial la photo que vous m'avez envoyée, et pour laquelle je remercie beaucoup les Frères de votre atelier, les visiteurs des autres loges et José Antonio (...)

    J'ai reçu des manifestations de soutien et de solidarité du gouvernement et du cher peuple de France à l'égard de notre cause dès qu'ont été emprisonnés des dirigeants et des pacifiques opposants politiques au régime, des responsables d'organisations non gouvernementales, des défenseurs des droits de l'homme, des responsables syndicaux et des journalistes indépendants, soit au total soixante-quinze personnes désignées sous le nom des « prisonniers du printemps »  (...)

    Ces soixante-quinze patriotes sont devenus les otages politiques du leader cubain Fidel Castro et ont été injustement accusés de servir une puissance étrangère (les États-Unis) et d'avoir perpétrés des actes contre la sécurité et l'intégrité territoriale et économique de Cuba, alors qu'en fait, ils ont défendu nos droits à la liberté de conscience, d'opinion et de réunion. J'ai été condamné à une peine de vingt ans aux termes d'une procédure truffée d'irrégularités du début à la fin (...)

    La vérité est que je ne fais pas partie des hommes qui subissent mais qui agissent. Et je sais que la perception humaine est aveugle si elle n'est pas éclairée par la raison comme l'avait dit une fois le Mahatma Gandhi, le chef religieux et spirituel du peuple indien.

    Une tyrannie gouvernementale qui depuis 45 ans impose la terreur d'Etat pour rester en place, pour réduire le peuple à la servitude, à la pauvreté, aux pénuries alimentaires, à la discrimination sociale, pour le priver des droits civils, politiques et sociaux, ne peut susciter une concorde nationale ou favoriser d'autres  réponses populaires qu'une rébellion idéologique et une résistance par des moyens socio-économiques et pacifiques, sans toutefois en exclure d'autres plus radicaux le cas échéant (...) A Cuba, l'administration castriste a eu l'audace d'appliquer des expériences d'ingénierie sociale généralisée et historicistes qui ont causé la catastrophe nationale la plus colossale depuis la proclamation de l'indépendance il y a plus d'une centaine d'années (...) Le système actuel a conduit au culte du chef de guerre, à la corruption du gouvernement et à l'exacerbation de certains intérêts privés (...)

    Ma santé est excellente, mon environnement immédiat exige que je fasse preuve de force spirituelle. Je me suis totalement adapté à ma situation et j'ai refusé que cette épreuve nouvelle, complexe et difficile devienne une saison morte dans ma vie sociale.

    Au profane muet, je lui rappelle que suis le président du Parti libéral démocratique de Cuba (PLDC), formation politique tolérée mais non légalisée. Je suis ingénieur en électronique de profession, diplômé en physique atomique et nucléaire, et je suis également journaliste, essayiste, historien et membre à part entière de l'Académie cubaine des hautes études maçonniques. J'ai 61 ans.

    Entre vous et mon humble personne, des liens de cordialité, d'amour et de communication ont été établis. Nous devons les renforcer tous les jours. J'espère pouvoir continuer à vous écrire (...) »

    La lettre émouvante de ce frère courageux rappelle utilement que le franc-maçon est un homme libre, ami du riche et du pauvre s'ils sont vertueux. Le franc-maçon est cet homme qui ne doit jamais mettre un genou à terre sous la contrainte. Il est celui qui prépare par une action incessante et féconde l'avènement d'une humanité meilleure et plus éclairée. Il est celui qui sait qu'aucune société humaine n'est viable sans liberté et sans solidarité.

    Ce n'est pas parce que le régime castriste n'a jamais interdit officiellement la franc-maçonnerie en raison de son action passée en faveur de l'indépendance de Cuba, que tous les frères cubains sont les partisans zélés des gérontes au pouvoir depuis 1959. Cuba n'a jamais été non plus une « dictature débonnaire » parce qu'elle est sous les sunlights des tropiques. En mars 2003, sur les soixante-quinze dissidents arrêtés, onze étaient francs-maçons et membres de la Grande Loge de Cuba. Les « révolutionnaires de salon » et autres « bolcho-mondains », parfois si bavards dans les loges françaises, devraient s'en souvenir si toutefois ils en ont eu conscience un jour.

