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  • Deux ans déjà !

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    gateau_anniversaire.jpgLe 30 octobre 2014, je mettais en ligne ce blog. Deux ans et 300 notes plus tard, je suis toujours là et en demeure le seul contributeur.

    Voici quelques statistiques. «3, 5, 7 et plus », c'est :

    • 215 abonnés à l'Infolettre.
    • en moyenne 700 visiteurs hebdomadaires soit 100 visiteurs par jour.
    • un lectorat majoritairement français ou se connectant de la France (77,09 %) ; les autres lecteurs proviennent principalement de la Belgique et des Etats-Unis d'Amérique.
    • Les lecteurs viennent le plus souvent sur le blog après une recherche sur le moteur Google mais je dois constater que les blogs Hiram, Gadlu et La Maçonne m'ont apporté à eux trois 5658 visites au cours de ces deux années. Je salue également le forum Frédéric Desmons qui m'a apporté 460 visiteurs.

    Merci de votre fidélité !

    Lien permanent Catégories : Blog
  • Le GODF et les hommes politiques

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    jup.jpgJ'ai lu avec grand intérêt la prise de position de Gérard Contremoulin au sujet de la venue d'Alain Juppé au siège du Grand Orient de France.

    Il écrit :

    « La Lumière s'est braquée sur cette session de travail maçonnique du GODF où un candidat à la « Primaire » d'une organisation politique, Alain Juppé, s'est exprimé dans le Temple Arthur Groussier, le grand Temple de la rue Cadet. Cette solennité, rehaussée par la présence du Grand-Maître n'est pas un fait banal... »

    La présentation de l'événement est biaisée. En effet, Alain Juppé est venu au GODF, à l'initiative de trois loges, en tant que candidat à l'élection présidentielle et non en tant que candidat à la primaire de la droite. On aurait pu certes écrire candidat présomptif mais qu'est-ce que cela aurait changé puisque, de toute façon, chacun sait que son destin présidentiel dépend de sa victoire éventuelle à la primaire organisée par les partis de la droite républicaine ?

    Alain Juppé a été invité à plancher sur le thème : Comment la République peut entretenir et développer la citoyenneté ? Je n'ai pas assisté à sa conférence mais je présume qu'il s'est exprimé avec la hauteur de vue nécessaire bien que l'on n'entende pas toujours de hautes pensées sous les voûtes étoilées des temples maçonniques (mais c'est un autre sujet).

    Bref, nous ne sommes pas encore en période électorale durant laquelle la communication politique est strictement encadrée par la loi. Dès l'instant où les loges concernées ont sollicité et obtenu l'autorisation du Conseil de l'Ordre, je ne vois vraiment pas où est le problème, qu'il s'agisse d'Alain Juppé ou d'un autre élu attaché aux valeurs républicaines et démocratiques. 

    Contremoulin poursuit :

    « Or, la venue rue Cadet de deux candidats à la Primaire de « Les Républicains et du Centre », Nathalie Kosciusko-Morizet et Alain Juppé, parce qu'ils ne sont pas et pour aucun des deux, des candidats aux élections de la République, n'ont aucune raison d'être accueillis au GODF»

    Position étonnante et alambiquée qui postule que ces deux personnages publics « n'ont aucune raison d'être accueilli au GODF » (sic). Aucune ? Les deux, que je sache, sont bien en lice pour l'élection présidentielle. Et puis, NKM et Juppé sont venus pour traiter une question, exposer leur façon de voir les choses à l'aune de leur expérience d'élu, et non pour décliner bêtement un programme électoral devant des francs-maçons qui ne partagent pas nécessairement les mêmes idées qu'eux (ce qui est mon cas).

    A moins que ce qui dérange notre frère Contremoulin est que ces deux politiques ne sont pas du même bord que lui...

    Sans titre 3.jpg

    Ce qui serait pour le moins savoureux et reviendrait tout simplement à faire implicitement de la politique politicienne sous couvert de vouloir en préserver le GODF !

    Quoi qu'il en soit des intentions des uns et des autres, il faut savoir raison garder. Si on tourne son regard vers le passé, on se rendra compte que le GODF de la première moitié du vingtième siècle était certainement bien plus « instrumentalisable politiquement » qu'il ne l'est aujourd'hui.

    Les loges du GODF ont toujours invité des personnes issues du corps politique ou de la société civile pour traiter de questions profanes. Cette pratique est très ancienne. Pour vous donner un exemple, voici un extrait des ordres du jour des loges de la région parisienne de mars 1932 (merci à Hervé M. pour le document !).

    Gérard Contremoulin, Politique, GODF

    Imaginez en 2016 le tollé si une loge avait voulu organiser une tenue blanche sur le « conflit des races » (sic) et des puissances au Proche Orient ou ailleurs dans le monde. Imaginez si Juppé était venu psalmodier son programme ou Mélenchon de ses démêlés avec ses anciens camarades... On est donc loin, très loin même, de ce qui se faisait avant.

