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france - Page 5

  • L'observatoire de la laïcité

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    2716407929.jpgIl a été institué auprès du Premier ministre un observatoire de la laïcité en vertu d'un décret en date du 25 mars 2007. La mission de l'observatoire de la laïcité est d'assister le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité dans les services publics.

    La mission de l'observatoire de la laïcité prend quatre formes principales :

    1. Il réunit les données, produit et fait produire les analyses, études et recherches permettant d'éclairer les pouvoirs publics sur la laïcité.
    2. Il peut saisir le Premier ministre de toute demande tendant à la réalisation d'études ou de recherches dans le domaine de la laïcité.
    3. Il peut proposer au Premier ministre toute mesure qui lui paraît permettre une meilleure mise en oeuvre de ce principe, notamment pour assurer l'information des agents publics et des usagers des services publics.
    4. Il peut être consulté par le Premier ministre ou les ministres sur des projets de textes législatifs ou réglementaires.

    Outre son président, nommé par décret pour une durée de quatre ans, l'observatoire est composé:

    a) Du secrétaire général du ministère de l'intérieur :
    - du secrétaire général du ministère de la justice ;
    - du directeur général de l'administration et de la fonction publique ;
    - du directeur de l'hospitalisation et de l'organisation des soins ;
    - du directeur des affaires juridiques au ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche ;
    - du directeur des affaires politiques, administratives et financières du ministère de l'outre-mer ;
    - du conseiller pour les affaires religieuses au ministère des affaires étrangères ;

    b) De deux députés et de deux sénateurs désignés respectivement par le président de l'Assemblée nationale et le président du Sénat ;

    c) Et de dix personnalités désignées en raison de leur compétence et de leur expérience.

    En outre, il est important de souligner que l'observatoire de la laïcité n'est pas une autorité administrative indépendante. Il ne dispose donc pas de pouvoirs réglementaires et coercitifs propres lui permettant d'agir en toute indépendance au nom de l'Etat dans le domaine de la laïcité. Sa mission, qui s'exerce collégialement, est essentiellement de documenter, de conseiller et d'assister le gouvernement sur toutes les questions relatives à la laïcité.

    Ce rappel de la nature juridique de l'observatoire de la laïcité est important car il permet de relativiser grandement les reproches qui lui sont régulièrement adressés par une minorité d'ultras laïques toujours prompts à caricaturer son action. En effet, si l'observatoire de la laïcité est régulièrement consulté par le gouvernement, il faut insister sur le fait que ce dernier demeure parfaitement libre de ne pas se ranger à ses avis. L'observatoire réfléchit et conseille. Il n'impose jamais.

    C'est la raison pour laquelle il convient aussi de relativiser les divergences qui se sont exprimées en son sein. Sur l'ensemble de ces membres, seuls trois ont exprimé leur défiance à l'égard du travail de l'observatoire. Il s'agit des députés Françoise Laborde (PRG) et Jean Glavany (PS) et de Patrick Kessel issu de la société civile (et accessoirement ancien Grand Maître du Grand Orient). Je ne conteste pas à ce triumvirat le droit de défendre une position très minoritaire. En revanche, je m'interroge sur ce comportement qui consiste à vouloir arracher par la polémique publique et les prises de position catastrophistes, ce qui n'a pas été obtenu aux termes d'une discussion collégiale au sein de l'observatoire. 

    Cette attitude très franco-française est inquiétante. On la retrouve d'ailleurs dans le domaine politique, syndical et associatif. Les lieux de discussion, d'échange et de délibération sont de moins en moins respectés par celles et ceux qui n'y obtiennent pas satisfaction. Les désaccords sont alors étalés en place publique et livrés au jugement du tribunal de l'opinion publique. Cette façon expéditive de procéder affaiblit automatiquement les lieux de discussion, d'échange et de délibération et donc, plus généralement, le fonctionnement démocratique dans notre pays.

    La force de la caricature est telle aujourd'hui, qu'elle finit toujours par modeler la perception que l'on a des choses. L'observatoire de la laïcité est hélas victime aujourd'hui de la caricature. Il fait l'objet de critiques injustes alors que son travail, pourtant accessible en ligne, est d'une très grande qualité. De très nombreuses associations l'ont d'ailleurs salué parmi lesquelles la ligue de l'enseignement, la libre pensée et la ligue des droits de l'homme

  • De la connerie en franc-maçonnerie

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    Un gentil lecteur s'est insurgé. Dans un mail, il me signale une évidence que je n'ai pas reprise dans ma note relative à la loi de Wheaton : la franc-maçonnerie française est aussi largement pourvue en cons. Je n'ai pas dit pas le contraire !