  • Le GODF et les hommes politiques

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    jup.jpgJ'ai lu avec grand intérêt la prise de position de Gérard Contremoulin au sujet de la venue d'Alain Juppé au siège du Grand Orient de France.

    Il écrit :

    « La Lumière s'est braquée sur cette session de travail maçonnique du GODF où un candidat à la « Primaire » d'une organisation politique, Alain Juppé, s'est exprimé dans le Temple Arthur Groussier, le grand Temple de la rue Cadet. Cette solennité, rehaussée par la présence du Grand-Maître n'est pas un fait banal... »

    La présentation de l'événement est biaisée. En effet, Alain Juppé est venu au GODF, à l'initiative de trois loges, en tant que candidat à l'élection présidentielle et non en tant que candidat à la primaire de la droite. On aurait pu certes écrire candidat présomptif mais qu'est-ce que cela aurait changé puisque, de toute façon, chacun sait que son destin présidentiel dépend de sa victoire éventuelle à la primaire organisée par les partis de la droite républicaine ?

    Alain Juppé a été invité à plancher sur le thème : Comment la République peut entretenir et développer la citoyenneté ? Je n'ai pas assisté à sa conférence mais je présume qu'il s'est exprimé avec la hauteur de vue nécessaire bien que l'on n'entende pas toujours de hautes pensées sous les voûtes étoilées des temples maçonniques (mais c'est un autre sujet).

    Bref, nous ne sommes pas encore en période électorale durant laquelle la communication politique est strictement encadrée par la loi. Dès l'instant où les loges concernées ont sollicité et obtenu l'autorisation du Conseil de l'Ordre, je ne vois vraiment pas où est le problème, qu'il s'agisse d'Alain Juppé ou d'un autre élu attaché aux valeurs républicaines et démocratiques. 

    Contremoulin poursuit :

    « Or, la venue rue Cadet de deux candidats à la Primaire de « Les Républicains et du Centre », Nathalie Kosciusko-Morizet et Alain Juppé, parce qu'ils ne sont pas et pour aucun des deux, des candidats aux élections de la République, n'ont aucune raison d'être accueillis au GODF»

    Position étonnante et alambiquée qui postule que ces deux personnages publics « n'ont aucune raison d'être accueilli au GODF » (sic). Aucune ? Les deux, que je sache, sont bien en lice pour l'élection présidentielle. Et puis, NKM et Juppé sont venus pour traiter une question, exposer leur façon de voir les choses à l'aune de leur expérience d'élu, et non pour décliner bêtement un programme électoral devant des francs-maçons qui ne partagent pas nécessairement les mêmes idées qu'eux (ce qui est mon cas).

    A moins que ce qui dérange notre frère Contremoulin est que ces deux politiques ne sont pas du même bord que lui...

    Sans titre 3.jpg

    Ce qui serait pour le moins savoureux et reviendrait tout simplement à faire implicitement de la politique politicienne sous couvert de vouloir en préserver le GODF !

    Quoi qu'il en soit des intentions des uns et des autres, il faut savoir raison garder. Si on tourne son regard vers le passé, on se rendra compte que le GODF de la première moitié du vingtième siècle était certainement bien plus « instrumentalisable politiquement » qu'il ne l'est aujourd'hui.

    Les loges du GODF ont toujours invité des personnes issues du corps politique ou de la société civile pour traiter de questions profanes. Cette pratique est très ancienne. Pour vous donner un exemple, voici un extrait des ordres du jour des loges de la région parisienne de mars 1932 (merci à Hervé M. pour le document !).