    Voici encore un autre document qui atteste du militantisme des loges (merci, une fois encore, à Hervé M. qui me permet de vous faire profiter des archives de son grand père). Il paraît que cet autocollant a été distribué aux frères de Melun (Seine et Marne), probablement dans les années 30. Les frères étaient invités à le coller.

    Gérard Contremoulin, Politique, GODF

    Imaginez si un Vénérable ou une Obédience avait l'inconscience de faire pareil aujourd'hui ? Imaginez un seul instant si un frère se mettait en tête de distribuer en salle humide les tracts politiques de son candidat préféré ? Je ne suis pas sûr que les nostalgiques de la franc-maçonnerie de la troisième République toléreraient aujourd'hui de telles pratiques dans les loges.

  • De l'instruction maçonnique

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    L9t6KE3YjFbEj3riQVlfDyBA4os.jpgUn surveillant de ma loge m'a récemment confié qu'il avait des difficultés à organiser des temps d'instruction maçonnique et à préparer les frères dont il a charge à recevoir leur augmentation de salaire. Il est vrai que la situation singulière de mon atelier et l'éloignement géographique de ses membres ne facilitent pas toujours cette instruction en dehors des tenues solennelles d'obligation. C'est ainsi. Il faut faire avec. Cependant, l'éloignement géographique n'explique pas tout. Je sais en effet que d'autres loges sont confrontées au même problème alors que leurs membres les plus éloignés résident dans un périmètre de 20 à 30 km maximum.

    C'est également le cas, semble-t-il, aux Etats-Unis d'Amérique ainsi que l'indique le frère Todd E. Creason sur le blog The Midnight Freemasons. Celui-ci a écrit le passage suivant :

    « (...) Cependant, il ne sert à rien de se plaindre à ce sujet et essayer de pousser votre loge à faire de l'instruction maçonnique (...). Alors, je vous encourage à faire la même chose que moi. Instruisez-vous vous-mêmes ! Les moyens ne manquent pas. Il existe des bibliothèques dans de nombreuses loges - malheureusement , beaucoup sont inutilisées, mais le côté positif est qu'elles n'attendent que vous.  Beaucoup de livres fantastiques sur la franc-maçonnerie sont disponibles à Barnes & Noble ou peuvent être commandés sur Amazon. Il y a de vastes ressources disponibles auprès des organismes de recherche maçonniques. Voyez s'il existe dans votre Etat une loge recherche.  Plus vous explorerez des sujets maçonniques, plus vous élargirez votre réseau et plus vous rencontrerez de frères qui seront dans le même état d'esprit de recherche que vous et qui contribueront à parfaire votre instruction en retour. Prenez la responsabilité personnelle de votre instruction et commencez l'apprentissage et la recherche. Et puis partagez ce que vous avez appris. Soyez le changement ! Visitez d'autres loges. Parlez. Écrivez. Restez en contact avec les frères qui partagent vos centres d'intérêt. »

    Ce point de vue m'a d'abord surpris. Puis, réflexion faite, j'y souscris entièrement. Les frères, y compris les plus jeunes, sont responsables de leur instruction maçonnique. La loge offre certes le cadre de travail mais on ne saurait non plus tout en attendre. Souvent j'ai remarqué que ceux qui se plaignent du manque d'instruction maçonnique, trouvent en réalité dans cette plainte une justification commode à leur paresse. Ils imputent aux surveillants la responsabilité du travail qu'ils pourraient faire mais ne font pas. Pourtant personne ne leur interdit de se documenter, de poser des questions, de se réunir et de travailler ensemble ou séparément sur des sujets relatifs à leurs grades ou à la tradition maçonnique. On ne vient pas en loge pour y recevoir des consignes. Il faut aussi un peu de curiosité. Un peu d'élan.

    Todd E. Creason prend l'exemple des bibliothèques maçonniques. Ma loge possède justement une bibliothèque qu'elle s'est constituée grâce surtout à l'implication d'un de ses membres. Eh bien voyez-vous, je ne suis pas sûr que cette bibliothèque serve en réalité à grand monde sauf, peut-être, au bibliothécaire de la loge qui a le plaisir de l'étoffer progressivement selon ses goûts. Je ne sens en effet ni de curiosité particulière chez les frères ni de désir d'emprunter les ouvrages qu'elle contient. J'ai même tendance à penser cyniquement que cette situation est paradoxalement une chance pour cette petite bibliothèque qui préserve ainsi son intégrité. Je sais d'expérience que les livres prêtés ne sont pas toujours rendus. Je me souviens également avoir fait don à mon ancienne loge d'une vingtaine d'ouvrages maçonniques. Quand je m'y rendais parfois en visite, j'étais chaque fois étonné de constater que les rayons n'évoluaient guère. J'avais l'impression que ces livres ne servaient à rien. Ils décoraient la salle humide. Il m'arrive, parfois, de regretter ce don.

