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antimaçonnisme - Page 4

  • "La France Maçonnique" : le retour

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    Mon compteur de visites s'affole depuis quelques jours. Grâce au F Géplu du blog de référence Hiram.be, j'en ai compris les raisons. Il semble que ma note sur le teaser n°2 du  documentaire "La France Maçonnique" (tremblez ! bonnes gens) ait fortement déplu à l'un de ses obscurs promoteurs qui tient un blog à la ligne éditoriale complotiste (la présentation est tortueuse, prenez une aspirine...).

    la-pieuvre-1924.png

    Merci en tout cas de cette publicité ! Je n'en attendais pas tant. Qu'il me soit permis d'y voir un retour de bon procédé car cela permet de faire croire qu'il y a une effervescence - que dis-je ? - une panique chez les francs-maçons... Comme si le documentaire allait révéler de terribles secrets... Comme si ma note donnait en quelque sorte l'alerte à la meute des "frères la gratouille" qui, dans l'ombre, contrôle tous les rouages de la société française (gniark... gniark...).

    Mon pauvre ami... si seulement tu savais... N'étant évidemment le porte-parole de personne et encore moins de mes FF et SS en franc-maçonnerie, je crains, hélas, de te décevoir, et de ne pas aller dans le sens de ta paranoïa, en te disant qu'il y a de très fortes chances, pour ne pas dire une quasi-certitude, que la sortie de ce film passe totalement inaperçue tant dans la société, que dans les milieux maçonniques, lesquels ont bien d'autres préoccupations que les considérations de Ratier, Dieudonné, Le Gallou, et compagnie.

    Sur le fond, tu qualifies mon article de puant, de diffamatoire et de délateur. Evidemment, rien de tel. Ma note se borne à constater brièvement le parcours politico-intellectuel des réalisateurs, puis des intervenants qui apparaissent dans l'extrait. Et le moins que l'on puisse dire est que la plupart de ces personnes ne sont pas connues pour la modération de leurs analyses et de leurs engagements publics. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je me suis étonné d'y voir figurer Jean Solis car j'ai de la considération pour l'auteur et l'éditeur. J'ai donc pris la liberté d'exprimer cet étonnement et mes doutes sur les orientations de ce documentaire.

  • Canton du Valais (Suisse) : l'appartenance maçonnique des élus en question

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    Le Grand Conseil du Canton du Valais (Suisse) a le projet d'obliger les élus valaisans à révéler leur appartenance aux organes de direction ou de surveillance de corporations, entreprises, établissements ou fondations de droit privé ou de droit public ainsi qu'aux clubs services ou loges maçonniques.

    Cette obligation de dévoilement (des élus, des magistrats, etc.) est une vieille lune qui repose, en réalité, sur les sentiments antimaçonniques les plus tenaces selon lesquels l'appartenance à une loge maçonnique est en soi un acte nocif susceptible de porter atteinte à l'ordre public.

    Dans sa grande sagesse, et parce que c'est aussi le droit, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de Strasbourg a rappelé, dans un arrêt du 31 mai 2007, que cette obligation déclarative contrevenait directement aux articles 11 et 14 de la convention européenne des droits de l'homme (cf. l'arrêt Grande Oriente d'Italia di Palazzo Giustiniani c/ Italie, ci-dessous).

    Cette obligation déclarative est discriminatoire et n'est fondée sur aucune justification objective et raisonnable si ce n'est sur des fantasmes relatifs aux soi-disant pouvoirs occultes de la franc-maçonnerie.

    On peut se demander par exemple pourquoi les élus appartenant à des églises ou à d'autres associations sans but lucratif échapperaient à cette obligation déclarative souhaitée par le Grand Conseil valaisan.

    Enfin, cette obligation de dévoilement est une atteinte directe au respect de la vie privée et à la liberté d'association également protégés par la convention européenne des droits de l'homme.

    Le Canton du Valais, membre de la Confédération Helvétique, ne peut l'ignorer puisque la Suisse est membre du Conseil de l'Europe depuis 1963 et a ratifié la convention européenne des droits de l'homme en 1974.

    _____________

    A consulter :

    arrêt CEDH.pdf

  • Un succès inquiétant

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    Visiblement, ma note sur Serge Abad-Gallardo rencontre un grand succès. C'est même l'effervescence du côté de nos voisins d'outre-Quiévrain depuis que le quotidien La Libre Belgique a consacré un article au Ravi de Narbonne, lequel est devenu, dans le monde catholique, un sujet de curiosité en quelques mois à peine.

    Je relève également que mon autre note consacrée au groupe catholico-fascistoïde Les Brigandes est régulièrement consultée. C'est une bonne chose.

    J'ose espérer que ces notes puissent un peu contrebalancer le déluge de conneries sentencieuses de ces individus et, surtout, montrer l'inanité de leur démarche fondée sur les clichés les plus éculés de l'antimaçonnisme.

    Il est grand temps, à mon avis, que les obédiences maçonniques se préoccupent sérieusement de cette inquiétante remontée de l'antimaçonnisme dans notre pays, soixante ans après la fin de la deuxième guerre mondiale.

