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  • Le Banquet d'Ordre

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    banquet.jpgComme le veut la tradition, ma R∴L∴ s'est réunie pour son banquet d'ordre.

    Ce moment convivial, apprécié de tous les FF∴, rappelle que la franc-maçonnerie spéculative est née, au début du XVIIIe siècle, dans les arrière-salles des tavernes.

    La loge de table clôt habituellement l'année civile.

    Les travaux reprendront force et vigueur en janvier.

  • Le F∴ Denis Sassou-Nguesso roule-t-il pour le FN ?

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    Le magazine d'actualités « Envoyé Spécial » a consacré cette semaine un portrait de Marion Le Pen. A un moment donné du reportage, il a été fait allusion à une société anonyme dénommée « Congo Capital Entreprises », contrôlée par M. Claude Wilfrid Etoka, un trader qui a fait fortune dans le pétrole et un proche du président Denis Sassou Nguesso. Cette société, dont le siège social est à Brazzaville, a publié un communiqué de presse signé de son vice-président M. Innocent Dimi.

    Lettre-CongoCE-LePen.jpg

    Un tel soutien est pour le moins étonnant et inattendu. L'entreprise est en effet africaine et chacun sait que le FN a un discours plutôt musclé à l'égard des immigrés de ce grand continent. La candidate frontiste s'en est publiquement prévalue au cours de sa campagne électorale pour asseoir sa crédibilité auprès des électeurs de la région PACA.

    Innocent Dimi, signataire de la lettre, serait également le « directeur Afrique » de Maréchal & Associés, la banque d’affaires fondée par Samuel Maréchal, le père de Marion. Je ne sais pas si le père a intrigué pour la fille. C'est une possibilité qu'on ne peut pas écarter. Mais je pense que le fin mot de cette histoire est d'une toute autre nature.

    Je pense que Denis Sassou-Nguesso, le président du Congo Brazza, très occupé à sa réélection au mépris de la constitution de son pays, a surtout voulu montrer aux pouvoirs publics français sa capacité de nuisance. Je pense qu'il a voulu délivrer un message clair au gouvernement français. Ce message, je l'énoncerais ainsi : « si vous ne me soutenez pas, je n'hésiterai pas à appuyer ce FN qui vous effraie tant et qui risque bien de se retrouver au second tour de l'élection présidentielle en 2017. » C'est évidemment une simple hypothèse mais que j'estime crédible.

    Dans une précédente note, je m'étais interrogé sur les raisons qui pouvaient expliquer la soudaine générosité du président congolais à l'égard du Grand Orient de France (G∴O∴D∴F∴), lequel s'est retrouvé attributaire d'un terrain à bâtir à Brazzaville. Je m'étais demandé si le président congolais, qui est également le Grand Maître de la Grande Loge du Congo (G∴L∴C∴), ne cherchait pas des appuis au sein de la rue Cadet susceptibles d'intervenir en sa faveur auprès du président de la République française.

    Dans quelle mesure l'étonnant soutien de la société « Congo Capital Entreprises » à la jeune Maréchal-Le Pen n'est-il pas le signe que M. Sassou-Nguesso veuille faire payer à l'exécutif français sa non reconnaissance des résultats du référendum consitutionnel ?

    Un détail assez cocasse a attiré mon attention. La signature de M. Innocent Dimi. Je ne sais pas si le directeur Afrique de Maréchal & Associés est franc-maçon. En tout cas, s'il ne l'est pas, il fait tout pour le laisser croire et s'il l'est, il ne fait rien pour le cacher. Il est en tout cas difficile de concevoir qu'un franc-maçon, d'origine africaine de surcroît, puisse apporter son soutien à une femme politique issue d'une formation politique raciste et xénophobe. Mais en politique, tout est possible. La signature de Dimi est peut-être aussi une façon de signifier – symboliquement – le mécontentement de l'autocrate congolais à l'égard du G∴O∴D∴F∴ jugé peu coopératif.

    dimi.jpg

    Frédéric Maury de l'excellent journal « Jeune Afrique » s'interroge sur l'irruption bruyante d'une société commerciale congolaise dans la campagne de Mme Marion Maréchal-Le Pen. Le journaliste rappelle que M. Louis Alliot, autre leader du Front national (et conjoint à la ville de Mme Marine Le Pen), s'était publiquement engagé contre le référendum organisé au Congo par M. Denis Sassou-Nguesso. N'y a-t-il pas là une contradiction qui dédouanerait l'exécutif congolais ?

    Je ne le crois pas. Il ne faut justement pas se fier aux apparences. Je pense que le FN, ici, est un prétexte. Il est l'idiot utile d'une stratégie politique qui le dépasse. En effet, il y a fort à parier que les investisseurs congolais, à commencer par MM. Etoka et Dimi, se moquent éperdument du devenir économique de la région PACA, du destin politique de la petite fille de Jean-Marie Le Pen et encore plus du FN.

