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  • Pas tant de gaz Gérard...

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    Le F Contremoulin croit déceler "une trahison" (sic) des idéaux laïques dont se serait rendu coupable le Parti socialiste. Diable ! De quelle odieuse trahison s'agit-il ? De proposer une meilleure formation des imams, de favoriser la création d'établissements privés sous contrat (comme c'est le cas déjà pour les cathos, les parpaillots ou les juifs) ou encore de pallier le manque de lieux de culte pour nos compatriotes de religion musulmane ?

    Toutes ces propositions sont pourtant parfaitement conformes à la législation en vigueur. Non seulement à la loi du 9 décembre 1905 mais aussi à la loi du 2 janvier 1907 relative à l'exercice public des cultes que le F Contremoulin, décidément, semble bien mal connaître.

    Alors où est donc la trahison au juste ?

    Du côté de ceux qui, dans le respect de la laïcité telle qu'elle existe dans le droit positif, veulent structurer un Islam de France pour limiter les influences extérieures et le doter enfin de structures décentes (notamment des lieux de culte qui font cruellement défaut) et d'un personnel qualifié (des imams correctement formés) ?

    Ou du côté de ceux qui s'accrochent mordicus à une laïcité fantasmée qui n'a jamais existé dans les textes de loi ?

    Je crois que si "trahison'" il y a, elle est plutôt à rechercher du côté de ceux qui ânonnent la laïcité sans regarder les textes. Ils ressemblent à ces cléricaux de tous poils qui récitent leurs prières sans réfléchir. Les premiers ne valent vraiment pas mieux que les seconds.

    Et comme j'ai horreur de me répéter, je renvoie le lecteur aux notes suivantes que j'ai pu commettre sur le sujet :

    Islam et laïcité, le regard lucide d'un F belge

    Le collectif laïque demande l'abrogation du délit de blasphème en Alsace Moselle. Problème : ce délit n'existe pas

    Daniel Keller défend une vision de la laïcité qui n'existe pas dans les texte

    Retour sur la loi du 9 décembre 1905

    Jean-Louis Bianco répond à Daniel Keller

    Les 25 "propositions du GODF" sur la laïcité

    Le "Collectif laïque" se ridiculise

     

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    Ajout du 10 mars 16h30 et 17h15

    Je dois constater que ma note suscite des réactions plutôt positives de la part de FF du GODF lassés des postures "laïcistes" (et non laïques) de leurs instances.

    Je ne dénie pas à ces instances, bien sûr, le droit de défendre et promouvoir une conception de la laïcité qui n'a jamais existé dans l'ordre juridique de notre pays. Je leur rappelle simplement que la laïcité - c'est-à-dire celle qui fut soutenue ardemment par tous les Républicains de ce pays à la croisée des XIXe et XXe siècles - repose sur l'idée pragmatique du compromis et du dialogue parce qu'elle a vocation à assurer et à garantir la liberté de conscience (et de culte) de tous les citoyens.

    La liberté de conscience, c'est reconnaître que chaque individu est singulier et doit en même temps coexister pacifiquement avec autrui.
     
    Je laisse l'uniformisation des consciences aux pays totalitaires, quelles que soient les idéologies dont ils se réclament.
     
    L'Islam est la deuxième religion de notre pays. C'est ainsi et il faut en tenir compte. L'Islam doit donc être un interlocuteur de la République comme toutes les autres religions présentes sur le territoire de notre pays. Ni plus ni moins. Il doit donc être mieux structuré qu'il ne l'est aujourd'hui. Il doit être représenté pour être écouté des pouvoirs publics et plus particulièrement du ministère de l'intérieur. Le culte musulman doit être confié à des imams compétents et formés, respectueux des lois de notre République démocratique, sociale et laïque, et capables de résister aux agents intégristes (surtout salafistes). Les salles de culte doivent être décentes pour en finir avec les garages ou les salles insalubres. Les associations cultuelles musulmanes dûment déclarées ne doivent pas subir des tracasseries administratives injustifiées (notamment de la part des municipalités) pour obtenir un permis de construire ou un changement de destination pour une salle de prières.
  • Thé ou café avec des maçons

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    Une pratique est en train de se répandre : celle du café philo où maçons et non maçons se rencontrent autour d'un sujet pour en débattre. Ecouter un exposé et discuter autour d'une boisson ? Il n'y a rien de fondamentalement nouveau à cela. Depuis le XVIIIe siècle, les cafés ont toujours été lieu de rencontres et d'échanges d'idées (1). Et puis, les premières loges spéculatives ne se réunissaient-elles pas dans les arrière-salles des tavernes ? 

    En revanche, là où cette pratique me dérange un peu, c'est lorsqu'on y accole l'adjectif "maçonnique" comme si ces rencontres se faisaient sous l'égide de la franc-maçonnerie (2). Ce n'est évidemment pas le cas car le travail maçonnique s'effectue en loge et entre frèresTout ce qui est extérieur à la loge, quand elle n'est pas assemblée rituellement, n'est pas spécifiquement maçonnique.

