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observatoire de la laïcité - Page 2

  • Jean-Louis Bianco : « Je ne démissionnerai pas »

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    « Je suis nommé par décret du président de la République. Celui-ci m'a simplement fait savoir qu'il souhaitait que je ne démissionne pas. Je ne démissionnerai pas. » Si ce que dit Jean-Louis Bianco est exact, alors les tentatives de déstabilisation de l'Observatoire de la Laïcité devraient rapidement s'estomper et l'on pourra enfin passer à autre chose.

    Vous trouverez ci-dessous l'interview de Jean-Louis Bianco du 21 janvier 2016. Celui-ci recadre le débat et montre la petitesse de cette polémique comparée aux enjeux sociétaux de la laïcité.

    Il rappelle que l'Observatoire de la Laïcité, dont il souligne le travail, défend et promeut la laïcité consacrée par notre droit positif face à ceux qui veulent s'accaparer la notion pour la tordre dans tous les sens.

  • Soutien à l'Observatoire de la Laïcité

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    observatoire de la laïcité, jean-louis bianco, fédération nationale de la libre pensée, ligue de l'enseignement, ligue des droits de l'homme, laïcitéJe crois utile de relayer sur ce blog le communiqué commun de la ligue de l'enseignement, de la fédération nationale de la libre pensée et de la ligue des droits de l'homme. Trois associations bien connues de promotion et de défense de la laïcité fondées respectivement en 1866, 1890 et 1898 (excusez du peu !).

    C'est dire si ces "trois vieilles dames" connaissent parfaitement le combat laïque à la fois sur le terrain et sur le long terme.

    Leur prise de position commune, à mon avis, mérite d'être largement soutenue et diffusée afin que la laïcité ne soit pas instrumentalisée politiquement par les extrémistes de tous bords et ne serve pas de prétexte à des atteintes graves aux libertés publiques dans notre pays.

    L’Observatoire de la laïcité, son président et son rapporteur, viennent d’être la cible ces jours derniers d’attaques aussi injustifiées que dénuées de fondement. Les associations signataires du présent communiqué sont investies de façon historique sur la laïcité. Elles sont présentes sur le terrain pour la faire vivre dans la vie quotidienne, aussi bien par leurs actions que par leurs publications. Elles ont ainsi pu mesurer l’apport de l’Observatoire de la laïcité dès sa création. Ses avis, ses rapports annuels, ses communiqués, ses guides pratiques, les multiples interventions de son président et de son rapporteur dans les débats avec les acteurs de terrain… sont pour elles un apport précieux qui nourrit à la fois le fonds théorique et la mise en œuvre concrète du principe de laïcité de la République. L’Observatoire n’est ni une autorité qui impose, ni un pouvoir judiciaire qui tranche. Il éclaire le débat et la recherche laïque. Il a un rôle de conseil et non de décision. Son apport juridique est incontestable. Ses avis et ses recommandations, donnant la loi et rien que la loi, sont nécessaires. Leur mise en œuvre peut légitimement être discutée à condition d’être menée de façon rationnelle et dans le respect mutuel.

    Au-delà de la diversité d’opinions, d’objectifs, de pratiques de nos associations, ce sont ces simples principes profondément laïques dont nous souhaitons poursuivre la mise en œuvre en développant la collaboration avec l’Observatoire de la laïcité dans une fidélité assumée aux principes posés par la loi du 9 décembre 1905.

    Fédération Nationale de la Libre Pensée
    Ligue des Droits de l’Homme
    Ligue de l’enseignement

     

  • Jean-Louis Bianco répond à Daniel Keller

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    Trois jours. Il n'aura fallu que trois petits jours à Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la Laïcité (OL), pour répondre à Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France (GODF), au sujet des 25 propositions sur la laïcité. La célérité avec laquelle le président Bianco a réagi à l'initiative surprise du GODF (je dis "surprise" car le Convent du GODF n'y a jamais été associé comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire dans ma note précédente) confirme bien que l'OL n'entend pas se laisser déborder par ceux qui considèrent la laïcité comme leur pré carré.

    Avec l'esprit de synthèse qu'on lui connaît, Jean-Louis Bianco a méthodiquement commenté l'inventaire brouillon de mesures préconisées par un groupe inconnu de frères qui s'est arrogé le droit de parler au nom de la plus ancienne obédience maçonnique française. J'invite le lecteur à prendre connaissance de ce courrier qui figure en pièce jointe de cette note. Je retiendrai pour ma part cet extrait :

    "La Commission nationale consultative des droits de l'Homme a par ailleurs rappelé dans son avis du 26 septembre 2013 que "la loi ne saurait se substituer à la jurisprudence dès lors qu'il lui est impossible de résoudre chaque difficulté particulière posée par l'application du principe de laïcité"."

    Ce rappel est capital. La laïcité ne saurait être l'uniformisation des consciences dans une sorte de neutralité chimérique qu'une loi pourrait imposer au citoyen de manière tout aussi illusoire. La laïcité est toujours le résultat d'un compromis entre, d'une part, les exigences de la vie sociale, qui impliquent le respect effectif de l'intérêt général et l'absence d'inféodation du pouvoir politique à un quelconque ordre religieux, et d'autre part, le libre épanouissement des individus, qui implique le droit de chacun à pouvoir mener son existence selon ses goûts et sa philosophie sans crainte d'être inquiété. 

    Il faut donc cesser d'entretenir ce rapport magique à la loi parce qu'il est spécieux de penser que l'on peut régler tous les problèmes, même les plus spécifiques, en édictant de nouvelles normes. Comment ne pas faire référence à la loi absurde sur l'interdiction du port du voile intégral qui non seulement ne concerne qu'une infime minorité de personnes mais a été aussi votée, en réalité, pour des raisons politiciennes et électoralistes ?

    Notre arsenal législatif est suffisamment étoffé pour permettre à la médiation - ou à la justice si aucune conciliation n'est possible - de résoudre les différends. Et s'il peut arriver que notre droit ait des lacunes dans le domaine de la laïcité comme dans d'autres, il faut toujours se souvenir que légiférer n'est jamais un acte anodin ainsi que le président Bianco l'a souligné :

    "(...) l'Observatoire de la laïcité a recommandé de ne pas user de la loi pour répondre à un seul cas particulier et rappelle qu'une option législative, plus large, supposerait, au préalable, une concertation entre groupes politiques parlementaires afin de permettre un débat serein évitant toute instrumentalisation partisane."

    Je ne saurais mieux dire.

    ______________________

    Document :

    lettre-obs-de-la-laicite.pdf