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loge - Page 3

  • Questions à l'étude des loges

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    GODF, Franc-Maçonnerie, LogeChaque année, le Convent (l'assemblée générale) du Grand Orient de France (G∴O∴D∴F∴) pose une série de questions aux loges de l'obédience.

    • La première question concerne un sujet d'intérêt général.
    • La deuxième est relative à un sujet maçonnique.
    • La troisième est consacrée à la laïcité.
    • La quatrième est consacrée à la paix.
    • Et la cinquième question est spécialement destinée aux loges hors métropole.

    Règlementairement, chaque loge doit répondre à au moins deux questions. Mais rien n'interdit à toute loge qui le désire d'en traiter davantage.

    Les questions conventuelles sont un temps fort de la vie du G∴O∴D∴F∴. J'ai toujours trouvé stimulant de savoir que toutes les loges de l'obédience planchaient sur les mêmes sujets à la même période.

    Il arrive parfois que des FF∴ s'interrogent sur l'utilité de ces questions. Justement. Il ne faut pas raisonner de façon utilitariste. Il ne faut pas davantage raisonner en terme d'immédiateté. Je prendrai une image. Quand les bâtisseurs de cathédrales commençaient un édifice, ils savaient qu'ils n'en verraient pas le clocher. Ça ne les empêchait nullement de se mettre à l'ouvrage.

    Eh bien, d'une certaine façon, il en est de même pour les questions à l'étude des loges. Nous ne sommes pas dans l'opératif mais dans le spéculatif. Les synthèses régionales sont un aperçu du ressenti des loges à un moment donné et sur des sujets bien spécifiques. Et chaque loge est en soi un petit microcosme singulier d'individus riches de leurs différences. Ces synthèses offrent donc des pistes de réflexion, défendent des idées et des principes, posent des jalons pour une pensée humaniste au sein de la société. Ces synthèses peuvent éventuellement inspirer des décideurs publics ou privés. Ou pas d'ailleurs. Qu'importe qu'il n'y ait pas de prolongements concrets immédiats ! L'essentiel est qu'il y ait eu réflexion collective. Cette réflexion nourrit la loge et le maçon. Il faut donc laisser les idées cheminer librement au rythme du corps social. C'est aussi ça le travail maçonnique. Fais ce que dois, advienne que pourra.

    Quand je suis entré en maçonnerie, il y a bientôt 24 ans, le résultat de cette oeuvre commune se perdait dans les comptes-rendus des Convents et trouvait sa place dans les archives. Depuis trois ans, ce résultat fait enfin l'objet d'une édition grand public. C'est une excellente chose ! Maçons et profanes pourront ainsi y trouver un bon aperçu du travail des loges. Il est dommage cependant que les synthèses sur la question maçonnique n'y figurent pas. Ce parti-pris éditorial repose sans doute sur la volonté de préserver l'intimité du questionnement initiatique. C'est un choix qui se défend même si, à titre personnel, je le considère quelque peu artificiel eu égard au nombre d'ouvrages publiés chaque année sur la franc-maçonnerie.

    Questions à l'étude des loges n°3, synthèses année 2014-2015, Grand Orient de France, collection Horizons Maçonniques, prix public 9 €. A commander chez Conform édition.

  • Ouvrir son esprit

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    adhucstat.jpgJe ne le dirai jamais assez : pour prendre du plaisir en franc-maçonnerie, il faut être ouvert d'esprit, c'est-à-dire être un minimum curieux et désireux de bousculer ses habitudes. C’est la raison pour laquelle j'ai toujours été étonné de constater que l’ésotérisme pouvait rétrécir le champ de vision de certains francs-maçons au lieu de l’agrandir. Cette situation s'explique probablement par cette tendance, vieille comme le monde, à ne voir dans les symboles que des normes directrices dont la conscience ne doit pas s’affranchir et dans les rituels une tyrannie de la forme qui privilégierait la sécheresse de la lettre au détriment du souffle vivifiant de la libre interprétation. Il en est parfois de la maçonnerie comme d'une confession religieuse. Le risque de confusion est bien réel chez certains maçons qui agissent et pensent plus en convertis qu'en initiés. En effet il arrive plus souvent qu’on ne le croit que l’Ordre maçonnique sécrète – quel que soit le rite considéré je le précise – son cortège de petits fondamentalistes en costume-cravate (et en tailleur).

    J'aime bousculer mes certitudes et, quand j'en ai le loisir, j'aime fréquenter des loges beaucoup plus symbolistes que la mienne. Je me souviens par exemple d'une très belle et riche discussion que j'avais eue en salle humide avec des FF∴ du régime écossais rectifié (R∴E∴R∴), rite maçonnique doctrinalement chrétien et avec lequel je n'ai aucune accointance particulière. Ce fut une belle rencontre. Depuis longtemps, mes interlocuteurs s’étaient affranchis de la tyrannie des formes et des incantations dans lesquelles se perdent immanquablement ceux qui prennent tout au pied de la lettre. Je me suis rendu compte qu’autour d’une table, d’un bon repas et avec un verre d’excellent vin, l’esprit s’apaise et les choses finissent par être plus compréhensibles et ramenées à de plus justes proportions pour n'importe quel athée qui se respecte.