    Gérard Contremoulin, Politique, GODF

    Imaginez en 2016 le tollé si une loge avait voulu organiser une tenue blanche sur le « conflit des races » (sic) et des puissances au Proche Orient ou ailleurs dans le monde. Imaginez si Juppé était venu psalmodier son programme ou Mélenchon de ses démêlés avec ses anciens camarades... On est donc loin, très loin même, de ce qui se faisait avant.

    Voici encore un autre document qui atteste du militantisme des loges (merci, une fois encore, à Hervé M. qui me permet de vous faire profiter des archives de son grand père). Il paraît que cet autocollant a été distribué aux frères de Melun (Seine et Marne), probablement dans les années 30. Les frères étaient invités à le coller.

    Gérard Contremoulin, Politique, GODF

    Imaginez si un Vénérable ou une Obédience avait l'inconscience de faire pareil aujourd'hui ? Imaginez un seul instant si un frère se mettait en tête de distribuer en salle humide les tracts politiques de son candidat préféré ? Je ne suis pas sûr que les nostalgiques de la franc-maçonnerie de la troisième République toléreraient aujourd'hui de telles pratiques dans les loges.

  • Riandey : le retour

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    Il semble que le frère Vadabus ait été surpris par ma note sur Charles Riandey. Il s'est ainsi fendu d'un droit de réponse plutôt gentil. Je vous invite à le lire.

    Je maintiens évidemment tout ce que j'ai écrit parce que ma note était rédigée en des termes mesurés. De toute façon, Riandey est mort il y a maintenant un peu plus de quarante ans. Il ne peut donc plus se défendre. C'est pourquoi je trouve cette mise en cause post-mortem assez dérisoire, d'autant plus qu'elle vient en appui d'un raisonnement plus large visant en réalité à faire aujourd'hui le procès des instances dirigeantes de la Grande Loge de France (je n'en discute pas le bien-fondé car je partage globalement l'analyse décapante de Vadabus).

    Mais s'en prendre à Charles Riandey mort me fait songer à ces professeurs de vertu qui, hier, reprochaient à François Mitterrand, déjà très amoindri et en fin de règne, l'épisode (archiconnu) de la francisque. Je me souviens de la colère de Pierre Péan qui se désolait de l'instrumentalisation politique faite de son livre Une jeunesse française.

    Qu'il me soit juste permis de relever que tout ce qu'on retrouve sur l'antisémitisme de Riandey est pour l'instant réduit à une seule phrase glanée sur d'autres sites avec d'ailleurs la même erreur « S. Moerschel » au lieu de « G. Moerschel ». Je me souviens pas qu'il ait été fait référence à la déclaration de Riandey dans le livre de Cornevin cité dans ma note. Cornevin mentionne pourtant des extraits de déclaration d'autres maçons interpelés. Simple oubli de sa part ou ignorance du rôle que joua Riandey dans la maçonnerie d'après guerre ?  Je ne sais pas.

    Riandey a-t-il dénoncé nommément des juifs et des francs-maçons ? Est-il établi que des hommes sont morts par sa faute ? A-t-il participé activement à des mouvements de collaboration ? A-t-il été poursuivi après la Libération ?

    Je ne suis nullement effrayé à l'idée qu'on me le démontre par l'affirmative mais je tiens néanmoins à ce qu'il lui soit fait justice de l'entièreté de son parcours sous l'Occupation. Riandey a été résistant dès 1943. Il a été arrêté en 1944. Il a donc bien fait partie des 25700 nouveaux internés à Buchenwald rien que pour l'année 43/44. Pour un soi-disant « résistant de la 25ème heure », ce n'est tout de même pas anodin. D'autres résistants sur le tard ont fait l'économie des camps.

    Si donc quelqu'un possède une copie du procès-verbal d'audition de Riandey, je serais heureux de pouvoir le consulter. Il est possible qu'on y découvre des choses gratinées. En même temps, il devait être difficile de se sentir à l'aise lorsqu'on était à portée de baffes d'un agent de la Gestapo.

