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De la tolérance

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ca8a8af3931a821b4cde4c35f3194ee4_XL.jpgLa tolérance est un terme ambigu. Elle désigne cette attitude qui admet chez autrui une manière de penser ou d’agir différente de celle qu’on adopte soi-même et qui respecte la liberté d’autrui en matière de religion, d’opinions philosophiques, politiques.

Encore faut-il être en position de pouvoir tolérer. En effet, qu’est-ce qui peut nous pousser à tolérer - donc à admettre et respecter - une pensée, un comportement, une opinion que l’on ne partage pas si ce n’est que nous sommes en position de supériorité ? La tolérance serait-elle donc affaire de contexte avant d’être une valeur universelle ? A-t-on jamais vu, par exemple, un peuple asservi tolérer le joug imposé par une puissance occupante ? Il est tellement facile de tolérer lorsqu’on ne souffre pas dans sa chair et dans ses convictions de l’injustice et d’iniquités diverses.

Oui, décidément, la tolérance est ambiguë. Et, finalement, je me demande si elle n’est pas à prendre dans son sens originel. Tolérance du verbe latin tolerare : supporter. Elle implique l’idée de limites à ne pas franchir. C’est peut-être moins engageant que la valeur universelle que l’on a souvent en tête quand on emploie le mot mais, au moins, la tolérance, dans son sens étymologique, désigne ce qui est à notre mesure.

Parler de tolérance, c’est forcément se confronter à l’autre précisément en ce qu’il n’est pas soi, précisément en ce qu’il diffère de soi, précisément en ce qu’il peut inquiéter, précisément en ce qu’il peut apporter et qu’on ne soupçonne pas encore. La tolérance est ce qui ouvre un passage vers la reconnaissance de l'autre.

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