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La Cité - Page 2

  • La légitimité de Donald Trump en question

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    laurent.jpgAnalyse lumineuse des enjeux de la présidence Trump par Mme Sylvie Laurent sur l'antenne de France Inter ce 20 janvier 2017. Sylvie Laurent a fait sa thèse de littérature américaine à Paris IV sur « le pauvre blanc dans le roman américain ». Elle enseigne à Sciences-po Paris et à l'Université d'Harvard.

    En trois petites minutes, Mme Laurent énonce les problèmes juridiques et politiques extrêmement complexes que pose l'élection de M. Trump à la tête de la première puissance mondiale.

    Et elle insiste notamment sur la légitimité de Trump qui est questionnée sous trois angles :

    1. Trump n'a pas obtenu la majorité des suffrages exprimés mais la majorité des voix des grands électeurs (c'est le suffrage universel indirect).

    2. Il est établi qu'il y a eu une intervention informatique russe dans le processus électoral et il y a donc des doutes sur la sincérité du scrutin.

    3. Trump est noyé dans de colossaux et inextricables conflits d'intérêts (il dirige un empire financier et un pays). Les risques de corruption sont donc majeurs.

    Extrait de l'intervention de Mme Sylvie Laurent ci-dessous :

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    Lire également :

  • Jean-François Daraud ou le cynisme politique

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    daraud.jpgJ'étais au courant depuis plusieurs semaines du ralliement public de M. Jean-François Daraud à la cause lepéniste. Je n'en ai rien dit jusqu'à présent, considérant qu'il ne m'appartenait pas de divulguer l'identité d'un franc-maçon actif. Celui-ci vient de faire l'objet d'une exclusion du Grand Orient de France. Elle a été rendue publique. 

    Il semble que l'intéressé ne soit pas du tout content cette exclusion et qu'il l'ait fait savoir au cours d'une conférence de presse après s'être dérobé par une pirouette devant la justice ordinale dont il dépend. Ce qui en dit long sur l'ego du bonhomme. Comme si le quidam allait se préoccuper du destin maçonnique de M. Daraud. Néanmoins, il faut prêter attention à son argumentation et ne pas la prendre à la légère car elle est tout à fait pernicieuse.

    « Je suis totalement scandalisé de voir qu'une association, qui prône la fraternité, la tolérance et l'ouverture, décide de m'exclure alors que cela correspond exactement à ce que j'ai dit lors de ma présentation aux législatives. Le Grand Orient me reproche de faire de la politique mais ce sont eux qui en font ! Je ne vais pas laisser les choses comme ça »

    Pourtant M. Darraud, du haut de ses vingt années de maçonnerie, sait qu'il a signé avant son initiation, comme tout membre du GODF, un engagement précis : on ne peut être franc-maçon du Grand Orient de France et appartenir à une association xénophobe et raciste. D'ailleurs je note que même l'extrême droite historique est déboussolée. Le site d'extrême droite Le Libre Penseur est même ouvertement désolé de ce ralliement qu'il qualifie de farce :

    « Oui, c’est le FN nouveau, sauce maçonnique et LGBT. À ce rythme, on ne donne pas cher de l’avenir de ce parti qui a renié toute son histoire. Ces dissensions internes verront bientôt une explosion en plusieurs groupes, au moins deux : l’ancienne école et la nouvelle de Marine/Philippot/Collard. Pour corser le tout, ce monsieur refuse de se faire exclure du GODF et veut donc déposer plainte, car il estime que cette décision est incompatible avec les droits de la République, la Cour des droits de l’homme et la Cour européenne ! Quelle farce… »

    Oui. C'est une farce. 

    Précisons maintenant les choses. Ce n'est pas parce que le Grand Orient de France proclame la liberté absolue de conscience qu'il n'existe pas des caractères propres à l'obédience. Sinon cela reviendrait, au nom de cette même liberté, à admettre tout le monde, y compris celui qui déclare ne pas partager les valeurs maçonniques ! Ce qui serait bien évidemment absurde.

    La fraternité, la tolérance et l'ouverture ne sont pas sans limites dès lors que le pacte social de l'obédience est fondé sur des valeurs humanistes claires radicalement incompatibles avec les thèses de l'extrême droite.

    L'argumentation de M. Daraud aurait été recevable s'il n'avait pas été averti avant son initiation de l'incompatibilité qui aujourd'hui a provoqué son exclusion. Or, M. Daraud le savait parfaitement. Il a donc franchi cyniquement le Rubicon en toute connaissance de cause sentant qu'il lui serait politiquement profitable de rallier Marine Le Pen dont on nous serine sur tous les tons, comme une évidence, qu'elle sera au deuxième tour de l'élection présidentielle.

