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etats-unis d'amérique - Page 5

  • A vendre !

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    Le local des loges de la petite ville de Bishop Auckland (16200 habitants), dans le comté de Durham (Angleterre), est à vendre moyennant le prix de 140 000 £ soit une contre-valeur de 165 750 €. L'agence immobilière chargée de négocier la vente indique que le masonic hall date de 1965. La superficie totale avoisine les 665 m². Avis aux amateurs.

    Ce bâtiment abrite deux loges bleues, un chapitre de l'arche royale, deux loges de la maçonnerie de la Marque et une commanderie de chevaliers templiers. Soit six structures au total. Ce qui n'est vraiment pas beaucoup pour un bâtiment de cette importance.

    Les raisons de cette vente ne sont pas précisées. Cependant, comment ne pas songer aux propos de l'ancien Grand Maître de la Grande Loge du Kansas ? En novembre dernier, lors de la conférence mondiale des Grandes Loges régulières à Los Angeles, celui-ci précisait que la baisse constante des effectifs maçonniques poussait de plus en plus de Grandes Loges à se séparer de bâtiments qu'elles étaient dans l'incapacité financière d'entretenir, de mettre aux normes et de conserver.

    « (...) le déclin constant des adhésions depuis 1957 a clairement conduit les grandes loges à assumer le pire (…) Il est indéniable que la confrérie s’est fait plaisir au cours du 20ème siècle avec la construction de somptueux temples et autres installations, affirmant la Maçonnerie d’une façon beaucoup plus manifeste que par le passé (ce qui constitue probablement un autre virage doctrinal en soi). Comme il devenait plus visible, l’ordre a pris d’importants engagements philanthropiques, ce qui avait l’avantage concomitant de renforcer la position de la Franc-maçonnerie parmi les profanes. Supporter ces dépenses exigeait une croissance constante des adhésions (…) »

    Il est vrai que cette vente concerne la franc-maçonnerie anglaise. Ce faisant, le constat formulé pour l'Amérique du nord peut très bien aussi s'appliquer à la Grande Bretagne et plus particulièrement à l'Angleterre. J'ai en effet indiqué récemment que la Grande Loge Unie d'Angleterre avait mis en place un groupe chargé de réfléchir sur les moyens d'endiguer la chute de ses effectifs. J'ai relevé que la province maçonnique de Durham comprenait au total une trentaine de bâtiments ! Certes, tous ne sont peut-être pas la propriété des loges ou de la Grande Loge Unie d'Angleterre. Tous ne sont pas non plus d'une superficie équivalente à celui de Bishop Auckland mais c'est dire quand même la pression financière que doit exercer ce parc immobilier conséquent, surtout si la maçonnerie anglaise est confrontée à une chute constante de ses effectifs.

  • Ne faites pas le con !

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    wheaton2.jpgCe 29 juillet, c'est l'anniversaire de Wil Wheaton. Il fête donc ses 44 ans. Joyeux anniversaire Wil ! Mais de qui s'agit-il ? D'un acteur, blogueur, écrivain et activiste politique américain qui a inventé une loi dont il fait en ce moment la promotion aux Etats-Unis d'Amérique. Vu le contexte, je le comprends.

    Cette loi s'énonce sous la forme d'un impératif : don't be a dick ! Littéralement, ça signifie ne soyez pas une bite. En français, on le traduirait plutôt par l'expression familière: ne faites pas le con !

    La loi de Wheaton est loufoque et simple :

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    Pourquoi parler de la loi de Wheaton sur ce blog ? Parce qu'elle a fait l'objet d'un article très marrant sur le site maçonnique satirique The Past Bastard (Le Vénérable Connard).

    Ce site collaboratif et corrosif, animé par des FF américains, relaye la demande imaginaire d'une loge californienne visant à introduire la loi de Wheaton dans les usages maçonniques en général et dans le serment des récipiendaires en particulier !

    « Le Vénérable Joe Snow, de la loge Bienfaisance n°4 [à l'orient de Burbank, ville natale de Wheaton] et initiateur de la demande, a parlé avec le Vénérable Connard de la nécessité de modifier le rituel afin que la franc-maçonnerie soit une organisation plus accueillante : « Comme nous sommes initiés par degrés, nous sommes amenés à prêter un certain nombre d'obligations devant Dieu, mais pas une de ces obligations n'interdit explicitement aux frères de se comporter comme des cons vis-à-vis des autres membres de l'Ordre. Cela a pour conséquence que la franc-maçonnerie est remplie de Vénérables Maîtres grognons, de partisans de l'élitisme, de la stricte observance de la tradition, d'agents du racisme et du sexisme et de cordoniteux prêts à écraser ceux qui les entourent (...) »»

    Et de poursuivre :

    « Tout le monde parle de la nécessité de trouver le meilleur moyen de garder nos membres, mais il est difficile de les retenir quand nos propres frères sont ceux qui leur montrent la porte ! »

    Si l'on en croit le Vénérable Connard, il y aurait donc beaucoup de cons au sein de la maçonnerie américaine et dès lors, la baisse régulière des effectifs ne serait pas prête d'être jugulée.