    De toute façon, la connerie a depuis longtemps tous les passeports du monde. Elle n'a généralement pas besoin de payer des passeurs et de se cacher pour franchir les frontières. Elle n'est pas nécessairement clandestine. On la retrouve souvent en pleine lumière, tirée à quatre épingles, dans les voitures, les avions et les trains, jusque sous les plafonds dorés des palaces ou des palais d'Etat.

    Je suis bien conscient que la connologie ou l'étude de la connerie est une discipline très complexe et piégeuse. Je ne revendique aucune compétence particulière dans ce domaine. Le risque majeur est bien entendu d'imputer la connerie chez les autres tout en cultivant soigneusement la sienne comme le jardinier voltairien cultive son jardin. Je suis le premier à reconnaître qu'il est tout à fait possible que j'en sois insidieusement frappé. 

    La connerie est également vaste. On la retrouve, à des degrés divers, dans toutes les activités humaines. C'est la raison pour laquelle la franc-maçonnerie en général et la franc-maçonnerie française en particulier n'en sont évidemment pas exemptes. Ne prenons pas de gants et reconnaissons honnêtement que la connerie peut aussi hélas porter un tablier. Je suis par exemple persuadé que chaque frère a au moins entendu une fois dans sa vie maçonnique l'affirmation suivante : 

    Chez nous, il y a des gens de toutes sortes, mais la proportion de cons y est malgré tout plus faible qu'ailleurs.

    Une connerie donc ! Oui, une connerie car personne n'a jamais tenté de déterminer sérieusement cette fameuse proportion. Le voudrait-on d'ailleurs que l'exercice serait voué à l'échec. Il faudrait en effet déterminer des critères forcément discutables et relatifs.

    Il faut donc simplifier. La vérité est qu'il y a des cons en franc-maçonnerie comme dans tous les milieux humains. En France, aux Etats-Unis et ailleurs. Ni plus ni moins. La vérité est que la connerie peut y apparaître plus concentrée ou plus ramassée comme dans tous les milieux fermés. Je veux dire par là que la connerie s'y remarque plus aisément que dans les milieux ouverts aux quatre vents, peut-être aussi parce que les francs-maçons se réclament des valeurs les plus nobles et utilisent souvent des mots lourds de sens que l'on n'entend guère couramment dans le monde profane (frère, fraternité, amour, tolérance, justice, etc.). Dès lors, quand les actes ne coïncident pas avec les pensées les plus élevées, la connerie se fraye inévitablement un chemin et peut apparaître dans toute sa splendeur.

    Ce que je dis n'est ni méchant ni cynique. C'est tout simplement la réalité des choses. Il faut savoir la regarder avec lucidité, c'est-à-dire littéralement avec de la lumière dans le regard. Sinon on devient comme ces naïfs, ces pleurnichards et ces déçus que la franc-maçonnerie traîne comme des boulets et qui en démissionnent parfois avec fracas parce qu'ils croyaient y trouver des sages et des saints. La franc-maçonnerie est un ordre initiatique. Ce n'est pas le monde des Bisounours. Les sages et les saints n'y ont jamais été nombreux. Il y en a pourtant qui ne font pas de bruit. Anonymes parmi les anonymes. On peut tomber inopinément sur l'un d'entre eux à la condition d'être moins accaparé par son petit nombril et ses petits scrupules de conscience. Il faut juste avoir la disponibilité d'esprit pour le merveilleux d'une rencontre.

    Je crois enfin avoir largement démontré sur ce blog que l'histoire permet de relativiser bien des choses et bien des déceptions. Ce que l'on déplore aujourd'hui s'est de toute façon déjà produit dans le passé sous d'autres formes, dans d'autres contextes, sous d'autres latitudes avec évidemment des protagonistes différents.

    Bref, il est illusoire d'avoir la prétention d'épuiser ce sujet complexe en une note. Je suis inévitablement contraint de schématiser. En maçonnerie, il faut retenir qu'il y a grosso modo deux formes de connerie : la connerie ésotérique et la connerie exotérique.

    La connerie ésotérique désigne celle qu'on réserve à la loge ou aux différentes arcanes obédientielles. Elle se transmet d'initié à initié. Elle est aussi diverse que les grades et les rites. Elle nous vient du passé et tend vers l'avenir. Par elle, nous sommes rattachés à la lignée de nos ancêtres, nos maîtres vénérés qui la formaient hier. J'en ai donné quelques exemples concrets ici, ou bien encore ici et  (liste non exhaustive).

