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  • Maçons d'Europe, ouvrez les yeux!

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    Tandis que les obédiences du monde entier s'apprêtent à célébrer le tricentenaire de la naissance de la franc-maçonnerie spéculative, les obédiences italiennes, elles, luttent pour la sauvegarde de leur honneur et de la liberté d'association. Le 2 mars 2017, la commission parlementaire anti-mafia a unanimement demandé au service central d'investigation sur la criminalité organisée de la Guardia di Finanza d'effectuer une perquisition aux sièges du Grand Orient d'Italie et des autres obédiences maçonniques pour y saisir les listes de tous leurs membres en Calabre et en Sicile.

    La commission parlementaire a donné cet ordre en dehors de toute procédure judiciaire alors même que les prétendus liens entre la mafia calabraise et la franc-maçonnerie n'ont jamais pu être établis. Cette commission parlementaire a donc pris le risque insensé de livrer la franc-maçonnerie italienne à l'opprobre publique. Elle a de surcroît décidé d'aller à l'encontre de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, pourtant très ferme sur la protection de la liberté d'association et du respect de la vie privée. Cette jurisprudence résulte déjà d'une condamnation de l'Italie suite une plainte du Grand Orient d'Italie devant la juridiction de Strasbourg. Il semble que l'on s'achemine vers un nouveau marathon judiciaire.

    Puisque la commission parlementaire anti-mafia veut des noms de francs-maçons, en voici : Theodat Albanie, Carlo Avolio, Umberto Bucci, Silvio Campanile, Silvano Canalis, Giuseppe Celani, Renato Fabbri, Fiorino Fiorini, Manlio Gelsomini, Umberto Grains, Mario Magri, Placido Martini, Attilio Paliani, John Rampulla, Umberto Scattoni, Mario Tapparelli, Angelo Vivanti, Giulio Volpi et Carlo Zaccagnini.

    Ces noms sont ceux de dix-neuf frères, appartenant aussi bien au Grand Orient d'Italie qu'à la Grande Loge d'Italie, massacrés par les nazis à la Fosse Ardeatine le 24 mars 1944 en compagnie de plus de trois cent trente autres innocents. Ces dix-neufs frères font partie des cadavres identifiés avec ceux de soixante-quinze juifs, trente-neuf officiers et sous-officiers et soixante-huit communistes.

    conti.jpgIl conviendrait d'y ajouter le nom du frère Lando Conti, maire de Florence, assassiné froidement en 1986 par les Brigades Rouges sans oublier celui du profane Filippo Salsone, sergent de la police pénitentiaire de Calabre, assassiné la même année par un tueur de la Ndrangheta, la mafia locale et ce quasiment sous les yeux de son fils Antonino Salsone, à l'époque adolescent, et actuel président du collège des Vénérables Maîtres de la Lombardie (Grand Orient d'Italie). Aujourd'hui encore, l'assassinat dont a été victime Filippo Salsone n'a toujours pas été puni. Que faut-il dire à son fils ? Qu'il devrait avoir honte d'appartenir à une organisation ayant soi-disant des collusions avec cette mafia calabraise qui a abattu son père ?

    La vérité est que les francs-maçons italiens et leurs proches ont versé leur sang pour construire l'Italie moderne et établir la République autour des grandes libertés publiques. Ils ont été victimes du fascisme et du nazisme. Ils ont été victimes du terrorisme et du crime organisé. Ils ont été des victimes du devoir parce qu'ils portent et défendent des valeurs d'humanisme, de tolérance et de laïcité.

    Il est donc grand temps que les francs-maçons d'Europe ouvrent les yeux et réagissent par rapport à ce qui se se passe en Italie dans l'indifférence générale. Doit-on rappeler ici le célèbre poème du pasteur Martin Niemöller que les nazis ont finalement arrêté parce qu'il n'y avait plus de communistes, de sociaux-démocrates, de syndicalistes et de juifs pour le défendre ?

    Quand je vois que le Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France est capable de publier ordinairement des communiqués de presse, je me dis qu'il serait un peu plus inspiré d'exprimer sa solidarité à l'égard des obédiences transalpines en ce tricentenaire de la franc-maçonnerie spéculative. Car n'oublions pas que ce qui se passe maintenant chez nos voisins, pourrait fort bien se passer chez nous demain.

    italie,union européenne,franc-maçonnerie,antimaçonnisme,goi,gliLe saviez-vous ? Le Grand Maître du Grand Orient d'Italie met par tradition une chaînette autour du cou qui tranche avec les larges sautoirs à la française ou les colliers à l'anglo-saxonne.

    Quelle en est l'origine ? Et pourquoi ce symbole ?

    Ce bijou a été sauvé par un frère pendant la période fasciste. Les temples étaient en effet mis à sac par les chemises noires du Parti National Fasciste.

    Pour éviter que les fascistes dérobent ce bijou, ce frère l'a dissimulé au péril de sa vie dans les langes de son fils nouveau né.

    C'est donc en mémoire de cette sombre période, durant laquelle les francs-maçons ont été activement pourchassés, que ce bijou est devenu l'un des insignes du Grand Maître du Grand Orient d'Italie.