Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La Cité - Page 4

  • Le Grand Orient d'Italie et la réforme constitutionnelle de 2016

    Imprimer

    Matteo Renzi, Italie, Frederico Negri, Stefano Bisi, GOI,La France n'a évidemment pas le monopole des polémiques dérisoires. L'Italie en a connu une, début novembre, pendant la campagne référendaire. Il avait été reproché à l'équipe web de Matteo Renzi d'avoir volontairement supprimé la photo ci-contre de la page Facebook du désormais ancien premier ministre italien.

    On y voit Matteo Renzi en grande discussion avec Frederico Negri un jeune italien en fauteuil roulant et opposant au projet de réforme de la Constitution. C'était lors d'une visite à Alexandrie,  ville du Piémont.

    Il n'en a pas fallu davantage pour que les internautes s'offusquent de cette décision jugée discriminatoire et crient à la censure. Les médias se sont emparés très vite de la polémique naissante et l'ont montée en épingle. En quelques heures à peine, la polémique est alors devenue nationale.

    De son côté, l'équipe du premier ministre s'est défendue de tout volonté d'ostracisme. La photo n'aurait pas été retenue pour éviter que l'on accuse le premier ministre d'exploiter politiquement le handicap.

    Il est vrai, à la décharge de l'équipe de Matteo Renzi, que nous vivons à une époque où le moindre geste, la moindre attitude et la moindre parole sont scrutés, analysés et jugés. Sur le cliché, Renzi apparaît sûr de lui, dominateur, condescendant face à un homme physiquement diminué et visiblement impressionné. L'équipe web de l'ex premier ministre a donc cru prendre une bonne décision. Elle s'est révélée stupide.

    Interrogé par la presse, le père du jeune homme avait pourtant déclaré :

    « Quand mon fils a entendu parler de cette controverse, il en a ri et n'en a pas du tout été offensé. En effet, il très intéressé par la politique et il est heureux d'avoir pu parler à Renzi quelques minutes. Il lui a dit qu'il préparait une thèse sur la franc maçonnerie. Et il lui dit aussi qu'il allait voter non au référendum. »

    bisi.jpgQuelques jours plus tard, la presse s'est fait l'écho d'une conférence organisée par la loge Marengo n°1061 à l'orient d'Alexandrie dans le cadre des célébrations du soixante dixième anniversaire de la République italienne.

    Stefano Bisi, le Grand Maître du Grand Orient d'Italie, y a assisté. Frederico Negri également. Une occasion pour le Grand Maître de faire une allusion malicieuse à la polémique :

    « Je remercie Renzi de cette controverse qui nous a donné l'occasion de vous rencontrer. Vous êtes un bel exemple de courage, de force, d'humilité, valeurs au centre de l'idéal maçonnique. »

    Le Grand Maître Bisi a ensuite invité le jeune homme à Rome au siège du Grand Orient d'Italie afin qu'il puisse y consulter tout document utile pour sa thèse.

    Faut-il voir cependant dans cette rencontre une manière subtile pour la plus importante et la plus ancienne obédience maçonnique italienne (22 000 membres) de manifester son opposition à une réforme constitutionnelle jugée, à tort ou à raison, expéditive, dangereuse pour les libertés et mal écrite ?

    Il serait tentant de le penser mais cela semble toutefois hautement improbable. En effet, si le Grand Orient d'Italie demeure très attaché aux institutions républicaines, aux libertés publiques et à laïcité, Stefano Bisi a malgré tout pris soin, début novembre, de lever toute ambiguïté sur tout ce qui pourrait être assimilé, directement ou indirectement, à une position de son obédience sur le projet de réforme constitutionnelle :

    « Les francs-maçons peuvent avoir des opinions personnelles de toutes sortes. A l'approche du référendum constitutionnel, je dis que chaque franc-maçon peut voter comme il l'entend. L'important, à ce stade, est que la société italienne ait parlé du contenu de la réforme et que le débat ne se soit pas résumé au fait de dire « Je vote oui parce que je veux soutenir Renzi », « Je vote non parce que je veux renvoyer Renzi chez lui. » »

  • Madrid, un 20 novembre

    Imprimer

    Environ 200 personnes se sont rassemblées le 20 novembre 2016 place de l'Orient à Madrid afin de rendre hommage au dictateur Francisco Franco décédé le 20 novembre 1975. Les fascistes espagnols en ont profité pour célébrer le quatre-vingtième anniversaire de la mort du fondateur de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera, exécuté à Alicante le 20 novembre 1936. Certains slogans faisaient directement allusion à ceux de la campagne de Donald J. Trump. Cette manifestation a été organisée par les mouvements d'extrême droite Fuerza NuevaMovimiento Católico Español et Falange y Democracia Nacional. A noter la présence d'une délégation italienne et française.