    La connerie exotérique désigne celle que l'on exprime dans le monde profane. Elle se manifeste chaque fois que l'on oublie ses engagements et qu'on réagit à l'emporte pièce, c'est-à-dire comme un con. Sur les réseaux sociaux en particulier, elle s'exprime souvent de façon paroxystique. J'en ai donné des exemples concrets ici, ou encore ici et  (liste non exhaustive).

    Voilà, j'espère que j'ai pu rassurer mon honorable lecteur. Ceci dit, il faut prendre garde à ne pas tomber non plus dans l'auto-flagellation. Je rappelle qu'il y a des cons de toutes sortes et de toutes convictions. Sur ce petit blog, j'ai ainsi consacré de nombreuses notes aux antimaçons dont la connerie sûre d'elle-même et souvent brutale, est fascinante à étudier précisément parce qu'elle est sans limites. 

  • Hommage à la mémoire de M. Jacques Hamel

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    hamel.jpgMes pensées émues et fraternelles vont à M. Jacques Hamel, 86 ans, curé à Saint-Etienne-du-Rouvray, assassiné lâchement par un jeune islamiste de 19 ans alors qu'il disait tranquillement la messe.

    Elles s'adressent également à tous les habitants de cette commune durement éprouvée par cette terrible nouvelle.

    Il me paraît important de souligner que M. Hamel participait aussi à un comité interconfessionnel avec le comité régional du culte musulman.

    L'assassin voulait donc clairement s'en prendre à ce vieil homme dévoué et apprécié de tous, parce qu'il symbolisait la volonté de service et de dialogue oecuménique.

    Je voudrais aussi souligner la grande dignité avec laquelle les autorités catholiques ont réagi à cette affreuse nouvelle. Elle contraste avec la fébrilité de certains politiciens cyniques prompts à la polémique et désireux d'exploiter électoralement tous les drames qui frappent notre pays.

    La France ne sera forte que si elle demeure rassemblée dans le respect des valeurs de tolérance, de respect mutuel et de liberté de conscience.

    Il me vient à l'esprit cet extrait du poème de Kipling :

    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,
    Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis
    Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
    Tu seras un Homme, mon fils.

    Que nous restions lucides face à ceux qui prônent la haine et les surenchères simplistes de toutes sortes, c'est tout le mal que je nous souhaite !

  • Les citoyens face à l'imprévu

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    parisien.jpg

    Je voudrais remercier M. Olivier Beaumont, journaliste au Parisien, pour son article rédigé avec deux de ses confrères après l'attentat du 14 juillet à Nice. Je ne vais pas en rajouter sur ces femmes et hommes politiques qui ont cyniquement fait le choix de polémiquer sur des cadavres d'innocents alors qu'ils savent pertinemment, du moins pour certains d'entre eux, que la sécurité absolue est un mythe.

    Je voudrais plutôt revenir dans cette note sur un fait divers qui a eu lieu, dans la soirée du 19 juillet, à la Gare du Nord à Paris et dont la presse s'est fait l'écho. Le trafic ferroviaire a été totalement interrompu pendant quatre heures à cause notamment d'un incendie sur un transformateur électrique provoqué, selon la SNCF, par un acte de malveillance. On déplore également des vols de câbles en cuivre.

    Les réactions provoquées par ce fait divers en disent long sur l'état d'esprit inquiétant d'une partie de nos compatriotes. Ces réactions rappellent en tout cas étrangement celles de ces quelques politiciens mises en évidence par Le Parisien.

    Sous l'oeil complaisant des caméras des JT et des chaînes d'information continue, on a ainsi pu voir et entendre les habituelles rengaines des voyageurs excédés. Incapables de voir plus loin que leur petit cas personnel de citoyen contrarié, les inévitables geignards s'en sont donné à coeur joie en critiquant l'entreprise publique et ses salariés.

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    Quand je vois un spectacle aussi affligeant d'usagers prompts à la critique et à la recherche frénétique de responsables, comment ne pas penser aux interventions de ces politiciens démagogues jouant de façon obscène aux inspecteurs des travaux finis chaque fois qu'un cas de force majeure, une situation exceptionnelle ou un drame se produit dans notre pays ?

    Et j'en arrive à me demander si certains de nos compatriotes (je dis bien certains car je ne veux évidemment pas généraliser) sont bien conscients que la vie est fondamentalement un risque et qu'elle est aussi un parcours jalonné d'obstacles.

    Je n'ose croire qu'ils soient si nombreux à être incapables de réagir rationnellement face à l'adversité au point d'éprouver le besoin d'être maternés comme des enfants en bas âge.

    Quand leur dira-t-on enfin que la sécurité à 100 % n'existe pas? Quand admettront-ils enfin qu'il est impossible d'anticiper et de régler tous les problèmes, en quelques minutes ou en quelques heures, même avec la meilleure volonté du monde ?