Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

- Page 3

  • « 3, 5, 7 et plus ! Advienne que pourra ! »

    Imprimer

    CaDCneuWAAAJJXe.jpgCourts ou longs, critiques ou amicaux, venus « d'en bas » ou « d'en haut », de province ou de Paris, vos courriers électroniques me font plaisir. Ils sont le signe que ce petit blog fait sa place progressivement mais sûrement depuis octobre 2014.

    Pardonnez-moi si je n'y réponds pas toujours ! 

    Vous êtes désormais près de 80 à vous être inscrits sur l'infolettre. C'est super. Merci de l'intérêt que vous portez à ce petit blog.

    J'ai souhaité depuis le départ y exprimer l'intérêt que je porte à la franc-maçonnerie car il s'agit vraiment d'une belle institution pour peu qu'on se donne la peine de la considérer pour qu'elle est dans sa dimension historique et philosophique.

    Je ne sais pas si j'y parviens bien sûr. Mais à vrai dire, qu'importe. Vous seuls, de toute façon, avez un début de réponse. 

    Allez ! On continue. Préparons-nous encore à lancer et à mettre en orbite quelques notes supplémentaires dans l'espace virtuel d'Internet tant qu'il reste du carburant !

    Dans le monde profane, on dit :  « 3, 2, 1, 0. Mise à feu ! »

    2896606493.jpg

    Ici, on dit : « 3, 5, 7 et plus ! Advienne que pourra ! »

  • De l'augmentation de salaire

    Imprimer

    formation maçonnique,augmentation de salaire,épreuve,franc-maçonnerie,etats-unis d'amérique,marylandQuand un maçon est appelé à passer à un degré plus élevé, l’usage veut qu’il soit testé sur les connaissances du degré qu’il possède. Autrement dit, avant de poursuivre son chemin initiatique, il doit prouver à la loge qu’il connaît les enseignements attachés à son grade. Il passe une sorte d’examen dont la sévérité et la longueur dépend des loges. En France, cet examen est oral.

    Le frère, debout devant les membres de sa loge, doit répondre aux questions posées par le Vénérable. Au Grand Orient, les questions portent généralement 1°) sur la constitution et le règlement général ; 2°) sur le fonctionnement de la loge et/ou sur les différents offices ; et 3°) sur l’instruction du grade proprement dit. En fait, chaque Vénérable procède un peu comme il le sent. Pour le meilleur ou le pire (car on voit de tout, du bon et parfois hélas du pitoyable). Normalement, ça ne devrait pas être une formalité quand on y accorde un minimum de valeur et de sens.

    Je viens de découvrir une méthode qui n’est pas bête du tout même si elle fait un peu scolaire. Aux Etats-Unis d’Amérique, dans l’Etat du Maryland, l’examen est écrit et se fait hors tenue rituelle (cf. l'image ci-dessous que vous pouvez agrandir en cliquant dessus). Le candidat à une augmentation de salaire est spécialement convoqué pour répondre à une série de questions traditionnelles. Il doit déjouer certains pièges, certaines affirmations erronées. Il doit savoir tracer le tableau de loge correspondant à son grade (ce qui peut sembler évident, mais combien de frères en sont-ils réellement capables en France sans hésitation ?). Si le résultat est satisfaisant, le candidat peut prétendre à l’augmentation de salaire. Si le résultat ne l'est pas, le candidat est tout simplement recalé et pourra retenter sa chance ultérieurement.

    test.jpg

    Je ne sais pas en revanche si cet examen écrit est une pratique maçonnique générale au Maryland ou bien circonscrite à quelques loges. Je signale, pour être précis, que les extraits d'examen publiés ci-dessus proviennent d'un atelier de la Grande Loge Régulière du Maryland, une obédience maçonnique noire américaine non reconnue tant par la Grande Loge Prince Hall du Maryland que par la Grande Loge du Maryland. 

  • Churchill ou la réussite d'une vie

    Imprimer

    churchill.jpg
    Parmi les grands hommes de l'histoire, certains furent francs-maçons. Ont-ils été pour autant de grands hommes parce qu'ils étaient francs-maçons ? Evidemment non.
     
    Il suffit de songer à Voltaire initié en 1778, au crépuscule d'une vie bien remplie, à la loge Les Neuf Soeurs de Paris ou à Winston Churchill initié en 1901 au sein de la Loge Studholme n°1591 de Londres qu'il fréquenta épisodiquement.
     
