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  • Ordre templier et Ordre maçonnique

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    Sceau.gifL’Ordre du Temple a disparu au début du XIVème siècle, de la volonté du roi Philippe IV le Bel et abandonné de la protection du pape Clément V (qui se souvenait peut-être que son prédécesseur, Boniface VIII, avait reçu dans la tronche une mandale de Guillaume de Nogaret).

    Le Temple a été victime du pouvoir spirituel (Clément V mais aussi les archevêques de Ravennes, Tarragone ou Mayence) et du pouvoir temporel des monarchies de l’époque (Philippe IV donc, mais également Jacques II d’Aragon, Denis du Portugal, Edouard II d’Angleterre).

    Pourquoi cette collusion contre le Temple ? Non pas parce que celui-ci détenait je ne sais quel secret susceptible d'ébranler l'église catholique romaine, mais parce qu'il était puissant, riche, prêtait volontiers aux Souverains, et avait su tisser tout un réseau de commanderies et préfectures qui risquait d’en faire un Etat dans l’Etat. C'est donc une raison beaucoup plus terre à terre qui a causé la perte de l'Ordre du Temple : le désir d'en finir avec un bailleur de fonds et un créancier de plus en plus encombrant pour les jeunes Etats européens et l'église romaine.

    Depuis sa destruction, l'Ordre du Temple alimente les thèses les plus fantaisistes.

    Il y a les thèses sur la filiation qui remonteraient à Jésus en personne et qui présentent peu d’intérêt si ce n’est celui du divertissement.

    Il y a aussi les thèses relatives à la survie de l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ (le nom officiel de l'Ordre du Temple) beaucoup plus abondantes. Elles ne reposent sur aucune source historique mais sur des affirmations péremptoires. La plus connue est celle qui postule que le Temple a survécu au sein de sociétés secrètes, notamment au sein de la franc-maçonnerie.

    Il y a enfin les contes et légendes. En Languedoc-Roussillon, il existe des patelins qui ont leurs histoires de spectres, de fantômes de Templiers errants, etc. « Mange ta soupe sinon le Templier va frapper à la porte et t’emmener avec lui. »

    Et ne parlons pas de certaines associations qui, aujourd’hui, revendiquent être les seules héritières de cet Ordre de moines soldats. Dans les années 60, l’extrême droite y a puisé (et y puise encore) un de ses thèmes favoris (la préservation de l’Occident chrétien).

    Bref, le Temple décimé a le dos assez large pour qu’on le fasse parler à sa place et pour qu’on y projette ses rêves. Chez bon nombre de gens, la filiation fantasmée devient la filiation authentique. Toute mise en discussion, sur base d’études accomplies par des médiévistes chevronnés, est suspecte et souvent considérée comme une irruption scientiste dans l’univers du mystère. Difficile de trouver son chemin à travers les reconstructions douteuses et les élucubrations ésotériques.

    L’Idéal Templier et l’Idéal Maçonnique se rejoignent-ils ? Pour répondre à cette question, encore conviendrait-il de s’entendre sur le contenu des ces idéaux respectifs si tant est que cela soit possible. Difficile de mettre en perspective l’univers mental de moines soldats du Moyen Age avec celui de nos contemporains.

    J’esquisserai toutefois un léger parallèle qui n’a pas de rapport avec le domaine des idées mais plutôt avec celui de la psychologie. Temple et Franc-Maçonnerie sont des noms évocateurs, des irruptions de merveilleux dans la banalité du quotidien où le quidam projette ses désirs de perfectibilité et d'amour universel (c'est la même chose pour le mythique ordre de la rose-croix qui a beaucoup fait fantasmer les amateurs de mystères). Il s'agit d'un acte de foi en somme dont on peut trouver des évocations dans certains degrés maçonniques. Cet acte de foi est assurément respectable mais il a toujours besoin des garde-fous de la Raison pour ne pas laisser la place au délire.

  • Le Salon du Livre et de la Culture Maçonniques de Toulouse

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    J'ai été gentiment sollicité par le FGérard Soulier, conseiller de l'Ordre du GODF, pour annoncer le prochain salon du livre et de la culture maçonniques qui aura lieu, pour la quatrième fois, à Toulouse, à la Médiathèque Espaces Vanel, les 21 et 22 novembre 2015.