     

  • La propagande antimaçonnique de M. Serge Abad-Gallardo : classique, désespérante et prévisible

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    69Fiche.pngIl s'appelle Serge Abad-Gallardo. Il a été initié dans une loge du Droit Humain (DH). Il a démissionné de la franc-maçonnerie vingt ans plus tard suite à sa redécouverte du Christ. Il vit et travaille à Narbonne.

    M. Abad-Gallardo a écrit un ouvrage sur cette étonnante conversion. Il donne maintenant des conférences sur le sujet. Il accorde volontiers des interviews sur son parcours spirituel dans la franc-maçonnerie qu'il juge radicalement incompatible avec la foi catholique. La franc-maçonnerie incarne pour lui la folie humaniste qui prétend se passer de Dieu. Elle est relativiste. Elle est source d'erreur. Elle prétend transformer la société et les hommes. Elle veut bouleverser l'ordre de la création voulu par Dieu.

    Je ne peux pas donner tort à M. Abad-Gallardo. Effectivement, la franc-maçonnerie est radicalement incompatible avec toutes les idéologies - religieuses mais aussi politiques - qui réduisent le monde à elles-mêmes et qui prétendent être la source de toute vérité. La franc-maçonnerie s'adresse à des cherchants, pas à des individus qui espèrent y trouver je ne sais quelle espèce de révélation d'ordre surnaturel. On est initié à la franc-maçonnerie. On ne s'y convertit pas. Or, M. Abad-Gallardo avait besoin de se convertir. Il s'est manifestement trompé en rejoignant la franc-maçonnerie et semble avoir mis du temps à s'en rendre compte. Maintenant, pour paraphraser une chanson célèbre, il ne pense pas : il prie. Grand bien lui fasse ! Je suis heureux pour lui. 

    Je pense pour ma part que la vérité est nécessairement plurielle. La vérité passe évidemment par le regard de l'autre, par l'échange, par le travail en commun et par la réflexion. La vérité a évidemment besoin de l'altérité. Elle ne descend pas toute faite du ciel. De même, la société bouge. La société évolue. Les idées voyagent à l'instar des hommes. Et effectivement, rien de ce qui est humain ne saurait être étranger au franc-maçon.

    M. Abad-Gallardo, en quête d'absolu, a préféré changer de voie. C'est son droit le plus strict. Et je respecte ses convictions mêmes si elles sont aux antipodes des miennes. Seulement voilà, ce qui, au fond, n'aurait pu être que l'évolution (ou la régression c'est selon) d'un individu, se transforme en pantalonnade. Que M. Abad-Gallardo brûle ce qu'il a aimé est une chose. Qu'il se complaise dans la caricature grotesque de la franc-maçonnerie en est une autre. Il utilise tous les bons vieux clichés traditionnels de l'antimaçonnisme catholique sans la moindre nuance. C'en est presque une faute de goût. Je trouve en effet qu'il en fait trop. C'est ce côté "too much" qui, à mes yeux, rend sa démarche suspecte, comme s'il jouait un rôle en quelque sorte. 

    J'ai vraiment du mal à croire qu'un homme qui a consacré vingt ans de sa vie à la franc-maçonnerie puisse en être réduit à se comporter vis-à-vis de la religion comme s'est comportée ma défunte grand-mère. Mais ma grand-mère, elle, a eu des circonstances atténuantes. Elle n'a pas fait d'études. Elle a été obligée de travailler durement toute son existence. La vie ne lui a pas non plus laissé l'opportunité de lire beaucoup de livres et de se cultiver. Sa foi était néanmoins paisible et résultait plus d'un déterminisme social teinté de superstition que d'une réflexion approfondie. Il n'y a jamais eu en tout cas chez elle le désir de convertir son prochain. D'ailleurs eût-elle voulu le faire que les mots ne seraient pas venus à sa bouche. M. Abad-Gallardo, lui, met son intelligence au service d'une propagande antimaçonnique d'un classicisme désespérant et prévisible.

    Oui, c'est désespérant et prévisible car le cas de M. Abad-Gallardo n'est pas exceptionnel. En effet, il y a des précédents. Je pense à Jules Doinel et à Léo Taxil beaucoup plus connu. Je pense aussi à John SalzaJim Shaw (à ne pas confondre avec l'artiste contemporain du même nom), Burkhardt Gorissen ou encore à Maurice Caillet. Tous des anciens francs-maçons. Tous des pourfendeurs, sur le tard, de la franc-maçonnerie parce qu'ils ont rencontré un jour le petit Jésus qui leur a dessillé les yeux et les a sortis de l'erreur. 

    Je ne veux nullement être désobligeant vis-à-vis d'eux. Cependant, beaucoup ont eu des parcours objectivement chaotiques laissant clairement entrevoir d'importantes faiblesses psychologiques, pour ne pas dire davantage. Et je n'insiste pas sur ceux dont la conversion tonitruante a révélé une volonté brouillonne de se venger ou de régler mesquinement des comptes. Je me garderai bien de trancher en ce qui concerne M. Abad-Gallardo. Je rappellerai simplement que celui-ci a trouvé son chemin de Damas en même temps que son chemin de croix du côté de Narbonne où, avec d'autres, il a défrayé la chronique pour des choses bien moins spirituelles. Je n'en dirai pas davantage. Je laisse à chacun le soin de tirer ses propres conclusions.