    Il est fort probable que ces deux hommes avaient déjà des prédispositions hors du commun. Ils avaient une passion, un feu intérieur, un désir irrépressible d'être les acteurs conscients de leur vie ainsi qu'une volonté de travailler à l'avènement d'une humanité meilleure et plus éclairée.
     
    Ce faisant, la franc-maçonnerie a quand même fait partie de leur vie à un moment donné. Leur nom y sera associé pour l'éternité.
     
    Il me plait donc de penser que cette rencontre n'a pas été fortuite et qu'elle a exprimé malgré tout une sorte d'évidence comme si les choix et les engagements de chacun d'eux symbolisaient concrètement les valeurs maçonniques.
     
    Je me souviens de cette citation de Churchill (je l'écris de mémoire) : « Une vie réussie tient moins à ce que nous obtenons, qu'à ce que nous donnons. »

    La réussite d'une vie ne se mesure pas à ce que celle-ci peut nous apporter, mais à ce que nous pouvons y mettre. Dès lors, chacun a potentiellement quelque chose à donner quelle que soit sa condition
     
    On peut  par exemple donner de son temps, de ses muscles, de sa sueur, de son sang, de son argent. Chacun porte en lui ce petit plus, aussi infime soit-il, susceptible de faire la différence. Chacun a la capacité d'être un agent actif du lien social même à son petit niveau.
     
    Cette vision résolument optimiste de l'existence, qui n'est sans doute pas étrangère à la pugnacité dont Winston Churchill a su faire preuve durant les heures sombres de notre histoire, me fait songer à ce qui est dit au profane lors de la cérémonie d'initiation :
     
    « Ce qui serait dans un profane une qualité rare ne doit devenir pour un Franc-Maçon que l’accomplissement de son devoir. Chaque occasion d’être utile dont il ne profite pas, est une infidélité. Chaque secours qu’il refuse, est un parjure. »
     
    Winston Churchill n'a pas été, loin s'en faut, d'une assiduité exemplaire en loge. Il a su néanmoins mettre en pratique les vertus maçonniques d'une manière absolument remarquable bien qu'il ait eu aussi sa part d'ombre et de faiblesses (il souffrait notamment d'alcoolisme et de troubles bipolaires). Sa très longue carrière politique a pu également l'amener, parfois, à prendre des décisions contestables. Il n'en demeure pas moins un des grands hommes du vingtième siècle et un des artisans de la victoire contre le fascisme et le nazisme.
     
    Au musée de la Grande Loge Unie d'Angleterre, accessible au grand public, il est possible de voir le tablier de maître de l'ancien premier ministre britannique (cf. photo ci-dessus) avec sa sacoche et sa paire de clés. Il s'agit d'un don fait au musée en janvier 1969, soit quatre ans après sa mort. J'imagine que si ce tablier n'avait eu aucune valeur à ses yeux, jamais il ne l'aurait conservé dans ses affaires personnelles depuis 1902.

  • Critica Masonica. Extrême droite et ésotérisme

    Imprimer

    jean-pierre bacot,stéphane françois,christophe bourseiller,paul-eric blanrue,jean-pierre servel,jean-marc vivenza,joseph de maistre,martinès de pasqualy,louis-claude de saint-martin,jean-baptiste willermoz,gérard encausse,rené guénon,arturo reghini,julius evola,rudolf von sebottendorff,philippe baillet,extrême droite,franc-maçonnerie,glnf,godf,georges godinet,fabienne pichard du pageLe F∴ Jean-Pierre Bacot, rédacteur en chef de la revue Critica Masonica, a eu la gentillesse de m'envoyer le numéro spécial de janvier 2016 consacré à l'ésotérisme et l'extrême droite. Un sujet qui, à titre personnel, m'a toujours passionné. Ce numéro spécial a été entièrement rédigé par Stéphane François, politologue et historien des idées, qui étudie depuis des idées la nébuleuse des droites radicales en France et en Europe. Les principaux axes thématiques de recherches de Stéphane François portent sur l'étude politico-historique des droites radicales et plus particulièrement de la Nouvelle Droite, ce courant doctrinal protéiforme nourri depuis janvier 1968 à la fois par le Groupe de Recherche et d'Etudes pour la Civilisation Européenne (G.R.E.C.E.) et par le Club de l'Horloge. Stéphane François s'intéresse aussi aux sous-cultures que les droites radicales ont investi par un entrisme massif : le mouvement skinhead, la culture gabber aux Pays-Bas, le néo-paganisme, le racialisme völkish ou encore l'ésotérisme. C'est d'ésotérisme que François traite essentiellement dans ce numéro spécial de 170 pages de Critica Masonica dont voici le sommaire :

    • Introduction
    • Qu'est-ce que l'ésotérisme ?
    • L'antimodernisme d'extrême droite
    • La Nouvelle Droite et la « Tradition »
    • Tradition et extrême droite, le cas des éditions Pardès
    • Franc-Maçonnerie et extrême droite
    • Alexandre Douguine et l'extrême droite française
    • Néo-paganisme et nazisme
    • Des ovnis et des nazis
    • Au-delà du vent du nord : réflexions sur le paganisme d'extrême droite
    • L'extrême droite, le nordicisme et les indo-européens
    • Y a-t-il une culture d'extrême droite ?
    • Conclusion.

