Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Laïcité - Page 2

  • Collectif laïque et G∴O∴D∴F∴ : mise au point

    Imprimer

    jean-louis bianco,observatoire de la laïcité,collectif laïqueJ’ai pris connaissance du dernier communiqué du Collectif Laïque. Le Collectif ne s'en prend pas frontalement à Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène. Il préfère exprimer hypocritement des regrets sur de prétendues "violentes attaques injustifiées dans les médias et sur les réseaux sociaux" contre Elisabeth Badinter commises notamment par le rapporteur général de l'observatoire de la laïcité.

    Le soutien appuyé à Elisabeth Badinter est donc une manière de critiquer implicitement Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène. Pourtant, ce même Collectif laïque affirme ne vouloir entrer dans aucune polémique ! Désopilant... En rhétorique, on appelle cela "manier la litote". On déguise sa pensée de façon à la faire deviner dans toute sa force.

    Je ne reviendrai pas sur le fond de l’affaire et la façon particulière dont ce Collectif arrange la réalité pour la présenter à son avantage. Après tout, chacun est libre de penser ce qu’il veut, sur la laïcité comme sur d’autres sujets.

    Le problème n’est pas là. Le problème est que le G∴O∴D∴F∴ est signataire de ce communiqué. Sa signature donne donc l'impression qu’il y a, au sein même de l’obédience, un consensus sur les critiques adressées depuis plusieurs jours à l'observatoire de la laïcité et plus particulièrement à messieurs Bianco et Cadène. Ce qui, bien évidemment, est faux.

    En effet, tous les membres du G∴O∴D∴F∴ ne sont pas hostiles au président et au rapporteur général de l’observatoire de la laïcité, lesquels mènent depuis trois ans un travail d’information objectif sur la laïcité salué tant par la Ligue de l’enseignement, la Fédération Nationale de la Libre Pensée et la Ligue des droits de l'homme, que par plus d’une centaine d’universitaires et de chercheurs de premier plan parmi lesquels on trouve notamment Jean Baubérot, Pierre Rosanvallon, Benjamin Stora, Raphaël Liogier, Jacqueline Lalouette ou encore Pascal Boniface.

    Par conséquent, le communiqué du Collectif laïque n'engage absolument pas les LL∴ du G∴O∴D∴F∴ qui demeurent libres de leurs opinions.

    Ça va de soi, mais ça va encore mieux en le disant.

  • Jean-Louis Bianco : « Je ne démissionnerai pas »

    Imprimer

    « Je suis nommé par décret du président de la République. Celui-ci m'a simplement fait savoir qu'il souhaitait que je ne démissionne pas. Je ne démissionnerai pas. » Si ce que dit Jean-Louis Bianco est exact, alors les tentatives de déstabilisation de l'Observatoire de la Laïcité devraient rapidement s'estomper et l'on pourra enfin passer à autre chose.

    Vous trouverez ci-dessous l'interview de Jean-Louis Bianco du 21 janvier 2016. Celui-ci recadre le débat et montre la petitesse de cette polémique comparée aux enjeux sociétaux de la laïcité.

    Il rappelle que l'Observatoire de la Laïcité, dont il souligne le travail, défend et promeut la laïcité consacrée par notre droit positif face à ceux qui veulent s'accaparer la notion pour la tordre dans tous les sens.

  • Soutien à l'Observatoire de la Laïcité

    Imprimer

    observatoire de la laïcité, jean-louis bianco, fédération nationale de la libre pensée, ligue de l'enseignement, ligue des droits de l'homme, laïcitéJe crois utile de relayer sur ce blog le communiqué commun de la ligue de l'enseignement, de la fédération nationale de la libre pensée et de la ligue des droits de l'homme. Trois associations bien connues de promotion et de défense de la laïcité fondées respectivement en 1866, 1890 et 1898 (excusez du peu !).

    C'est dire si ces "trois vieilles dames" connaissent parfaitement le combat laïque à la fois sur le terrain et sur le long terme.

    Leur prise de position commune, à mon avis, mérite d'être largement soutenue et diffusée afin que la laïcité ne soit pas instrumentalisée politiquement par les extrémistes de tous bords et ne serve pas de prétexte à des atteintes graves aux libertés publiques dans notre pays.