    2715604317.jpgTodd a fait également référence aux loges de recherches. Cet exemple me parle car j'en ai fréquenté une du temps où je résidais à Bruxelles. Cela remonte à près de vingt ans. Cette loge de recherches, qui travaille sous les auspices de la Grande Loge de Belgique, existe toujours si je ne m'abuse. Elle a probablement beaucoup évolué depuis. Mais combien étions-nous à l'époque ? Sept ? Dix peut-être ? Guère plus. Il y avait quelques érudits. Un curieux de passage (jamais le même). Un professeur des universités. Mais il s'agissait fondamentalement d'une bande de copains qui avait un intérêt commun pour la tradition maçonnique. Qu'ai je vraiment retenu de ce temps passé sur les colonnes de cette loge ? Je vais être honnête : rien de bien transcendant si ce n'est le sentiment, au fond, que le travail véritable s'effectue souvent seul.

    Aujourd'hui, les moyens de parfaire son instruction maçonnique ne manquent pas. On peut y ajouter les blogs et les sites maçonniques. Certes, la qualité varie mais tous ces espaces virtuels abordent quantité de sujets que les loges n'ont pas forcément le temps de traiter. J'ai la faiblesse de croire que ce petit blog contribue, à sa manière et avec ses imperfections, à l'instruction maçonnique du plus grand nombre. Mais si je le rapporte à l'utilité de mes frères de loge je dois reconnaître, sans être désobligeant vis-à-vis d'eux, qu'il les laisse dans l'indifférence la plus complète à l'exception, peut-être, d'un ou deux.

    Je crois donc que l'on se fabrique sa propre instruction maçonnique au fil du temps ainsi que le suggère le frère Creason, c'est-à-dire de lecture en lecture, de visite en visite, de rencontre en rencontre. Sans plan ni objectif précis mais avec la volonté de comprendre ce que l'on fait en franc-maçonnerie et d'inscrire sa démarche philosophique dans une histoire.

  • Riandey : le retour

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    detend.jpg

    Il semble que le frère Vadabus ait été surpris par ma note sur Charles Riandey. Il s'est ainsi fendu d'un droit de réponse plutôt gentil. Je vous invite à le lire.

    Je maintiens évidemment tout ce que j'ai écrit parce que ma note était rédigée en des termes mesurés. De toute façon, Riandey est mort il y a maintenant un peu plus de quarante ans. Il ne peut donc plus se défendre. C'est pourquoi je trouve cette mise en cause post-mortem assez dérisoire, d'autant plus qu'elle vient en appui d'un raisonnement plus large visant en réalité à faire aujourd'hui le procès des instances dirigeantes de la Grande Loge de France (je n'en discute pas le bien-fondé car je partage globalement l'analyse décapante de Vadabus).

    Mais s'en prendre à Charles Riandey mort me fait songer à ces professeurs de vertu qui, hier, reprochaient à François Mitterrand, déjà très amoindri et en fin de règne, l'épisode (archiconnu) de la francisque. Je me souviens de la colère de Pierre Péan qui se désolait de l'instrumentalisation politique faite de son livre Une jeunesse française.

    Qu'il me soit juste permis de relever que tout ce qu'on retrouve sur l'antisémitisme de Riandey est pour l'instant réduit à une seule phrase glanée sur d'autres sites avec d'ailleurs la même erreur « S. Moerschel » au lieu de « G. Moerschel ». Je me souviens pas qu'il ait été fait référence à la déclaration de Riandey dans le livre de Cornevin cité dans ma note. Cornevin mentionne pourtant des extraits de déclaration d'autres maçons interpelés. Simple oubli de sa part ou ignorance du rôle que joua Riandey dans la maçonnerie d'après guerre ?  Je ne sais pas.

    Riandey a-t-il dénoncé nommément des juifs et des francs-maçons ? Est-il établi que des hommes sont morts par sa faute ? A-t-il participé activement à des mouvements de collaboration ? A-t-il été poursuivi après la Libération ?

    Je ne suis nullement effrayé à l'idée qu'on me le démontre par l'affirmative mais je tiens néanmoins à ce qu'il lui soit fait justice de l'entièreté de son parcours sous l'Occupation. Riandey a été résistant dès 1943. Il a été arrêté en 1944. Il a donc bien fait partie des 25700 nouveaux internés à Buchenwald rien que pour l'année 43/44. Pour un soi-disant « résistant de la 25ème heure », ce n'est tout de même pas anodin. D'autres résistants sur le tard ont fait l'économie des camps.

    Si donc quelqu'un possède une copie du procès-verbal d'audition de Riandey, je serais heureux de pouvoir le consulter. Il est possible qu'on y découvre des choses gratinées. En même temps, il devait être difficile de se sentir à l'aise lorsqu'on était à portée de baffes d'un agent de la Gestapo.

    Un dernier point. Jean-Pierre Bacot m'a écrit pour m'informer d'un article sur l'histoire de la GLNF dans lequel l'antisémitisme de Riandey a été abordé. Je signale que cet article est publié dans un numéro spécial de Critica Masonica qu'il présentera en avant-première au prochain salon du livre maçonnique de Paris.