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  • "La France Maçonnique" : le retour

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    Mon compteur de visites s'affole depuis quelques jours. Grâce au F Géplu du blog de référence Hiram.be, j'en ai compris les raisons. Il semble que ma note sur le teaser n°2 du  documentaire "La France Maçonnique" (tremblez ! bonnes gens) ait fortement déplu à l'un de ses obscurs promoteurs qui tient un blog à la ligne éditoriale complotiste (la présentation est tortueuse, prenez une aspirine...).

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    Merci en tout cas de cette publicité ! Je n'en attendais pas tant. Qu'il me soit permis d'y voir un retour de bon procédé car cela permet de faire croire qu'il y a une effervescence - que dis-je ? - une panique chez les francs-maçons... Comme si le documentaire allait révéler de terribles secrets... Comme si ma note donnait en quelque sorte l'alerte à la meute des "frères la gratouille" qui, dans l'ombre, contrôle tous les rouages de la société française (gniark... gniark...).

    Mon pauvre ami... si seulement tu savais... N'étant évidemment le porte-parole de personne et encore moins de mes FF et SS en franc-maçonnerie, je crains, hélas, de te décevoir, et de ne pas aller dans le sens de ta paranoïa, en te disant qu'il y a de très fortes chances, pour ne pas dire une quasi-certitude, que la sortie de ce film passe totalement inaperçue tant dans la société, que dans les milieux maçonniques, lesquels ont bien d'autres préoccupations que les considérations de Ratier, Dieudonné, Le Gallou, et compagnie.

    Sur le fond, tu qualifies mon article de puant, de diffamatoire et de délateur. Evidemment, rien de tel. Ma note se borne à constater brièvement le parcours politico-intellectuel des réalisateurs, puis des intervenants qui apparaissent dans l'extrait. Et le moins que l'on puisse dire est que la plupart de ces personnes ne sont pas connues pour la modération de leurs analyses et de leurs engagements publics. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je me suis étonné d'y voir figurer Jean Solis car j'ai de la considération pour l'auteur et l'éditeur. J'ai donc pris la liberté d'exprimer cet étonnement et mes doutes sur les orientations de ce documentaire.

  • La question sociale selon Mélenchon

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    Je voudrais faire deux observations à l'attention des quelques fachos qui, via Twitter, consultent régulièrement mon blog parce qu'ils croient y déceler les éléments du grand complot anti-français qui les fait cauchemarder.

    1°) Ce n'est pas parce que je parle d'untel sur ce blog que celui-ci est nécessairement franc-maçon. Je le précise car certains paranoïaques d'extrême droite ont cru comprendre que Thomas Guénolé était franc-maçon suite à une de mes notes publiée récemment. Guénolé est-il franc-maçon ? Je n'en sais strictement rien et, très franchement, je me moque éperdument de le savoir. Cela n'ajoute rien à son intervention stimulante dans l'émission de Laurent Ruquier. De toute façon, si je dis que quelqu'un est maçon, la fachosphère pensera qu'il ne l'est pas parce que je le dis. Si je dis que quelqu'un n'est pas maçon, la fachosphère pensera qu'il l'est parce que je le dis. Donc, je lui laisse le soin de choisir au gré de ses fantasmes.

    2°) Il m'arrive aussi de parler de tel autre dont l'appartenance maçonnique est avérée, non parce que je l'ai dévoilée, mais parce qu'elle est de notoriété publique et que l'intéressé n'a jamais cherché à la cacher. Mais en même temps, ce n'est pas parce que je parle d'un franc-maçon, quel qu'il soit, que je partage nécessairement ses idées. Nous avons certes en commun une démarche philosophique et des valeurs, mais nous pouvons tout à fait diverger sur plein d'autres sujets. C'est le cas du FJean-Luc Mélenchon pour lequel je n'ai jamais voté alors que lui et moi appartenons pourtant à la même obédience (le G∴O∴D∴F∴ ). Son positionnement  politique hostile à l'Union européenne en général et à l'Allemagne en particulier, ses relations conflictuelles avec ses anciens amis politiques, ses analyses économiques et sa bienveillance à l'égard de l'extrême gauche dont il est issu, ne m'ont jamais attiré. Je lui reconnais cependant une force de conviction, un art de la tchatche, une liberté de ton et une passion qui font de lui un homme attachant malgré sa vision binaire du réel. C'est cela la magie de la franc-maçonnerie : réunir ce qui est épars, réunir des hommes qui ne pensent pas forcément pareil.

    Ces deux observations étant faites, je voudrais maintenant signaler cet extrait d'une intervention de Mélenchon en date du 7 octobre dernier. Elle tranche avec le discours dominant au sujet du conflit social à Air France. Mélenchon parle de la violence visible toujours plus efficace que la violence qui ne se voit pas. Il rappelle aussi des évidences que l'on ne dit pourtant pas assez et qui expliquent les débordements auxquels on a assisté. Perdre son emploi engendre en effet tout un ensemble de problèmes sur lesquels on insiste rarement : dépression, suicide, divorce, éclatement des familles, déclassement social, marginalisation, etc. Il souligne également la pauvreté du débat public focalisé non sur la question sociale mais sur ce qu'il appelle des leurres comme par exemple le destin de Madame Le Pen ou les musulmans.

