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De la place des mythes en franc-maçonnerie

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Je suis chaque fois étonné de constater que les esprits se cabrent dès qu'on parle de rationalisme, de pensée scientifique et philosophique pour les opposer à la pensée pré-logique et mythologique. Il ne faut pas voir, à mon avis, dans cette opposition je ne sais quelle hiérarchisation mais un simple passage objectif, qui a duré des siècles, et qui a permis à l'humanité de sortir de l'ornière des superstitions (tout en étant conscient que ces dernières, bien sûr, ont la vie dure). De même, je ne dis pas que la pensée pré-logique a disparu ou a été anéantie. Néanmoins, la pensée philosophique, rationnelle et scientifique a heureusement mis les hommes devant les exigences de la démonstration et de l'avancement de preuves. Un exemple ? Lisez l'Apologie de Socrate. Vous y verrez un choc frontal entre le mythe (Socrate corrompt la jeunesse mais surtout se moque des dieux) et la pensée rationnelle (Socrate démontre, argumente et avance des preuves de l'inanité des accusations dont il fait l'objet). C'est assez fascinant.

Quelques mots sur le "vécu" des mythes. Je crois que nous jouons sur les termes et que l'on utilise aujourd'hui le mot "mythe" un peu à toutes les sauces et, en tout cas, pas dans l'acception dans laquelle l'entendaient les anciens de l'Antiquité. En effet, poser l'exigence de vivre et non pas d'étudier le mythe est déjà un non sens. Et c'est déjà faire usage de logique et de raison. Or, précisément, le mythe avait dans les temps anciens une force totalisante, voire totalitaire, dont la fonction était non seulement d'expliquer le monde mais aussi de lui donner un sens. Une force coercitive dans la mesure où il était absolument fou et impensable de s'en détacher, voire de l'interpréter. Le corps social y était organiquement apparenté et y puisait les éléments de son histoire et de son destin.

En maçonnerie, procède-t-on de la sorte ? Je ne le pense pas. J'ai plutôt l'impression que nous "jouons" des mythes mais que nous ne les vivons pas. De plus, ces mythes (Hiram et d'autres…) sont livrés à la réflexion et connaissent des variations parfois sensibles. Ce que nous jouons, nous en comprenons le sens général, nous y percevons sans doute des éléments qui permettent de nous enrichir spirituellement et de forger l'identité du groupe. Mais nous n'y croyons pas à la manière des anciens parce que nous avons justement la possibilité de ne pas y croire. Si un jour vous tombez dans une loge dans laquelle tous les membres s'accordent pour dire qu'ils croient dans les mythes, dites-vous bien que vous êtes tombés dans une secte.

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