    Je pense que ces investisseurs sont avant tout des intermédiaires ou des messagers de l'exécutif congolais qui a jeté son dévolu sur le FN précisément parce que cette formation d'extrême droite est actuellement en capacité de gêner le gouvernement socialiste et, éventuellement, de déstabiliser la République française.

     

  • Le Brésilien de Bruxelles

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    Anecdote vécue dans mon ancien atelier à Bruxelles. C'était au début des années 2000.

    Un Frère du Brésil était venu en visite. Il s'était présenté rue de Laeken au siège du Grand Orient de Belgique. Il était diplomate je crois. Il avait profité d’un petit tour dans la capitale belge pour se rendre en loge. On lui avait ouvert tout simplement la porte. Je me souviens qu'on avait discuté et mangé ensemble avant la tenue. Personne ne s’était aperçu de rien. A commencer par lui. Awel fieu ! un Brésilien !... C'était plutôt rare dans notre loge.

    L'ordre du jour des travaux prévoyait un interrogatoire sous le bandeau. Le frère était surpris. Il me chuchotait à l’oreille avec son accent «Brasil, Brasil » :
    - « Oh, c’est merveilleux, c’est fascinant, chez nous, au Grande Oriente do Brasil, nous n’avons pas ça. Le bandeau n’existe pas. »

    Ensuite, il y avait eu une planche avec débat. Mon Alberto Gil en tablier m'avait dit l’air aussi étonné que ravi :
    - « Oh, c’est merveilleux, c’est fascinant, chez nous, au Grande Oriente do Brasil, nous n’avons pas ça. Les planches n’existent pas. »

    Interventions diverses. Mon Erico Verissimo n’en pouvait plus.
    - « Oh, c’est merveilleux, c’est fascinant, chez nous, au Grande Oriente do Brasil, nous n’avons pas ça. Les interventions n’existent pas. En général, on ne dit rien »

    Puis troisième mi-temps au bar. Nous n'étions pas scheille arrangés, comme on dit à Bruxelles. Nous étions guillerets.

    Et là soudain, entre deux chopes, nous recevons collectivement la lumière : Jorge Amado s’était trompé ! Il croyait être à la Grande Loge Régulière de Belgique ! Och erm ! Le malheureux... Il est tombé dans l'antre du diable. Et on lui a alors expliqué sa bévue. Nous étions de méchants irréguliers non reconnus par la Grande Loge Unie d'Angleterre. Le Brésilien a éclaté de rire, visiblement satisfait de s'être trompé de porte. Il s'était régalé avec nous.

    Puis nous avons tous pris congé…
    - « Alleï le Brésilien, on se fait la bise. Ta carte ? Oh merci, c’est sympa. La mienne ? Désolé l'ami, je n’en ai pas… tiens, je t’écris mon numéro. Au fait, tu me sonnes quand tu veux. »
    - « Il faut que je parlé à ma loge dou bandeau très zintéressant qué j’ai vou. Ça oun très bel coutume. Tou viens quand tou vé à Brasil. »

    Je ne l'ai plus jamais revu bien sûr, mais nous nous étions reconnus comme tels.

  • Souvenir de Loge

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    Nous sommes dans la période du solstice d'hiver. C'est celle des banquets d'ordre. En rangeant certaines de mes archives, je suis tombé sur des photos que je croyais avoir perdues.

    Elles datent de décembre 1993. J'étais à l'époque un tout jeune compagnon d'une L∴ du G∴O∴D∴F∴. J'avais 21 ans.

    J'avais sympathisé avec le V∴M∴ d'une L∴ de la G∴L∴D∴F∴. Je visitais souvent son atelier dans lequel il faisait bon travailler (c'était le temps où la G∴L∴D∴F∴ n'était pas empêtrée dans des circulaires surréalistes à propos de la régularité et d'autres sujets accessoires).

    Ce V∴M∴ avait voulu m'associer activement à la préparation de la Saint-Jean d'Hiver. Je me souviens que je devais jouer le rôle d'un maçon du XVIIIe siècle et surprendre les frères attablés. J'étais en quelque sorte le F∴ visiteur que l'on n'attend pas, qui frappe à la porte et sollicite le bon accueil.

    Je regrette de ne pas avoir retrouvé le texte de mon intervention même si je présume qu'il devait avoir pour objet l'émancipation des individus, la tolérance, les droits de l'homme et la République dont nous venions de fêter le bicentenaire. Ça devait sans doute être un peu cucul comme une chanson de Paul Louka mais finalement plein de bonne volonté.

    Des tas de souvenirs refont surface en voyant ces photos. Des visages surgissent du passé. J'entends à nouveau le son de la voix d'untel. Je me rappelle de la démarche ou du rire de tel autre. Je revois des situations, des moments. Je sens à nouveau des odeurs. C'est fou ce que l'on peut emporter avec soi sans s'en rendre compte !

    Il y a déjà vingt-deux ans... Bon sang ! Je n'en reviens pas... Vingt-deux ans... le temps passe si vite !...

    Joyeux solstice d'hiver à tous !