    L’Observatoire de la laïcité, son président et son rapporteur, viennent d’être la cible ces jours derniers d’attaques aussi injustifiées que dénuées de fondement. Les associations signataires du présent communiqué sont investies de façon historique sur la laïcité. Elles sont présentes sur le terrain pour la faire vivre dans la vie quotidienne, aussi bien par leurs actions que par leurs publications. Elles ont ainsi pu mesurer l’apport de l’Observatoire de la laïcité dès sa création. Ses avis, ses rapports annuels, ses communiqués, ses guides pratiques, les multiples interventions de son président et de son rapporteur dans les débats avec les acteurs de terrain… sont pour elles un apport précieux qui nourrit à la fois le fonds théorique et la mise en œuvre concrète du principe de laïcité de la République. L’Observatoire n’est ni une autorité qui impose, ni un pouvoir judiciaire qui tranche. Il éclaire le débat et la recherche laïque. Il a un rôle de conseil et non de décision. Son apport juridique est incontestable. Ses avis et ses recommandations, donnant la loi et rien que la loi, sont nécessaires. Leur mise en œuvre peut légitimement être discutée à condition d’être menée de façon rationnelle et dans le respect mutuel.

    Au-delà de la diversité d’opinions, d’objectifs, de pratiques de nos associations, ce sont ces simples principes profondément laïques dont nous souhaitons poursuivre la mise en œuvre en développant la collaboration avec l’Observatoire de la laïcité dans une fidélité assumée aux principes posés par la loi du 9 décembre 1905.

    Fédération Nationale de la Libre Pensée
    Ligue des Droits de l’Homme
    Ligue de l’enseignement

     

  • De la formation des imams

    Imprimer

    Afin d’assurer la formation d’imams en France et d’éviter le développement dans l’espace public de tout discours extrémiste, les pouvoirs publics de la République française ont estimé nécessaire d'organiser une formation pour les imams. Les contours de cette formation doivent être définis et précisés. Elle pourra comprendre un enseignement théologique, mais aussi et surtout une présentation historique et contextualisée de l’islam, de ses fondements doctrinaux, culturels et cultuels, d'une approche exégétique du texte coranique et des autres sources secondaires. L'objectif est de favoriser une approche pluridisciplinaire de l'Islam tout en l'ancrant dans les valeurs civiques et républicaines. C'est la raison pour laquelle je salue la déclaration conjointe signée samedi dernier par la France et le Maroc. 

    Contrairement à ce qu'affirme péremptoirement et bruyamment un esprits inquiet, il ne s'agit pas pour les pouvoirs publics d'exercer je ne sais quel magistère moral et juridique sur les actes des imams de France. Il s'agit de créer les conditions permettant à l'Islam de se développer harmonieusement en France comme n'importe quelle autre religion et de faire en sorte que nos compatriotes musulmans (et les musulmans ayant d'autres nationalités) puissent bénéficier de ministres du culte formés et compétents. Il s'agit aussi de changer le regard que l’on porte habituellement sur la population musulmane de notre pays. Ce regard est en grande partie déterminé par les conditions historiques et les caractéristiques sociologiques de la population musulmane. En France, cette population est l'enfant non assumée de la colonisation et la fille d’une immigration amorcée après la seconde guerre mondiale.

    L'Islam est la deuxième confession religieuse en France. Il serait temps de s'en rendre compte et de prendre à bras le corps les problèmes auxquels il est confronté. On peut citer parmi ces problèmes (la liste n'est évidemment pas exhaustive) :

    • le faible nombre de lieux de culte décents ;
    • la radicalisation de certains discours au sein de la communauté musulmane dont les causes sont multifactorielles et complexes : exclusion sociale ; chômage ; décrochage scolaire ; désoeuvrement ; perte d'influence des partis et des syndicats et plus largement du mouvement associatif comme moyen de mobilisation ; influences extérieures de pays non démocratiques ; inculture ; parfois problèmes mentaux graves, etc. ;
    • l'absence d'une administration interne au culte musulman qui permettrait de le structurer, d'y assurer une discipline ordinale et de le représenter auprès des pouvoirs publics.

    Je l'ai déjà dit maintes fois : la République a toujours été interventionniste dans la gestion des cultes en France parce que celle-ci a besoin d'interlocuteurs. La laïcité, qui a pour corollaire la séparation, ne signifie pas que l'Etat ignore les cultes sur le territoire national et que les cultes ignorent l'Etat garant de l'intérêt général et de la paix sociale.