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  • Canton du Valais (Suisse) : l'appartenance maçonnique des élus en question

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    Le Grand Conseil du Canton du Valais (Suisse) a le projet d'obliger les élus valaisans à révéler leur appartenance aux organes de direction ou de surveillance de corporations, entreprises, établissements ou fondations de droit privé ou de droit public ainsi qu'aux clubs services ou loges maçonniques.

    Cette obligation de dévoilement (des élus, des magistrats, etc.) est une vieille lune qui repose, en réalité, sur les sentiments antimaçonniques les plus tenaces selon lesquels l'appartenance à une loge maçonnique est en soi un acte nocif susceptible de porter atteinte à l'ordre public.

    Dans sa grande sagesse, et parce que c'est aussi le droit, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de Strasbourg a rappelé, dans un arrêt du 31 mai 2007, que cette obligation déclarative contrevenait directement aux articles 11 et 14 de la convention européenne des droits de l'homme (cf. l'arrêt Grande Oriente d'Italia di Palazzo Giustiniani c/ Italie, ci-dessous).

    Cette obligation déclarative est discriminatoire et n'est fondée sur aucune justification objective et raisonnable si ce n'est sur des fantasmes relatifs aux soi-disant pouvoirs occultes de la franc-maçonnerie.

    On peut se demander par exemple pourquoi les élus appartenant à des églises ou à d'autres associations sans but lucratif échapperaient à cette obligation déclarative souhaitée par le Grand Conseil valaisan.

    Enfin, cette obligation de dévoilement est une atteinte directe au respect de la vie privée et à la liberté d'association également protégés par la convention européenne des droits de l'homme.

    Le Canton du Valais, membre de la Confédération Helvétique, ne peut l'ignorer puisque la Suisse est membre du Conseil de l'Europe depuis 1963 et a ratifié la convention européenne des droits de l'homme en 1974.

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    A consulter :

    arrêt CEDH.pdf

  • Le drame des migrants

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    L'actualité tragique de ces derniers mois au sujet des migrants d'Afrique, du Proche Orient et d'Asie, me rappelle un souvenir de voyage. C'était en février 2009 à Ceuta (Sebta en arabe), petite enclave espagnole au Maroc. J'étais en compagnie de plusieurs FF. Nous nous rendions en voiture à Casablanca pour participer aux travaux d'un atelier la GL du Maroc.

    Migrants, Afrique, Maroc, Franc-Maçonnerie, Humanisme, Universalisme, Solidarité, Immigration

    La franc-maçonnerie marocaine organisait au même moment les dix-septièmes rencontres humanistes et fraternelles africaines et malgaches (REHFRAM). Voilà pour le contexte.

    Je me souviens que j'étais particulièrement heureux de ce séjour car c'était la première fois que je mettais les pieds en Afrique. Le choc fut cependant rude car je n'avais nullement anticipé le passage de la frontière. Je me rappelle en particulier de cette corniche surplombant une mer Méditerranée assez agitée et de ce virage qui annonçait le poste frontière, et du même coup l'entrée d'un gigantesque continent de 30 221 532 km².

    Quelle image et quelle sensation à la fois étrange et oppressante !

    Le poste frontière était devant nous avec de part et d'autre un gigantesque mur de fers barbelés derrière lequel des milliers et des milliers d'hommes faisaient les cent pas dans l'attente de l'instant propice pour le franchir. Tous ces gens venaient des profondeurs de l'Afrique. Ils avaient parcouru des milliers de kilomètres, dans des conditions souvent épouvantables, pour se retrouver là, derrière ces barbelés, la terre promise devant eux. Ils étaient là dans l'espoir de trouver, en Europe, une vie meilleure. Ils n'avaient pas quitté pas la terre de leurs ancêtres par caprice ou par simple désir de changer de lieu. Ils avaient quitté leur pays parce que la vie y était matériellement très difficile, voire impossible. Ils avaient quitté leur pays parce que les libertés fondamentales n'y étaient pas garanties. Ils avaient quitté leur pays parce qu'ils n'avaient tout simplement pas d'autres choix s'ils voulaient sauver leur peau. Croyez-moi, cela fait une drôle d'impression d'éprouver physiquement cette extraordinaire attente de milliers d'anonymes dont toutes les pensées semblaient converger vers un seul objectif : passer la frontière coûte que coûte.

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    L'Europe pouvait-elle détourner le regard de ce qui se passait ici, me demandais-je ? Nous étions en 2009 je le rappelle. Pourtant, je savais déjà confusément que cette situation, si surréaliste pour le privilégié que j'étais, ne pouvait que dégénérer rapidement tant que l'Europe ne jetterait pas les bases d'une politique de coopération ambitieuse avec l'Afrique, et plus largement encore, avec toutes les régions du monde qui connaissent actuellement la misère et la guerre.