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    Ce salon, ouvert à tous et dont l'entrée est gratuite, est considéré comme le premier salon maçonnique en province en terme d'importance. Il s'agit, comme je l'ai dit, de la quatrième édition. Le dernier a vu passer près de 2200 visiteurs. Ce qui est considérable pour ce genre de manifestation !

    Ce salon associe le livre (présence de deux libraires, un spécialisé et un généraliste, Ombres blanches de Toulouse) et la musique (de nombreuses séquences musicales sont proposées aux visiteurs).

    Les organisateurs proposent également des expositions d’objets maçonniques et d'oeuvres d’art.

    Cette année, le salon sera axé en direction des jeunes avec un focus bande dessinée (le dessinateur et scénariste Didier Convard sera présent). Il y aura également d'autres invités parmi lesquels je citerai notamment Claude Darche, Blandine Kriegel, Roger Dachez, Pascal Vésin, Jiri Pragman ou Alain Subrebost. Il y aura également plusieurs tables rondes dont une sur les "réseaux sociaux et la Franc-Maçonnerie".

    Voici le programme du weekend :

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    Par conséquent, si vous avez la chance d'être sur Toulouse les 21 et 22 novembre 2015, courez vite au salon du livre et de la culture maçonniques ! Vous y passerez un agréable moment fraternel et convivial.

    Une petite réflexion pour conclure. L'an dernier, sur fond de polémique parisienne, j'écrivais que les salons du livre maçonnique m'apparaissaient comme une mode (car force est de constater qu'il y en a beaucoup, de toutes sortes, et que tous ne perdureront probablement pas). Je dois cependant reconnaître aujourd'hui qu'ils sont bel et bien devenus des rendez-vous culturels incontournables qui participent d'une saine extériorisation des obédiences maçonniques (du moins quand ces dernières ont la sagesse de travailler ensemble).

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    Lire aussi :

    Interview de Gérard Soulier (Franc-Maçonnerie magazine).pdf

  • Le système Soral

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    Alain Soral, extrême droite, Robin d'Angelo, Mathieu MolardLe système Soral - Enquête sur un Facho Business est un livre écrit par Robin d'Angelo et Mathieu Molard, deux journalistes du site d'information StreetPress.

    Les auteurs y analysent dans le détail le parcours intellectuel et militant d'Alain Bonnet dit Alain Soral, lequel est devenu en quelques années à peine l'agitateur vedette de l'extrême droite française 2.0. Ils sont des millions, parait-il, à regarder ses vidéos dans lesquelles Soral étale ses délires paranoïaques sur les juifs, les homosexuels, les francs-maçons, les féministes et, plus généralement, sur tous les individus ou groupes d'individus qui ne cadrent pas avec sa vision du monde et de la société.

    D'Angelo et Molard ne sont pas tendres avec celui qui se présente volontiers comme un des grands penseurs contemporains de la dissidence. Baraqué Soral ? Oui mais peureux surtout. Il est le premier à prendre la fuite quand cela tourne mal (il n'a d'ailleurs pas donné suite aux demandes d'interview des journalistes). Homophobe ? Certes, mais surtout adepte du double discours, lui qui n'a jamais caché ses expériences homosexuelles. Ancien communiste ? Peut-être sauf qu'il n'a laissé aucune trace positive de son passage éclair au PCF si ce n'est quelques facéties clownesques au sein d'un fantomatique collectif des travailleurs communistes des médias dont presque personne ne se souvient Place du Colonel Fabien. Journaliste ? Oui. De seconde zone (au magazine féminin 20 ans notamment). Ecrivain ? L'homme a connu quelques succès de plume sans avoir cependant obtenu la reconnaissance qu'il convoitait. Artiste ? Ses tentatives de percer dans le cinéma furent des échecs. Soral n'a jamais pu approcher, même de loin, le succès de sa soeur Agnès qu'il n'a eu de cesse de jalouser. Frontiste ? Oui, parce que le provocateur a surtout plu à Jean-Marie Le Pen "comme un type serait passé avec une plume dans le cul devant son bureau."