  • Alain Bauer et le Front National

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    Déclaration hallucinante du F∴ Alain Bauer, ancien Grand Maître du G∴O∴D∴F∴, sur l'antenne de RMC le 1er octobre dernier.

    Alain Bauer fait preuve d'une étrange bienveillance à l'égard de Marine Le Pen ("à ne pas jeter par a priori"), qui préside pourtant un parti politique dont l'idéologie, l'histoire, les discours et les pratiques sont depuis l'origine en dehors des valeurs de la République démocratique, sociale et laïque. Il lui prédit même, non sans imprudence, un succès au premier tour de l'élection présidentielle (comme d'ailleurs nombre de médias qui considèrent déjà que son succès électoral est inéluctable).

    Alain Bauer ne craint pas d'affirmer que les thèses d'extrême droite rencontrent un certain écho chez les francs-maçons, comme si ces derniers étaient en quelque sorte le pâle reflet de l'état de l'opinion française en 2015, comme s'ils étaient réceptifs aux prises de position d'une extrême droite qui les déteste depuis toujours ! Je ne voudrais pas faire de mauvais procès à Alain Bauer, mais il accrédite tout de même implicitement l'idée que le FN a changé avec Marine Le Pen, qu'il est devenu plus structuré politiquement que par le passé, et qu'au fond, il devient désormais fréquentable. Pourtant n'importe quel spécialiste de la sociologie des organisations vous le dira : ce n'est pas parce qu'une organisation partisane change de président, change de nom ou de siège social, qu'elle change fondamentalement de discours et de positionnement politique.

    Mais Bauer va encore plus loin. Il soutient que des francs-maçons sont membres du FN. Si ce qu’il dit est vrai et repose sur des faits établis et vérifiés, si être franc-maçon et frontiste encarté ou sympathisant est devenu aujourd'hui plus un sujet qu'un problème, si rassembler ce qui est épars est conciliable avec le rejet d'autrui en raison de ses origines, alors il me semble qu'Alain Bauer a le devoir, en tant qu’ancien Grand Maître du G∴O∴D∴F∴, de susciter officiellement ce débat au sein de l'obédience au lieu de faire le guignol sur l’antenne de RMC. Car le F Bauer sait parfaitement que la qualité maçonnique est totalement incompatible avec l’appartenance à des associations ou à des partis politiques qui prônent le racisme et la xénophobie.

    Qu'il me soit permis en tout cas de regretter qu'Alain Bauer n'ait pas saisi l'occasion de son passage sur RMC pour réaffirmer avec force et clarté cette incompatibilité fondamentale.

  • Lynchage ?

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    Surenchère grotesque et indécente de la presse après la sortie mouvementée de membres du conseil d'administration d'Air France dont l'objet était l'étude et la mise en place d'un plan social : 2900 postes environ seraient concernés. Des cadres, protégés par un cordon policier, ont été pris à partie par des syndicalistes excédés.

    Fort heureusement, il n'y a pas eu d'exécutions sommaires. Il n'y a pas eu de morts. Juste des insultes, quelques bousculades, des chemises et des costumes arrachés par des femmes et des hommes en colère et une direction qui cherche maintenant à temporiser après avoir tenté de monter les salariés les uns contre les autres (pilotes contres les autres personnels).

    Mais la presse, qui a perdu depuis longtemps le sens des mots, parle aujourd'hui de lynchage comme si la violence était à sens unique et l'apanage des salariés, comme si elle était organiquement apparentée à la plèbe, comme si l'histoire sociale de notre pays n'avait été qu'un long fleuve tranquille coulant au milieu d'un pays de Bisounours.

    Que l'on me comprenne bien. Je ne cautionne évidemment pas la violence mais je me mets malgré tout à la place de ces hommes et de ces femmes dont l'avenir est désormais compromis et qui sont aujourd'hui engagés dans une lutte pour leur survie sociale. Il est hallucinant d'attendre de la nuance et de la modération chez des personnes qui ont conscience de tout perdre ! Que préfère-t-on ? La résignation, le chacun chez soi, le suicide dans son coin (excès de vitesse, alcool, drogue, flingue) ? Il ne faut donc pas s'étonner de telles poussées de rage et de désespoir.

    Demain, qui se souciera du paiement du loyer, de la traite du prêt pour l'appartement ou le petit pavillon de banlieue, du paiement de la cantine des gosses ? Qui se préoccupera de chercher une place ailleurs ?

    Qui ?

    Certainement pas les petits éditocrates de la presse écrite et audiovisuelle !