  • La franc-maçonnerie francophone aux Etats-Unis d'Amérique

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    Virginie, Louisiane, franc-maçonnerie, Etats-Unis d'Amérique, HistoireJe vais vous raconter l'histoire d'une loge d'origine francophone des Etats-Unis d'Amérique. Elle est connue aujourd'hui sous le titre distinctif de Fraternal Lodge. Elle porte le numéro 53 sur le tableau de la Grande Loge de Virginie.

    Tout a commencé par la venue à Richmond, capitale de l'Etat de Virginie, de Jean René Charles Huberson. Ce jeune Français avait traversé l'Atlantique pour enseigner la langue de Molière. Huberson était également franc-maçon du Grand Orient de France. Il avait été initié au sein de la Respectable loge L'Etoile de la Gironde à l'Orient de Bordeaux (sauf erreur de ma part, je pense que cette loge bordelaise n'existe plus).

    Très rapidement, Huberson conçut le projet de fonder une loge maçonnique francophone à Richmond. Le 1er mai 1849, il a fondé et constitué provisoirement la Respectable Loge de Saint-Jean, sous le titre distinctif de Loge Française. Huberson avait réussi à trouver sur place huit frères francophones (V. Favier, Robert Duquesne, P.A.H, Sébastien Delarue, Michel Delarue, François Delarue, Jean-Baptiste Petit et Pierre Devaux).

    Le 12 Juillet 1849, la Loge Française décida, à l'unanimité de ses membres, de solliciter une patente auprès du Grand Orient de France. Les réunions avaient lieu dans le sous-sol de la maison appartenant à Sebastien Delarue.

    En 1849, Richmond était une petite ville de 27000 habitants. Le milieu maçonnique était restreint. La nouvelle de la création d'une loge de Français est vite parvenue aux oreilles des dignitaires de la Grande Loge de Virginie qui décidèrent de rencontrer les fondateurs de cette loge sauvage. A l'initiative du frère Rosier, Vénérable de la Loge Saint-Johns n°36, parfaitement bilingue, une délégation de la Grande Loge de Virginie se rendit à la loge d'Huberson le 1er novembre 1849.

    Après plusieurs rencontres, ces illustres visiteurs parvinrent à convaincre les fondateurs de demander une charte à la Grande Loge de Virginie. Le 23 août 1850 eut lieu une cérémonie de régularisation. Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Probablement que, hormis Huberson, aucun des fondateurs n'avait été initié régulièrement !

    Le 17 décembre 1850 la loge Française reçut sa charte et fut officiellement agrégée à la Grande Loge de Virginie sous le numéro 53 en présence des Grands Officiers de l'obédience et de nombreux visiteurs. Les francs-maçons présents chantèrent La Marseillaise. On disposa à l'orient les drapeaux des Etats-Unis et la France. La cérémonie d'installation fut suivie des traditionnelles agapes fraternelles.

    Très rapidement, la Loge Française dut faire des concessions pour pouvoir travailler selon les usages de la Grande Loge de Virginie. Elle fut obligée de modifier son règlement intérieur afin de le rendre compatible aux usages américains. Elle dut donc abandonner le rite français pour adopter le rite d'York. Ce qui contraignit les frères Huberson, Rosier et Descayrac à en effectuer la traduction et à l'enseigner aux membres francophones. Il faut savoir en effet que les Grandes Loges américaines avaient décidé, dès les années 1840-1850, d'uniformiser le plus possible les usages maçonniques afin de faciliter les reconnaissances.

    À la fin de 1852, Huberson repartit en France. J'ignore les raisons de ce départ. Mal du pays ? Problèmes familiaux ? Santé précaire ? Divergences sur les orientations données au travail maçonnique ? Toujours est-il que le départ d'Huberson a certainement favorisé l'anglicisation rapide de la petite loge. Huberson, à ma connaissance, n'a pas joué de rôle maçonnique notable en France.    

    En effet, le 24 juillet 1854, la loge Française eut l'honneur de poser la première pierre de l'Eglise Méthodiste Unie. La pose de pierres angulaire est une cérémonie inconnue des loges françaises. Il paraît que ce fut la seule fois que la langue française a été employée à la pose d'une pierre angulaire en Virginie et, peut-être, aux Etats-Unis. Noyée dans un environnement maçonnique exclusivement anglophone, la loge Française ne résista pas bien longtemps. A partir de 1857, les tracés des travaux furent rédigés en anglais. Elle traversa tant bien que mal la douloureuse guerre de sécession (Richmond était la capitale des Etats confédérés). Puis, en 1890, l'atelier changea son titre distinctif pour adopter celui qui est toujours le sien aujourd'hui : Fraternal Lodge.

    etoilepolaire.jpgJ'ai lu sur un excellent blog que la Fraternal Lodge est la loge francophone la plus ancienne des Etats-Unis d'Amérique. C'est inexact.