    M. Daraud a promis de ne pas laisser les choses ainsi. Il va en référer à son avocat. Grand bien lui fasse ! Qu'espère au juste cet homme avide de pouvoir ? Une réintégration dans une obédience et une loge qui ne veulent plus de lui ?

    bauer.jpgCe faisant, je ne peux m'empêcher de penser que Daraud n'a fait que mettre en pratique ce qu'un ancien dignitaire du Grand Orient a imprudemment déclaré au micro des Grandes Gueules de RMC le 1er octobre 2015 :

    Résumons les propos du frère Bauer :

    • Marine Le Pen ne doit pas être rejetée par a priori car elle est plus structurée politiquement que ne l'était son père qui était un pur provocateur ;
    • Marine Le Pen sera au second tour de la présidentielle ;
    • l'interdiction pour un maçon d'appartenir au FN ou à ses satellites est moins un problème qu'un sujet ;
    • il y a des maçons au FN ou proches des idées du FN ;
    • ces francs-maçons sont à l'image de l'état de l'opinion française.

    Comment ne pas être troublé par les déclarations de l'ancien grand maître du Grand Orient de France ? Elles ressemblent étrangement à une sorte de justification donnée à tous celles et ceux qui, dans les loges, seraient tentés par un tel ralliement.

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    Ajout du 22/12/2016 à 14h30

    Il semble que l'exclusion n'ait pas été prononcée, M. Darrot ayant été seulement entendu devant la justice obédientielle.

  • Polémique autour de l'élection d'un théologien à la tête de l'université de Strabourg

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    deneken.jpgC’est une particularité à laquelle aucun texte juridique en France ne s’oppose : M. Michel Deneken, enseignant de théologie et prêtre, est le président nouvellement élu à une très large majorité de l’université de Strasbourg (26 voix contre 9). Les opposants au nouveau président élu n’en ont pas fait un argument de campagne, comme le souligne le quotidien L'Alsace. Ils ont considéré qu'il était plus important d'interpeller M. Michel Deneken sur le bilan financier et humain de l‘équipe sortante dont il faisait partie. M. Michel Deneken était en effet le vice-président de l'université de Strasbourg depuis huit ans sans que personne ne s'en émeuve, à commencer par ceux qui crient bruyamment au scandale aujourd'hui.

    En tant que laïque, je suis ulcéré de lire ces communiqués vengeurs qui non seulement s'en prennent violemment à une décision démocratique du conseil d'administration d'une université publique mais aussi remettent en cause la probité morale et intellectuelle d'un homme parce qu'il est théologien et curé. Un président d'université n'a pas pour fonction de diriger les recherches de ses collègues enseignants. Il est là pour participer activement à la gestion administrative et financière de l'université et à son rayonnement intellectuel.

    J'ai honte de voir la laïcité défendue ainsi. Le 16 décembre, le Grand Orient de France, mon obédience, s'est fendu d'un communiqué de presse qui participe, hélas, pleinement du procès d'intention quasi-diffamatoire que certains laïques font au professeur Deneken. Son titre est éloquent : un théologien catholique n'a pas qualité pour présider une université publique. Ah bon ? Et en vertu de quelle loi ? Comme si l'université française n'abritait pas déjà en son sein un seuil incompressible de charlatans dans plein d'autres disciplines... Et d'en revenir encore et toujours à l'obsession concordataire, cette particularité juridique locale héritée de quarante ans d'annexion allemande, que la Troisième République, pourtant tant célébrée par le GODF, n'a jamais remise en cause... Dois-je rappeler que sous la Troisième République, on trouvait aussi des curés dans les assemblées parlementaires ? 

    Ce communiqué est d'autant plus pernicieux que le Conseil de l'Ordre n'y apparaît pas. Sur la forme, le communiqué se présente comme celui du Grand Orient de France. On ne sait donc pas qui a écrit ce brûlot au nom de l'obédience. On ne sait pas qui s'est arrogé le droit de parler au nom de ses membres. Par conséquent, au lieu de dénoncer brutalement la décision du conseil d'administration d'une université publique française, le Grand Orient de France serait plus avisé de respecter sa constitution et son règlement général, à commencer par la liberté absolue de conscience de ses membres. Sans doute ferait-il là oeuvre utile.

  • Le Grand Orient d'Italie et la réforme constitutionnelle de 2016

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    Matteo Renzi, Italie, Frederico Negri, Stefano Bisi, GOI,La France n'a évidemment pas le monopole des polémiques dérisoires. L'Italie en a connu une, début novembre, pendant la campagne référendaire. Il avait été reproché à l'équipe web de Matteo Renzi d'avoir volontairement supprimé la photo ci-contre de la page Facebook du désormais ancien premier ministre italien.