    Bref, ce livre expose le parcours sinueux d'un Rastignac de province monté à la Capitale pour tenter d'y assouvir ses ambitions sociales et son incommensurable besoin de reconnaissance. Mais ce livre est aussi une excellente analyse du "système Soral". On y apprend comment Soral est devenu un boutiquier de la haine et comment il est parvenu à réunir autour de sa personne une coalition hétéroclite d'adeptes (étudiants, jeunes chômeurs, petits blancs, français issus de l'immigration, nationalistes, royalistes, néo-nazis, antisémites, skinheads, conspirationnistes, catholiques intégristes, fans de Dieudonné, salafistes, certains défenseurs de la cause palestinienne, anciens trotskistes, nationaux-bolchéviques, etc.). Au sein de son mouvement "Egalité et Réconciliation", Soral mobilise et rassemble. Nicolas Bourgoin, Lucie Choffey, Félix Niesche, Julien Teil, Nicolas Fabre, Marion Sigault ou encore Gilad Atzmon entretiennent avec lui des contacts plus ou moins étroits. Soral vend. Ses bouquins et ses conférences. Mais il fait vendre aussi. Car l'homme est également éditeur et gérant d'une SARL aux activités commerciales florissantes.

    Comment tout ceci va-t-il finir ? Difficile à dire. Les auteurs formulent en tout cas des hypothèses que vous découvrirez en lisant leur livre.

    Robin d'Angelo et Mathieu Molard. Le système Soral. Enquête sur un facho business. Calmann-Lévy. Paris. Septembre 2015. 189 pages. ISBN 978-2-7021-5864-7 1556876 - Prix public 17 €

  • Devant la porte fermée

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    6a010535f0c64e970b0147e3ce3cf2970b-piUn soir d'automne, un apprenti et son parrain se trouvaient devant la porte fermée d’un local où se réunissait une loge dont ils voulaient partager les travaux. Les alentours étant déserts, ils en déduisirent qu’ils étaient arrivés en retard.

    « Cher parrain, je pense que nous sommes arrivés en retard. La porte est close.»

    Le maître garda le silence.

    « Parrain, il est tout de même dommage que la porte soit déjà fermée. Ce n’est guère accueillant ici. Ceci signifie-t-il que l’on ne veut pas de nous ? »

    Le maître demeura interdit, presque absent.

    « Parrain ! Je ne serais pas étonné que ces frères aient fermé la porte pour ne point recevoir de visiteurs non reconnus comme francs-maçons authentiques et réguliers. J’ai d'ailleurs entendu dire que cette loge était composée de frères sûrs de leur importance, fiers et arrogants, à commencer par le vénérable maître que l'on m'a dit méchant homme. Un maître de mon atelier m’avait précisé un jour que notre atelier avaient eu quelques difficultés avec cette loge il y a quelques années. On a sans doute prévenu ces frères de notre venue. »

    Le maître ne répondit pas. Et le filleul de continuer de plus belle.

    « Sais-tu, Parrain, que derrière cette porte, il y a, paraît-il, un frère qui a connu des démêlés avec la justice profane ? Il y en a même qui disent que cette loge est en délicatesse avec notre Obédience en raison de son irrespect du règlement général. Je me souviens que le second surveillant m’avait dit qu’il était important, pour ne pas dire fondamental, de respecter la loi commune. »

    Les minutes s’écoulèrent sans que le vieux maître n’ouvre la bouche, laissant son jeune filleul à ses analyses devant la porte désespérément close.

    « Je ne pense pourtant pas que nous soyons si en retard que cela. J’entends d’ici des clameurs joyeuses, des embrassades, des rires, des bruits de pas et de chaises. C’est donc bien la preuve que les travaux n’ont pas encore commencé. Et pourtant, nous sommes comme deux imbéciles, là, dehors, dans le froid et dans cette nuit qui commencent à nous envelopper. Ah ! voilà bien cette fraternité maçonnique dont je commence à douter : des paroles, toujours de belles paroles, encore de belles paroles. »

    De guerre lasse, l’apprenti se mit à tambouriner sur la porte comme un fou furieux.

    « Ouvrez-nous ! mais ouvrez-nous, nom de nom ! »

    Soudain, le maître s’avança vers la porte, saisit la poignée et la tourna. La porte s’ouvrit sans le moindre effort.

    « Mais, Parrain, je croyais que cette porte était fermée ».

    Le Maître de répondre :

    « Fermée, oui, mais apparence seulement. Tu n'as jamais tenté de l'ouvrir. »

    Et, en se retournant vers son filleul, d’ajouter :

    « Ah, au fait, dis-moi contre qui t’es-tu énervé ? »