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  • Rien n'est joué

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    220px-Urne.jpgLa vocation de ce blog n'est pas de commenter l'actualité politique et encore moins l'actualité électorale (je l'ai beaucoup fait il y a quelques années).

    Je renvoie donc les lecteurs à l'analyse de Jean-Noël Cuenod que j'ai trouvée intéressante parce qu'elle apporte un regard extérieur et qu'elle permet surtout de prendre du recul vis-à-vis d'un scrutin dont il faut rappeler qu'il n'est pas terminé.

    Dans toutes les régions, il y a en effet un second tour. Ce n'est qu'après ce second tour que l'on pourra vraiment commencer à tirer des enseignements du scrutin et à émettre des hypothèses pour l'avenir.

    Lien permanent Catégories : La Cité
  • Des deux côtés de l'Atlantique

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    2715604317.jpgLe F∴ Todd E. Creason, dont j'avais déjà parlé, est revenu sur la baisse des effectifs de la F∴M∴ américaine.

    Beaucoup de profanes se font initier, souvent parce qu'ils ont été approchés par des parents, des amis, des collègues. Au départ, les jeunes maçons sont plein de bonne volonté. Ils passent leurs trois grades symboliques sans problème (généralement c'est l'affaire de quelques mois à peine car les loges de rite d'York travaillent essentiellement au grade de maître). Puis, un beau jour ils finissent par disparaître dans l'indifférence générale. Ils démissionnent ou, le plus souvent, ils demeurent absents des travaux.

    Le F∴ Creason propose trois pistes à explorer pour aider les FF∴ à ne pas se décourager et à améliorer leur démarche maçonnique.

    Il faut inviter les FF∴ à s'exprimer. Selon Creason, il faut d'ailleurs commencer dès les enquêtes afin de mieux cerner les motivations et les attentes des candidats. Par la discussion, on peut ainsi répondre éventuellement aux désirs des uns et des autres, prévoir des activités et des actions particulières, et créer une saine émulation qui fidélise les membres.

    Il faut impliquer les FF∴ dans la vie des loges. Et notamment à davantage les associer à l'exécution du rituel et à la vie administrative de l'obédience. On ne vit pas la maçonnerie de la même façon quand on est acteur dans son atelier ou dans son obédience et qu'on ne reste pas assis sur sa colonne en attendant que la tenue se passe.

    Il faut enfin instruire les FF∴ et les éclairer sur le sens de ce qui est dit et fait en loge. Donner du sens à ce que l'on fait participe aussi à la solidité et à la pérennité du groupe. L'instruction maçonnique est essentielle.

    Ce que Creason dit, semble tomber sous le sens. Et pourtant, dans quelle mesure les pistes qu'il évoque, ne sont-elles pas aussi à suivre chez nous de l'autre côté de Atlantique ?

  • Le maçon entre cohérence et dispersion

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    capture-d-e-cran-2014-03-17-a-01-14-45.jpgJ'ai toujours été à des années lumière de ceux qui font le choix de mener de front une ou plusieurs démarches spirituelles à côté de la démarche maçonnique. Ce choix est évidemment respectable, mais pour ma part, j'y ai toujours vu une forme de dispersion et de versatilité. J'ai souvent remarqué que le voyageur se mettait en quête d’un ailleurs dès que la maçonnerie lui était devenue terre de connaissance.

    A quoi sert-il d’avoir frappé à la porte du Temple pour se retrouver, une ou plusieurs années plus tard, en train de faire tourner des moulins à prières ou de dire gravement la messe ? A quoi sert un rite maçonnique dans ces conditions ? A-t-il pour fonction d’inciter celui qui le pratique à la dispersion ou bien vise-t-il au contraire à l’inciter à la recherche de son unité par une quête permanente et incessante de cohérence ?

    J’ai fait mon choix. Je pense que c’est le second objectif : faire surgir un ordre dans son chaos intime, mourir à ses certitudes pour renaître dans une lumière neuve, visiter l’intérieur de la terre et tenter de rectifier ce qui peut ou doit l’être. Le rite maçonnique, quelle qu’en soit l’étiquette, porte en lui une exigence d’ordre, de discipline personnelle. Il est un système cohérent. Il est un patrimoine symbolique qui exprime un haut degré de spiritualité. Il est déjà au carrefour de plein de traditions.

    J'ai donc toujours été étranger aux idées touffues surgissant des esprits qui cherchent en réalité tout sauf un système parce qu’ils courent plusieurs lièvres à la fois. Il m'est arrivé de croiser le chemin de ces FF qui parvenaient à jouer les équilibristes avec plus ou moins de bonheur et de dextérité. Ils étaient maçons certes, mais se disaient aussi rosicruciens, martinistes, druides, bons cousins, bouddhistes, chrétiens, soufis, j'en passe et des meilleures. Il étaient à la fois tout et rien. Partout et nulle part en même temps. Dans un état de perpétuelle insatisfaction. 