    Notre intérêt économique et social est de ne pas laisser ces parties du monde livrées à elles-mêmes, saignées par les conflits et submergées trop souvent par les forces du fanatisme religieux. En les aidant à se développer, nous nous développerons aussi. Nous apprendrons de nouvelles formes d'échange et de coopération. Les gens n'auront pas le besoin de partir. Ils construiront l'avenir chez eux avec notre aide. Nous leur apporterons des choses. Ils nous en apporteront d'autres en retour. Pour le bien de l'humanité.

    Je suis convaincu que la France, notamment, a une carte à jouer, infiniment plus subtile et intelligente que la seule influence géostratégique, précisément en raison de son passé commun avec un grand nombre de pays d'Afrique. Nous en sommes loin, hélas, car notre égoïsme et nos petites préoccupations de pays développé, nous empêchent de voir au-delà de nos problèmes économiques et sociaux. Ces derniers sont certes importants à notre petite échelle, j'en conviens, mais ils demeurent malgré tout fondamentalement dérisoires comparés à la misère morale et matérielle qu'endurent les trois-quarts des gens qui vivent sur la planète.

    Je ne suis donc absolument pas surpris de ce qui se passe actuellement. Les phénomènes migratoires ne font que commencer car rien, aucune mer, aucun océan, aucune montagne, aucun désert, aucun mur, aucun fossé, ne peut arrêter un individu réduit à l'extrême nudité du besoin sauf la mort.

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    (Cette note est la 100ème depuis l'ouverture du blog)

  • L'homme face au climat

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    Je signale la parution aux éditions Henry de L'Homme face au Climat. Cet ouvrage, publié sous l'égide de la Commission de Réflexion sur le Développement Durable (C.N.R.D.D.) du Grand Orient de France (GODF), est composé d'une sélection des travaux de cette commission issus de dix réunions interobédientielles, de la participation aux Utopiales et au Clipsas, de la conférence de Lyon du 30 mai 2015 et de travaux de francs-maçons accomplis en loge ou en région.

    GODF, Obédience, Développement durable, Cité

    A quelques semaines de la tenue de la 21ème conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP-21), il est important, je crois, de mettre en avant les réflexions de francs-maçons sur ce sujet vaste et complexe qui concerne à la fois les questions environnementales, économiques et sociales.

    Comme le souligne le F Sylvestre C., président de la C.N.R.D.D., "nos habitudes doivent évoluer (...) Cela suppose :

    • de considérer que la planète est le bien commun de tous les hommes et de toutes les espèces vivantes et qu'il faut donc la préserver en privilégiant le recours aux énergies renouvelables,
    • de privilégier l'éducation de tous les humains et le partage des connaissances (...),
    • de mettre en oeuvre une culture de la paix nécessairement liées à la mise en oeuvre volontariste d'une transition énergétique aux objectifs ambitieux quant à la réduction des gaz à effet de serre et aux solidarités à développer en ce qui concerne le partage et l'échange des énergies,
    • d'organiser des débats citoyens sur l'opportunité et les risques de recours à l'énergie nucléaire, tant sur le plan civil que militaire, car elle apparaît de plus en plus comme une épée de Damoclès pour la survie de l'humanité,
    • d'inventer de nouvelles formes d'urbanisme non polluantes qui respecteraient la dignité humaine et faciliteraient un mieux vivre ensemble dans le respect mutuel des cultures"

    Il va de soi que ces pistes de réflexion ne sont pas énoncées limitativement.

    L'Homme face au climat, 4ème publication, juillet 2015, disponible sur le site des éditions Henry. Prix public : 12 €.

  • Les hommes passent, l'obédience demeure

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    J'ai voté pour le rapport d'activités du Conseil de l'Ordre présenté aux suffrages des délégués des loges le jeudi 27 août. Ceux qui lisent régulièrement ce blog pourront en être surpris car je n'ai jamais été tendre à l'égard des prises de position publiques du Grand Maître du GODF.

    Je n'ai pourtant jamais changé d'avis. En effet, on peut être tout à fait contre certains comportements et certains choix tout en reconnaissant par ailleurs la qualité et le sérieux du travail collectif accompli tout au long des derniers mois. Ce n'est absolument pas antinomique. Faut-il rappeler que le rapport d'activités est celui du Conseil de l'Ordre et non celui du Grand Maître ?

    Notre Obédience a toujours été hostile à une personnalisation excessive du pouvoir exécutif pour des raisons historiques et pour éviter d'éventuelles dérives. 

    Les hommes passent, l'obédience demeure. Il ne faut jamais l'oublier.

    Le Convent l'a d'ailleurs rappelé en maintenant l'annualité de la fonction de Grand Maître, déjouant ainsi les chausse-trapes de certaines modifications réglementaires.

    Et je ne parle pas non plus de l'erreur de base qui consiste pour le Grand Maître à prendre la parole, en plein Convent, en dehors de toute mise en cause personnelle, pour faire la leçon aux délégués sur l'importance d'un projet.

    Le GODF est fondé sur le principe de la séparation des pouvoirs (art. 5 du règlement général du GODF).

    Ça non plus, il ne faudrait pas l'oublier.