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loge - Page 5

  • De retour de loge

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    Tous les FF∴ de province le savent et plus particulièrement ceux qui vivent dans la France profonde et appartiennent à de petites loges rurales comme c'est mon cas : les maçons sont habitués à se déplacer.

    Chez moi, les distances se calculent plus en temps qu'en kilomètres. Aller en loge est certes un plaisir, mais c'est aussi un réel effort. Je dois prendre la voiture et faire au moins une heure de trajet aller et une heure de trajet retour sur de petites routes sinueuses. Je ne m'en plains pas car certains de mes FF∴ font plus de quatre heures de route (aller retour bien sûr). Et il n'est pas rare – surtout en cette période - que les conditions soient difficiles (verglas, brouillard, neige)...

    Mais ce n'est pas bien grave. Les « maçons ruraux » ont l'habitude.

  • De la fraternité maçonnique

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    La fraternité maçonnique est une appartenance commune à un ordre initiatique, ésotérique et traditionnel.

    Elle n'est pas un sentiment aux termes duquel on décréterait l'amour général et impersonnel.

    Elle peut même être une sorte de paradoxe qui dissimule, parfois, des haines vigilantes (souvenons-nous toujours du mythe de Caïn et d'Abel).

    Si un salaud peut être poli, il peut aussi se montrer fraternel.

    Une fois, j'avais dit cela à un frère d'une loge que je visitais. Ce frère, qui avait pourtant de la fraternité mielleuse plein les lèvres, m'avait verbalement agressé : "Tu n'as strictement rien à faire en maçonnerie."

    Qu'avais-je dit pourtant de si terrible qui m'ait valu un tel rejet ?

    Rien d'autre que de considérer ce que nous sommes sans naïveté et angélisme ostentatoires.

  • L'influence des "hauts grades"

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    Lu sous la plume du F Jean-Luc Maxence (je souligne) :

    "À l’heure où la Grande Loge de France (GLDF) se cherche avec grande inquiétude un Grand Maître pour succéder au précédent qui vient d’achever ses trois années de grands discours éloquents et de verrouillage absurde par le Suprême Conseil de France (...)"

    Ce n'est pas la référence au Suprême Conseil de France qui m'intéresse, mais plutôt l'allusion au verrouillage dont on l'accuse. C'est un vieux reproche dont il n'a pas l'apanage. Toutes les juridictions de hauts grades, quel que soit le rite, sont soupçonnées d'exercer une encombrante tutelle sur les obédiences symboliques.

    Je suis dans les hauts grades depuis 1997. Je suis cependant très loin d'être au nirvana de la hiérarchie maçonnique. Pour autant, je dois dire que je n'ai jamais constaté que les ateliers dits "supérieurs" exerçaient une influence directe sur la vie des loges bleues. Ils ont en effet bien d'autres sujets de préoccupation, à commencer par une vie qui leur est propre ! En revanche, j'ai croisé le chemin de nombreux maçons qui se faisaient une montagne des ateliers de perfectionnement. Ce qui n'est pas la même chose.

    Alors d'où vient cette croyance en la capacité des hauts grades à exercer une influence sur les loges symboliques ? Je pense qu'elle vient principalement de la "cordonnite" ou si l'on préfère du désir irrépressible de collectionner les degrés et dignités maçonniques. Je crois donc que ce qu'on appelle "l'influence des hauts grades" est en réalité directement proportionnelle à l'envie du maçon de poursuivre son cheminement dans la hiérarchie initiatique.

    En d'autres termes, quand un F a envie de faire de la grimpette, il donne forcément de l'importance aux grades qu'il convoite. Et il prête inévitablement de l'influence aux juridictions maçonniques qui les administrent. Ce qui peut l'inciter à intérioriser certaines contraintes et certaines limites pour être dans le ton ou pour plaire à d'éventuels parrains qui seraient disposés à le présenter. C'est au fond un jeu de société que l'on retrouve dans plein d'autres milieux et dans plein d'autres hiérarchies. Certains y sont sensibles. D'autres pas.

    Je ne me souviens pas en tout cas que l'on m'ait demandé une seule fois de faire la révérence ou des courbettes devant qui que ce soit pour entrer dans un chapitre. Je n'ai jamais reçu la moindre consigne de me comporter d'une façon particulière en loge. Je n'ai même jamais assisté à une seule réunion de chapitre dont l'ordre du jour était consacré à la vie des loges locales et à la manière de les contrôler.

    Pour terminer, je voudrais citer de mémoire ce que disait le F Jean Mourgues à propos des grades maçonniques. Je ne sais plus dans quel livre j'avais lu cette phrase. Je la trouve en tout cas très belle et profondément vraie. A mon avis, elle résume parfaitement la réalité triviale de la progression initiatique.

    "Les grades ne sont que des fictions dont les plus vaniteux ne savent pas à quoi elles les engagent."

  • La loge, creuset aux influences diverses

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    Il y a des positions qui, à force d'être répétées, paraissent conformistes mais elles demeurent pourtant fondamentales. Parmi ces positions, il y a celle qui consiste à dire que la maçonnerie n’est et ne sera jamais un supplétif aux engagements que le maçon est incapable d’avoir dans le monde profane.

    Si je suis militant politique, syndical, associatif, mon premier devoir est de laisser ces engagements à la porte de la loge. Non pour les oublier bien sûr, mais parce que la loge est un creuset aux influences diverses. La liberté d’être ce que je suis est conditionnée par liberté de ceux que je côtoie en loge.

    C’est pour cela que je suis attaché à l’idée qu’une loge travaille sur les sujets les plus variés et que son recrutement soit le plus éclectique possible. Sa richesse est fonction de la diversité des préoccupations de ses membres. Le reste ? La diffusion des idées ? L'engagement ? C'est à chacun d'en décider librement en fonction de ses moyens et du temps dont il dispose.

    Je pars du principe qu’on a toujours besoin d’un plus anar, d'un plus socialo, d’un plus réac, d’un plus bigot, d’un plus ceci, d’un plus cela que soi. Si en loge tout n’était qu’harmonie et si rien en autrui n'était susceptible de m'intriguer, de me surprendre, voire de m’inquiéter, alors la fraternité ne serait que l’autre nom de l’indifférence. Je ne pense pas qu’on vienne en loge pour cultiver l'indifférence aux autres et pour trouver des personnes qui pensent pareil que soi.