    Comme le souligne la revue Critica Masonica dans la présentation de ce numéro spécial, chacun des articles rédigé par Stéphane François a fait l'objet d'un livre à part entière. Le lecteur pourra donc éventuellement regretter que tel ou tel aspect d'un thème n'ait pas été suffisamment développé. Mais que le comité de rédaction de Critica Masonica se rassure ! Ce numéro spécial est absolument passionnant. Je crois que sa réussite majeure tient précisément à l'esprit de synthèse de Stéphane François. L'auteur écrit sans fioritures. Ses articles sont rédigés clairement. Il parvient à vulgariser et clarifier des concepts parfois ardus que l'usage tend à confondre allègrement (ésotérisme, occultisme, tradition). Les notes de bas de page sont abondantes et contiennent toutes les sources qui permettront au lecteur d'approfondir le sujet s'il en ressent la nécessité.

    Stéphane François aide le lecteur à mettre en perspective toutes ces idées politiques d'extrême droite et à les inscrire dans une dynamique historique (rejet des Lumières au profit de l'illuminisme, nostalgie de l'ordre ancien ou d'un âge d'or perdu, rejet de la modernité, obsession de la décadence, culte de la tradition primordiale, croyance en une histoire cyclique, croyance en un ethno-différentialisme aboutissant souvent au racisme, croyance en la possibilité de former une élite spirituelle susceptible de guider la société, rejet de la quantité, détestation de la démocratie, etc.).

    Les lecteurs réguliers et fidèles du blog « 3,5,7 et plus » connaissent déjà un peu ces notions que j'ai abordées – certes de façon succincte – dans des notes consacrées à René Guénon dont l'oeuvre exerce toujours aujourd'hui une sorte de magistère moral en franc-maçonnerie (notamment en France, en Italie et en Espagne) pour des raisons qui m'ont toujours paru étranges. Bien évidemment, j'ai lu l'article consacré à la franc-maçonnerie et l'extrême droite. Après avoir rappelé l'existence d'un fort antimaçonnisme d'extrême droite (notamment catholique romain), Stéphane François montre qu'il existe aussi depuis l'origine, au sein de la franc-maçonnerie, un vieux courant antimoderne fondé sur la notion de « tradition primordiale », d'initiation transmise de maître à disciple au sein de structures initiatiques régulières. Cette vision de la franc-maçonnerie, essentiellement religieuse et hostile à toute sécularisation, s'inscrit dans le sillage de penseurs et d'idéologues, francs-maçons ou non et plus ou moins importants, tels que Joseph de Maistre, Martinès de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin, Jean-Baptiste Willermoz, Gérard Encausse, Joséphin Peladan, René Guénon, Arturo Reghini, Julius Evola, Rudolf von Sebottendorf et, plus récemment, Jean-Marc Vivenza dont certains ouvrages ont été pubiés aux éditions Pardès fondées en 1982 par Georges Godinet et Fabienne Pichard du Page (cette maison d'édition du « traditionnalisme-révolutionnaire » a par exemple publié tous les ouvrages du théoricien fasciste Julius Evola traduits par Philippe Baillet).
    jean-pierre bacot,stéphane françois,christophe bourseiller,paul-eric blanrue,jean-pierre servel,jean-marc vivenza,joseph de maistre,martinès de pasqualy,louis-claude de saint-martin,jean-baptiste willermoz,gérard encausse,rené guénon,arturo reghini,julius evola,rudolf von sebottendorff,philippe baillet,extrême droite,franc-maçonnerie,glnf,godf,georges godinet,fabienne pichard du page

    Stéphane François reste cependant à un niveau d'observateur et d'universitaire. Il y manque peut-être – comment dire ? – l'expérience qui permettrait de donner un peu de vie à son analyse. A moins qu'il ne s'agisse, pour lui, d'éviter les ornières des polémiques stériles (ce que je peux comprendre tout à fait). Pour ce faire, je conseille de doubler la lecture du numéro spécial de Critica Masonica par celle du petit livre-témoignage de Christophe Bourseiller, spécialiste lui aussi des milieux undergrounds, marginaux et extrémistes, intitulé « Un maçon franc. Récit secret » (éditions Alphée). Le témoignage de Bourseiller permet, à mon avis, de compléter utilement les développements théoriques de Stéphane François.