    Le café philo, c'est simplement une conférence publique dans un café à laquelle peuvent participer, à titre personnel, des francs-maçons et des profanes pour entendre un exposé et débattre. La présence de francs-maçons ne confère donc aucun caractère maçonnique à la réunion si ce n'est, peut-être, ce petit supplément de "mystère" susceptible d'attirer le profane en recherche, le simple curieux ou encore l'opposant désireux d'apporter la contradiction ou de repérer silencieusement "ceux qui en sont".

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    (1) Roger Chartier, Les origines culturelles de la Révolution française, Le Seuil, coll. L'univers historique, Paris, 1990.

    (2) C'est le cas notamment à Lyon.

  • Franc-Maçonnerie et football

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    alain berheim,régularité,football,franc-maçonnerie,landmarksLa différence entre le football et un autre jeu de balle tient à ses règles. Si vous voulez jouer au football, vous devrez en respecter les règles. Dès l'instant où vous vous en affranchissez, vous jouer à un autre jeu. Vous pratiquez une activité sportive qui a les apparences du football mais qui, en réalité, n'est pas du football. Les réguliers, comme Alain Bernheim et d'autres, raisonnent ainsi. 

    Selon eux, la franc-maçonnerie repose sur des Landmarks, c'est-à-dire sur des règles qui fixent des limites en dehors desquelles on est hors du champ maçonnique. Leur observance conditionne donc la pratique maçonnique traditionnelle et authentique. Tout ce qui s'en écarte n'a que l'apparence de la franc-maçonnerie. 

    Autrement dit si le footballeur est celui qui joue au ballon dans le strict respect du football, le franc-maçon est donc celui qui pratique l'Art royal dans strict le respect des Landmarks. Par conséquent, la qualité maçonnique naît de la contrainte imposé par un ordre donné.

    Dans cette perspective, un franc-maçon régulier ne peut donc fréquenter ès-qualités un groupement qui ne respecte pas les Landmarks. Il doit s'en tenir aux principes de la franc-maçonnerie une et indivisible tels qu'ils ont été définis par la Grande Loge Unie d'Angleterre, qui est à la maçonnerie ce que le Vatican est au christianisme. Le franc-maçon régulier est dans un Ordre spécifique. 

    Cette manière de concevoir et de vivre la maçonnerie n'est évidement pas la mienne car il va de soi que les règles ne sont jamais intangibles par nature. Il suffit d'observer la vie des hommes tout simplement. Les règles évoluent sans cesse. Et c'est vrai de toutes les règles. Qu'il s'agisse par exemple des règles de droit ou des règles du jeu.

    C'est ainsi que les règles du football ont évolué au fil du temps. En effet, on ne pratique pas ce sport en 2015 comme on le pratiquait il y a 100 ans ou 200 ans. Le jeu a considérablement évolué. Il est devenu par exemple plus rapide et plus violent. Relativement confidentiel à ses débuts, le football est aujourd'hui le sport populaire par excellence. Essentiellement masculin à ses origines, il attire de nos jours de plus en plus de femmes qui le pratiquent à un niveau élevé. 

    Et au-delà même du respect des règles et des évolutions du jeu, il y a l'esprit sportif, le fair-play, le plaisir d'être ensemble dans cette pratique, le loisir, la volonté de se divertir tout en étant sérieux dans ce qu'on fait.

    Comme le football ou n'importe quelle autre activité, la franc-maçonnerie n'est évidemment pas statique. Elle évolue avec son temps et avec les préoccupations de celles et ceux qui la vivent au quotidien. C'est un Ordre spécifique mais riche de ses différences (obédientielles, rituéliques, etc.). Les règles n'y sont pas intangibles. Certaines peuvent tomber en désuétude. D'autres peuvent apparaître.

    Dans cette perspective, un franc-maçon dit régulier devrait pouvoir fréquenter ès-qualités une loge qui ne se reconnaît pas dans les Landmarks de Londres dès lors que celle-ci accepte de lui ouvrir sa porte (il ne s'agit pas de s'imposer... on ne s'assied à une table familiale que si on y a été préalablement invité). La réciproque devrait pouvoir être vraie sans le moindre problème. Le régulier n'en sera pas moins régulier. Il aura simplement vécu une expérience maçonnique différente mais au fond complémentaire à la sienne.

  • Un grand merci !

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    Le blog "3, 5, 7 et plus" va sur ses cinq mois d'existence. Je me réjouis de constater que son audience s'élargit petit à petit.

    Aujourd'hui, il compte en moyenne 177 visiteurs uniques par jour.

    C'est certes très modeste, mais malgré tout encourageant pour la suite.

    En effet, si écrire est un plaisir, être lu l'est encore davantage.

    Merci à toi, lecteur !