    Je me suis même surpris à comprendre « l’idéal chrétien », évoqué par ce rite, sans être obnubilé par l’étiquette de cette maçonnerie qui est aussi l'antichambre d’une chevalerie célestielle (célestielle par opposition à terrienne, terrienne qui renvoie à la matérialité, au pouvoir temporel, au transitoire, au fugace, au profane). Je m’efface devant ces mots de Rocherius Eques a Vera Luce, ancien Grand Prieur de Neustrie, qui résument les choses évidemment mieux que je ne saurais le faire:

    « Dans un monde de facilité matérielle, où l’opulence peut côtoyer la détresse la plus profonde, où le pouvoir de l’humanité sur la nature confine à l’hégémonie totale, l’Ordre propose que, dans l’ombre, mais au cœur de ce monde, des valeurs séculaires persistent et s’expriment. L’idéal est lointain, et nul d’entre nous, en conscience, ne peut prétendre s’en être approché : tant mieux car tant que nous sentirons notre insuffisance et notre éloignement du principe, alors nous serons de vrais chevaliers. Mais à condition que cette prise de conscience soit l’aiguillon de notre combat spirituel, de la virilité morale et métaphysique qui nous fera toujours préférer le doute à la certitude, la question à la réponse, la révolte à la satisfaction, dès lors que quelques bornes fondamentales balisent notre chemin et nourrissent notre ferveur : notre foi chrétienne, l’espérance du salut, et l’amour des autres hommes. »

    Mes bornes fondamentales ne sont pas les mêmes que celles qui viennent d’être dites, mais peu importe (le clergé a bien abrité ses curés Meslier, des hérétiques dormants, qui n'étaient sans doute pas de mauvais prélats). Je suis pourtant conscient d’être sur le même chantier d'idéal. Avec un peu de réflexion, il n’y a rien d’étonnant : sur ce chantier, y compris dans le sein d’un même corps de métier, les techniques de travail ne sont pas nécessairement ou obligatoirement identiques. Quand on travaille en bonne intelligence, dans le respect mutuel, il arrive même que ces techniques se complètent et s’éclairent l’une l’autre.

  • Le Banquet d'Ordre

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    banquet.jpgComme le veut la tradition, ma R∴L∴ s'est réunie pour son banquet d'ordre.

    Ce moment convivial, apprécié de tous les FF∴, rappelle que la franc-maçonnerie spéculative est née, au début du XVIIIe siècle, dans les arrière-salles des tavernes.

    La loge de table clôt habituellement l'année civile.

    Les travaux reprendront force et vigueur en janvier.

  • Souvenir de Loge

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    ego sum, souvenir, loge, République, banquet d'ordre

    Nous sommes dans la période du solstice d'hiver. C'est celle des banquets d'ordre. En rangeant certaines de mes archives, je suis tombé sur des photos que je croyais avoir perdues.

    Elles datent de décembre 1993. J'étais à l'époque un tout jeune compagnon d'une L∴ du G∴O∴D∴F∴. J'avais 21 ans.

    J'avais sympathisé avec le V∴M∴ d'une L∴ de la G∴L∴D∴F∴. Je visitais souvent son atelier dans lequel il faisait bon travailler (c'était le temps où la G∴L∴D∴F∴ n'était pas empêtrée dans des circulaires surréalistes à propos de la régularité et d'autres sujets accessoires).

    Ce V∴M∴ avait voulu m'associer activement à la préparation de la Saint-Jean d'Hiver. Je me souviens que je devais jouer le rôle d'un maçon du XVIIIe siècle et surprendre les frères attablés. J'étais en quelque sorte le F∴ visiteur que l'on n'attend pas, qui frappe à la porte et sollicite le bon accueil.

    Je regrette de ne pas avoir retrouvé le texte de mon intervention même si je présume qu'il devait avoir pour objet l'émancipation des individus, la tolérance, les droits de l'homme et la République dont nous venions de fêter le bicentenaire. Ça devait sans doute être un peu cucul comme une chanson de Paul Louka mais finalement plein de bonne volonté.

    Des tas de souvenirs refont surface en voyant ces photos. Des visages surgissent du passé. J'entends à nouveau le son de la voix d'untel. Je me rappelle de la démarche ou du rire de tel autre. Je revois des situations, des moments. Je sens à nouveau des odeurs. C'est fou ce que l'on peut emporter avec soi sans s'en rendre compte !

    Il y a déjà vingt-deux ans... Bon sang ! Je n'en reviens pas... Vingt-deux ans... le temps passe si vite !...

    Joyeux solstice d'hiver à tous !