    Dans cet ouvrage publié en 2010, Bourseiller revient sur ses années passées au sein de la Grande Loge Nationale Française (G∴L∴N∴F∴) dans une loge qu'il n'hésite pas à qualifier de fasciste et de profondément influencée par les idées de Guénon et d'Evola. Il raconte ses expériences et pérégrinations au sein d'une obédience sectaire, obsédée par la pureté de la régularité, qui se définit elle-même comme un ordre et interdit toujours à ses membres de fréquenter d'autres loges ne relevant pas de sa juridiction. Christophe Bourseiller raconte sa visite d'une loge évolienne qui a chassé toute référence hébraïque de son rituel. Il raconte sa visite d'une loge d’aristocrates où l'on glose entre soi sur les vertus de la noblesse. Il fréquente aussi des loges du régime écossais rectifié où l'on exige des postulants qu'ils soient baptisés et défendent la sainte religion chrétienne. Il y pratique le rite émulation où la tenue s'apparente à un office religieux. Surtout, il se rend compte que la G∴L∴N∴F, qui prétend chasser la politique de ses temples, chasse en réalité de ses rangs toute pratique démocratique et toute idée de modernité. Il est évident, selon lui, que la G∴L∴N∴F∴ est profondément travaillée par les idées de la Nouvelle Droite que Stéphane François analyse brillamment dans Critica Masonica.

    Christophe Bourseiller fait état de la présence de ce courant d'extrême droite au sein de la G∴L∴N∴F∴. Cette présence s'est doublée d'un recrutement massif et aveugle, à partir des années 80 et 90, qui a abouti au développement d'un affairisme incontrôlé. C'est ce système qui a fini par éclater sous la grande maîtrise de François Stifani en 2010. Ce système est-il en train de se reconstruire après l'éviction de Stifani ? Certains le pensent et estiment que tous les malheurs de la G∴L∴N∴F∴ ne peuvent évidemment avoir pour unique cause l'action d'un seul homme. D'autres relèvent que l'actuel Grand Maître, Jean-Pierre Servel, a défendu une vision clairement guénonienne de la franc-maçonnerie en tenue de grande loge, lors de l'installation de François Stifani en 2007. Enfin, comment ne pas s'interroger sur la participation surprenante de ce même Jean-Pierre Servel à un « documentaire » sur la franc-maçonnerie co-réalisé en 2015 par le sulfureux Paul-Eric Blanrue, proche des milieux négationnistes ?

    Il y a donc bien, qu'on le veuille ou pas, une présence active de l'extrême droite au sein de la G∴L∴N∴F∴ et dans certains cénacles maçonniques plus confidentiels, tout comme d'ailleurs il existe depuis longtemps, au sein du Grand Orient de France (G∴O∴D∴F∴), un noyau d'extrême gauche également très actif (notamment de sensibilité trostkiste). Ce qui ne laisse pas d'interroger sur le rapprochement surprenant de ces deux obédiences, l'année dernière, bien qu'il ne faille pas y voir, à mon sens, le résultat de l'action souterraine de ces courants politiques antagonistes (sinon on sombrerait évidemment dans un conspirationnisme de bas étage), mais plutôt une alliance circonstancielle d'appareils destinée à marginaliser les obédiences qui ont tenté l'aventure chimérique de la Confédération Maçonnique de France (CMF).

    Naturellement, comme le sommaire le montre, le numéro spécial de Critica Masonica ne se réduit pas à la seule franc-maçonnerie. De très nombreux aspects de l'ésotérisme d'extrême droite sont analysés par Stéphane François. Je conseille donc vivement la lecture de ce numéro spécial à toute personne désireuse d'en savoir davantage sur un thème qui demeure malgré tout relativement peu connu. Que la revue Critica Masonica et Stéphane François soient remerciés pour ce travail considérable de vulgarisation qui ne peut qu'inspirer l'admiration et le respect !

    ________

    Critica Masonica. Extrême droite et ésotérisme : retour sur un couple toxique. Numéro spécial janvier 2016. 170 pages. ISSN 221-278X. Prix public 20 €. Pour commander la revue au numéro ou pour s'y abonner, vous pouvez vous rendre sur le blog de la revue.