    On y voit Matteo Renzi en grande discussion avec Frederico Negri un jeune italien en fauteuil roulant et opposant au projet de réforme de la Constitution. C'était lors d'une visite à Alexandrie,  ville du Piémont.

    Il n'en a pas fallu davantage pour que les internautes s'offusquent de cette décision jugée discriminatoire et crient à la censure. Les médias se sont emparés très vite de la polémique naissante et l'ont montée en épingle. En quelques heures à peine, la polémique est alors devenue nationale.

    De son côté, l'équipe du premier ministre s'est défendue de tout volonté d'ostracisme. La photo n'aurait pas été retenue pour éviter que l'on accuse le premier ministre d'exploiter politiquement le handicap.

    Il est vrai, à la décharge de l'équipe de Matteo Renzi, que nous vivons à une époque où le moindre geste, la moindre attitude et la moindre parole sont scrutés, analysés et jugés. Sur le cliché, Renzi apparaît sûr de lui, dominateur, condescendant face à un homme physiquement diminué et visiblement impressionné. L'équipe web de l'ex premier ministre a donc cru prendre une bonne décision. Elle s'est révélée stupide.

    Interrogé par la presse, le père du jeune homme avait pourtant déclaré :

    « Quand mon fils a entendu parler de cette controverse, il en a ri et n'en a pas du tout été offensé. En effet, il très intéressé par la politique et il est heureux d'avoir pu parler à Renzi quelques minutes. Il lui a dit qu'il préparait une thèse sur la franc maçonnerie. Et il lui dit aussi qu'il allait voter non au référendum. »

    bisi.jpgQuelques jours plus tard, la presse s'est fait l'écho d'une conférence organisée par la loge Marengo n°1061 à l'orient d'Alexandrie dans le cadre des célébrations du soixante dixième anniversaire de la République italienne.

    Stefano Bisi, le Grand Maître du Grand Orient d'Italie, y a assisté. Frederico Negri également. Une occasion pour le Grand Maître de faire une allusion malicieuse à la polémique :

    « Je remercie Renzi de cette controverse qui nous a donné l'occasion de vous rencontrer. Vous êtes un bel exemple de courage, de force, d'humilité, valeurs au centre de l'idéal maçonnique. »

    Le Grand Maître Bisi a ensuite invité le jeune homme à Rome au siège du Grand Orient d'Italie afin qu'il puisse y consulter tout document utile pour sa thèse.

    Faut-il voir cependant dans cette rencontre une manière subtile pour la plus importante et la plus ancienne obédience maçonnique italienne (22 000 membres) de manifester son opposition à une réforme constitutionnelle jugée, à tort ou à raison, expéditive, dangereuse pour les libertés et mal écrite ?

    Il serait tentant de le penser mais cela semble toutefois hautement improbable. En effet, si le Grand Orient d'Italie demeure très attaché aux institutions républicaines, aux libertés publiques et à laïcité, Stefano Bisi a malgré tout pris soin, début novembre, de lever toute ambiguïté sur tout ce qui pourrait être assimilé, directement ou indirectement, à une position de son obédience sur le projet de réforme constitutionnelle :

    « Les francs-maçons peuvent avoir des opinions personnelles de toutes sortes. A l'approche du référendum constitutionnel, je dis que chaque franc-maçon peut voter comme il l'entend. L'important, à ce stade, est que la société italienne ait parlé du contenu de la réforme et que le débat ne se soit pas résumé au fait de dire « Je vote oui parce que je veux soutenir Renzi », « Je vote non parce que je veux renvoyer Renzi chez lui. » »

  • Madrid, un 20 novembre

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    Environ 200 personnes se sont rassemblées le 20 novembre 2016 place de l'Orient à Madrid afin de rendre hommage au dictateur Francisco Franco décédé le 20 novembre 1975. Les fascistes espagnols en ont profité pour célébrer le quatre-vingtième anniversaire de la mort du fondateur de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera, exécuté à Alicante le 20 novembre 1936. Certains slogans faisaient directement allusion à ceux de la campagne de Donald J. Trump. Cette manifestation a été organisée par les mouvements d'extrême droite Fuerza NuevaMovimiento Católico Español et Falange y Democracia Nacional. A noter la présence d'une délégation italienne et française.

    Lire également : Les droits de l'homme selon Franco

  • Décès de Malek Chebel

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    chebel.jpgJe suis triste du décès de M. Malek Chebel, anthropologue des religions et psychanalyste algérien. M. Chebel était connu pour être un défenseur d'un « islam des Lumières ».

    Malek Chebel était une figure connue que l'on voyait souvent à la télévision. Ce spécialiste de l'islam était l'auteur de nombreux ouvrages.