    Beaucoup de loges francophones furent fondées en Amérique du Nord dans la deuxième moitié du dix-huitième siècle. Je ne parle pas ici du Canada, mais des territoires qui, progressivement, vont constituer les Etats-Unis d'Amérique. Je pense donc notamment en Louisiane qui allait en 1800 de la Louisiane jusqu'au Montana ! Ce territoire gigantesque fut vendu aux Etats-Unis par la France en 1803.

    La Louisiane actuelle est devenue un Etat fédéré en 1812. Sous les auspices de la Grande Loge de Louisiane, il existe des loges dont les titres distinctifs français ont été conservés notamment à la Nouvelle Orléans : Etoile Polaire n°1 (créée en 1794) ou Persévérance n° 4 (créée en 1806 à Saint-Domingue ; elle déménagea à Cuba après l'indépendance haïtienne ; et enfin elle s'établit à la Nouvelle Orléans).

    Ces loges, originairement francophones, sont devenues anglophones pour survivre. Est-ce le refus de l'anglicisation qui a conduit la loge Concorde n°3 (fondée en 1798) à disparaître ? Je ne sais pas. Toujours est-il qu'il n'y a plus de loge n°3 sur le tableau d'ordre de la Grande Loge de Louisiane. La loge Parfaite Union, une autre loge francophone, est devenue Perfect Union et s'est retrouvée en tête de tableau à égalité avec Etoile Polaire. Une autre loge francophone, Charité n°93, est devenue Charity. Je n'en ai pas retrouvé la trace.

    Il n'en demeure pas mois que tous ces ateliers originellement francophones ont fait partie des loges fondatrices d'un éphémère Grand Orient de Louisiane fondé en 1812 qui, à son tour, a donné naissance à la Grande Loge de Louisiane. Etoile Polaire comme Perfect Union et Persévérance ont la spécificité d'avoir conservé la patente du rite français et du rite écossais alors que toutes les autres loges symboliques louisianaises ont été constituées au seul rite d'York. Ces loges sont qualifiées aujourd'hui de loges rouges (allusion au grade de chevalier rose-croix, 4ème ordre du rite français, 18ème degré du rite écossais) par les maçons louisianais.

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    Ces loges témoignent donc d'une présence maçonnique française aux Etats-Unis bien antérieure à celle d'Huberson et ses frères de Virginie. Je ne sais pas s'il existe actuellement des loges uniquement composées de Cajuns, notamment dans les districts où la population francophone est encore significative (St Martin, Vermilion et Evangeline où les francophones avoisinent les 18%).

    La maçonnerie francophone est également représentée aux Etats-Unis par la maçonnerie haïtienne qui y est bien vivante et active (plus particulièrement à New York). Le Grand Orient de France, quant à lui, y est représenté depuis 1900. Il compte aujourd'hui quatre loges qui portent le flambeau de la maçonnerie libérale dans un océan de régularité (Sur la côte est, L'Atlantide, loge doyenne, à New York, La Fayette 89 à Washington ; sur la côte ouest, Pacifica à San Francisco et Art et Lumière à Los Angeles).

  • Ernest Borgnine, l'homme au grand coeur

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    borgnine.jpgLe 8 juillet prochain, cela fera quatre ans que le F Ernest Borgnine a rejoint l'O éternel. Il fait partie de ces gueules du cinéma américain qu'on n'oublie pas. Et c'est là l'ironie de l'histoire car cet homme au grand coeur a d'abord été révélé au public pour ses rôles de méchant dans quatre chefs d'oeuvre du cinéma : Tant qu'il y aura des hommes en 1953, Un homme est passéVera Cruz et Johnny Guitare en 1954. Il a obtenu l'Oscar du meilleur acteur en 1955 pour le film Marty dans un rôle où ne l'attendait pas.

    Je me souviens surtout de l'acteur de séries télévisées. L'adolescent que j'étais dans les années 80 aimait Borgnine alias Dominic Santini, le gentil copilote du ténébreux Jan-Michael Vincent alias « Springfellow » Hawke dans la série Supercopter.

    Borgnine était franc-maçon actif. Un vieux franc-maçon. Initié en 1950. Il appartenait à deux loges bleues. Hollywood Lodge n°355 à l'O de Tarzana (GL de Californie) et Abingdon Lodge n°48 à l'O d'Abingdon (GL de Virginie). Il était également membre du Suprême Conseil du REAA des Etats-Unis d'Amérique (juridiction sud) depuis 1963 et il en était 33ème honoraire depuis 1983. Borgnine était un philanthrope. Il soutenait plus particulièrement le centre de Richmond qui s'occupe des problèmes d'orthophonie et de pathologies vocales des enfants.

    Le centre culturel et événementiel des ateliers écossais de Long Beach (Californie) a pris le nom de Théâtre Ernest Bognine. A cette occasion, une plaque commémorative a été inaugurée en présence de l'acteur (photo ci-contre).