    Lire également : Les droits de l'homme selon Franco

  • Décès de Malek Chebel

    Imprimer

    chebel.jpgJe suis triste du décès de M. Malek Chebel, anthropologue des religions et psychanalyste algérien. M. Chebel était connu pour être un défenseur d'un « islam des Lumières ».

    Malek Chebel était une figure connue que l'on voyait souvent à la télévision. Ce spécialiste de l'islam était l'auteur de nombreux ouvrages.

    Il était une voix sereine et apaisée dans tous les débats publics sur la place de l'islam en France et en Europe.

    Je présente mes condoléances à sa famille et à tous ceux qui l'ont connu et apprécié.

  • Les Grandes Loges américaines après l'élection

    Imprimer

    trumpxit.jpg

    Le 14 mars dernier, je consacrais une longue note sur la politique d'ostracisme à l'égard des homosexuels menées par certaines Grandes Loges américaines. J'écrivais à l'époque :

    « A votre avis, pour qui le maçon (blanc) moyen de ces deux Etats a-t-il voté ? J'ai une petite idée que je vous livre brute de décoffrage : pour un excité grossier, vulgaire et raciste aux cheveux jaunes et plein de pognon. Le maçon (afro-américain) moyen, lui, a probablement voté Clinton même s'il peut rester sentimentalement attaché au parti républicain pour des raisons historiques (Abraham Lincoln, le célèbre président abolitionniste, fut membre du parti républicain). Comment voulez-vous, dans une telle configuration politique, que les Grandes Loges de Géorgie et du Tennessee se remettent en question ? C'est à mon avis difficile à envisager. Ces dernières doivent bien se moquer des ruptures annoncées. Ces obédiences reflètent les mentalités locales. Et encore quand je dis « locales », il faut avoir présent à l'esprit que le Tennessee est plus vaste que le Portugal. La Géorgie est plus grande que la Grèce ! Les Grandes Loges de Washington  DC et de Californie, qui ont annoncé la rupture de leurs relations, sont distantes respectivement de 1000 et 3500 km environ ! Pour prendre une comparaison, il y a plus de distance entre Atlanta (capitale de la Géorgie) et Sacramento (capitale de la Californie) qu'entre Paris et Moscou ou Paris et Istanbul ! Ce sont des échelles que nous, européens et Français, avons bien du mal à nous représenter. C'est vous dire aussi le peu d'impact que peuvent avoir nos indignations outre-Atlantique...C'est la raison pour laquelle je ne crois pas que nous sommes en train d'assister à un « ouragan maçonnique » comme Roger Dachez a pu le prétendre en novembre dernier, mais plutôt à une tempête dans un verre d'eau. Je m'avance peut-être un peu trop, mais je pense qu'il est impossible d'anticiper la suite des événements tant que l'élection présidentielle n'est pas achevée et que les tensions politiques ne sont pas un peu retombées. De toute façon, je ne m'attends pas à une révolution dans les pratiques maçonniques des deux obédiences mises à l'index. »

    Depuis, les Grandes Loges concernées n'ont pas changé d'avis. Sans surprise, ces obédiences maçonniques sont celles d'Etats où l'on a massivement voté en faveur de Trump.

    Fin octobre, la Grande Loge de Californie a confirmé la suspension de ses relations avec les Grandes Loges du Tennessee et de Géorgie. Il est intéressant de remarquer que la Californie fait partie des Etats où Mme Hillary Clinton, la candidate démocrate, est arrivée en tête.

    La fin de la campagne électorale va-t-elle favoriser la normalisation de la situation entre les Grandes Loges américaines ? Difficile de le dire. A titre personnel, je pense que oui. La realpolitik a de fortes chances de reprendre le dessus. C'est pour cette raison que j'ai parlé de tempête dans un verre d'eau.

    Ce qui est certain en revanche, c'est que les Grandes Loges mises à l'index seront sans doute confortées le résultat du scrutin.