    Il était une voix sereine et apaisée dans tous les débats publics sur la place de l'islam en France et en Europe.

    Je présente mes condoléances à sa famille et à tous ceux qui l'ont connu et apprécié.

  • Les Grandes Loges américaines après l'élection

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    trumpxit.jpg

    Le 14 mars dernier, je consacrais une longue note sur la politique d'ostracisme à l'égard des homosexuels menées par certaines Grandes Loges américaines. J'écrivais à l'époque :

    « A votre avis, pour qui le maçon (blanc) moyen de ces deux Etats a-t-il voté ? J'ai une petite idée que je vous livre brute de décoffrage : pour un excité grossier, vulgaire et raciste aux cheveux jaunes et plein de pognon. Le maçon (afro-américain) moyen, lui, a probablement voté Clinton même s'il peut rester sentimentalement attaché au parti républicain pour des raisons historiques (Abraham Lincoln, le célèbre président abolitionniste, fut membre du parti républicain). Comment voulez-vous, dans une telle configuration politique, que les Grandes Loges de Géorgie et du Tennessee se remettent en question ? C'est à mon avis difficile à envisager. Ces dernières doivent bien se moquer des ruptures annoncées. Ces obédiences reflètent les mentalités locales. Et encore quand je dis « locales », il faut avoir présent à l'esprit que le Tennessee est plus vaste que le Portugal. La Géorgie est plus grande que la Grèce ! Les Grandes Loges de Washington  DC et de Californie, qui ont annoncé la rupture de leurs relations, sont distantes respectivement de 1000 et 3500 km environ ! Pour prendre une comparaison, il y a plus de distance entre Atlanta (capitale de la Géorgie) et Sacramento (capitale de la Californie) qu'entre Paris et Moscou ou Paris et Istanbul ! Ce sont des échelles que nous, européens et Français, avons bien du mal à nous représenter. C'est vous dire aussi le peu d'impact que peuvent avoir nos indignations outre-Atlantique...C'est la raison pour laquelle je ne crois pas que nous sommes en train d'assister à un « ouragan maçonnique » comme Roger Dachez a pu le prétendre en novembre dernier, mais plutôt à une tempête dans un verre d'eau. Je m'avance peut-être un peu trop, mais je pense qu'il est impossible d'anticiper la suite des événements tant que l'élection présidentielle n'est pas achevée et que les tensions politiques ne sont pas un peu retombées. De toute façon, je ne m'attends pas à une révolution dans les pratiques maçonniques des deux obédiences mises à l'index. »

    Depuis, les Grandes Loges concernées n'ont pas changé d'avis. Sans surprise, ces obédiences maçonniques sont celles d'Etats où l'on a massivement voté en faveur de Trump.

    Fin octobre, la Grande Loge de Californie a confirmé la suspension de ses relations avec les Grandes Loges du Tennessee et de Géorgie. Il est intéressant de remarquer que la Californie fait partie des Etats où Mme Hillary Clinton, la candidate démocrate, est arrivée en tête.

    La fin de la campagne électorale va-t-elle favoriser la normalisation de la situation entre les Grandes Loges américaines ? Difficile de le dire. A titre personnel, je pense que oui. La realpolitik a de fortes chances de reprendre le dessus. C'est pour cette raison que j'ai parlé de tempête dans un verre d'eau.

    Ce qui est certain en revanche, c'est que les Grandes Loges mises à l'index seront sans doute confortées le résultat du scrutin.

  • Un monde s'effondre devant nos yeux

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    2946435243.jpgLe 3 mars dernier, je posais la question « Et si Trump l'emportait ? » :

    « A force d'être focalisés sur les débats franco-français (crise de l'agriculture, présence des migrants à Calais, multiples critiques du gouvernement et de son projet de réforme du code du travail, primaires à droite, montée du FN, etc.), j'ai l'impression que notre pays passe à côté d'un phénomène dont l'onde de choc, si elle se produit, sera infiniment plus importante que tous les problèmes hexagonaux réunis. Ce phénomène, c'est la victoire éventuelle de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine en novembre prochain. »

    9 novembre. Nous y sommes. La démocratie a parlé. Donald Trump l'a emporté contre toute attente. Le pire est désormais devant nous. Les Etats-Unis d'Amérique vont avoir pour président un provocateur démagogue, raciste et incontrôlable.

    Comment la société américaine va-t-elle bien pouvoir surmonter une campagne électorale aussi clivante ?

    Le monde entre dans une période des plus incertaines comme l'a noté cette nuit M. Gérard Araud, ambassadeur de France aux Etats-Unis sur son compte personnel twitter (il semble que le diplomate ait depuis effacé son twitt) :

    Vertige... C'est bien le mot...