    Je ne suis pas sûr que celui qui s’embarque en même temps dans plusieurs aventures spirituelles ait vraiment le souci de trouver en lui une volonté d’ordre ou un souci d’unité. Je ne suis pas sûr non plus qu'il puisse en éprouver une joie sincère et durable.

     

  • L'idéologie guénonienne appliquée à la Franc-Maçonnerie

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    guenongrandmaitre.jpgJe joins à la présente note un discours prononcé par le F∴ Jean-Pierre Servel, à l'époque Grand Orateur, après l'installation de François Stifani à la grande maîtrise de la Grande Loge Nationale Française (G∴L∴N∴F∴) le 1er décembre 2007.

    Je n'aurais pas pu trouver meilleure illustration des aberrations de l'idéologie guénonienne appliquée à la franc-maçonnerie.

    Je remercie le F∴ Joaben de m'avoir transmis copie de ce texte délirant, prononcé deux ou trois ans avant que la G∴L∴N∴F∴ n'implose et ne défraye la chronique en en mettant partout.

    J'ai surligné les passages les plus dingues.

    Dans ce texte, Jean-Pierre Servel ne se contente pas de cirer les pompes de François Stifani. Il expose un système obédientiel autoritaire dans lequel le G∴M∴ est une sorte d'intercesseur entre Dieu et les hommes et impose sa volonté à l'ensemble des FF∴. Il faut donc aller au-delà de la forme obséquieuse pour s'attacher au fond des propos. Celui qui – ne l'oublions pas - est devenu l'actuel Grand Maître de la G∴L∴N∴F∴ y défend les idées suivantes (j'en ai repéré sept... parce que ça fait bien et que c'est symbolique) :

     

    1. Le Grand Maître est lié, par serment, à la Tradition primordiale qui est le fondement, le contenu et le but de son autorité indiscutable.

    2. Le Grand Maître est l'ultime trait d'union entre Dieu, Grand Architecte de l'Univers, et les hommes.

    3. Le Grand Maître peut certes consulter, mais son pouvoir est seul source de cohérence et d'autorité. Ce qui, implicitement, revient à dire qu'il peut passer outre l'avis de ceux qu'il consulte et agir comme bon lui semble.

    4. Voter contre un Grand Maître ou contre l'impulsion qu'il entend donner à l'Ordre n'a aucun sens et ne peut procéder que d'un esprit de dérision. Tout Frère en désaccord doit partir sans bruit et sans trahir.

    5. Tout pouvoir vient d'en haut, donc toute prérogative procède nécessairement du Grand Maître qui, éventuellement, peut déléguer aux Grands Maîtres provinciaux.

    6. Une ordre initiatique ne peut être démocratique. L'élection est une illusion. Un Vénérable Maître est apparemment élu par ses Frères. En réalité, il n'a été élu que parce qu'il y a eu l'assentiment du Grand Maître ou, à défaut, celui du Grand Maître provincial de la province concernée.

    7. Il est moralement et réglementairement inconcevable que le Grand Maître s'écarte des landmarks intangibles de l'Ordre et du fonctionnement traditionnel de l'obédience.

    Délicieux... Ça donne envie... On sent le souffle décoiffant d'une vibrante spiritualité... Je plaisante bien sûr car, en réalité, il y a de quoi frémir devant cette resucée de la conception guénonienne du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Je comprends à présent pourquoi l'extrême droite y a ses entrées.

    Bref, je vous laisse imaginer les conséquences d'un tel système obédientiel dans les mains de cons...

    Moi en tout cas si j'étais gangster, je signerais tout de suite. Je me dépêcherais de cirer les pompes de mon chef et me rendrais indispensable. Je me ferais fort de devenir la voix de mon G∴M∴ provincial et l'âme damnée du G∴M∴ national. Je ne manquerais pas non plus de me distinguer par mes platitudes, mes flatteries et ma capacité à devenir le paillasson de mes supérieurs. Je me dépêcherais d'appartenir à une dizaine de loges, d'en fonder une autre dizaine et de cumuler les grades et les rites. Je jouerais des coudes avec d'autres cons pour être vu du Chef jusqu'à ce qu'il suggère de façon pressante aux FF∴ de ma L∴ de me bombarder V∴M∴ au nom du G∴A∴D∴L∴U∴ et de la tradition traditionnelle. Avec un peu d'organisation et de méthode, je ne quitterais jamais plus le premier maillet. Et tant pis pour ceux qui ne seraient pas d'accord avec ce choix. J'attendrais enfin fébrilement le soutien "d'en haut" pour atteindre les sommets de la hiérarchie ordinale. J'investirais dans un beau tablier doré.

    En conclusion, je me pose une question. Le G∴O∴D∴F∴ a-t-il vraiment intérêt à s'exposer médiatiquement aux côtés de la G∴L∴N∴F∴ même pour faire payer à la G∴L∴D∴F∴ la calamiteuse et rocambolesque aventure de CMF ? J'en doute très fortement.

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    Lire :

    Discours de JP Servel décembre 2007.pdf