    Un dernier point. Jean-Pierre Bacot m'a écrit pour m'informer d'un article sur l'histoire de la GLNF dans lequel l'antisémitisme de Riandey a été abordé. Je signale que cet article est publié dans un numéro spécial de Critica Masonica qu'il présentera en avant-première au prochain salon du livre maçonnique de Paris.

  • Le faux débat de l'identité nationale

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    Politique, Alain Ducasse, Alain Delon, Argent, République, Hervé Mariton, Jérôme Chartier, Catherine Dumas

    Le discours relatif au patriotisme et à l'identité nationale est profondément hypocrite. Je vais vous le démontrer. Pour ce faire, il faut remonter en juin 2008. Il y a un peu plus de huit ans, M. Alain Ducasse, un des grands chefs de la gastronomie française, qui résidait depuis des années à Monaco, avait choisi de devenir monégasque. C'était son droit le plus strict. Conformément à la Convention de Strasbourg du 6 mai 1963 signée dans le cadre du Conseil de l’Europe (à ne pas confondre avec l’Union européenne), il avait été institué un mécanisme de perte automatique de la nationalité d’origine en cas d’acquisition volontaire de la nationalité d’un autre Etat contractant. La Principauté de Monaco et la France sont membres du Conseil de l’Europe. En devenant monégasque, Ducasse savait donc qu’il allait perdre sa nationalité française. Grand bruit dans le Landerneau politique.

    Je me souviens que des parlementaire s'étaient servis de cette affaire, à la fin du mois de juin 2008, pour réclamer la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Le député Jérôme Chartier avait ainsi lancé sur les ondes ce cri du cœur : « Alain Ducasse a donné le signal, assez d’idéologie ! »  La sénatrice Catherine Dumas avait déclaré pour sa part que « la France est une nouvelle fois victime de sa fiscalité excessive. Après nos artistes, nos sportifs et nos grands chefs d’entreprises, l’ISF s’attaque désormais à nos artisans de renom et de talent ».  Le député Hervé Mariton (qui est candidat à l'élection présidentielle de 2017) avait émis ce jugement : « si nos dispositifs (fiscaux) étaient aussi excessifs que les socialistes l’ont dit, Ducasse ne serait pas parti. Si Ducasse est parti, c’est que les socialistes n’avaient pas raison »Selon ces parlementaires, il aurait donc fallu que les Français plaignent ou portent le deuil coupable de toutes les personnes fortunées qui avaient fait le choix de quitter le pays et, parfois, de prendre une autre nationalité pour payer moins d'impôts (ainsi de M. Alain Delon devenu Suisse par filiation fiscale alors que je rappelle qu'il fut le premier « people » à reconnaître publiquement ses sympathies politiques lepénistes ; on se souvient aussi des tergiversations de M. Bernard Arnault relatives à sa demande de nationalité belge). 

    Par conséquent, « l’affaire Ducasse », que tout le monde a oubliée aujourd'hui, a révélé une conception hypocrite de la nationalité et du patriotisme. Elle consiste à invoquer l'identité nationale chaque fois qu’il s’agit de causer d’immigration et de l'évacuer totalement quand il est question d'argent et de protection du patrimoine ! En effet, au lieu de s’interroger par exemple sur ce que peut représenter le sentiment patriotique aujourd’hui, sur ce qui peut amener un individu à être sincèrement attaché à la France et à le manifester simplement et sobrement, ou encore sur ce qui peut amener une personne à venir d’un pays lointain pour s’installer en France avec sa famille et y reconstruire sa vie, eh bien vous avez des représentants de la classe politique française qui préfèrent parler à la place de pognon, de pression fiscale excessive, d’exil, de « fuite des cerveaux », de « fuite des entrepreneurs » et de « fuite de créateurs de richesses » dans le but de justifier implicitement l'évasion fiscale, voire la fraude fiscale.

    J'espère donc que les citoyens ne se laisseront pas berner, une nouvelle fois, par le faux débat de l'identité nationale.